Sept podcasts marketing. C’est le chiffre que Danilo Duchesne pose sur la table dans cette chronique – et derrière chaque titre, il y a une vraie raison d’écouter, pas juste un nom qu’on balance pour faire pro. Mais ce qui rend cet épisode intéressant, ce n’est pas seulement la liste. C’est ce qu’il y a autour : une relecture de Seth Godin qui remet les pendules à l’heure sur ce que le marketing veut vraiment dire, et une conversation avec Antoine Gagnier de J7 Media sur l’Escouade iOS 14 – une newsletter née du chaos post-iOS 14 qui documente en temps réel ce qui marche encore sur Facebook. Trois sujets en apparence distincts. Un fil conducteur : comprendre ce qui déclenche vraiment de la croissance, et ne pas se noyer dans les hacks.
Sept podcasts marketing pour ne pas écouter n’importe quoi
Le problème avec les listes de podcasts marketing, c’est qu’elles ressemblent toutes à la même chose. On te balance 10 titres anglophones connus, tu hoches la tête, tu n’en écoutes aucun. Danilo fait différemment : il dit clairement pour qui chaque show est fait, à quel niveau d’expérience. C’est ça qui est utile.
Premier sur la liste : Growth Makers de Gabriel Gourovitch. Des interviews de CEO et CMO de startups à forte croissance, avec un angle acquisition systématique – leads, Facebook Ads, Google Ads. Ce que Danilo souligne, c’est la densité des profils interviewés : des gens qui ont dépensé des millions d’euros en pub, pas des théoriciens. C’est un podcast pour quelqu’un qui a déjà les mains dans le cambouis.
Juste après, le podcast Social Selling de J7 Media (celui d’Antoine Gagnier, qu’on retrouvera plus loin dans cet épisode). Contrairement à ce que le nom laisse entendre, ce n’est pas uniquement du Facebook Ads. YouTube, LinkedIn, e-commerce, tunnels de vente – l’équipe couvre large, mais toujours avec des études de cas chiffrées et techniques. iOS 14 et ses conséquences sur la pub Facebook y ont été traités en profondeur, bien avant que tout le monde s’affole.
Le Super Daily par Supernatif, c’est autre chose. Format court – 15 à 20 minutes, cinq jours sur sept. L’actu social media décortiquée avec un vrai avis. Danilo cite l’épisode sur le geste de Cristiano Ronaldo et les bouteilles Coca-Cola – le fameux Coca Gate. Ce que j’aime dans ce genre de format, c’est qu’on ne résume pas juste un tweet. On se positionne. C’est rare (et c’est souvent là que ça coince pour les créateurs de contenu qui ont peur de froisser).
AARRR Appliqué de Yann Leonardi structure tous ses épisodes autour du framework éponyme : Acquisition, Activation, Rétention, Recommandation, Revenus. Danilo y a été interviewé sur les Facebook Ads. C’est un format exigeant – si tu ne connais pas encore ce modèle, tu vas ramer. Mais si tu as déjà bossé le cycle de vie client, tu vas trouver des angles que tu n’avais pas vus.
Nope Noplay de Joseph Donio, deux épisodes par mois, format d’une heure. Exclusivement dédié à la publicité Facebook et Instagram. Ce que Danilo apprécie : chaque épisode commence par un récapitulatif des actualités Facebook Ads. Pratique quand tu veux rester à jour sans passer trois heures à lire des threads Twitter.
Le seul podcast en anglais de la sélection : Marketing School de Neil Patel et Eric Sue. Des épisodes quotidiens de 5 à 10 minutes. Danilo est honnête là-dessus :
J’en retirais beaucoup beaucoup de valeur auparavant. Un peu moins aujourd’hui parce que évidemment quand on publie des épisodes tous les jours, c’est un peu redondant.
Voilà. Même les meilleurs formats s’essoufflent quand le volume prime sur la densité. Mais pour quelqu’un qui démarre, le back-catalogue est une mine – surtout sur le SEO et le content marketing.
Dernier de la liste et pas le moindre : Marketing Mania de Stan Leloup. Des interviews longues (1h30 en moyenne), publiées une à deux fois par mois. Le focus n’est plus uniquement marketing au sens technique du terme – c’est davantage psychologie humaine, parcours d’entrepreneur, copywriting. Stan pose des questions qui font réfléchir. C’est dense. Et c’est probablement l’un des rares podcasts marketing en français où tu peux apprendre quelque chose sur toi-même en plus d’apprendre sur ton métier. Est-ce que c’est pour tout le monde ? Non.
