lancement de formation en ligne

#12 – Comment tripler les revenus d’un lancement de formations en ligne (tout en restant éthique et aligné) avec Charlotte Appietto de Pose ta Dem’

Épisode diffusé le 7 décembre 2020 par Danilo Duchesnes

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Un lancement de formation en ligne qui génère 50 000 € en quelques jours – et trois fois plus que les années précédentes. Charlotte Appietto, fondatrice de Postdème, n’a pas eu de coup de chance. Elle a construit une mécanique précise, sur plusieurs mois, avec une équipe de neuf personnes et une obsession : rester alignée avec les valeurs de sa communauté tout en faisant des chiffres. Ce que Danilo Duchesnes lui a demandé dans cet épisode du Rendez-vous Marketing, c’est exactement comment elle a fait. Et la réponse est moins glamour – et bien plus instructive – que ce que racontent la plupart des posts LinkedIn sur le sujet.

Ce que personne ne dit vraiment sur le lancement de formation en ligne

30 000 € en une seule soirée de webinaire. Quand tu lis ça, tu imagines soit un gourou du marketing avec 200 000 abonnés, soit une arnaque. Charlotte Appietto, elle, avait au départ une communauté solide mais pas immense – un groupe Facebook de 4 500 personnes autour de Postdème, le repère des futurs démissionnaires.

Ce qui a changé cette année, c’est pas une recette magique. C’est une combinaison de trois éléments qui s’emboîtent : un pré-lancement qui commence plusieurs mois avant même de mentionner la formation, un groupe Facebook éphémère qui a réuni 1 500 personnes ultra-engagées dont une bonne partie venait de la découvrir via des publicités Facebook, et un webinaire final qui a converti à un taux qui ferait rougir pas mal de marketeurs chevronnés.

Mais avant de rentrer dans le détail de la mécanique, il y a un truc fondamental à comprendre sur la stratégie du lancement. En gros, un lancement c’est le fait de créer une forte attente autour d’une formation, d’en parler pendant des semaines, et de rendre le programme disponible pendant quelques jours seulement à un prix réduit. C’est la définition classique. Ce qu’on oublie souvent de dire, c’est que le tunnel d’acquisition seul ne suffit pas à convertir. Il faut quelque chose de plus profond.

Charlotte l’a découvert à ses dépens deux ans plus tôt, quand elle a tenté ses premiers lancements sans aide extérieure. Elle avait la formation. Elle avait la communauté. Les chiffres n’étaient pas là.

Postdème, ou comment construire une communauté avant de vendre quoi que ce soit

Janvier 2018. Charlotte Appietto quitte son poste de consultante RH, passe par une start-up, et lance officiellement Postdème avec une idée en tête : créer ce qui lui avait manqué quand elle voulait changer de voie.

« J’étais loin d’être toute seule dans cette problématique. Il y avait pas de communauté vraiment quali dont je pouvais faire partie. Et les articles, c’était des trucs style article du Monde sur les consultants qui étaient devenus pâtissier du jour au lendemain – des success stories mais pas du tout du tout concret. »

Voilà. C’est exactement le problème que la plupart des créateurs de contenu n’osent pas nommer aussi franchement.

En trois ans, elle passe de zéro à 500 000 visiteurs sur le site. Elle développe d’abord un accompagnement individuel, teste un premier programme en ligne huit mois après le lancement, puis crée Side Project – le programme qui va devenir le moteur commercial de Postdème. Et pendant tout ce temps, le groupe Facebook grandit, se densifie, développe une culture interne.

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise – enfin, ce que les articles de blog omettent systématiquement – c’est que la puissance d’un lancement de formation en ligne est directement proportionnelle à la qualité de la relation que tu as construite AVANT. Pas à la taille de ton audience. À sa qualité. Charlotte avait 4 500 personnes dans son groupe. Pas 50 000. Mais elle avait une communauté qui avait confiance.

Et cette confiance, ça se construit pas en trois semaines de pré-lancement.

Le pré-lancement : là où la mécanique commence vraiment

Plusieurs mois avant même d’ouvrir les inscriptions. C’est l’horizon temporel réel d’un lancement de formation en ligne qui fonctionne, selon Charlotte. Et ça, c’est une information qui change tout dans la manière dont tu organises ton calendrier de contenus.

La stratégie repose sur trois couches successives. D’abord, réchauffer la communauté existante avec du contenu qui parle à ses problèmes profonds – sans jamais mentionner la formation à venir. Ensuite, activer les publicités Facebook pour aller chercher une audience froide et la faire entrer dans un environnement contrôlé. Enfin, créer le groupe Facebook éphémère – un espace temporaire, exclusif, conçu pour intensifier l’engagement avant l’ouverture des inscriptions.

Ce groupe éphémère a réuni 1 500 personnes. La moitié venait de découvrir Charlotte via des pubs. L’autre moitié était déjà dans la communauté Postdème. Et le niveau d’engagement dans ce groupe – les questions, les partages, les interactions – était celui d’une communauté qui existe depuis des années, pas depuis trois semaines.

