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Faut-il encore publier sur Facebook en 2021 (sans payer) ? | #AskDanilo E15

Épisode diffusé le 27 août 2021 par Danilo Duchesnes

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Continuer à publier sur Facebook en 2021 sans payer, c’est la question que Jordan a posée sur le blog de Danilo Duchesnes – consultant en publicité Facebook et fondateur du podcast Le Rendez-vous Marketing. Une question banale en apparence. Mais la réponse est beaucoup plus inconfortable qu’on ne le croit.

38 millions d’utilisateurs actifs mensuels en France. 71 % des internautes français. Sur le papier, Facebook reste un mastodonte. Et pourtant, les pages d’entreprises n’ont jamais été aussi silencieuses. Ce paradoxe-là, Danilo le connaît bien – il l’a vécu sur sa propre page, année après année, fan après fan.

Alors qu’est-ce qui se passe vraiment ? Et surtout, qu’est-ce qu’on fait avec ça ?

Ce que les chiffres ne disent pas sur Facebook

Commençons par les statistiques. 51 % d’hommes, 49 % de femmes. 65 % des utilisateurs ont moins de 35 ans selon une source de 2019. Mais – et c’est là que ça devient intéressant – 49 % des utilisateurs quotidiens se situent dans la tranche 25-49 ans.

La nuance est énorme. Facebook n’est plus le réseau des ados. C’est le réseau des actifs, des trentenaires, des quadras qui s’y connectent chaque jour par habitude autant que par choix. Si ta cible a moins de 25 ans, Danilo est direct :

Si votre cible a moins de 25 ans, c’est beaucoup moins intéressant que d’être présent sur TikTok, sur Instagram, ou je dirais peut-être même Pinterest, je ne sais pas trop la démographie. Mais en tout cas, Instagram et TikTok, je suis sûr que c’est là que les jeunes se trouvent.

C’est honnête. Et rare.

Ce qui l’est moins, c’est de croiser ces données démographiques avec ce qui se passe côté offre. Moins de marques publient. Moins d’influenceurs aussi. Danilo l’admet sans stats précises à l’appui – il le voit, il le ressent. Et franchement, quand quelqu’un qui conseille des campagnes Facebook à longueur de journée dit qu’il observe un retrait massif, ça vaut autant qu’une étude Hootsuite.

Le paradoxe, c’est que cette désertion crée mécaniquement moins de concurrence dans le fil d’actualité. Théoriquement, ça devrait aider ceux qui restent à publier sur Facebook. Théoriquement.

L’algorithme qui punit le succès – le vrai problème des pages

En pratique, l’algorithme écrase tout ça. Et ce qu’il fait aux pages, c’est presque cruel.

Danilo l’a mesuré sur ses propres comptes. Avec 1 000 fans, une publication touche entre 20 et 50 % de l’audience. Avec 10 000 fans, tu descends autour de 10 %. Moins. Parfois bien moins. Autrement dit : plus tu grossis, moins tu existes dans les fils de tes abonnés.

C’est ce que j’ai constaté pour ma propre marque personnelle sur Facebook, c’est que bah, au fur et à mesure des années, j’avais de moins en moins de visibilité, et pourtant, j’avais plus de fans.

C’est exactement le problème.

Et ce n’est pas un bug. C’est une feature. Depuis 2017-2018, Facebook a explicitement priorisé les posts de proches et de famille sur les publications de pages. En devenant une page, tu es downgradé d’office, quelle que soit la qualité de ce que tu postes. Un post médiocre d’un cousin éloigné aura plus de poids dans l’algorithme qu’un contenu soigné d’une marque que l’utilisateur a choisi de suivre.

Ce qui m’agace dans cette logique, c’est qu’elle est présentée comme une mesure pour améliorer l’expérience utilisateur. Peut-être. Mais elle oblige aussi les pages à payer pour être vues par leurs propres fans – ce qui est quand même un conflit d’intérêts assez manifeste pour une entreprise cotée en bourse.

La question que tout le monde se pose devient alors : pourquoi faire grossir une communauté si elle ne voit plus rien ? Le reach organique des réseaux sociaux ne chute pas qu’sur Facebook, mais Facebook est le cas le plus documenté, le plus vécu, le plus douloureux pour les marques qui ont investi des années à construire leur page.

publier sur facebook : ce qui fonctionne encore (vraiment)

Alors qu’est-ce qu’on fait ? Danilo donne une réponse en deux temps.

Premier temps : si tu veux continuer à publier sur Facebook, mise sur la qualité radicale. Pas deux posts par jour. Deux posts par semaine, maximum – mais des posts qui méritent d’exister.

