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Comment calculer le budget de vos publicités Facebook et Instagram ? | #AskDanilo E28

Épisode diffusé le 3 décembre 2021 par

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Le budget Facebook Ads reste la question que tout le monde se pose – et que presque tout le monde résout de travers. Danilo Duchesnes, consultant en publicité digitale et créateur du podcast Le Rendez-vous Marketing, l’a entendue des dizaines de fois. Assez pour en faire un épisode entier. Et ce qu’il propose n’est pas la réponse qu’on attend.

La réponse classique, celle que tu trouves dans 90 % des articles SEO sur le sujet : investis 5 à 10 % de ton chiffre d’affaires. Simple. Rassurant. Et franchement à côté.

Le problème avec ce calcul, c’est qu’il part de ce que tu as déjà gagné – pas de ce que tu veux atteindre. C’est un peu comme calibrer ta vitesse de croisière en regardant dans le rétroviseur. Danilo propose autre chose : une méthode en trois phases, orientée objectifs et coûts. Voilà ce que ça donne concrètement.

Pourquoi le calcul en pourcentage du CA rate sa cible

Commençons par démolir le mythe. La règle des 5-10 % du revenu a une vraie logique comptable – elle est simple, elle est reproductible, elle peut s’intégrer dans un budget prévisionnel sans trop réfléchir. Mais elle ne tient pas compte d’un détail qui change tout : ton objectif de croissance.

Si tu génères 10 000 € par mois et que tu alloues 500 € en pub, tu vas peut-être maintenir ton niveau. Peut-être. Mais si tu veux doubler ta clientèle en six mois, ce calcul ne te dira jamais si 500 € suffisent ou si tu en as besoin de 3 000.

Ce que Danilo propose à la place, c’est de renverser la question. Pas ‘combien je peux dépenser ?’ mais ‘combien ça va me coûter pour atteindre mon objectif ?’. La nuance est énorme. Et c’est là que la méthode en trois phases entre en jeu pour construire un budget Facebook Ads qui a du sens.

Bref, il ne s’agit pas de contraindre tes ambitions à ton historique financier. Il s’agit de partir de là où tu veux aller et de calculer le ticket d’entrée. Ce qui nécessite trois données que la plupart des annonceurs n’ont pas clairement en tête au moment de lancer une campagne.

Phase 1 : le volume – définir ce que tu veux vraiment

Premier étage de la fusée : le volume. C’est ton objectif de conversion exprimé de façon concrète, quantifiable, quotidienne. Pas ‘je veux plus de ventes’. Quelque chose comme ’10 transactions par jour sur mon site e-commerce’ ou ’50 nouvelles installations d’app chaque jour’.

Ce détail change absolument tout dans la suite du calcul. Sans chiffre de volume, tu navigues à l’aveugle – tu fixes un budget parce que ça te semble raisonnable, pas parce que ça correspond à quelque chose de réel.

Danilo donne plusieurs exemples dans l’épisode selon le type de campagne :

  • Pour du trafic : 100 visiteurs par jour sur ton site ou tes articles
  • Pour de la conversion : 10 transactions quotidiennes
  • Pour de l’install d’app : 50 nouvelles installations par jour

Le format varie selon ton objectif final, mais la logique reste la même : tu as besoin d’un chiffre. Un vrai. Pas une vague intention.

Et c’est souvent là que ça coince (parce que beaucoup d’annonceurs débutants n’ont jamais formalisé leurs objectifs de cette façon). On lance des campagnes ‘pour voir’. On fixe un budget ‘au feeling’. Puis on se demande pourquoi les résultats sont flous.

Phase 2 : ce que vaut une conversion pour toi

Deuxième phase, et c’est là que le calcul devient intéressant : combien rapporte une conversion en moyenne ? C’est le panier moyen, la valeur par lead, le revenu moyen par action.

Danilo est direct là-dessus :

Pour un achat, on pourrait dire que un achat a une valeur moyenne de 50 €. Pour un lead, on pourrait dire bah tiens le lead a une valeur moyenne de 10 €. Ce calcul il est important de le faire parce que ça vous permettra de calculer le budget ensuite avec ma petite règle de trois.

Dit comme ça, ça a l’air simple. Et c’est le piège – beaucoup de gens sautent cette étape parce qu’ils pensent la connaître déjà. Mais la valeur d’un lead n’est pas toujours évidente : elle dépend de ton taux de closing, de ton panier moyen de vente, parfois de la valeur vie client sur 12 mois.

Pour l’e-commerce, le calcul est plus direct. Pour du B2B ou de la génération de leads, il faut souvent remonter plus loin dans le tunnel pour trouver la vraie valeur. Un lead à 10 € peut valoir 500 € si ton taux de conversion commercial est bon. Ou 0 € s’il ne ferme jamais.

Sur ce point, jeter un œil aux bons KPIs à suivre sur Facebook Ads peut aider à cadrer la réflexion avant même de parler budget.

