Créer un podcast depuis zéro, avec déjà une audience existante, et ne faire que 1 700 écoutes le premier mois. C’est exactement ce qui est arrivé à Danilo Duchesnes, fondateur de DHS Digital et animateur du Rendez-vous Marketing – un podcast marketing qui s’est hissé jusqu’en top 6 des podcasts business en France à son lancement. Deux ans plus tard, 100 épisodes publiés, 583 000 téléchargements au compteur. Pas les chiffres astronomiques qu’il espérait. Mais une courbe qui n’a fait que monter.
Ce 100e épisode solo, Danilo ne le consacre pas à un invité ni à une technique précise. Il se retourne sur deux ans de production intensive – presque deux épisodes par semaine – et liste les sept leçons qui lui ont le plus coûté à apprendre. Certaines sont techniques, d’autres franchement personnelles. Et quelques-unes sont le genre de choses qu’on aurait aimé qu’on nous dise avant de se lancer.
Ce qui suit, c’est ma lecture de cet épisode. Pas un résumé. Mon tri, mes angles, et les moments où j’ai levé un sourcil.
Quand l’audience existante ne suffit pas à créer un podcast qui décolle
Le chiffre qui ouvre l’épisode est brutal. 1 700 écoutes le premier mois. Pour quelqu’un qui avait déjà un blog à fort trafic, une newsletter et une présence active sur les réseaux, c’est une gifle.
Danilo l’explique sans détour : il avait oublié que ses lecteurs n’avaient pas forcément envie d’un podcast de plus. Et c’est là que beaucoup de créateurs de contenu se plantent en voulant créer un podcast comme extension naturelle de leur présence existante. Le format audio, ça se construit différemment. Ça demande une communauté à part entière.
Ce qu’il a compris avec le temps, c’est que la courbe montait non pas grâce à son ancienne audience, mais grâce à une nouvelle communauté qui se formait autour du podcast lui-même. 1 700 écoutes en juillet 2020. 17 000 écoutes le mois précédant l’enregistrement. Plus de 20 000 en janvier 2022. Les chiffres ne mentent pas – même si la progression a pris bien plus longtemps que prévu.
Et franchement, cette partie m’a rappelé quelque chose qu’on oublie trop souvent : lancer un nouveau format, même avec une base existante, c’est repartir de zéro sur la distribution. Le contenu ne voyage pas automatiquement d’un canal à l’autre.
Le mix d’invités : la stratégie que Danilo a mis un an à comprendre
Au départ, le Rendez-vous Marketing, c’était simple : des experts techniques, des sujets précis, du contenu concret. Un expert Instagram, un spécialiste Google Ads, un growth marketer. Rien que du pratico-pratique.
Ça marche. Mais ça plafonne aussi.
La vraie évolution dans sa façon de créer un podcast, elle est venue quand il a commencé à penser ses invités de façon stratégique – pas juste thématique. Trois catégories se sont dégagées avec le temps : les experts techniques, les personnalités connues avec une grosse audience, et les clients. Trois rôles distincts, trois objectifs différents.
« Des personnes plus connues, qui ont une plus grosse autorité et qui ont un bon storytelling… parce qu’elles ont une bonne audience. Et si ils ont une bonne audience, et bien quand ils viennent sur mon podcast, une partie de leur audience vient aussi sur mon podcast. »
Dit comme ça, c’est une évidence. Mais combien de podcasteurs restent enfermés dans leur seul axe éditorial pendant des mois sans jamais penser à cette mécanique d’audience croisée ?
Les invités clients, eux, jouent un autre rôle – preuve sociale, storytelling de marque, légitimité commerciale. (C’est un peu le même principe que les études de cas, mais en audio, et ça passe beaucoup mieux que trois bullets dans un PDF.) Il conseille un mix : des stars pas toutes les semaines, une tous les trois mois c’est déjà bien. Et des invités calés sur les tendances du moment – Snapchat, Pinterest, TikTok Ads – pour ne pas laisser les sujets chauds à d’autres.
La logique de publier du contenu sur plusieurs canaux s’applique aussi aux invités : varier les profils, c’est varier les points d’entrée vers le podcast.
Créer un podcast sans préparation sérieuse, c’est perdre tout le monde
Trente minutes d’épisode solo = deux heures de préparation. Une heure et demie d’interview = une heure à deux heures de recherches préalables. Ces ratios, Danilo les donne sans honte – et ils méritent d’être entendus.
Sa méthode pour les interviews est rodée. D’abord un pré-épisode de 15-20 minutes avec l’invité. Pas pour réchauffer la relation – pour cartographier le terrain. Comprendre ce qui sera intéressant, ce qui est déjà rebattu, ce qui mérite d’être creusé. Ensuite, les questions préparées et envoyées à l’avance.