Publiez vraiment euh, le top du top en terme de qualité. Ne n’essayez pas de faire de la quantité, parce que plus vous faites de de la quantité, bah, moins il y a des chances que vos posts soient vus. Et j’ai remarqué aussi que plus on publie sur sa page Facebook, moins les les posts ont une portée euh, organique intéressante.

Dit comme ça, ça a l’air simple.

Et ensuite ? Tu boostes ce qui fonctionne. Pas tout. Le meilleur post de la semaine. Avec un ciblage précis : tes fans actuels ET les personnes qui interagissent avec ton compte Instagram. Danilo utilisait exactement cette combinaison. Ce n’est pas de la publicité au sens classique – c’est plutôt un amplificateur pour du contenu qui a déjà prouvé qu’il résonnait.

Deuxième temps : les Facebook Live. Danilo en parle comme de la dernière chose qui offre encore une vraie portée organique sur la plateforme. Un live par semaine, avec un événement créé en amont pour prévenir la communauté. Et chaque live peut ensuite être recyclé ailleurs – podcast, YouTube, stories. (C’est le principe de la pièce de contenu qu’on décline, et c’est souvent là que le retour sur effort devient intéressant.) Pour aller plus loin sur cette logique de stratégie de contenu avec le moins d’efforts possible, c’est un épisode qui vaut le détour.

Mais – et Danilo le concède lui-même – il fait de moins en moins de live Facebook. Parce que grossir la page ne l’intéresse plus vraiment. Ce qui est cohérent avec tout ce qu’il vient d’expliquer.

La page Facebook comme vitrine – et non comme moteur

Voilà le vrai pivot de sa réponse. Arrêter de traiter publier sur Facebook comme une stratégie d’acquisition organique. Ce n’est plus ça.

La page Facebook, en 2021, c’est une fiche d’identité. Qui vous êtes. Ce que vous faites. Où vous êtes. Vos horaires. Votre menu si vous êtes restaurateur. Votre gamme de prix. C’est la première chose que certains clients vont chercher avant d’appeler ou d’envoyer un email – et certains ne feront ni l’un ni l’autre, ils enverront juste un message Messenger.

Il faut que Messenger soit activé. Il faut que la page soit à jour. Il faut que les recommandations soient là, visibles, nombreuses. Avec 2,7 milliards d’utilisateurs actifs mensuels dans le monde, Facebook reste un moteur de recherche de fait pour beaucoup de gens qui veulent vérifier la crédibilité d’une enseigne locale ou d’un prestataire.

Et puis il y a Facebook Shop. Lancé en 2020, le dispositif permet d’intégrer une boutique directement dans la page – avec des produits issus de ton site ou non, achetables à même la plateforme ou en contact direct. Pour un e-commerçant ou un artisan, c’est une vitrine supplémentaire qui ne coûte rien à tenir.

Ce changement de posture – de l’outil de publication à l’outil de présence – n’est pas un aveu d’échec. C’est une adaptation réaliste à ce que Facebook est devenu. Et d’ailleurs, ce type de raisonnement sur la valeur réelle d’une plateforme est au cœur de ce qu’on appelle le débat réseaux sociaux vs emailing – un sujet que beaucoup de marketeurs continuent d’esquiver.

Ce que ça dit sur la relation entre les marques et les plateformes

Prenons un peu de recul. Ce que Danilo décrit sur Facebook, c’est une histoire qu’on a déjà vue. Une plateforme attire les créateurs, les marques, les entreprises avec une promesse de reach gratuit. Elle grossit. Elle se monétise. Elle réduit le reach organique pour forcer la publicité payante. Les marques râlent mais restent parce que leur audience est là.

Instagram a fait pareil, à son rythme. LinkedIn commence. TikTok promet pour l’instant une portée organique exceptionnelle – mais l’histoire se répète, toujours.

Ce qui change avec Facebook, c’est que la chute est documentée depuis suffisamment longtemps pour qu’on ait des données claires. 10 % de portée organique avec 10 000 fans. C’est un chiffre brutal. Et il pousse certains créateurs vers des stratégies alternatives – changer de stratégie sur les réseaux sociaux n’est plus une option marginale, c’est une nécessité pour ceux qui ont bâti uniquement sur du reach Facebook.

Danilo Duchesnes ne dit pas de tout arrêter. Il dit de revoir ce qu’on attend de la plateforme. Nuance importante. Arrêter d’espérer une croissance organique significative. Commencer à traiter la page comme un actif de marque statique – une présence professionnelle, pas un canal d’acquisition.

Et si tu veux vraiment faire de l’acquisition sur Facebook, il te reste la publicité payante. Ce qui est précisément le cœur de métier de Danilo – et ce n’est probablement pas un hasard s’il recommande de publier sur Facebook avec parcimonie plutôt que d’investir massivement en organique. (Je dis ça sans malice. C’est cohérent avec ce qu’il observe. Mais c’est une donnée à avoir en tête.)

