Le ciblage par centres d’intérêt Facebook Ads est probablement la fonctionnalité la plus utilisée – et la plus mal comprise – du gestionnaire de publicités. Tu tapes le nom d’un concurrent dans la barre de recherche. Rien. Tu essaies une variante. Toujours rien. Et pendant ce temps, la petite marque qui fait 3 fois ton chiffre d’affaires est introuvable dans le ciblage avancé, même si elle compte 80 000 abonnés actifs. Danilo Duchesnes, consultant Facebook Ads et fondateur du podcast Le Rendez-vous Marketing, a reçu cette question des dizaines de fois. Sa réponse démonte un mythe tenace sur le fonctionnement des intérêts chez Meta.
Et c’est plus compliqué – ou plus simple, selon l’angle – que ce que la plupart des annonceurs imaginent.
Pourquoi ta page concurrente est introuvable dans le ciblage par centres d’intérêt Facebook Ads
Prenons un exemple concret. Tu tapes Coca-Cola dans le ciblage avancé : la page apparaît, tu peux cibler ses fans. Tu tapes Epicure, une DNVB avec une communauté très engagée : disparue dans la nature. Pas de résultat, même si la marque existe depuis plusieurs années et fait du bon travail.
Danilo l’explique sans détour :
« Facebook ne considère pas toutes les pages Facebook comme étant des intérêts. Pour Facebook, des intérêts, ça peut être une catégorie dans laquelle ils pensent que vous êtes intéressés. Donc si vous cliquez sur des liens liés à l’alimentation ou au sport, et bien Facebook se dira : ah, cette personne est intéressée par l’alimentation ou le sport. »
Voilà. Ce n’est pas un bug, c’est une logique éditoriale de Meta – et elle a des conséquences directes sur ta stratégie.
Trois critères font qu’une page peut devenir ciblable en tant qu’intérêt : sa taille, son ancienneté et son statut vérifié. Une page de 500 abonnés créée il y a six mois n’a aucune chance d’apparaître, quand bien même son audience serait exactement celle que tu cherches. C’est frustrant, c’est arbitraire, et c’est comme ça depuis des années.
Ce qui m’agace dans cette logique, c’est qu’elle avantage mécaniquement les grandes marques installées. Cibler les fans de Ralph Lauren, c’est facile. Cibler les fans d’une marque de niche qui cartonne en DTC depuis 18 mois ? Bonne chance. Le mythe de la technique sur Facebook Ads commence exactement là : croire que la plateforme te donne accès à une granularité qu’elle ne t’offre pas vraiment.
L’architecture en ad sets que Danilo utilise vraiment
Bon. Si on ne peut pas cibler la concurrence directe, qu’est-ce qu’on fait ?
Danilo propose une structure en deux axes. D’un côté, les pages de grandes marques ou de médias que ton client idéal suit déjà. De l’autre, les catégories d’intérêts définies par Facebook lui-même. Et l’erreur classique, c’est de tout mettre dans le même ad set.
« Le but, c’est vraiment de grouper les pages Facebook par catégories afin d’avoir une audience suffisamment large. Si vous êtes dans le prêt-à-porter, vous allez cibler des pages Facebook comme Sézane, & Other Stories, Bobbies, Zalando… Si vous avez une marque plutôt orientée pour les hommes, milieu de gamme, vous allez cibler des marques comme Ralph Lauren, Tommy Hilfiger, Lacoste. »
Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais le raisonnement derrière est plus fin qu’il n’y paraît.
L’idée, c’est que Sézane et & Other Stories attirent des profils similaires – ce sont globalement les mêmes femmes qui suivent ces deux pages. Donc tu les regroupe dans un ad set. Pas question de mélanger ça avec un ad set décoration d’intérieur, même si ton buyer persona est susceptible de s’y intéresser. Chaque groupe d’intérêts doit rester cohérent pour que les performances soient lisibles. Si tu combines prêt-à-porter et déco dans le même ensemble de pubs, tu ne sauras jamais ce qui a déclenché l’achat.
C’est exactement le problème que Danilo soulève pour le test de plusieurs produits sur la même cible : la granularité des ad sets est ce qui te permet de lire la data. Pas de la collecter. De la lire.
500 000 personnes : le seuil en dessous duquel ça commence à coincer
Danilo lâche un chiffre dans l’épisode. Minimum 500 000 personnes dans l’audience. Certains disent 1 million. Lui dit : ça dépend du budget et du produit – mais 500 000, c’est le plancher.
Pourquoi ? Parce que Facebook fonctionne bien sur des audiences larges. L’algorithme a besoin d’espace pour trouver les bonnes personnes. Si tu cibles les hommes français de 20 à 40 ans qui aiment uniquement Ralph Lauren, tu te retrouves souvent avec une audience trop étroite et un CPM qui s’envole.
« Ce qui fonctionne le mieux sur Facebook, ce sont des audiences larges. Donc moi ce que je vous propose, c’est de continuer à utiliser les pages Facebook pour votre ciblage, mais d’en utiliser un peu plus dans le même ensemble de publicité. »
C’est exactement le problème. Le réflexe de sur-segmenter – « je veux cibler exactement ce profil précis » – va à l’encontre de la façon dont Meta délivre les pubs aujourd’hui. Ce n’est plus 2016.
