structurer une page de vente

[CHRONIQUE #5] Faut-il aller sur Clubhouse, 10 étapes pour structurer une landing page et comment A/B tester sur Facebook Ads ?

Épisode diffusé le 22 février 2021 par Danilo Duchesnes

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Savoir structurer une page de vente correctement, c’est probablement la compétence qui fait la différence entre une landing page qui dort et une qui génère des revenus réguliers. Danilo Duchesnes, consultant marketing et fondateur de l’agence DHS, a passé plusieurs jours à retravailler la page de vente de sa formation Facebook Ads Academy – et il a tout détaillé dans une chronique de son podcast. Ce qu’il en a tiré n’est pas un template générique. C’est une méthode rodée, bloc par bloc, qui suit la formule AIDA.

Mais avant d’entrer dans le vif du sujet : pourquoi la plupart des pages de vente ne convertissent pas ? Parce qu’elles sont écrites avant d’être structurées. C’est l’erreur de départ, celle que Danilo identifie immédiatement.

«C’est faut pas écrire la page de vente avant d’aller la voir structurée et c’est justement l’exercice que j’ai fait la semaine dernière.»

Dit comme ça, ça paraît évident. Et pourtant, la majorité des entrepreneurs font exactement l’inverse.

Pourquoi structurer une page de vente avant d’écrire le moindre mot

La distinction semble anodine. Elle ne l’est pas. Écrire sans structure, c’est construire une maison sans plan – tu peux t’en sortir, mais ça tient à rien et ça ne dure pas.

Danilo s’appuie sur la formule AIDA : Attention, Intérêt, Désir, Action. Pas parce que c’est la mode, mais parce que c’est ce qui correspond au vrai parcours mental d’un visiteur. Il arrive sur ta page, il ne te connaît pas forcément, il a un problème, et il cherche à savoir si tu es la bonne réponse. Chaque bloc de la page doit correspondre à une étape de ce cheminement.

Ce que j’aime dans cette approche – et c’est rare dans le secteur du marketing francophone – c’est qu’elle part du client, pas du produit. La proposition de valeur ne parle pas de ce que tu vends. Elle parle du problème que tu résous.

Pour rédiger une promesse qui accroche vraiment, la logique est la même : tu te mets dans les chaussures de ton client idéal, tu identifies son problème principal, et tu formules un bénéfice clé – pas une liste de fonctionnalités. Le titre de la page de vente de Facebook Ads Academy ? Il parle de croissance, pas de Facebook.

Et la structure, justement, c’est ce qui permet de tenir cette promesse tout au long de la page sans perdre le lecteur en route.

Les 10 blocs pour structurer une page de vente qui tient la route

Dix blocs. Pas sept, pas quinze. Dix, avec une logique interne qui suit l’enchaînement AIDA du début à la fin.

Bloc 1 – La proposition de valeur. Un titre, un sous-titre, éventuellement une image ou une vidéo. Le titre porte le bénéfice principal (pas le nom du produit). Le sous-titre explique comment tu tiens cette promesse – en deux lignes maximum.

Bloc 2 – La validation de l’intérêt. Tu parles des problèmes du visiteur. De ce qu’il a déjà essayé. De toi, brièvement – comment tu as résolu ce problème pour toi ou tes clients. Et tu déconstruis les mythes courants. Pour Facebook Ads Academy, les mythes c’est : «il faut un gros budget», «c’est réservé aux e-commerces», «c’est trop complexe». Les identifier et les démolir, c’est ce qui crée la transition naturelle vers la solution.

Bloc 3 – L’introduction de la solution. Tu présentes ton produit ou service. La transformation que le visiteur va vivre. Les bénéfices – mais toujours justifiés par des fonctionnalités concrètes. Bénéfice seul, ça sonne creux. Bénéfice plus preuve, ça convainc.

Bloc 4 – La création du désir. Pour Danilo, c’est le bloc le plus important de toute la page. Dans le cas d’une formation, tu détailles les modules, leur contenu, les apprentissages spécifiques. L’objectif : que le visiteur se projette dans un avenir où il maîtrise quelque chose qu’il ne maîtrise pas encore.

«Dans le cas d’une formation, vous allez par exemple détailler tout ce qu’elle contient. Donc les modules, ce que la personne va apprendre, le contenu des modules vraiment spécifiquement, euh les bénéfices donc qui sont sous-jacents à chaque module.»

