produire du contenu régulièrement

Comment s’organiser pour produire (au moins) 10 posts par semaine ? | #AskDanilo E24

Épisode diffusé le 4 novembre 2021 par Danilo Duchesnes

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Produire du contenu régulièrement – dix posts par semaine, toute l’année, sans rater une semaine – ça ressemble à un mythe pour 90% des créateurs qui démarrent. Danilo Duchesnes, consultant en publicité Facebook et fondateur du Rendez-vous Marketing, fait exactement ça. Trois posts Instagram, trois posts LinkedIn, deux épisodes de podcast par semaine, plus un article de blog de 3 000 à 4 000 mots tous les quinze jours. Le tout en gérant une entreprise en parallèle.

Ce qui est frappant dans sa méthode, c’est qu’elle ne repose pas sur un talent particulier pour l’écriture. Elle repose sur une infrastructure. Une façon de découper le travail créatif en morceaux séparés, qui n’interfèrent pas les uns avec les autres. Et quand on comprend cette logique, beaucoup de choses deviennent claires – y compris pourquoi la plupart des gens abandonnent après trois semaines.

Danilo a répondu à cette question précise – posée par une auditrice prénommée Laura – dans un épisode court de son podcast. Ce qu’il décrit, c’est un process en quatre étapes. Pas une philosophie. Un vrai système, avec des durées, des outils, des jours dédiés. C’est ce qu’on va décortiquer ici.

Le problème que personne ne nomme vraiment

La page blanche n’est pas un problème de créativité. C’est un problème d’organisation temporelle. Quand tu te retrouves devant un écran vide à 9h du matin en te disant ‘allez, je vais écrire un post’, tu es déjà en train de perdre. Tu confonds deux activités qui n’ont rien à voir : trouver une idée et développer une idée.

Danilo est catégorique là-dessus :

N’essayez pas de vous dire je vais écrire un post si vous n’avez pas d’idées qui est déjà un peu prête ou à laquelle vous avez déjà pensé. C’est vraiment important d’avoir déjà des idées avant de commencer à écrire.

Dit comme ça, ça a l’air simple. Et pourtant c’est exactement là que ça plante pour la majorité des créateurs de contenu.

Le cerveau ne passe pas facilement d’un mode ‘divergent’ – chercher, explorer, faire des associations – à un mode ‘convergent’ – structurer, rédiger, finir. Forcer cette transition en temps réel, c’est ce qui crée la friction. Et la friction, à terme, c’est ce qui fait que tu publies de moins en moins, jusqu’à t’arrêter complètement. (Ce que la plupart appellent ‘manque de discipline’ est en fait un problème d’architecture de travail, pas de volonté.)

La solution de Danilo, c’est de ne jamais mélanger ces deux phases. Jamais. Ce principe traverse tout son système, des sessions de recherche d’idées jusqu’à la planification du dimanche soir.

Étape 1 : la recherche d’idées, vraiment séparée du reste

Une à deux fois par mois. Deux à trois heures par session. Objectif : remplir une liste dans Notion avec une vingtaine d’idées. Rien d’autre.

Pour trouver ces idées, Danilo fait trois choses. La veille, d’abord – blogs, podcasts, chaînes YouTube du secteur, avec une attention particulière aux contenus qui ont le mieux marché. Sur YouTube, le nombre de vues par vidéo donne déjà un signal fort sur ce qui intéresse réellement les gens. Il consulte ensuite ses swipe files : les contenus sauvegardés sur Instagram, LinkedIn et Pocket (articles de blog mis de côté au fil des semaines). Et il repasse sur ses propres contenus passés – un article de blog sur la budgétisation Facebook Ads peut devenir cinq posts LinkedIn s’il n’a jamais été ‘recyclé’ dans ce format.

Chaque idée atterrit dans Notion avec un titre provisoire, un type de contenu (post, podcast, article), une thématique et un statut ‘idée’. Propre, simple, opérationnel.

Ce que j’aime dans cette approche – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me explique quand je démarrais – c’est qu’elle traite la créativité comme une matière première à stocker, pas comme un robinet qu’on ouvre à la demande. Tu ne peux pas produire du contenu régulièrement si tu attends l’inspiration pour démarrer. L’inspiration, tu vas la chercher, tu la catalogues, et tu l’utilises quand tu es en mode rédaction. Pas avant.

Et pendant ces sessions de recherche, Danilo est en mode deep work total :

Je suis vraiment dans le flow, donc j’ai tendance à totalement oublier ce qui se passe autour de moi et je travaille vraiment à fond là-dessus, je regarde pas mon téléphone, je regarde pas mes mails.

Voilà. Pas de notifications. Pas de Slack. La créativité comme un sport de contact – tu rentres dedans, tu en ressors deux heures plus tard.

Si la question du syndrome de la page blanche t’obsède au-delà du seul problème d’organisation, cet épisode sur les techniques pour lutter contre le syndrome de la page blanche va plus loin sur les mécanismes cognitifs en jeu.

