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Antoine Magnan – 5 chiffres par mois grâce à l’Édition de Site | E2

Épisode diffusé le 17 octobre 2022 par Les Makers | Podcast

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L’édition de site a une sale réputation d’overnight success. Tu croises quelqu’un en conférence, il te dit qu’il a lancé son site en janvier et qu’en décembre il gagnait 10 000 euros par mois. Ce que tu n’entends pas – ce qu’on ne dit jamais – c’est les 6 ans de presta avant, les sites sur des niches minuscules qui ont rien rapporté, et le premier projet sur des jumelles qui a appris au gars comment ne pas rater le suivant. Antoine Magnan, éditeur de site installé à Bangkok depuis 2010, fait partie de ceux qui ont eu la franchise de raconter le vrai chemin. Pas le résumé LinkedIn. Le chemin réel.

Il a accordé une interview longue au podcast Les Makers – épisode 2, enregistré depuis chez lui en Thaïlande – et ce qu’il y dit mérite mieux qu’une reformulation en bullet points. C’est un parcours qui commence dans les forums SEO francophones de 2010, passe par une petite agence à Bangkok, rate sur les jumelles, et finit par cartonner sur des niches que la plupart des SEO évitent par peur ou par principe. Le casino en ligne. Les niches dites black hat.

Ce qui m’a intéressé dans ce témoignage, c’est pas le chiffre en titre – les 5 chiffres par mois. C’est la mécanique derrière. La vraie. Avec les erreurs dans l’ordre chronologique, les années perdues avouées sans honte, et une vision du scale qui ressemble à quelque chose de concret. Si tu veux comprendre ce que l’édition de site implique vraiment – pas la version podcast de 12 minutes – lis ce qui suit.

2010, Bangkok, et les forums SEO : comment tout a commencé

Cinq ans dans l’audit financier à Paris. Antoine Magnan n’était pas malheureux au sens dramatique du terme, mais il voulait autre chose. En 2010, il pose ses valises à Bangkok – quelques voyages en Thaïlande avaient suffi à lui vendre le pays – et commence à chercher du boulot sur place. Sans succès.

C’est en cherchant des pistes sur internet qu’il tombe sur des forums SEO francophones. Code SEO, il croit (il n’est plus sûr du nom). Des pseudos qui circulaient à l’époque : Ruom, 512banque. Des gens qui parlaient ouvertement de comment ils gagnaient leur vie en ligne avec du référencement et de l’édition de site. Pour Antoine, c’est la première fois qu’il entre dans ce monde-là.

« J’ai commencé à me plonger là-dessus. Et voulant rester ici en Thaïlande, j’ai commencé à apprendre ces compétences là donc de créer des sites internet WordPress. Et une fois que j’avais cette compétence, j’ai commencé à vendre cette compétence là ici à des clients à Bangkok. »

Voilà. La logique est immédiate, presque brutale dans sa simplicité : j’apprends, je vends ce que je sais faire. Pas d’incubateur. Pas de mentor officiel. Des tutos YouTube et des forums.

Il monte une petite agence. Il vend des sites WordPress, puis du SEO. Et il reste dans cette logique de prestation pendant – accroche-toi – cinq à six ans. Sans lancer ses propres projets. C’est là que ça devient intéressant, parce que cette décision – rester trop longtemps en presta – est exactement l’erreur qu’il cite en premier quand on lui demande ce qu’il ferait différemment. Pour comprendre les bases du SEO et comment elles s’appliquent à l’édition de sites, il a fallu des années de terrain client avant qu’Antoine bascule sur ses propres projets.

La presta comme financement : ni erreur totale, ni stratégie idéale

Le débat entre freelance et édition de site en parallèle, il revient souvent dans les communautés SEO. Et la réponse d’Antoine est nuancée – enfin, ce qu’il aurait voulu qu’on lui dise dès le départ est plus net que ça.

« Je crois que je ferai de la presta si j’ai besoin d’argent, je ferai de la presta pour faire rentrer de l’argent tout de suite et pour financer mes sites. Mais le plus vite possible, je m’en serai – je lancerai mes sites. Je pense que j’ai fait l’erreur de rester beaucoup trop longtemps, beaucoup trop d’années à faire uniquement de la presta. »

C’est exactement le problème. La presta, c’est du cash immédiat. Un client, un contrat, un virement. L’édition de site, c’est l’inverse : tu crées aujourd’hui, tu attends 6 mois pour savoir si ça décolle, et encore – rien n’est garanti. La différence de temporalité est radicale.

Mais ce que dit Antoine – et c’est la partie qu’on zappe souvent – c’est que les années de presta lui ont quand même construit quelque chose de solide. Six ans à positionner des clients avec succès, ça donne une expérience SEO réelle avant de se lancer sur ses propres sites. Le problème n’était pas la presta en soi. C’était de ne pas avoir lancé les sites en parallèle.

La logique qu’il recommande aujourd’hui : presta pour financer, édition de site pour construire. Dès le début. Pas dans 5 ans.

