Le facebook ads black friday, c’est une semaine où tout le monde prétend avoir une stratégie et où, dans les faits, la majorité des annonceurs se retrouvent à bricoler leurs campagnes le jeudi soir à 23h. Danilo Duchesnes – consultant Facebook Ads basé en Belgique, fondateur de DHS Digital – a mis en ligne une chronique qui détaille point par point ce que son agence fait réellement pour ses clients pendant cette période. Pas de la théorie. Pas un post LinkedIn avec trois emojis feu. Une mécanique en trois phases, avec des dates, des ratios budgétaires et des explications sur pourquoi ça marche.
Ce qui m’a frappé en écoutant cet épisode, c’est la logique qui sous-tend tout : le Black Friday se gagne avant le Black Friday. La plupart des e-commerçants activent leurs pubs le 26 novembre au matin. Danilo, lui, commence le 13. Et ce décalage – douze jours – c’est là que tout se joue.
Pourquoi le facebook ads black friday commence le 13 novembre
La mécanique de base, c’est une histoire de CPM. Avant le Black Friday, les coûts restent relativement maîtrisables. Pas bon marché, mais maîtrisables. Dès qu’on entre dans la semaine fatidique, les enchères s’emballent – les CPM peuvent doubler, voire tripler selon Danilo. Et là, toucher une audience froide devient presque suicidaire d’un point de vue budgétaire.
Donc la phase 1 (du 13 au 21 novembre) c’est du teasing pur. L’objectif : réchauffer des audiences pendant que ça coûte encore raisonnable. Et Danilo propose trois façons de faire ça en parallèle.
Première option : une campagne de conversion optimisée pour l’ajout au panier – pas pour l’achat. Le trafic coûte moins cher, les taux de clic remontent, et tu construis une base de personnes qui ont montré une intention. Deuxième option : une campagne vue de vidéo pour présenter les produits qui seront soldés. Danilo cible ensuite les personnes ayant visionné au moins 95% de la vidéo. Troisième option : génération de prospects pour remplir une liste VIP avec une promesse d’offres exclusives non disponibles sur le site.
«Avant le Black Friday, le coût de la publicité n’est pas encore très élevé. Il augmente certes, mais ça vous permettrait de toucher une audience froide plus facilement parce que durant le Black Friday, ben ça sera beaucoup moins rentable pour vous de toucher une audience froide étant donné que les CPM seront très élevés.»
Ce que Danilo dit là, la plupart des média buyers le savent. Ce que beaucoup ne font pas, c’est le mettre en pratique avec 12 jours d’avance.
Pour les audiences froides de cette phase, Danilo recommande les lookalikes d’acheteurs existants, les audiences par intérêt, et – c’est le détail que j’aurais pas pensé à mentionner – les personnes qui n’ont plus interagi avec les pages Facebook/Instagram depuis 6 mois. L’idée : créer une audience des interactions sur 1 an, puis exclure les 6 derniers mois. Tu récupères des anciens engagés qui ont décroché. Et avec une promo Black Friday, certains reviennent. Sur les stratégies de reciblage en e-commerce, c’est une approche que peu exploitent vraiment.
La Black Week, phase optionnelle – mais pas sans enjeux
Du 22 au 25 novembre, si tu fais une Black Week. Danilo est clair : si tu fais juste le vendredi, cette phase ne te concerne pas. Mais si tu l’actives, la structure recommandée tourne autour de deux à trois campagnes simultanées.
Une campagne d’acquisition reste active – les CPM augmentent mais pas encore autant qu’ils le feront le vendredi. Et deux campagnes de remarketing, séparées en deux niveaux. Niveau 1 : interactions Facebook/Instagram et vues de vidéo. Niveau 2 : audiences pixel – visiteurs du site, ajouts panier, initiations de paiement.
«L’année passée quand on avait fait ça, ça nous permettait de contrôler beaucoup mieux la gestion du budget entre les audiences d’interaction sur Facebook et Instagram et les vues de vidéos et les audiences justement du pixel.»
La séparation en deux niveaux, ça sert à un seul truc : contrôler où part l’argent. Les audiences pixel sont généralement plus qualifiées que les interactions sociales (même si iOS 14 a brouillé les pistes, admet Danilo). Donc si tu les mixes dans une même campagne, l’algorithme risque de surconsommer sur les moins qualifiées. C’est con, mais c’est comme ça que ça fonctionne.
La répartition budgétaire conseillée sur cette phase : 50% acquisition, 50% remarketing. Et pour l’offre : présenter une première promo – moins agressive que celle du Black Friday proprement dit. L’idée de garder quelque chose en réserve pour le pic du 26, c’est une mécanique d’escalade qui fait sens. (Ce qui est moins courant que ce qu’on pourrait croire, la plupart des marques brûlent leur meilleure offre dès le 22.)