« Donc c’est un peu comme ça que je fais euh pour préparer euh mes questions avec mes invités. C’est que d’abord je leur pose des questions sur leur métier, sur leur expertise, je fais mes recherches et ensuite, je prépare mes questions à l’avance. Une fois que les questions sont préparées, je les envoie à mon invité quelques jours avant. »
Ce qui m’agace dans la plupart des podcasts business, c’est exactement l’inverse de ça : l’animateur qui lit ses questions sans écouter les réponses. Danilo a identifié ce piège et il a une règle simple – ne pas poser une question à laquelle l’invité a déjà répondu dans la conversation. Ça semble basique. Ça l’est. Et pourtant.
Pour les épisodes solo, il a mis du temps à déshabiller ses scripts. Ses dix premiers épisodes solo étaient intégralement écrits ligne par ligne – par peur du blanc, de l’erreur, du silence. Aujourd’hui il travaille avec des notes, pas un texte. La différence à l’écoute est réelle.
Une astuce technique qu’il glisse – et qui vaut de l’or pour n’importe qui enregistre du contenu audio ou vidéo : quand tu fais une erreur, tu t’arrêtes, tu marques une pause, tu reprends la phrase depuis le début. Au montage, c’est invisible. Une fois que tu as compris ça, tu peux te tromper autant que tu veux. C’est exactement le problème avec les créateurs qui font cinquante prises : ils ne savent pas encore que le montage efface tout.
La visibilité d’un podcast ne vient pas toute seule
Première semaine de lancement du Rendez-vous Marketing : top 6 des podcasts business en France. Jamais plus dans le top 10 ensuite. C’est le genre de stat qui dit tout sur la mécanique de lancement.
Danilo liste les leviers qu’il a activés au départ : bannières sur son blog pour rediriger une fraction de son trafic existant, audiogrammes sur Instagram, posts texte sur LinkedIn, pub Facebook et Instagram sur certains épisodes. Et il avoue celui qu’il a raté : aller lui-même sur d’autres podcasts pour parler d’une expertise et créer une passerelle vers le sien.
« J’avais pas forcément été malin parce que j’ai pas pensé à aller sur des podcasts connus et parler du… bah d’une expertise comme Facebook Ads et ensuite, eh bien de faire la transition vers mon podcast à moi. »
Voilà. C’est le conseil le plus sous-estimé du podcast marketing en France. Les auditeurs de podcasts écoutent des podcasts – pas juste le vôtre. Aller parler sur d’autres émissions, c’est toucher des gens déjà convertis au format. C’est dix fois plus efficace que de faire de la pub Facebook vers des gens qui n’ont jamais appuyé sur play de leur vie.
Il insiste aussi sur un truc qu’on n’ose pas faire : demander explicitement aux invités de repartager l’épisode. Pas en mode honteux. Directement : voilà l’audiogramme, voilà le lien, si tu peux le partager ce serait top. Une fois sur deux, ça marche. (Et une fois sur deux, l’invité oublie – mais c’est déjà pas mal.)
La pub payante ? Il reconnaît avoir la flemme. Mais il est convaincu que ça aurait un impact. C’est une limite assumée dans sa stratégie – pas une recommandation de l’ignorer.
Créer un podcast qui convertit : la question du call to action
583 000 téléchargements. Des clients générés sans même avoir de call to action systématique. C’est l’un des trucs intéressants que Danilo soulève – et qui va à l’encontre de l’idée reçue que chaque épisode doit avoir un pitch de vente intégré.
Le bon contenu convertit en silence. Mais les CTA contextuels convertissent encore mieux.
Il cite un exemple précis : un épisode sur les sept erreurs qu’il constate dans les comptes e-commerce après avoir audité une centaine de clients. À la fin, un CTA direct – si tu veux un audit de ton compte, voilà le lien. Ce jour-là, les demandes ont afflué. Parce que le sujet et l’offre étaient parfaitement alignés, pas parce que le CTA était brillamment rédigé.
Les CTA dynamiques en début d’épisode – un audio pré-enregistré injecté automatiquement avant chaque épisode – ont moins bien fonctionné selon lui. Trop générique, trop déconnecté du sujet traité. Ce qui coince avec les CTA en podcast, c’est aussi le tracking : impossible de savoir avec précision si les auditeurs tapent vraiment les URLs en note d’épisode. C’est une vraie limitation du format, et il ne prétend pas avoir la solution.
Pour aller plus loin sur la conversion d’une audience en clients, cibler efficacement ses clients reste une des étapes fondamentales – que le canal soit un podcast, un blog ou autre chose.
Le rythme de publication : le piège de la cannibalisation
Six mois à publier un épisode toutes les deux semaines. Résultat : une semaine sur deux, le classement business chutait en dessous de la 200e place. Clairement pas viable pour maintenir une visibilité dans les algorithmes Apple ou Spotify.