Faut-il encore publier sur Facebook – la réponse honnête

Oui. Mais pas comme avant. Et pas pour les mêmes raisons.

Publier sur Facebook en 2021 – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt – c’est que la question n’est pas « combien de posts par semaine » mais « qu’est-ce que cette page doit faire pour mon activité concrètement ».

Si ta cible a entre 25 et 49 ans, elle est sur Facebook. Elle pourrait tomber sur ta page. Elle va lire les recommandations. Elle va cliquer sur Messenger si elle a une question. Elle va regarder ton adresse, tes horaires, tes produits. C’est pour ça qu’il faut garder la page vivante – pas pour le reach, pas pour l’algorithme.

Pour le contenu organique, Danilo propose une règle simple :

  • Publier moins, mais vraiment bien – deux fois par semaine maximum

Et booster ce qui résonne avec un petit budget. Cibler tes fans existants et les audiences proches de ton compte Instagram. Pas pour « faire de la pub », mais pour récupérer la visibilité que l’algorithme t’a volée sur ta propre communauté.

Pour les Facebook Live, la fenêtre existe encore. Un live hebdomadaire, un événement associé, un contenu recyclable. C’est du travail. Mais c’est du travail qui rend des copies. Si tu réfléchis à comment créer du contenu de façon régulière sans t’épuiser, la logique de recyclage est exactement ce qu’il te faut.

Ce qui ne marche plus, c’est le posting quotidien d’une page qui espère toucher ses fans gratuitement et construire une communauté engagée par la seule force de ses publications. Cette époque est révolue depuis 2017. Si tu découvres ça maintenant, tu as quatre ans de retard – mais au moins, tu sais.

La vraie question, du coup, c’est où tu mets le budget et l’énergie que tu retires du posting Facebook organique. Et là, chaque réponse est différente selon ton secteur, ton audience, tes ressources. Danilo ne le dit pas explicitement dans cet épisode – mais c’est la question qu’il laisse ouverte, et c’est probablement la plus utile.

Questions fréquentes

Vaut-il encore le coup de publier sur Facebook en 2021 sans payer ? +
Oui, mais avec des attentes radicalement revues. Publier sur Facebook en organique ne génère plus qu'une portée de 10 à 20 % selon la taille de ta page. L'algorithme priorise les contenus de proches sur les publications de pages depuis 2017-2018. Ce qui fonctionne encore : publier peu mais bien (deux fois par semaine maximum), booster les meilleurs posts avec un petit budget, et miser sur les Facebook Live qui gardent une meilleure portée organique.
Quelle est la portée organique moyenne d'une page Facebook en 2021 ? +
Danilo Duchesnes donne des chiffres précis tirés de sa propre expérience : avec 1 000 fans, une publication touche entre 20 et 50 % de l'audience. Avec 10 000 fans, on descend à environ 10 % - parfois moins. Autrement dit, plus la page grossit, moins chaque post est visible proportionnellement.
Facebook est-il encore utile pour une entreprise locale ? +
Oui, clairement. La page Facebook reste une vitrine essentielle : horaires, adresse, menu, recommandations clients, messagerie Messenger. Avec 2,7 milliards d'utilisateurs actifs mensuels dans le monde, beaucoup de clients potentiels cherchent encore une entreprise sur Facebook avant de décider. Ce n'est plus un outil de publication organique, mais un actif de présence de marque.
Faut-il faire des Facebook Live pour avoir de la visibilité ? +
C'est l'une des rares formats qui résiste encore côté portée organique sur la plateforme. Danilo recommande un live hebdomadaire avec un événement créé en amont pour prévenir sa communauté. Le bonus : chaque live peut être recyclé en podcast, YouTube ou stories.
Quelle est la démographie des utilisateurs Facebook en France ? +
38 millions d'utilisateurs actifs mensuels, soit 71 % des internautes français. 51 % d'hommes, 49 % de femmes. Surtout : 49 % des utilisateurs quotidiens se situent dans la tranche 25-49 ans. Facebook n'est plus le réseau des moins de 25 ans - ceux-là sont sur TikTok et Instagram.
Comment booster efficacement ses publications Facebook sans exploser son budget ? +
La méthode de Danilo Duchesnes : publier deux posts de très haute qualité par semaine, identifier celui qui performe le mieux, et le booster avec un ciblage précis vers ses fans existants ET les personnes qui interagissent avec son compte Instagram. Ce n'est pas de la publicité classique - c'est de l'amplification ciblée sur une audience déjà qualifiée.

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