Pour les audiences chaudes sur cette phase : visiteurs des 6 derniers mois, interactions page des 6 derniers mois, visions à 95% des 6 derniers mois, interactions instants expériences, et une ad set dédiée aux ajouts panier des 180 derniers jours. Cette dernière, Danilo insiste dessus – même avec du chevauchement, elle surperforme régulièrement.
Le vrai facebook ads black friday : le week-end du 26
Là, on change de braquet. Du 26 au 29 novembre (Cyber Monday inclus si tu le fais), la logique budgétaire s’inverse complètement. Fini le 50-50. La nouvelle répartition : 60% remarketing milieu de tunnel, 10% vente catalogue (remarketing bas de tunnel via DPA), 10% clients existants, et 20% acquisition.
Ce 20% d’acquisition, c’est le point qui fait débat. Danilo reconnaît que les CPM explosent. Mais son argument tient debout :
«N’oubliez pas que l’intention d’achat est beaucoup plus forte. Donc le revenu par clic augmente. Donc c’est à vous de voir si vous souhaitez tenter l’acquisition ou non. Parfois ça marche parfois ça marche pas, mais en tout cas il faut le tester surtout si vous avez un cycle d’achat court entre la découverte du produit et l’achat.»
Oui, les clics coûtent plus cher. Mais si l’intention d’achat est deux fois plus forte, le coût par vente peut rester cohérent. Le conseil : activer la campagne, observer pendant quelques heures, et couper si ça ne mord pas. Le budget libéré va directement en remarketing.
Les 3 à 5 campagnes de cette phase comprennent aussi une campagne de fidélisation client – cibler le fichier clients existants avec une offre dédiée. C’est souvent oublié dans les plans Black Friday, alors que ce sont les personnes les plus susceptibles de racheter. Et les audiences très chaudes pour cette phase : fichier clients complet, acheteurs des 6 derniers mois via pixel, et personnes ayant vu ou ajouté au panier dans les 14 derniers jours (ciblées via DPA).
Sur la question du coût de la publicité Facebook et la hausse des CPM, cette période est un cas d’école : tous les signaux montent en même temps, et la seule façon de s’en sortir c’est d’avoir des audiences chaudes déjà construites avant que les enchères s’emballent.
Budget : le calcul que Danilo utilise vraiment
60% de remarketing, 20% acquisition, 10-10 pour le reste – c’est bien. Mais concrètement, quel montant mettre ? Danilo donne un calcul assez simple que j’ai trouvé honnêtement utile.
Tu prends la taille de tes audiences de remarketing. Exemple : 10 000 personnes au total. Tu estimes ton CPM à 10-15€ (c’est le ratio qu’il recommande pendant le Black Friday). Tu fais : CPM × (taille audience / 1000). Soit 10€ × 10 = 100€ par jour pour toucher tout le monde une fois.
Si tu veux de la répétition – et pendant le Black Friday, tu en veux – tu multiplies. Danilo conseille d’être audacieux dès le départ et de baisser si ça ne convertit pas, plutôt que de partir timide et de rater des ventes. Et si tu as fait un Black Friday l’année précédente, regarder la répétition obtenue avec le budget X te donne une base de calcul beaucoup plus fiable que n’importe quelle estimation théorique.
Budget journalier ou budget global ? Si tu pilotes au quotidien et que tu veux ajuster jour par jour (plus de ventes le vendredi ? Tu montes le budget ce jour-là), pars sur du daily budget. Si tu as une enveloppe fixe sur 3 jours et que tu fais confiance à l’algorithme pour répartir, budget global. Les deux fonctionnent – c’est une question de confort de pilotage.
Un point souvent négligé : vérifier les limites de dépenses sur le compte publicitaire et s’assurer que les cartes de crédit ont de la marge. Rien de pire qu’une campagne qui se coupe à 14h le Black Friday parce que la carte a atteint son plafond. (Et c’est arrivé à des agences qui gèrent des comptes à 5 chiffres par jour – pas seulement aux débutants.)
Ce que Danilo dit sur les formats, les offres et le site
Un truc contre-intuitif dans cet épisode : les images surperforment les vidéos pendant le Black Friday. La logique est simple – pendant cette période, le format le plus direct gagne. Les gens ne sont pas en mode découverte, ils sont en mode achat. Une image avec l’offre visible, la réduction affichée et une date limite bat souvent une vidéo bien produite.
