La publicité facebook multi-produits, c’est le sujet qui revient dans absolument tous les audits de comptes e-commerce. Tu as 30, 50, parfois 100 références. Et tu te retrouves face à une question qui semble simple mais qui cache un vrai choix structurel : une campagne par produit ? Par gamme ? Une seule campagne pour tout le monde ? Danilo Duchesnes, fondateur de DHS Digital – une agence spécialisée Facebook Ads qui gère des comptes à partir de 3 000 € de budget mensuel – a consacré un épisode entier de son podcast Le Rendez-vous Marketing à ce problème précis. Et sa réponse m’a fait réaliser que la plupart des e-commerçants se posent la mauvaise question depuis le début.
Parce que ce n’est pas une question de nombre de produits. C’est une question de signaux. Et de ce que l’algorithme fait de ces signaux quand on lui laisse – ou pas – la main.
Ce que l’algorithme sait que tu ne sais pas encore
Voilà ce qu’on oublie systématiquement quand on construit une campagne Facebook : la plateforme ne diffuse pas au hasard. Elle apprend. Et elle apprend vite – à condition qu’on lui donne les données pour le faire.
Danilo l’explique de façon assez directe dans l’épisode :
Facebook développe une intelligence de ciblage sur base des clics qui va y avoir sur vos publicités et d’autres signaux détectés sur votre site comme les ajouts au panier ou les ventes. Et donc Facebook peut vite comprendre quels sont les produits qui vont mieux se vendre quand vous lui en donnez plusieurs dans la même campagne.
C’est exactement le problème. Quand tu forces une campagne séparée par produit, tu pries l’algorithme de pas utiliser tout ce qu’il sait.
Ça, comprendre le fonctionnement de l’algorithme Facebook Ads est le prérequis de toute stratégie multi-produits qui tient la route. Sans cette base, tu structures dans le vide.
La conséquence directe, c’est que la structure recommandée de base reste simple : une campagne d’acquisition, avec toutes tes audiences habituelles, dans laquelle tu testes plusieurs produits. Une campagne de retargeting, avec l’objectif conversion, dans laquelle tu fais pareil. Et tu laisses Facebook décider.
Mais bon. Dire «laisse Facebook décider», c’est un peu court. Parce qu’il y a des cas où ça ne marche pas. Plusieurs, en fait.
Identifie tes best sellers avant de lancer quoi que ce soit
Cinquante produits dans un catalogue. Cinq qui génèrent 50 % des ventes. Danilo donne cet exemple et il est brutal de clarté : si tu n’as pas fait ce tri avant de construire ta publicité facebook multi-produits, tu vas dépenser du budget sur des références que personne ne veut.
Le premier réflexe, c’est donc d’aller dans ton back-office et de sortir cette liste. Tes best sellers sur le site ne seront pas forcément tes best sellers sur Facebook – mais c’est le point de départ logique. C’est là que tu crées tes premières créas.
Et sur le format de ces créas, Danilo est assez précis :
Soit vous aurez une créa par produit best seller, c’est-à-dire une image ou une vidéo ou une créa compilation de produits best seller. Juste une vidéo avec plusieurs produits, plusieurs modèles un carrousel, c’est un peu la même chose ou également des stories où justement vous allez faire varier les produits qui sont affichés dans la publicité.
Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais la vraie subtilité, c’est l’analyse qu’il faut faire après quelques semaines de diffusion.
Parce que tu vas commencer à voir des choses. Est-ce que les créas qui tournent concernent toujours les mêmes produits ? Est-ce qu’un coloris particulier se démarque – en prêt-à-porter par exemple, un même modèle peut exister en dix teintes et c’est souvent la même qui cartonne. Est-ce que tes best sellers web sont aussi tes best sellers Facebook ?
Ce qui m’agace dans beaucoup de comptes qu’on voit passer, c’est que cette analyse n’est jamais faite. On lance des créas, on regarde le ROAS global, et on en reste là. La granularité par produit, par format, par coloris – ça reste dans les tiroirs. Pourtant c’est là que se cache la vraie information.