Phase 3 : le coût d’acquisition maximum – et comment le calculer sans se planter

Troisième étage, le plus technique : définir ton coût d’acquisition maximum acceptable. C’est le CPA cible, le seuil au-delà duquel tu perds de l’argent sur chaque vente.

Danilo donne une formule précise pour y arriver :

La marge nette, c’est quoi ? Ça va être le prix de votre produit moins les coûts fixes et moins les coûts variables. Donc admettons que vous vendez pour en moyenne 60 € et que vous avez en moyenne 15 € de coûts fixes et 10 € de coûts variables, votre marge nette, c’est 35 €.

Voilà. La marge nette, c’est le plafond absolu. Un CPA de 35 € dans cet exemple, c’est zéro profit – tu fais tourner ta machine pour rien. La vraie question, c’est quelle part de cette marge tu es prêt à sacrifier pour acquérir un client.

Danilo suggère de ne pas dépasser un tiers de la marge nette. Donc avec 35 € de marge, tu pourrais viser un CPA cible autour de 15 €. Ce n’est pas une règle absolue – c’est un repère pour ne pas se retrouver dans le rouge sans le savoir.

Ce qui m’agace dans beaucoup de guides sur le budget Facebook Ads, c’est qu’ils parlent de CPA cible sans jamais expliquer comment le calculer à partir de la structure de coûts réelle de l’entreprise. Danilo fait le travail jusqu’au bout ici – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me explique quand je débutais sur ce sujet.

Et il ajoute une nuance importante : un CPA plus élevé que prévu n’est pas forcément une catastrophe. Tout dépend du panier moyen. Si ton CPA grimpe à 20 € mais que chaque client achète pour 150 €, tu es toujours très largement dans les clous.

La règle de trois qui calcule ton budget facebook ads en 30 secondes

Maintenant qu’on a les trois variables – volume, revenu moyen, CPA maximum – le calcul devient mécanique.

Danilo prend un exemple concret dans l’épisode :

Si vous voulez faire 10 transactions par jour avec une valeur de 100 €, et bien ça veut dire que vous voulez générer un chiffre d’affaires de 1000 € par jour. Sachant que vous êtes prêt à payer 30 € par achat, vous devez investir 300 € par jour. Pourquoi ? Parce que vous faites 10 transactions fois le coût par conversion.

C’est exactement le problème avec les approches trop théoriques – on cherche une formule complexe alors qu’il s’agit d’une multiplication. 10 transactions × 30 € de CPA = 300 € par jour. Avec 1 000 € de CA récupéré, tu es à 3,33 de ROAS. Ni mystère ni magie.

Ce calcul fonctionne aussi dans l’autre sens : si tu connais déjà tes coûts réels parce que tu as des historiques de campagnes, tu remplaces les estimations par les chiffres réels et tu ajustes. Le budget n’est pas figé – il suit les performances. Si le CPA tombe en dessous de ta cible, tu peux augmenter le budget pour générer plus de volume. S’il monte mais reste rentable, tu peux aussi monter le budget.

Et c’est là que beaucoup ratent quelque chose : ils fixent un budget Facebook Ads en début de mois et ne le touchent plus. L’optimisation du budget, c’est un geste continu – pas une décision ponctuelle. Pour aller plus loin sur la façon dont les coûts de la publicité Facebook évoluent et comment adapter sa stratégie, c’est une lecture utile en complément.

75/25 : comment répartir ton budget entre acquisition et remarketing

Dernier point de l’épisode, et c’est celui qu’on oublie le plus souvent : une fois qu’on a le budget global, comment le découper entre les différentes campagnes ?

Danilo propose une répartition claire, qu’il appelle la méthode 75/25 :

75 % du budget dans de l’acquisition, donc des campagnes qui ont pour but de faire connaître votre marque, votre offre et acquérir de nouveaux clients finalement et 20 à 25 % en remarketing, donc une campagne qui a pour but de montrer de la publicité personnalisée aux personnes qui vous connaissent déjà dans le but de générer une vente.

Simple et défendable. L’idée, c’est que l’acquisition reste le moteur principal – c’est là que tu fais rentrer des audiences froides, que tu fais connaître ta marque, que tu remplis le haut du funnel. Le remarketing, lui, convertit ce que l’acquisition a amorcé.

Il mentionne aussi une troisième ligne budgétaire : la fidélisation, entre 0 et 5 %. Zéro si tu ne t’en occupes pas encore. Cinq euros par jour sur 100 € de budget quotidien pour montrer des nouveautés ou des offres d’upsell à tes clients existants. Ce n’est pas une priorité au démarrage, mais ça devient intéressant quand ta base client grossit.

La question que ça soulève, et que Danilo ne tranche pas dans cet épisode : est-ce que cette répartition 75/25 tient toujours selon le secteur ? Pour une marque avec une forte notoriété existante, mettre 75 % en acquisition froide, ça peut être du gaspillage. Pour une marque qui démarre, le remarketing à 25 % peut sembler excessif si l’audience retargetable est minuscule.