Pour les couleurs : rouge, noir, blanc pour contraster. Ce n’est pas une règle absolue – si ton identité de marque est pastel et que tu bazardes tout en rouge flashy, tu vas perdre en cohérence ce que tu gagnes en saillance visuelle. Mais si tu peux l’assumer, ça marche. Et pour les formats : pense stories. Ça coûte moins cher que le fil d’actualité et beaucoup d’annonceurs ne prennent pas la peine de créer des visuels adaptés au format vertical.
Sur les offres, Danilo fixe un plancher : en dessous de -20%, ça ne fait pas Black Friday. L’idéal se situe entre -30% et -40%. Et il donne la règle des 100 pour choisir entre communiquer en pourcentage ou en euros : si le produit coûte plus de 100€, la réduction en euros sera un chiffre plus grand que le pourcentage, donc plus impactant visuellement. Un produit à 150€ avec -20% : tu dis -30€, pas -20%.
Les offres alternatives aux remises classiques méritent aussi d’être explorées : one-for-one, two-for-one, cadeau mystère à partir d’un certain montant d’achat, livraison offerte exceptionnellement. Cette dernière est souvent sous-estimée – la livraison payante freine des acheteurs qui sont pourtant à deux doigts de valider.
Côté site : bannière en haut de page, pop-up en sortie avec compteur, collection dédiée Black Friday dans le menu. Et si tu peux afficher les stocks restants sur les fiches produit – fais-le. Si tu ne peux pas, mets au moins une mention générique dans tes visuels et tes emails. L’urgence et la rareté, c’est mécanique : ça déclenche. Sur la question des angles créatifs pour tes publicités, cette période impose de mettre l’offre au centre – c’est rare d’avoir un moment où le message peut être aussi frontal.
Email marketing, préparation technique et une erreur à ne pas faire
Préparer ses campagnes facebook ads black friday plusieurs jours à l’avance, c’est pas du perfectionnisme – c’est de la gestion de risque. Danilo raconte qu’il y a deux ans, Facebook a eu un incident technique le mardi et mercredi avant le Black Friday. Ceux qui avaient préparé leurs campagnes en avance ont pu s’adapter. Les autres ont perdu des heures critiques.
Le conseil : avoir tout prêt le lundi ou mardi avant le vendredi. Activer et désactiver les pubs selon les temps forts, sans toucher aux campagnes une fois lancées. Modifier une campagne en cours pendant le Black Friday, c’est risquer de sortir de la phase d’apprentissage au pire moment possible. Et découvrir une faute dans un visuel le vendredi matin à 8h, quand l’audience est déjà en ligne – c’est une expérience désagréable que personne ne devrait faire deux fois.
Sur l’email marketing, Danilo prend l’exemple de Zalando : chaque jour de la Black Week, une catégorie différente en promotion. Pantalons le lundi, marques premium le mardi, sport le mercredi, et tout le site en solde le vendredi. Cette mécanique de temps forts quotidiens oblige à ouvrir chaque email pour ne pas rater le jour qui t’intéresse. C’est une logique de série télé appliquée à la promo commerciale – et ça marche.
Pour un Black Friday sur un seul jour : deux emails minimum. Un le matin pour le lancement, un le soir pour rappeler la fin imminente. Et dans tous les cas : des relances d’abandon de panier activées spécifiquement sur la période, avec les arguments d’urgence adaptés au Black Friday. Les exclusions d’audiences dans le funnel permettent d’éviter de cibler en pub des personnes qui ont déjà acheté via email – petit détail, grosse économie de budget.
Une limite que Danilo n’évoque pas explicitement mais qui mérite d’être dite : cette stratégie suppose d’avoir déjà une base d’audiences chaudes à recibler. Si tu démarres de zéro en novembre, la phase de teasing sera moins efficace faute de volume. La mécanique en 3 phases donne son meilleur rendement quand l’année qui précède a été utilisée pour construire du pixel, des listes et de l’engagement. Ce que tu fais le reste de l’année conditionne ce que tu peux faire en novembre – c’est dommage que personne ne le dise assez clairement avant le mois d’octobre.
Et pour ceux qui gèrent des audiences similaires sur Facebook : le Black Friday est le moment idéal pour tester des lookalikes d’acheteurs récents – si tu as un fichier clients qui s’est enrichi dans l’année, c’est une source lookalike plus fraîche et probablement plus performante que celle de l’année précédente.










![#8 - Quelle stratégie de contenu adopter lorsque l’on a un budget réduit ? On en a parlé avec Alexis Chevallier de YouLoveWords [REDIFFUSION] 20 stratégie de contenu](http://podcast-marketing.fr/wp-content/uploads/2026/04/le-rendez-vous-e-commerce-8-quelle-strategie-de-contenu-adopter-lorsque-l-on-a-un-budget-reduit-on-en-a-parle-avec-alexis-3.jpeg)