Pour aller plus loin sur les formats créatifs à tester, l’épisode avec Maxence Godard de Horace sur la production de créas Facebook Ads de qualité est une référence. UGC, démonstration produit, témoignage – les formats dont parle Danilo sont exactement ceux qu’ils décortiquent ensemble.
publicité facebook multi-produits : les 3 cas où une campagne séparée s’impose
Première exception : l’édition limitée ou la nouveauté urgente. Danilo est catégorique là-dessus :
Si vraiment vous avez une édition limitée que vous devez vendre à tout prix parce qu’on a juste 100 qui sont disponibles et que vous avez 3 semaines pour vendre cette édition limitée, évidemment, je vous conseille de faire une campagne séparée avec des audiences dédiées et des créa dédiées.
C’est exactement le problème que pose la logique algorithmique dans ces situations. Si tu mets une édition limitée dans ta campagne principale, Facebook va décider – selon ses signaux – de lui allouer ou pas du budget. Et il peut très bien choisir de ne pas la pousser, parce que d’autres créas performent mieux historiquement.
Chez DHS Digital, la règle est claire : édition limitée = campagne séparée, avec une part définie du budget total. L’exemple donné dans l’épisode : 500 € de budget quotidien global, 100 € alloués spécifiquement à l’édition limitée. Le reste reste sur la campagne fil rouge. Simple, propre, et ça évite de tout mélanger.
Deuxième cas – et c’est selon moi le plus intéressant – : quand tu as des gammes qui s’adressent à des personas vraiment différents. L’exemple du podcast est parlant : un client dans les compléments alimentaires avec une gamme santé et une gamme musculation. Ce ne sont pas les mêmes personnes. Pas les mêmes intérêts. Pas les mêmes comportements d’achat.
Dans ce cas précis, une campagne par gamme avec des audiences dédiées prend tout son sens. La gamme muscu cible des audiences autour de la musculation, de la nutrition sportive, des protéines. La gamme santé part sur les vitamines, le bien-être, la prévention. Faire cohabiter tout ça dans une seule campagne, c’est s’assurer que Facebook va optimiser vers une cible et délaisser l’autre – souvent celle qui a le moins d’historique de conversion.
Attention quand même (et c’est souvent là que ça coince) : si tes gammes s’adressent aux mêmes personnes, cette logique de séparation ne tient plus. Et il faut surveiller les chevauchements d’audiences. Si une même personne se retrouve dans deux audiences de deux campagnes différentes, tu la fais enchérir contre toi-même. Les coûts grimpent, le budget se dilue. Danilo renvoie vers un article de son blog sur ce sujet – c’est un point technique mais qui peut coûter cher si on l’ignore.
Troisième cas : la campagne de test pour des produits jamais testés. L’idée, c’est de ne pas polluer ta campagne d’acquisition principale avec des références inconnues. Tu crées une campagne à part, avec des audiences larges – intérêts généraux qui couvrent des millions de personnes, ou lookalike 10 % de tes meilleurs clients (4 à 5 millions de personnes en France, selon les chiffres donnés dans l’épisode). Et tu testes. Ceux qui performent rejoignent ensuite la campagne principale.
C’est une logique de quarantaine, finalement. Et elle est saine. Sur les erreurs classiques en e-commerce qui découlent de l’absence de cette séparation, 5 erreurs fréquentes Facebook Ads e-commerce liste exactement ce genre de ratés structurels.
Le retargeting dynamique change tout le calcul
Avec une marque multi-produits, le retargeting dynamique est probablement l’outil le plus puissant à disposition – et le moins bien compris.
Le principe : Facebook utilise ton flux de produits pour remontrer automatiquement les articles qu’un visiteur a vus ou ajoutés au panier. Si quelqu’un a regardé trois références de ta gamme muscu, il verra ces trois références en retargeting. Pas ta gamme santé. Pas un mix aléatoire. Exactement ce qu’il a vu.
Ce qui est vraiment intéressant avec ce format, c’est que le message publicitaire peut rester généraliste. Danilo donne un exemple :
Nos compléments alimentaires vous plaisent, retrouvez-les sur notre site, on vous offre X % de réduction, la livraison est offerte. Vraiment message très généraliste qui dans ce cas-là évite d’avoir des messages différents selon les gammes de produits.