Pourquoi ça marche ? Parce que le groupe éphémère crée une dynamique que ni l’email ni les réseaux sociaux ne créent seuls. Les gens se répondent entre eux. Ils se reconnaissent dans les mêmes problèmes. Ils commencent à s’identifier à un groupe avant même d’avoir acheté quoi que ce soit. C’est ce que les spécialistes des sciences comportementales appellent l’identité sociale – et c’est l’un des leviers de conversion les plus puissants qui existent.

Mais ce que Charlotte n’a pas fait, c’est pousser des contenus génériques dans ce groupe. Elle a maintenu une présence active, répondu aux questions, créé des moments de contenu forts. Avec son équipe marketing derrière, ça représente un investissement en temps et en ressources qui est loin d’être négligeable.

Un lancement de formation en ligne, ça prend combien de personnes exactement ?

Neuf. Charlotte travaille avec neuf freelances. Et quand elle décrit l’organisation du lancement, on comprend pourquoi.

« J’ai quelqu’un sur la partie marketing. Et j’ai des coachs et des mentors. Les coachs, c’est les personnes qui accompagnent en direct individuellement les clients sur les programmes d’accompagnement. Les mentors, ils animent les formations en ligne sur les groupes de formation. »

Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais derrière cette organisation, il y a une chose que Charlotte précise et qui m’a frappé : 90 % de son équipe sont d’anciens clients.

Pas des prestataires recrutés sur LinkedIn. Des gens qui sont passés par ses programmes, que Charlotte a repérés parce qu’ils étaient particulièrement investis, et qu’elle a ensuite intégrés à l’équipe. C’est un modèle qui résout d’un coup le problème de l’alignement des valeurs – quelqu’un qui a vécu la transformation que tu vends n’a pas besoin qu’on lui explique pourquoi c’est important.

Pour le lancement de formation en ligne, cette configuration change la donne. La personne qui gère le marketing a été cliente. Les mentors qui animent le groupe éphémère ont été clients. Quand ils parlent à la communauté, c’est pas du roleplay.

Ce modèle a une limite, et Charlotte ne l’esquive pas : ça ne scale pas à l’infini. Tu peux pas recruter 50 anciens clients comme mentors. Mais à l’échelle où elle est – un chiffre d’affaires qui a doublé en 2020 par rapport à 2019, lui-même triple de 2018 – c’est exactement ce qu’il fallait.

Le webinaire : 30 000 € en une soirée, le détail qui change tout

30 000 €. En une soirée. C’est le chiffre que Danilo met en avant dans son introduction, et c’est celui qui accroche. Mais ce qui est intéressant, c’est pas le chiffre – c’est ce qui l’explique.

Un webinaire de vente classique, c’est une heure de contenu, vingt minutes de pitch, et une offre avec un compte à rebours. Ce format existe depuis 2010 et il fonctionne encore quand il est bien exécuté. Mais Charlotte arrivait à ce webinaire avec 1 500 personnes qui avaient passé plusieurs semaines dans son groupe éphémère. Des gens qui la connaissaient, qui avaient vu ses contenus, qui avaient interagi avec son équipe.

Ce n’est pas un webinaire devant une audience froide. C’est une soirée de closing devant une communauté préchauffée à 350 degrés.

« Un lancement, c’est le fait de créer une forte attente autour du programme, de la formation, en parler pendant des semaines et rendre le programme disponible pendant quelques jours seulement à un prix réduit. »

Ce que cette définition ne dit pas, c’est que l’attente ne se crée pas par des emails de relance. Elle se crée par des semaines d’interactions réelles, de contenu utile, de preuves sociales accumulées dans le groupe éphémère. Le webinaire n’est que la dernière scène d’une pièce qui a commencé bien avant.

Et pour la conversion en salle, Charlotte utilise une combinaison de stratégies pour déclencher l’achat qui jouent sur l’urgence réelle – l’ouverture des inscriptions dure quelques jours seulement – et sur la clarté de la promesse. Pas de fausse urgence. Pas de faux prix barrés. Ce point de l’alignement éthique est explicitement dans le titre de l’épisode, et Charlotte y revient plusieurs fois.

Franchement, la plupart des gens qui regardent ce chiffre de 30 000 € se focalisent sur la tactique du webinaire. Ils passent à côté du vrai levier : les semaines de travail communautaire qui ont précédé.

Coaching ou formation : Charlotte a tranché, et les chiffres lui donnent raison

En 2018, 95 % du chiffre d’affaires de Charlotte venait de ses accompagnements individuels. En 2019, elle avait trouvé un équilibre 50/50 entre coaching et formations en ligne – et son CA avait triplé. En 2020, les trois quarts venaient des formations. Et le CA avait encore doublé.

La progression est nette. Mais Charlotte ne dit pas que le coaching est mort – elle dit qu’il joue un rôle différent.