Et si malgré tout tu te retrouves sous les 500 000 ? Il y a l’option extension du ciblage avancé (anciennement « expansion d’audience » selon les versions du gestionnaire). Danilo la recommande dans ce cas. Ce n’est pas une solution miracle – enfin, c’est une solution de dernier recours – mais ça évite de tourner en rond avec une audience épuisée après trois jours de diffusion. La question de sortir de la phase d’apprentissage limité se pose d’ailleurs souvent dans ce contexte précis.
Le piège du chevauchement : quand tu enchéris contre toi-même
Voilà un truc que beaucoup d’annonceurs découvrent trop tard. Tu as deux ad sets. L’un cible des fans de pages mode. L’autre cible des centres d’intérêt liés à la beauté. Tu penses toucher deux audiences distinctes. En réalité, il y a peut-être 50 % de personnes identiques dans les deux groupes.
Résultat : Facebook te fait enchérir contre toi-même dans les deux ad sets simultanément. Ton CPM monte. Ton budget se dilue. Et tu ne comprends pas pourquoi tes campagnes sont moins efficaces que prévu.
La vérification, c’est simple : tu enregistres les deux audiences dans ta bibliothèque d’audiences, tu les coches dans l’onglet Audiences de ton gestionnaire de pubs, et tu cliques sur « afficher le chevauchement ». Si tu vois 30 %, c’est gérable. Si tu vois 50 %, c’est un problème. Et si tu vois 70 %… bref.
Mais soyons honnêtes sur la limite de cet outil : il donne un pourcentage, pas une certitude. Les audiences Facebook sont dynamiques – une même personne peut entrer ou sortir d’un intérêt selon son comportement récent. Le chevauchement que tu mesures aujourd’hui n’est pas forcément celui de demain. Ce n’est pas une raison de ne pas le vérifier, c’est une raison de ne pas en faire une obsession non plus.
C’est d’ailleurs une des questions centrales quand on réfléchit à garder ou couper une pub Facebook coûteuse : avant de trancher sur une créa, il faut s’assurer que le problème n’est pas structurel – dans les audiences elles-mêmes.
Comment trouver des intérêts quand Facebook Audience Insights a disparu
Audience Insights. L’outil qu’on adorait tous. Tu tapais ta page ou celle d’un concurrent, et Facebook te montrait les autres pages que ces fans suivaient. C’était une mine d’or pour le ciblage par centres d’intérêt Facebook Ads, un raccourci pour comprendre la psychographie d’une audience en quelques clics.
Ça a été retiré. Enfin – pas complètement retiré, plutôt vidé de sa substance. La version actuelle ne te permet plus de faire ce type d’analyse croisée.
« Malheureusement, cet outil a disparu. Enfin, ce n’est pas qu’il a disparu, il a été un peu remodelé et on ne peut plus faire ce type d’analyse, ce qui nous empêche un peu de trouver des intérêts facilement. »
C’est exactement le problème. Et Danilo ne prétend pas avoir une solution magique en remplacement.
Ce qui reste : l’outil de recherche et de suggestions natif dans l’interface. Tu vas dans ton ad set, tu tapes un mot-clé dans le ciblage avancé – par exemple « chaussures » – et tu cliques sur « Suggestions ». Facebook te propose des intérêts proches. C’est plus ou moins fiable, ça varie selon les catégories, mais c’est la méthode la plus accessible aujourd’hui.
La règle d’or : ne teste jamais des intérêts trop hétérogènes dans le même ad set. Chaussures et décoration d’intérieur dans le même groupe, ça ne sert à rien – tu ne sauras pas lequel des deux a converti. Teste par familles cohérentes d’intérêts, dans des ad sets séparés, et laisse la data parler. C’est d’ailleurs ce que Danilo applique dans ses campagnes pour ses clients – et c’est une approche qui rejoint ce que Simon Briquet-Loggia explique sur la lecture fine de la data en Facebook Ads.
Et pour ceux qui veulent aller plus loin sur la structure globale de leurs campagnes, il y a aussi la question du texte publicitaire – parce qu’un ciblage bien construit avec une créa médiocre, ça reste une campagne qui ne décolle pas.
Ce que le ciblage par centres d’intérêt Facebook Ads ne résout pas
Terminons par quelque chose que Danilo ne dit pas explicitement, mais qui transparaît dans l’ensemble de sa réponse : le ciblage par centres d’intérêt Facebook Ads est un point de départ, pas une solution. C’est un signal approximatif que tu envoies à l’algorithme. Pas une garantie que tu touches les bonnes personnes.
Meta a massivement évolué vers des systèmes d’enchères automatisées, d’audiences larges et de Advantage+. Le ciblage manuel par intérêts perd progressivement de l’emprise – ou plutôt, il fonctionne mieux quand tu lui laisses de l’espace, quand tu ne l’étrangle pas avec des segments trop fins. C’est contre-intuitif pour des marketeurs habitués à la précision du search.
La réalité opérationnelle, c’est que le ciblage par centres d’intérêt Facebook Ads reste utile en phase de test et de découverte d’audience. Il te donne des hypothèses. Il te permet de structurer tes expérimentations. Mais ce qui convertit au final, c’est souvent la créa – pas le segment.
Danilo le dit d’ailleurs en creux quand il parle des audiences larges : l’algorithme sait. Mieux que toi, parfois. Ce n’est pas une raison de ne pas comprendre comment fonctionne le ciblage. C’est une raison de ne pas en faire une religion.


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