Voilà. Un seul message, une seule campagne de retargeting dynamique, et Facebook segmente lui-même par intérêt produit. C’est élégant. Et ça évite de multiplier les campagnes de retargeting par gamme, ce qui serait un cauchemar à gérer.
Du côté des campagnes dynamiques en acquisition – les fameuses Dynamic Ads Broad Audiences – la logique des ensembles de produits est intéressante. Tu crées un ensemble avec 30 produits de la gamme 1, un autre avec 40 de la gamme 2. Tu testes les deux en format carrousel ou collection. Et tu vois laquelle génère le meilleur résultat. C’est une façon de faire de la publicité facebook multi-produits en laissant l’algorithme choisir les produits, mais en lui imposant le périmètre dans lequel il choisit.
Le format collection – image ou vidéo hero au-dessus, trois produits en dessous, landing page Facebook avec tout le catalogue de la gamme quand on clique – est particulièrement adapté aux marques avec beaucoup de références. Ça crée une expérience de navigation sans quitter l’application. Sur mobile, c’est brutal d’efficacité.
Sur la question du budget et de la répartition entre ces campagnes, calculer le budget de vos publicités Facebook est un point de passage obligé avant de lancer plusieurs campagnes en parallèle. Parce que diluer 300 € sur cinq campagnes, ça ne donne de données exploitables à aucune d’entre elles.
Ce que Facebook recommande – et pourquoi Danilo n’est pas toujours d’accord
Il y a un moment dans l’épisode qui m’a plu parce qu’il prend clairement position. La recommandation officielle de Meta, c’est simple : ciblage large, tous tes produits dans la même campagne, laisse-nous faire. Point.
Danilo ne dit pas que c’est faux. Mais il dit que c’est parfois une vision trop étroite :
C’est clairement quelque chose qui n’est pas recommandé par Facebook, c’est-à-dire que eux ce qu’ils vous recommandent, c’est d’utiliser un ciblage large de mettre toutes vos publicités, tous vos produits dans la même audience. Je trouve que c’est parfois une vision un peu trop limitée de ce qu’on peut faire sur Facebook.
Ce qui est rare dans le secteur, c’est d’entendre quelqu’un contredire ouvertement la plateforme sur sa propre logique d’optimisation. Mais la nuance est importante : il ne dit pas de multiplier les campagnes pour le plaisir. Il dit qu’il y a des situations – personas différents, éditions limitées, produits inédits – où la séparation est justifiée par la réalité business, pas par une préférence de structure.
Et il ajoute un point que j’ai trouvé honnête : quand tu as deux campagnes en parallèle, tu as deux fois plus de travail. La gestion devient dynamique – à certains moments une campagne performe mieux, tu bascules du budget vers elle. La semaine suivante, c’est l’inverse. C’est une gestion plus fine, mais ça demande une attention régulière que tout le monde n’a pas forcément.
Ce qui m’agace un peu dans la position de Meta, c’est que leur recommandation est calibrée pour le compte moyen. Pas pour une marque avec deux gammes de produits qui s’adressent à des audiences radicalement différentes. Dans ce cas précis, la logique «tout dans un» produit mécaniquement une optimisation vers la gamme qui convertit le mieux historiquement – et l’autre meurt lentement par manque d’exposition. Ce n’est pas un bug. C’est le comportement normal de l’algorithme.
Pour aller plus loin sur la structure des campagnes en e-commerce, les 5 types de campagnes Facebook pour l’e-commerce donne une vue d’ensemble utile. Et si tu hésites encore sur ABO vs CBO pour gérer le budget entre plusieurs campagnes, le choix entre ABO et CBO sur Facebook Ads clarifie bien les enjeux – parce que la réponse change selon exactement le type de structure dont on parle ici.
Ce qu’il faut retenir – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand je couvrais mes premières campagnes multi-produits – c’est que la bonne structure n’existe pas dans l’absolu. Elle dépend de tes personas, de ton budget, de ton catalogue, et de la nature de ta relation avec l’algorithme. Pas d’une règle gravée dans le marbre par une régie publicitaire dont les intérêts ne sont pas exactement les tiens.









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