Étape 2 : l’outline, ou comment produire du contenu régulièrement sans jamais repartir de zéro

Une idée dans Notion, c’est un titre et une thématique. Ce n’est pas encore un contenu. L’étape 2, c’est de transformer cette idée en squelette – ce que Danilo appelle un ‘outline’.

Concrètement : pour chaque idée retenue, il note en quelques points ce qu’il veut dire. Pour un post sur ‘comment calculer un budget Facebook Ads’, ça donne deux ou trois éléments – la formule qu’il utilise, un exemple chiffré. C’est tout. On ne rédige pas. On ne peaufine pas. On pose juste la structure.

Soit cet outline se fait le même jour que la recherche d’idées – le matin pour les idées, l’après-midi pour les plans. Soit il se fait à un autre moment. Mais dans tous les cas, il précède toujours la rédaction.

Ce que cette étape change en pratique : quand tu t’assois pour écrire, tu as déjà l’idée ET le plan. Tout ce qu’il te reste à faire, c’est remplir les cases. La résistance au démarrage – ce moment pénible où tu fixes ton écran en te demandant par où commencer – disparaît presque complètement.

Pour aller plus loin sur la façon dont certains créateurs construisent une production de contenu quasi-industrielle, l’épisode avec Aline Bartoli de TheBBoost sur comment ne jamais manquer d’idées sur Instagram est une bonne suite logique.

La rédaction en mode batching : 30 minutes par post, pas une de plus

Trois posts Instagram en deux heures. Trois posts LinkedIn en deux heures. Trente minutes par post, rédaction, relecture, lecture à voix haute, visuel si besoin. Voilà le rythme de croisière de Danilo pour produire du contenu régulièrement à ce volume.

Le batching – regrouper la production de contenus similaires dans un seul bloc de temps – est une des pratiques les plus connues dans le milieu. Et pourtant, la plupart des gens le font mal. Ils essaient de tout faire dans la même journée, perdent leur énergie créative après deux heures, et finissent avec des posts bâclés pour le reste.

Danilo préfère varier :

Je préfère, par exemple, faire une demi-journée où je vais écrire des posts Instagram et LinkedIn et une autre demi-journée où je vais faire autre chose, peut-être faire un autre type de contenu, ça peut être un podcast, ça peut être un article de blog, mais personnellement, j’aime pas faire ça toute ma journée, écrire des posts LinkedIn et Instagram.

C’est exactement le problème que beaucoup de créateurs ignorent jusqu’à l’épuisement.

Pour les articles de blog – 6 à 8 heures de travail chacun – Danilo bloque deux journées complètes par mois, généralement le jeudi. Ce jour-là, pas de réunions. Et il a même intégré un cours de tennis le jeudi après-midi, qui le force à sortir, à se vider la tête, avant de revenir sur des tâches moins créatives comme les visuels ou les dernières corrections.

Ce n’est pas un détail. C’est de la gestion d’énergie cognitive, pas juste du time management. La différence entre quelqu’un qui tient sur la durée et quelqu’un qui s’épuise après six mois, c’est souvent là – dans ces micro-décisions sur comment on alterne les types de travail.

Pour les podcasts, il enregistre le samedi, dans le calme. Mini-script préparé en amont, enregistrement sans interruptions. Trois à quatre heures par semaine pour deux épisodes.

Un conseil qu’il glisse et qui mérite qu’on s’y arrête : les plages de création doivent durer au moins deux heures. En dessous, tu n’as pas le temps d’entrer vraiment dans le travail. Et quand tu es en flow, tu ne t’arrêtes pas :

Dès que vous vous arrêtez, vous allez stopper le momentum. C’est hyper important de ne pas justement s’arrêter quand vous êtes en plein flow.

Coupez Slack. Coupez WhatsApp. Téléphone face vers le bas. Deux heures, pas d’interruptions. C’est le minimum pour que la machine tourne.

Pour ceux qui se demandent si cette logique de batching et de production intense vaut aussi pour les vidéos Instagram – formats Reels compris – cet épisode sur la vidéo sur Instagram donne une perspective complémentaire intéressante.

La planification du dimanche soir, ou l’antidote au stress de publication

Dimanche soir. Danilo ouvre Notion. Il planifie trois dates pour Instagram, trois pour LinkedIn, et cale ses podcasts de la semaine. Ça lui prend probablement vingt minutes. Et ça clôt la semaine de création.

Il ne planifie pas au mois – contrairement à ce que font certains créateurs qui préparent tout d’un coup. Sa raison est honnête : l’humeur change, les sujets d’actualité émergent, et un plan mensuel rigide crée plus de frustration qu’il n’en résout.

Mais il y a un élément dans son système qui change tout, et qu’on sous-estime souvent : il maintient six semaines d’avance sur son contenu.

Six semaines. Ça veut dire que même si une semaine complète part en vrille – maladie, urgence client, voyage – aucun trou dans la publication. Zéro stress. Le contenu tourne tout seul.

C’est ça, produire du contenu régulièrement dans la durée. Pas la discipline de fer du créateur qui force chaque semaine. L’infrastructure qui absorbe les imprévus. La différence est fondamentale – et elle explique pourquoi certains publient sans faillir depuis trois ans pendant que d’autres ‘reprennent’ leur rythme tous les deux mois.