Les stratégies de reciblage e-commerce sur Facebook méritent qu’on s’y attarde séparément – c’est tout un sujet en lui-même. Et pour les campagnes d’acquisition côté e-commerce, la structure des 5 types de campagnes Facebook pour l’e-commerce donne un cadre utile pour décider où mettre ces fameux 75 %.

Ce que la méthode ne dit pas – et c’est normal

Honnêteté oblige : cette méthode fonctionne bien quand tu as des données. Elle est moins utile au tout démarrage, quand tu n’as ni CPA historique ni panier moyen validé.

Dans ce cas, tu fais quoi ? Tu estimes. Tu pars des benchmarks sectoriels, tu fixes un CPA cible hypothétique, tu te donnes une période de test – typiquement deux à quatre semaines – et tu mesures l’écart entre tes projections et la réalité. C’est inévitable. Même les meilleures agences passent par là sur un nouveau compte.

Le budget Facebook Ads calculé selon cette méthode reste une projection. La plateforme va te donner ce qu’elle peut selon la concurrence sur tes audiences, la qualité de tes créas, la pertinence de ton offre. Le CPA réel ne sera pas exactement celui que tu as prévu. C’est valable dans les deux sens – parfois meilleur, parfois plus élevé.

Ce qu’il faut retenir – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt – c’est que le calcul sert surtout à te forcer à réfléchir en termes d’objectifs concrets avant de dépenser quoi que ce soit. Pas à garantir un résultat.

Pour aller plus loin sur la structure des campagnes et la façon dont le budget se positionne au niveau de la campagne ou de l’ensemble de pubs, Danilo annonce un épisode dédié dans la suite du podcast. En attendant, la répartition entre les tests A/B sur Facebook Ads est un autre levier à travailler en parallèle – parce qu’un bon budget mal alloué sur de mauvaises créas reste de l’argent gaspillé.

Le budget Facebook Ads, au fond, n’est pas un chiffre qu’on fixe. C’est une hypothèse qu’on teste, qu’on ajuste, et qu’on défend avec des données. La méthode de Danilo donne un cadre pour formuler cette hypothèse intelligemment – le reste appartient à la réalité des campagnes.

Questions fréquentes

Quel budget minimum pour commencer sur Facebook Ads ? +
Il n'existe pas de minimum universel, mais la méthode orientée objectifs de Danilo Duchesnes permet de calculer un budget de départ réaliste. Si ton CPA cible est de 30 € et que tu veux 5 conversions par jour, tu as besoin de 150 € quotidiens. En dessous, l'algorithme manque de données pour optimiser correctement - Facebook recommande généralement de viser au moins 50 conversions par semaine par ensemble de publicités pour sortir de la phase d'apprentissage.
Comment calculer son budget Facebook Ads sans historique de campagnes ? +
Sans données historiques, tu pars d'estimations. Calcule ta marge nette (prix produit moins coûts fixes et variables), fixe un CPA cible qui représente environ un tiers de cette marge, et multiplie par le volume de conversions quotidiennes que tu vises. C'est une hypothèse de départ - tu l'ajustes après deux à quatre semaines de campagnes réelles.
Quelle est la différence entre CPA et ROAS sur Facebook Ads ? +
Le CPA (coût par acquisition) mesure combien tu dépenses pour obtenir une conversion. Le ROAS (retour sur investissement publicitaire) mesure combien tu récupères en chiffre d'affaires pour chaque euro investi. Dans l'exemple de Danilo : 300 € investis pour 1 000 € de CA = un ROAS de 3,33. Les deux indicateurs sont complémentaires - le CPA te dit si tu restes dans ta marge, le ROAS te dit si la campagne est globalement rentable.
Comment répartir son budget Facebook Ads entre acquisition et remarketing ? +
Danilo recommande la méthode 75/25 : 75 % du budget Facebook Ads en acquisition (audiences froides, nouvelles personnes) et 20 à 25 % en remarketing (personnes qui connaissent déjà ta marque). Il suggère également d'allouer entre 0 et 5 % en fidélisation pour les clients existants, via des offres d'upsell ou de cross-sell.
Un CPA plus élevé que prévu signifie-t-il que la campagne est mauvaise ? +
Pas forcément. Tout dépend du panier moyen. Si ton CPA grimpe à 20 € alors que tu visais 15 €, mais que chaque client achète en moyenne pour 150 €, tu restes largement rentable. Le CPA maximum acceptable se calcule toujours en rapport avec la valeur réelle d'une conversion - pas en valeur absolue.
Faut-il ajuster son budget Facebook Ads en cours de campagne ? +
Oui, et c'est même recommandé. Si le CPA réel tombe sous ta cible, tu peux monter le budget pour générer plus de volume. S'il dépasse ta cible mais reste rentable, tu peux aussi augmenter progressivement. Le budget Facebook Ads n'est pas une décision figée - c'est une variable d'ajustement qui suit les performances réelles de tes campagnes.

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