Seth Godin et This is Marketing : ce que la plupart des marketeurs ratent
Danilo relit This is Marketing après qu’on lui a posé une question simple en podcast : est-ce qu’il y a des choses essentielles en marketing que tout le monde passe à côté ? Sa réponse spontanée a été Seth Godin. Et honnêtement, c’est une bonne réponse.
Le premier principe du livre : les marketeurs provoquent le changement. Pas en cherchant des hacks, pas en redesignant leur logo, pas en retravaillant leur grille tarifaire. En comprenant les frustrations de leur audience et en y répondant concrètement. Ça a l’air évident dit comme ça. C’est pourtant le truc que la majorité saute pour aller directement aux tactiques.
Godin propose trois étapes. La première : identifier un besoin dans une niche – ce qu’il appelle le smallest viable market. Ces gens ne se ressemblent pas forcément physiquement. Mais ils partagent des croyances communes, une vision du monde similaire. L’exemple Starbucks vs Dunkin’ Donuts est parlant :
Starbucks n’a pas forcément cherché à voler les clients de Dunkin Donuts en leur parlant de la même manière, mais ils ont plutôt cherché à servir certaines personnes ayant une série de croyances sur le café, sur le temps, sur l’argent, sur le luxe, sur la communauté.
C’est exactement le problème. Beaucoup de boîtes essaient de convaincre les clients de la concurrence avec les mêmes arguments que la concurrence. Starbucks a construit un cadran différent.
Deuxième étape : la promesse marketing. Godin donne un template en trois phrases que Danilo illustre avec son agence DHS Digital. ‘Mon produit est pour les entreprises qui croient que…’ / ‘Je vais me concentrer sur celles qui veulent…’ / ‘Je promets que s’engager avec ce que je crée va vous aider à obtenir…’ C’est simple – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand j’interviewais des CMO qui n’arrivaient pas à expliquer leur offre en une phrase, c’est exactement ce framework.
La troisième étape, la plus structurante : le positionnement. Godin conseille de choisir deux axes – des attributs que ton audience valorise – et de se placer aux extrémités. Pourquoi les extrémités ? Parce que le milieu est saturé. Il y a trop de choix. Si tu n’occupes pas une position claire, tu es invisible.
L’exemple de la livraison d’un diamant est frappant. Deux axes : sécurité et vitesse. FedEx avec camion blindé : rapide et sécurisé. Le coursier à vélo : rapide mais pas sécurisé. UPS avec assurance : sécurisé mais lent. Le facteur classique : ni l’un ni l’autre. Et donc FedEx s’est positionné sur le cadran que les clients d’un diamant valorisent vraiment – et a grandi en conséquence.
Danilo applique ça directement à DHS Digital. Deux axes retenus : spécialisation (Facebook et Instagram uniquement, pas de multicanal dilué) et créativité (production vidéo intégrée, pas que de la gestion de campagnes). Résultat :
J’ai vu qu’il y avait beaucoup d’agences Facebook Ads ou alors des agences multicanal qui font que des campagnes mais qui ne font aucune réalisation vidéo, qui ne font pas vraiment de services créatifs.
Un cadran sous-occupé. C’est ça la vraie question à se poser – pas ‘comment est-ce qu’on est meilleurs ?’ mais ‘où est l’espace que personne n’a encore pris ?’
Une limite assumée quand même : ce framework fonctionne si les axes que tu choisis sont effectivement sous-estimés par tes concurrents. Si demain dix agences copient exactement le positionnement créativité + spécialisation Facebook, le cadran devient bondé et l’avantage disparaît. Godin le dit lui-même. Ce n’est pas une formule magique. C’est un outil de diagnostic. Pour aller plus loin sur les compétences clés des meilleurs marketeurs Facebook, il y a un épisode dédié qui complète bien cette lecture de Godin.
L’Escouade iOS 14 : quand une équipe arrête de garder ses trouvailles pour elle
Antoine Gagnier – directeur chez J7 Media, une agence qui gère plus de deux millions de dollars de publicité Facebook par mois – rejoint Danilo pour parler d’un projet né directement du chaos post-iOS 14. L’Escouade iOS 14 : une newsletter hebdomadaire, gratuite, qui documente en temps réel les tests réalisés sur les comptes clients de l’agence.