Une fois un post publié, Danilo change manuellement son statut dans Notion de ‘prêt’ à ‘publié’. Banal en apparence. Mais ce geste simple ferme une boucle cognitive – le post n’occupe plus aucune bande passante mentale.

Pour comprendre comment cette régularité éditoriale s’inscrit dans une stratégie digitale plus large, l’épisode sur comment établir une bonne stratégie digitale donne un cadre utile pour contextualiser toute cette mécanique de production.

Ce que ce système ne dit pas

Il y a une limite évidente dans le modèle de Danilo, et il l’admet lui-même : pour les articles de blog et les épisodes de questions-réponses comme celui-ci, il prépare ‘au compte-goutte’. Pas idéal selon ses propres mots. Ce format-là ne rentre pas parfaitement dans son système en avance de phase.

Ça, c’est une vraie concession. Produire du contenu régulièrement sur tous les formats simultanément, avec six semaines d’avance partout – c’est une aspiration, pas une réalité quotidienne même pour lui.

Et il y a un autre angle que le système ne couvre pas : la question de l’aide extérieure. Danilo mentionne ‘Davina’, qui l’aide sur les visuels quand il est pris. Une partie de sa capacité à produire ce volume repose sur cette délégation ponctuelle. Ce n’est pas anodin. Pour quelqu’un qui démarre seul, sans budget pour externaliser même la création graphique, le rythme sera forcément différent.

Ce qui m’agace un peu dans les contenus sur la productivité créative en général, c’est qu’ils présentent souvent des systèmes rodés par des gens qui ont déjà des ressources – temps, outils, parfois une petite équipe – sans préciser ces prérequis. Le système de Danilo est solide. Mais il a été construit progressivement, pas installé en une semaine. (C’est souvent là que ça coince pour les débutants qui veulent copier coller le résultat sans traverser la phase d’installation.)

Reste que la logique centrale tient parfaitement : séparer la recherche d’idées, la structuration et la rédaction. Ne jamais mélanger ces trois cerveaux dans la même session. Et maintenir un buffer suffisant pour que la machine tourne même quand tu n’es pas au mieux.

Pour ceux qui envisagent d’intégrer un podcast dans leur mix de contenu – format qui demande sa propre logique de production – les avantages et désavantages concrets du lancement d’un podcast méritent d’être pesés avant de s’y lancer.

Et pour aller encore plus loin sur ce que peut produire une vraie stratégie de contenu cohérente sur la durée, l’épisode avec Selma Chauvin sur une stratégie de création de contenu avec le moins d’efforts possible pousse la réflexion dans une direction complémentaire – celle de l’efficience, pas juste du volume.

Questions fréquentes

Comment produire du contenu régulièrement quand on manque de temps ? +
La clé est de séparer la recherche d'idées de la rédaction. Danilo Duchesnes consacre 2 à 3 heures par mois uniquement à trouver des idées, sans rédiger. Il crée ensuite des outlines rapides avant les sessions d'écriture. En travaillant en batching - par blocs de 2 heures par type de contenu - il produit dix posts par semaine sans y passer des journées entières.
Combien de temps faut-il pour écrire un post LinkedIn ou Instagram ? +
Environ 30 minutes par post selon Danilo Duchesnes, rédaction, relecture et lecture à voix haute incluses. Il regroupe la production en sessions de 2 heures pour faire 3 à 4 posts d'un coup.
Quel outil utiliser pour organiser son calendrier éditorial ? +
Danilo utilise Notion comme base de données centrale. Chaque idée y est enregistrée avec un titre, un type de contenu, une thématique et un statut (idée, en cours, prêt, publié). C'est aussi dans Notion qu'il planifie ses publications hebdomadaires chaque dimanche soir.
Qu'est-ce qu'un swipe file et comment l'utiliser pour produire du contenu régulièrement ? +
Un swipe file est un dossier où vous enregistrez les contenus qui vous ont marqué - articles, posts LinkedIn, publications Instagram. Danilo utilise Pocket pour les articles de blog, et les fonctions de sauvegarde natives d'Instagram et LinkedIn. Ces fichiers deviennent une source d'inspiration directe lors des sessions de recherche d'idées.
Comment éviter le syndrome de la page blanche quand on crée du contenu ? +
Ne jamais s'asseoir devant un écran sans avoir une idée déjà identifiée et un plan minimal. Le syndrome de la page blanche arrive quand on confond deux activités distinctes : trouver une idée et la rédiger. En séparant ces deux étapes dans le temps, la résistance au démarrage disparaît presque complètement.
Faut-il planifier son contenu au mois ou à la semaine ? +
Danilo préfère planifier à la semaine - chaque dimanche soir pour la semaine suivante. La planification mensuelle rigide crée de la frustration quand l'actualité ou l'humeur pousse vers d'autres sujets. En revanche, il maintient 6 semaines de contenu prêt en avance pour absorber les imprévus sans stress.

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