C’est exactement là que la plupart des pages sont trop vagues. «Vous apprendrez à maîtriser Facebook Ads» – ça ne dit rien. «Module 3 : comment lire vos audiences lookalike et identifier celles qui surperforment» – là, ça parle.

Bloc 5 – La preuve sociale. Témoignages écrits, vidéos, études de cas. Le but est simple : montrer que ça marche pour d’autres. Pas juste pour toi. Si tu veux aller plus loin sur les stratégies qui déclenchent l’achat, la preuve sociale figure en bonne place dans les leviers les plus puissants.

Bloc 6 – Le résumé de l’offre et le prix. Tout ce que contient l’offre, récapitulé. Le prix, affiché clairement. Un call to action. Et si c’est possible – une touche d’urgence ou de rareté. Pas du faux compte à rebours qui se remet à zéro. Une vraie limite, une vraie raison.

Bloc 7 – La garantie. Elle réduit le risque perçu. Pour une formation, c’est classiquement 30 à 90 jours satisfait ou remboursé. Ce que beaucoup oublient : la garantie ne se place pas n’importe où. Elle vient juste après le prix, au moment où le visiteur hésite le plus.

Bloc 8 – La biographie. Photo, quelques lignes, parcours, résultats, certifications si pertinent. Court. Ce bloc-là ne vend pas directement – il crée la sympathie et l’autorité. Deux choses qui font qu’on achète à quelqu’un plutôt qu’à un autre.

Bloc 9 – La FAQ. Les dernières objections. Toutes celles que tu as entendues en appel de vente, en commentaires, en DM. Tu les listes, tu y réponds point par point. C’est la réassurance finale avant le passage à l’action.

Bloc 10 – La conclusion et le coût de l’inaction. Pas juste un call to action de plus. Le coût de ne pas agir. Combien ça coûte, concrètement, de rester dans la situation actuelle ? C’est un angle que beaucoup évitent – parce que ça force à être direct. Mais c’est précisément ce qui fait passer de «je vais y réfléchir» à «je commande».

Bref. Dix blocs, une logique, zéro improvisation. Mais la structure ne vaut rien si le copywriting est flou…

Le moment où les chiffres ont parlé – le cas Clubhouse

Dans la même chronique, Danilo aborde un sujet très différent : faut-il aller sur Clubhouse ? On est en février 2021. L’application est encore en accès invitation uniquement, disponible uniquement sur iOS, et l’écosystème startup-marketing-entrepreneuriat en parle à peu près autant que de ChatGPT en 2023.

Danilo a animé deux rooms. Sans vraiment savoir ce qu’il allait en tirer.

«Les deux rooms que j’ai co-animé, bah elles étaient finalement bien remplies. Donc pour un réseau social où il y a je pense deux 3 millions de personnes dans le monde voire peut-être un peu plus, il y avait quand même plus de 100 personnes dans les rooms alors que quand je fais des lives sur Facebook, j’ai rarement plus de 150 personnes.»

100 personnes sur un réseau de 2-3 millions d’utilisateurs. Sur Facebook, il tourne à 150 avec une audience déjà installée. Le ratio est intéressant – et il dit quelque chose sur l’engagement précoce sur un nouveau réseau.

Ce qui rendait Clubhouse attractif à ce moment-là, c’est un cocktail assez classique : rareté (invitation uniquement), FOMO (Fear of Missing Out), nouveauté du format audio en temps réel, et contexte COVID qui pousse les gens vers des formats conversationnels. La preuve sociale des early adopters faisait le reste – quand tu vois des CEO passer leurs matinées sur l’app, tu te dis qu’il se passe quelque chose.

Sa conclusion est nuancée (ce qui est rare dans le secteur, où on te dit soit «fonce» soit «c’est mort»). Si tu peux y consacrer une à deux heures par semaine sans que ça te détourne de tes objectifs – teste. Si tu es déjà sur 15 réseaux et à bout de souffle – passe ton tour pour l’instant. Ça ne brûle pas.

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise à l’époque – enfin, ce que j’aurais voulu lire dans un article en 2021 – c’est que la vraie question avec Clubhouse n’était pas «est-ce que ça va durer ?» mais «est-ce que mon audience est là ?». Et ça, seul un test peut y répondre.

