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Qu’est-ce qu’un bon copywriter ? 5 qualités | #AskDanilo E08

Épisode diffusé le 2 juillet 2021 par Danilo Duchesnes

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Un bon copywriter, ce n’est pas celui qui écrit le mieux. C’est celui qu’on ne voit pas venir. Celui dont tu lis la page de vente jusqu’au bout sans comprendre pourquoi, et qui te retrouves à sortir ta carte bleue pour un truc que tu ne savais pas vouloir il y a dix minutes. Danilo Duchesnes – consultant en publicité Facebook et créateur du podcast Le Rendez-vous Marketing – a répondu à cette question de Clara, une auditrice qui voulait savoir ce qui distingue vraiment un bon copywriter du reste. Sa réponse, donnée dans le format court Ask Danilo, tient en cinq qualités. Cinq qualités que j’aurais pu trouver dans n’importe quel guide SEO générique – sauf que là, chacune est incarnée, contextualisée, et parfois franchement surprenante.

Ce qui m’a accroché d’emblée, c’est la façon dont il pose le problème de fond. Beaucoup de gens confondent copywriting et création de contenu. Écrire des posts LinkedIn, des articles de blog, des threads Twitter – tout ça c’est du contenu. Le copywriting, c’est autre chose. C’est l’écriture dont le but final est de générer une action. Une vente, une réponse à un email, un formulaire rempli. La nuance est petite en apparence. Dans les faits, elle change tout à la façon dont tu construis chaque phrase.

Alors, c’est quoi exactement, un bon copywriter ? Pas la définition académique. La vraie.

L’empathie avant la technique : le bon copywriter passe d’abord du temps à écouter

Ce qui m’agace dans la plupart des formations au copywriting, c’est qu’elles commencent par les formules. AIDA, PAS, BAB. Les structures en trois étapes, les accroches en cinq points. Danilo commence ailleurs. Par l’empathie. Et c’est probablement la qualité la plus mal comprise du lot.

Un bon copywriter passe du temps – beaucoup de temps – à faire des études de marché, à parler à ses clients, à les écouter. Pas pour collecter des données. Pour comprendre leurs désirs profonds, leurs peurs, leurs frustrations. Et surtout, les mots exacts qu’ils utilisent pour décrire leurs problèmes.

« Un copywriter, c’est quelqu’un qui va passer beaucoup de temps à faire des études de marché, à parler à ses clients et à les écouter dans le but de comprendre les désirs profonds de ces personnes, leurs peurs, leurs frustrations, vraiment tous les leviers émotionnels… mais également les mots qu’ils utilisent, les solutions qu’ils ont déjà essayé pour résoudre leur problème, leurs fausses croyances et les freins qui les empêchent de passer à l’action. »

C’est exactement le problème.

Parce que sans ça, tu crées des textes pour toi – pas pour eux. Tu utilises ton vocabulaire, ta façon de cadrer le problème, tes métaphores. Et le lecteur sent que ça vient d’une autre planète. L’empathie du bon copywriter, c’est ce que Danilo compare directement aux qualités d’un bon vendeur : pas quelqu’un de super convaincant, mais quelqu’un capable d’écouter. D’abord écouter. Convaincre, c’est pour après.

Ce n’est pas une qualité qu’on apprend en lisant un livre. C’est une posture. Et franchement, la plupart des gens qui se lancent dans le copywriting passent à côté de cette étape parce qu’elle prend du temps et qu’elle ne produit rien de visible pendant des semaines.

Capter l’attention – puis la retenir : la mécanique du cliffhanger

Deuxième qualité : être convaincant. Mais pas dans le sens vendeur de bazar en fin de marché. Dans le sens storytelling, construction dramatique, manipulation douce (au bon sens du terme).

Un bon copywriter utilise des histoires, des anecdotes, des phrases chocs. Ce n’est pas une révélation. Ce qui est plus intéressant, c’est la façon dont Danilo parle de la rétention de l’attention – pas juste de la capter. Il introduit le concept du cliffhanger, emprunté aux séries TV.