Le site sur les jumelles : une école qui a coûté zéro et appris beaucoup

Premier projet d’affiliation : un site sur des jumelles. Le genre de niche qu’on choisit en 2012 parce qu’on a vu une Américaine – Ré Hoffmann, une SEO connue à l’époque dans les cercles anglophones – avoir du succès avec quelque chose de similaire. Antoine remonte sa structure, s’en inspire, part dessus.

Résultat : peu de ventes. Beaucoup de temps avant le moindre trafic. Une niche francophone trop petite pour le volume de recherche. Et un contenu pas assez calibré pour convertir.

« Je me suis rendu compte justement de pas mal d’erreurs que j’avais fait après par la suite et donc ça a été assez formateur aussi bien au niveau de la recherche de mots clés, des intentions de recherche, que du contenu qui était pas assez cali. Ça m’a permis de prendre conscience de pas mal de choses et même de la niche en fait, qu’il y avait pas assez de recherche en francophone. »

Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais la liste des erreurs identifiées après coup – mots clés mal choisis, intention de recherche ratée, volume francophone inexistant sur la niche – c’est exactement le kit de survie que la plupart des débutants en édition de site paient pour apprendre. Lui, il l’a appris sur un site qui n’a rien rapporté. Ce qui est, à sa façon, une bonne affaire.

L’autre truc qu’il souligne (et c’est rarement dit clairement) : copier la structure d’un site anglophone sur une niche francophone, c’est pas un plan. Le marché n’est pas le même. Le volume de recherche non plus. L’inspiration est utile, la transposition aveugle beaucoup moins.

L’édition de site sur des niches concurrentielles : le vrai switch

Après les jumelles, Antoine ne repart pas sur de la niche facile. Enfin si, un peu – il passe par des thématiques peu concurrentielles où il pensait avoir la paix. Mauvaise logique.

Peu de concurrence = peu de volume = peu d’argent. La corrélation est brutale. Et c’est en changeant complètement d’approche – niches concurrentielles, casino, thématiques black hat – qu’il a ses premiers vrais succès. À partir de 2018, approximativement. Soit 8 ans après ses débuts.

Ce qui est contre-intuitif dans ce qu’il dit, c’est que le travail de fond est le même. Recherche de mots clés, architecture du site, création de contenu – tout ça, c’est le même effort sur une niche facile et sur une niche dure. La différence réelle est ailleurs.

« Là où il y a une grosse différence, c’est sur le link building, clairement. Il faut arriver beaucoup plus armé en terme de link building, c’est-à-dire avec des budgets plus importants ou alors avec un réseau de sites. »

Voilà. Le différentiel, c’est le link building. Budget plus lourd, réseau de sites plus étoffé, timeline plus longue avant les résultats. Mais le retour, lui, est proportionnel. Et c’est pour ça qu’Antoine dit qu’il ne repartirait pas sur du peu concurrentiel – autant faire le même boulot sur des requêtes qui rapportent vraiment.

Pour creuser la logique du référencement comme stratégie long terme, cette posture qu’Antoine décrit – aller sur les requêtes à fort CTR même si c’est plus dur – c’est exactement ce que les SEO expérimentés font depuis des années.

Multiplier les sites pour diluer le risque Google

80% de ses revenus viennent du casino. Antoine le dit sans détour. Et ça pose une question évidente : qu’est-ce qui se passe quand Google te tape dessus ?

Sa réponse, c’est pas de diversifier les niches – enfin pas principalement. C’est de multiplier les sites sur les mêmes requêtes, avec des profils de liens différents et des approches techniques variées. En gros : si tu sais qu’une requête rapporte, tu vas la chercher avec 4 ou 5 sites différents. À un instant T, un sera en top 3. Les autres attendront leur tour.

C’est une vision du SEO assez froide, très opérationnelle. Pas d’attachement sentimental à un site en particulier. Le site est un actif parmi d’autres. S’il descend à une mise à jour, les autres montent. Et tu continues.

La stratégie est cohérente avec le fait qu’il bosse sur des niches black hat (casino notamment). Ces niches-là ont des updates Google régulières qui jouent fort. Avoir des sites dans les deux camps – plus propre, plus agressif – c’est pas de la schizophrénie. C’est de la gestion de risque. Le parallèle avec une approche SEO orientée business est là : dans les deux cas, tu gères un portefeuille, pas un projet unique.

Mais je vais être honnête : cette stratégie demande un capital de départ non négligeable. Monter plusieurs sites en parallèle avec du link building sérieux sur chacun, c’est pas le profil du débutant qui lance son premier site d’édition de site avec 500 euros d’économies. C’est une phase 2, voire phase 3.

Le vrai revenu passif, c’est une équipe – pas un site

Après les premiers succès, la question qui se pose : comment scaler sans travailler 14 heures par jour ? Antoine a mis un an à un an et demi pour répondre à cette question correctement. Le résultat : une équipe composée de rédacteurs, de personnes qui uploadent les contenus et de link builders.