AB test sur Facebook Ads : la méthode pour ne pas partir dans tous les sens

Troisième sujet de cette chronique, et probablement celui qui génère le plus de questions dans la communauté Facebook Ads. Comment tester sans se perdre ?

Trois variables ont le plus d’impact, selon Danilo : l’audience, la créa (image, vidéo, format), et l’accroche (le texte au-dessus de la créa). C’est là que tu joues. Pas sur la couleur du bouton call to action.

La règle de base : un test à la fois. Une semaine, une variable. Et pour juger si un test est valide statistiquement, il faut minimum 5 000 impressions par variante. En dessous, tu coupes peut-être une pub qui aurait performé avec plus de données.

«Si par exemple vous voyez qu’il y a eu seulement 300 impressions, vous pouvez malheureusement pas juger euh ce test-là parce que en gros c’est pas statistiquement valide.»

Voilà. Ce détail-là, la plupart des gens qui font de la pub le ratent. Ils coupent trop tôt, sur des données insuffisantes, et concluent que leur créa ne fonctionne pas – alors qu’elle n’a juste pas eu le temps de tourner.

L’indicateur de référence pour juger un AB test ? Le coût par résultat. Pas le CTR seul, pas les impressions seules. Le coût par résultat, ramené à l’objectif de la campagne – génération de leads, conversions, ventes. Danilo précise qu’il regarde aussi le taux de clics en complément, pour vérifier qu’il ne fait pas une erreur de lecture sur le coût par résultat.

Quelques idées d’AB tests concrets pour commencer :

  • Audiences similaires (lookalike) contre audiences par centres d’intérêt
  • Format image contre vidéo contre carrousel contre collection – c’est souvent le premier test à faire, parce que l’écart de performance entre formats peut être énorme
  • Titres basés sur la curiosité contre titres avec une offre directe ou de la réassurance
  • Accroches avec différentes propositions de valeur – tester deux angles différents sur le même produit
  • Questions en ouverture contre affirmations directes

Et une concession que j’apprécie : Danilo ne prétend pas que cette méthode garantit des résultats. Il dit «c’est ce qu’on fait chez DHS». C’est une pratique, pas une formule magique. Les biais cognitifs qui influencent la conversion jouent aussi un rôle dans la performance des créas – et ça, aucun AB test ne peut le prédire à l’avance.

Onboarder une nouvelle recrue sans la laisser se noyer

Quatre heures par jour. C’est le temps que Danilo conseille de passer avec une nouvelle recrue pendant les premières semaines. Pas pour la surveiller. Pour lui montrer comment le travail se fait réellement.

Son process pour l’arrivée de Pierre (un nouveau gestionnaire de campagnes chez DHS) : présentation générale de l’agence en 1h-1h30 avec toute l’équipe, tour des 25 outils utilisés, meetings de présentation aux clients et aux autres membres de l’équipe, et plusieurs semaines d’accompagnement opérationnel côte à côte.

Ce qui est intéressant dans son approche, c’est la philosophie derrière. Il ne s’agit pas de former la personne sur des procédures. Il s’agit de lui inculquer des méthodes de travail en les montrant, pas en les expliquant. La nuance est réelle – et elle correspond à ce qu’on sait sur l’apprentissage par observation.

Quentin, le précédent arrivant, avait eu le même traitement : Danilo lui montrait chaque matin comment il gérait les comptes, comment il organisait sa journée, comment il traitait les leads. Pas de liste de tâches donnée de loin. Du compagnonnage, presque artisanal.

La limite assumée de cette méthode : ça prend du temps. Quatre heures par jour sur plusieurs semaines, ça s’organise. Ça ne s’improvise pas. Et dans une petite agence où tout le monde est sur les projets clients, ce temps-là a un coût réel. Mais le coût d’une recrue mal intégrée qui fait des erreurs ou qui part au bout de deux mois – ça, c’est encore plus cher.

Si tu veux aller plus loin sur la question de la conversion et de l’acquisition en général, le tunnel d’acquisition ne suffit plus à lui seul à expliquer comment les clients achètent aujourd’hui – c’est une lecture complémentaire utile pour calibrer tes priorités.