Le contexte, posé par Antoine :
Comme à peu près n’importe qui qui fait de la publicité en ligne en ce moment, on a vu des fluctuations importantes sur nos comptes. On s’est dit – quel est l’endroit où est-ce qu’on peut toujours avoir des signaux intéressants et importants ? Bah c’est à même l’écosystème de Facebook.
Plus de 90 % des utilisateurs iPhone ont refusé le tracking applicatif. Résultat : le pixel Facebook reçoit beaucoup moins de signaux qu’avant. La question n’est plus ‘comment récupérer ces signaux ?’ – c’est trop tard. La vraie question c’est : où est-ce que les signaux subsistent encore ?
Réponse de J7 Media : dans l’écosystème Facebook lui-même. Et notamment via les campagnes Lead Ads – formulaires natifs Facebook, sans redirection vers un site externe. Résultat des tests sur une dizaine de comptes clients :
Pour 70 à 80 % des comptes testés, le format Lead Ad bat systématiquement le format landing page – non seulement en volume de leads générés, mais aussi en qualité. Ce dernier point surprend Antoine lui-même. On s’attendait à des leads moins qualifiés (remplissage automatique, friction quasi nulle). Ce n’est pas ce que les données montrent. Pour creuser les constats concrets de l’impact d’iOS 14 sur les campagnes Facebook, il y a une chronique antérieure qui pose le diagnostic de départ.
Deuxième découverte majeure : les audiences broad. Aucun ciblage par intérêt, aucun critère démographique restreint. L’algorithme Facebook décide seul. Antoine a testé ça agressivement – ses meilleures audiences retargeting et lookalike contre du broad pur. Résultat : le broad gagne dans la majorité des tests significatifs. Et on parle de 70 000 dollars investis sur ce test précis, pas de 500 euros de budget exploratoire.
Ce qui m’agace dans beaucoup de contenus sur iOS 14, c’est qu’on parle de théorie et de bonnes pratiques présumées. J7 Media apporte des données réelles, à l’échelle, sur une vraie diversité de comptes. C’est pour ça que la newsletter a un intérêt concret – pas juste pour ‘rester informé’. Si tu fais de la publicité Facebook après iOS 14, ces tests te donnent une direction à tester immédiatement.
Sur le retour progressif de l’attribution 7 jours clic, Antoine est clair : ça s’améliore. Certains comptes voient réapparaître des achats attribués sur les semaines précédentes – de la donnée qui avait disparu avec le passage forcé au 1 jour clic. Bonne nouvelle. Mais l’attribution par les vues, elle, va continuer à baisser. Facebook n’a tout simplement pas les signaux pour la soutenir. Et ça, pour les e-commerçants qui comptaient sur le view-through pour justifier leurs budgets remarketing – ça représente parfois 20 à 50 % des conversions affichées. Le débat sur les solutions concrètes post-iOS 14.5 selon sept experts du secteur va dans le même sens : l’adaptation n’est pas optionnelle.
Ce que ces podcasts marketing disent tous, sans se coordonner
Franchement, la plupart des gens retiennent la liste et oublient le fond. Mais il y a un truc qui traverse les trois sujets de cet épisode, et c’est pas anodin.
Godin dit : concentre-toi sur un groupe précis avec des croyances communes, construis quelque chose pour eux, raconte une histoire cohérente. Antoine dit : arrêtez de cibler ultra-précisément, le broad fonctionne parce que l’algorithme fait maintenant mieux que vous sur les signaux comportementaux résiduels. En apparence, ça se contredit. En réalité, non.
Godin parle du positionnement de marque et de l’offre. Antoine parle de la mécanique de diffusion publicitaire sur une plateforme spécifique en 2021. Ce sont deux couches différentes. Une stratégie de niche bien définie, diffusée via une audience broad sur Facebook, ne sont pas des approches opposées. Elles se superposent. Et les podcasts marketing qui valent le coup – ceux de la liste de Danilo – sont justement ceux qui ne mélangent pas les deux niveaux.
Reste une question ouverte : est-ce que le broad va continuer à performer si tout le monde l’adopte ? L’algorithme a besoin de diversité dans les signaux pour apprendre. Quand tout le monde diffuse en broad sur les mêmes cibles potentielles, les CPM sur les audiences les plus convertissantes vont logiquement grimper. J7 Media a 70 000 dollars de données pour aujourd’hui. Pour dans six mois – on verra.

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