Lui conserve la recherche de mots clés, l’identification des niches, la stratégie. Le reste est sous-traité. Et l’impact sur ses revenus a été direct – plus de contenu en ligne, plus de pages qui cherchent des requêtes, plus de résultats.

Ce qui m’agace dans les discours sur le solopreneuriat, c’est précisément ça – on vend l’idée que travailler seul est la liberté. Antoine dit le contraire avec une franchise que j’apprécie :

« Mes revenus ont vraiment augmenté, mon activité a vraiment décollé. Et j’ai beaucoup plus de temps pour moi. Mon frère était là, il est venu 3 semaines en vacances en Thaïlande. J’ai passé les 3 semaines avec lui – juste à de temps en temps mon PC et regarder ce qui était en cours. »

Trois semaines avec son frère. L’activité qui tourne sans lui. C’est ça, le revenu passif réel en édition de site. Pas un site qui rankait bien en 2022 et que personne n’entretient plus. Une équipe qui fait tourner la machine pendant que tu vis.

La partie difficile – et il ne la minimise pas – c’est de lâcher prise. En SEO, il y a une tentation forte de tout contrôler. L’algorithme est capricieux, les résultats sont fragiles, et l’idée de déléguer du contenu ou du link building à quelqu’un d’autre fait peur. Antoine dit qu’il a eu cette résistance. Il a fini par passer au-dessus. Et c’est là que les chiffres ont vraiment changé.

La clé, selon lui, c’est de focaliser son temps uniquement sur ce qu’on fait bien et ce qu’on aime faire. La recherche de niches, l’analyse de mots clés, la stratégie. Tout le reste – mise en ligne, rédaction, link building opérationnel – peut être délégué sans que la qualité s’effondre. Peut-être qu’elle baisse un peu. Mais le temps gagné vaut largement cet écart.

La vraie limite de cette approche – et c’est honnête de le dire – c’est que monter une équipe fiable prend du temps. Un an dans son cas. Et pendant cet an, tu gères les problèmes de management en plus du SEO. C’est pas un bonus. C’est une vraie charge de travail supplémentaire avant que ça devienne fluide.

Reste une question que l’interview pose sans vraiment y répondre : est-ce que cette stratégie tient sur des niches moins black hat, moins casino ? Antoine commence à ouvrir d’autres thématiques – il le mentionne – mais 80% de ses revenus restent sur le casino. Ce qui fonctionne dans une niche très concurrentielle et très volatile ne se transpose pas automatiquement ailleurs. Ça, c’est à garder en tête.

Questions fréquentes

C'est quoi l'édition de site en affiliation ? +
L'édition de site consiste à créer des sites internet positionnés sur Google pour générer du trafic organique, puis à monétiser ce trafic via des programmes d'affiliation - c'est-à-dire en touchant une commission quand un visiteur clique sur un lien et achète un produit ou s'inscrit à un service. C'est un modèle de revenus semi-passifs qui demande un investissement initial important en temps et en link building avant de générer des résultats.
Combien de temps faut-il pour gagner de l'argent avec l'édition de site ? +
D'après le parcours d'Antoine Magnan, il a fallu environ un an après avoir attaqué des niches concurrentielles pour voir des résultats significatifs. Mais derrière ce an, il y avait 6 ans de SEO client et plusieurs sites de test. En partant de zéro, la réalité est souvent 12 à 24 mois avant les premiers revenus stables.
Vaut-il mieux commencer par du freelance ou directement l'édition de site ? +
Le freelance ou la prestation SEO est utile pour générer du cash immédiat et financer ses premiers sites. Mais rester uniquement en presta trop longtemps est une erreur courante - Antoine Magnan reconnaît y avoir passé 5 à 6 ans de trop. La bonne approche : presta pour financer, édition de site en parallèle dès que possible.
Pourquoi attaquer des niches concurrentielles en édition de site ? +
Le travail de fond - recherche de mots clés, création de contenu, structure du site - est identique sur une niche facile et sur une niche difficile. La différence principale est le budget link building. Mais les revenus potentiels sur une niche concurrentielle sont sans comparaison avec ceux d'une niche peu recherchée. Autant faire le même travail là où ça rapporte vraiment.
Comment scaler son édition de site sans travailler tout le temps ? +
La réponse d'Antoine Magnan : monter une équipe. Rédacteurs, personnes qui uploadent les contenus, link builders. Le fondateur garde la stratégie - recherche de niches, analyse de mots clés. Tout le reste est délégué. Ça prend environ un an à mettre en place correctement, mais c'est ce qui transforme l'édition de site en revenu réellement passif.
Peut-on faire de l'édition de site depuis l'étranger ? +
Oui. Antoine Magnan gère son activité depuis Bangkok depuis plus de 12 ans. L'édition de site est par nature 100% en ligne - aucune contrainte géographique, à condition d'avoir une connexion internet stable et une équipe organisée à distance.

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