« Il y a des personnes qui peuvent très bien faire Nouveau Départ en coaching individuel et derrière qui vont faire Side Project en format programme en ligne. Comme à l’inverse, on a aussi des gens qui démarrent par une formation en ligne avec nous et qui derrière vont sur du coaching. Il y a vraiment tous les cas de figures possibles. »

C’est un point qui mérite qu’on s’y arrête. Le parcours client de Postdème n’est pas linéaire. Il ressemble moins à un tunnel de vente classique qu’à une toile – des gens qui entrent par le blog, par le groupe Facebook, par une pub, qui gravitent autour des contenus gratuits, et qui à un moment basculent vers un programme payant selon leur propre timing.

Ce que Charlotte est en train de construire pour 2021 – elle en parle à la fin de l’épisode – c’est une structure de parcours plus claire en entrée, mais plus flexible en pratique. La porte d’entrée doit être simple. Ce qui se passe derrière peut être complexe. C’est une leçon qui vaut pour n’importe quelle activité de formation en ligne qui veut combiner différents formats de produits.

Et il y a un autre chantier en cours : le livre Postdème, co-écrit avec Manon et Marion, deux coachs et mentors de l’équipe – elles-mêmes d’anciennes clientes. Un livre édité, c’est de l’autorité. C’est de la visibilité en librairie. C’est une porte d’entrée vers des gens qui ne seraient jamais arrivés via Google ou les réseaux sociaux. Et pour un dispositif d’attraction de nouveaux leads, c’est un levier que peu de créateurs de contenu français utilisent encore sérieusement.

La vraie question que pose cet épisode, celle que Danilo n’a pas posée directement mais qui traverse toute la conversation : est-ce qu’un lancement de formation en ligne de cette envergure est reproductible sans une équipe de neuf personnes et trois ans de construction communautaire ? La réponse honnête, c’est probablement non – en tout cas pas avec ces chiffres-là. Mais les principes, eux, s’appliquent à n’importe quelle échelle.

Questions fréquentes

Comment organiser un lancement de formation en ligne qui génère plus de 50 000 € ? +
Un lancement de formation en ligne à ce niveau repose sur trois phases distinctes : un pré-lancement de plusieurs mois avec du contenu ciblé sur les problèmes de l'audience, un groupe Facebook éphémère pour concentrer et chauffer une communauté engagée, et un webinaire final devant une audience déjà convaincue. Charlotte Appietto a triplé ses revenus en combinant ces trois éléments avec une équipe de neuf freelances, dont la majorité étaient d'anciens clients de ses programmes.
C'est quoi un groupe Facebook éphémère dans le cadre d'un lancement de formation en ligne ? +
C'est un groupe créé temporairement, quelques semaines avant l'ouverture des inscriptions, pour réunir une audience préchauffée autour d'un sujet précis. Il est distinct de la communauté permanente. Dans le cas de Postdème, ce groupe a réuni 1 500 personnes dont une large partie venait de découvrir Charlotte via des publicités Facebook - ce qui a permis d'élargir l'audience tout en maintenant un niveau d'engagement élevé avant le webinaire de vente.
Combien de temps prend la préparation d'un lancement de formation en ligne sérieux ? +
Plusieurs mois. Le pré-lancement commence bien avant de mentionner la formation. Charlotte Appietto insiste sur le fait que la stratégie du lancement ne se résume pas aux quelques jours d'ouverture des inscriptions - c'est une construction progressive qui inclut la création de contenu, le recrutement via publicités, l'animation du groupe éphémère, et la préparation du webinaire.
Faut-il une grande communauté pour réussir un lancement de formation en ligne ? +
Non, pas nécessairement. Charlotte Appietto avait 4 500 personnes dans son groupe Facebook principal - loin des chiffres de certains influenceurs. Ce qui a fait la différence, c'est la qualité de la relation avec cette communauté et la capacité à l'élargir intelligemment via des publicités Facebook ciblées. La taille compte moins que l'engagement réel.
Comment un webinaire peut-il générer 30 000 € en une soirée lors d'un lancement de formation en ligne ? +
Le webinaire ne fonctionne pas seul. Dans le cas de Postdème, il arrivait en fin d'un dispositif de plusieurs semaines : groupe éphémère actif, contenus réguliers, interactions avec l'équipe. L'audience présente au webinaire était déjà familière avec la promesse du programme Side Project. Le webinaire n'est donc pas un événement de prospection - c'est un moment de closing devant des personnes déjà convaincues.
Est-ce qu'un lancement de formation en ligne peut fonctionner sans équipe ? +
Charlotte a tenté ses premiers lancements seule. Les résultats étaient là mais limités. C'est en structurant une équipe de neuf freelances - marketing, coachs, mentors, support - qu'elle a pu tripler ses revenus. Pour un premier lancement, une équipe réduite peut suffire. Mais pour scaler sérieusement, la charge opérationnelle d'un lancement dépasse rapidement ce qu'une seule personne peut absorber.

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