Quand Danilo a augmenté la cadence, il a observé quelque chose d’inattendu : un effet de cannibalisation. Les épisodes d’interview, publiés au même rythme qu’avant, récoltaient moins d’écoutes parce que les épisodes de chronique hebdomadaire venaient grignoter une partie de l’attention disponible.
Son exemple chiffré est utile. Un épisode par semaine : 1 800 écoutes après deux semaines. Deux épisodes par semaine : 1 400 + 900 = 2 300 écoutes sur les deux épisodes combinés. Plus en volume total, moins en performance par épisode. Ce n’est pas la même chose – et confondre les deux, c’est là que beaucoup de podcasteurs se découragent en croyant que leurs épisodes performent moins bien alors que c’est juste la mécanique de répartition qui joue.
Sa conclusion après test : deux épisodes par semaine, un le lundi, un le jeudi ou vendredi. Pas trois, pas quatre. Le rendement marginal au-delà de deux épisodes ne justifie pas la charge de production. Et la régularité dans les slots de publication aide aussi l’algorithme à considérer que le podcast est actif – ce qui influence directement la position dans les classements par catégorie.
La question du rythme rejoint d’ailleurs celle de l’organisation globale. Travailler de façon plus concentrée est souvent la seule façon de tenir ce genre de cadence sans s’épuiser en six mois.
Ce qu’on ne dit jamais sur créer un podcast : la courbe d’apprentissage est longue
Cinquante épisodes solo. C’est le nombre qu’il a fallu à Danilo pour passer de scripté-intégral à spontané-posé. Pas deux. Pas dix. Cinquante.
Il est direct là-dessus : au départ il parlait trop vite – parce qu’il stressait. Ses premiers épisodes solo, les habitués lui disaient que c’était incompréhensible. Ses dix premières semaines étaient entièrement scriptées parce qu’il avait peur du blanc et de l’erreur. Tout ça, il ne le cache pas.
« C’est pas parce que dès le départ vous êtes pas bon, on va dire, que vous avez pas un niveau acceptable que vous ne pouvez pas vous lancer. D’ailleurs c’est connu hein, quand tu regardes les youtubeurs qui sont super bons… si vous regardez leurs premières vidéos, elles sont souvent très mauvaises. »
Ce que j’aurais voulu qu’on me dise – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on dise à tous ceux qui hésitent à se lancer – c’est que la qualité d’exécution d’un format audio ou vidéo ne se travaille qu’en le faisant vraiment. Pas en lisant des guides. Pas en regardant d’autres le faire. En publiant des épisodes que vous n’aimez pas, semaine après semaine, jusqu’à ce que quelque chose se débloque.
Danilo a aussi mentionné un détail qui compte dans la durée : s’autoriser à faire des pauses en plein enregistrement. S’arrêter, boire de l’eau, marcher deux minutes, reprendre. Le montage efface les pauses. Ce que le montage n’efface pas, c’est la fatigue vocale et mentale qui s’entend dans une voix qui n’a pas soufflé depuis quarante minutes.
Sa dernière leçon porte sur l’expérimentation des formats. Interviews, Q&A, chroniques, épisodes techniques, sujets d’actualité – il a testé. Certains formats ont surpris, d’autres ont déçu. L’idée reçue que les interviews sont le format roi du podcast n’est pas universelle : elle dépend du sujet, de la communauté, de la façon dont l’animateur s’approprie le micro. Si tu veux construire quelque chose sur la durée, il faut accepter de ne pas savoir à l’avance quels formats vont coller.
Et honnêtement, deux ans et 583 000 écoutes plus tard, Danilo Duchesnes est lui-même encore en train de tester. C’est peut-être ça la vraie leçon numéro sept. Pas une conclusion. Juste la confirmation que créer un podcast – vraiment le construire sur la durée – c’est un chantier permanent. Pour les aspects business et croissance de l’agence derrière le podcast, les coulisses de DHS Digital donnent un autre éclairage sur ce que ça implique concrètement de tenir ce rythme de création.








![[BONUS] Facebook ads en B2B : Comment les utiliser efficacement ? 16 facebook ads b2b](http://podcast-marketing.fr/wp-content/uploads/2026/04/le-rendez-vous-e-commerce-bonus-facebook-ads-en-b2b-comment-les-utiliser-efficacement-3.jpeg)

![[BONUS] Passer de freelance à agence (et formateur) : Mon passage sur le podcast Café Business 20 passer de freelance à agence](http://podcast-marketing.fr/wp-content/uploads/2026/04/le-rendez-vous-e-commerce-bonus-passer-de-freelance-a-agence-et-formateur-mon-passage-sur-le-podcast-cafe-business-3.jpeg)