Ce que cette chronique dit vraiment sur la méthode Duchesnes

Quatre sujets en apparence disparates : structurer une page de vente, Clubhouse, AB test Facebook Ads, onboarding. Mais il y a un fil conducteur – et c’est ce que j’aime dans ce format de chronique, même si ça ne se voit pas au premier regard.

Dans chaque sujet, Danilo part d’une erreur courante. On écrit avant de structurer. On saute sur le dernier réseau social sans stratégie. On coupe des tests trop tôt. On laisse la nouvelle recrue se débrouiller seule. Et dans chaque cas, il propose une approche méthodique qui ne cherche pas à être spectaculaire – juste à éviter les erreurs les plus coûteuses.

Ce n’est pas le style de guru qui te promet de tripler ton CA en 30 jours. C’est quelqu’un qui a fait les erreurs, qui a documenté ce qui a marché, et qui le partage sans fard. Pour comprendre pourquoi tes offres ne convertissent pas, ou pour affiner ta page de vente, c’est ce type de retour d’expérience concret qui fait avancer – pas les théories.

Et sur la question de structurer une page de vente en 10 blocs : c’est une méthode, pas une garantie. Le bloc 4 – la création du désir – peut être parfaitement rédigé et quand même ne pas convertir si le bloc 2 n’a pas bien identifié le problème réel du visiteur. Tout est lié. C’est pour ça que la structure vient avant le copywriting. Toujours.

La vraie question, finalement : est-ce que tu sais vraiment quel est le problème numéro un de ton client idéal ? Pas celui que tu imagines. Celui qu’il décrit avec ses propres mots. Parce que c’est ça qui nourrit le titre, le bloc 2, le bloc 4. Tout le reste découle de cette réponse. Et si tu n’as pas cette réponse, aucune structure ne rattrapera le problème. Ce que tes clients disent et ce qu’ils font sont souvent deux choses différentes – et c’est là que beaucoup de pages de vente perdent la bataille.

Questions fréquentes

Comment structurer une page de vente efficacement ? +
La méthode recommandée est de diviser la page en 10 blocs qui suivent la formule AIDA : proposition de valeur, validation de l'intérêt, introduction de la solution, création du désir, preuve sociale, résumé de l'offre avec prix, garantie, biographie, FAQ et conclusion avec le coût de l'inaction. L'essentiel est de structurer avant d'écrire - pas l'inverse.
Quel est le bloc le plus important d'une page de vente ? +
Selon Danilo Duchesnes, c'est le bloc 4 : la création du désir. C'est là que tu détailles précisément ce que contient ton offre - les modules, les apprentissages spécifiques, les bénéfices concrets. Un bloc trop vague à cet endroit fait chuter les conversions, même si le reste de la page est bien rédigé.
Comment faire des AB tests sur Facebook Ads sans se perdre ? +
Priorise trois variables : l'audience, le format de la créa (image, vidéo, carrousel) et l'accroche. Fais un seul test à la fois, une semaine par test. Attends d'avoir au moins 5 000 impressions par variante avant de tirer une conclusion. L'indicateur de référence pour juger un test est le coût par résultat, pas le CTR seul.
Faut-il mettre une garantie sur une page de vente ? +
Oui, la garantie réduit le risque perçu et lève une objection majeure au moment du prix. Pour une formation en ligne, une garantie satisfait ou remboursé de 30 à 90 jours est standard. Elle se place idéalement juste après l'affichage du prix, quand l'hésitation est maximale.
Combien de blocs doit contenir une landing page de vente ? +
La méthode détaillée dans cet épisode en compte 10 : proposition de valeur, validation de l'intérêt, transition vers la solution, création du désir, preuve sociale, résumé et prix, garantie, biographie, FAQ et conclusion. Le nombre peut varier selon le produit, mais ces 10 blocs couvrent l'ensemble des objections et du parcours décisionnel du visiteur.
Structurer une page de vente suffit-il pour qu'elle convertisse ? +
Non. La structure est une condition nécessaire, pas suffisante. Si tu ne connais pas précisément le problème numéro un de ton client idéal - dans ses propres mots - même la meilleure structure ne convertira pas. La recherche client nourrit le titre, le bloc problème et le bloc désir. Sans cette matière première, structurer une page de vente devient un exercice formel qui ne génère pas de résultats.

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