« Un bon copywriter va faire en sorte que vous ayez vraiment envie de lire la ligne suivante et il va donc manier à merveille la curiosité du lecteur. »

Dit comme ça, ça a l’air simple.

Mais c’est redoutablement difficile à exécuter. Le cliffhanger dans un texte de vente, c’est une phrase qui ouvre une question sans la fermer. Une promesse de suite. Un début d’information qui force le cerveau à continuer pour combler le vide. Les bonnes séries font ça à la fin de chaque épisode – un bon copywriter le fait à la fin de chaque paragraphe.

Ce que j’aurais aimé qu’on me dise plus tôt – enfin, ce que j’aurais voulu entendre quand je débutais – c’est que l’écriture persuasive, c’est d’abord une architecture de la curiosité. Pas un catalogue d’arguments. Pour aller plus loin sur les stratégies pour déclencher l’achat, il y a un épisode qui complète bien cette idée.

La psychologie humaine : là où un bon copywriter devient redoutable

Troisième qualité, et c’est là que ça devient vraiment intéressant. Un bon copywriter comprend que les comportements d’achat sont émotionnels et ensuite justifiés par la logique. Pas l’inverse. Cette séquence change tout à la façon dont tu construis un argumentaire.

L’exemple de l’iPod est devenu un classique des formations marketing – mais il reste pertinent. Apple ne disait pas « 1 Go de stockage ». Apple disait « 1000 chansons dans votre poche ». Le 1 Go, c’est la fonctionnalité. Les 1000 chansons, c’est le bénéfice. L’un parle à la logique, l’autre parle à l’émotion. Un bon copywriter sait que les fonctionnalités ne vendent pas. Les bénéfices, oui.

« Les comportements d’achat sont émotionnels et sont ensuite justifiés par la logique. Il va donc écrire des textes qui allient la logique et l’émotionnel. »

Voilà.

Mais Danilo va plus loin que la simple opposition fonctionnalité/bénéfice. Il liste une série de mécanismes psychologiques que le bon copywriter maîtrise :

  • L’urgence et la rareté – le FOMO, la peur de rater quelque chose, qui pousse à agir maintenant plutôt que demain
  • La preuve sociale – les avis clients, les témoignages, le nombre d’utilisateurs – pour montrer que le produit est déjà validé par d’autres
  • La cohérence – faire dire « oui » à des petites choses pour préparer le terrain à une demande plus importante

Il y a aussi l’ancrage sur les prix, l’aversion au risque (on est plus motivé par la peur de perdre que par l’espoir de gagner quelque chose d’équivalent), la réciprocité, le pied dans la porte, l’anticipation. C’est Cialdini dans le texte – si tu veux creuser les principes d’influence appliqués au marketing, c’est exactement ce terrain-là.

Ce qui m’a surpris, c’est la densité de cette liste dans un épisode qui dure moins de dix minutes. Danilo n’en fait pas un cours magistral – il énumère, il passe vite. Comme si ces mécanismes étaient des outils basiques qu’on est censé avoir dans la boîte. Et c’est peut-être ça le vrai critère d’un bon copywriter : avoir internalisé cette psychologie au point de ne plus avoir besoin d’y penser consciemment.

Sur la question des biais cognitifs et leur impact sur la conversion, il y a des analyses plus poussées qui valent le détour.

Écrire pour être lu, pas pour être admiré

Quatrième qualité : être à l’aise à l’écrit. Ça paraît évident. Ça ne l’est pas du tout.

Danilo précise quelque chose d’important : un bon copywriter n’a pas forcément besoin d’être un expert en grammaire ou en orthographe. Ce qui compte, c’est la maîtrise de la syntaxe, le sens des mots, la capacité à adapter le texte au support. Et cette dernière partie – l’adaptation au support – est probablement la compétence la plus sous-estimée.

Un email, ça ne se lit pas comme une page de vente. Un post LinkedIn, ça ne se lit pas comme un SMS. Un bon copywriter ajuste tout : la longueur des phrases, la longueur des paragraphes, le registre conversationnel, la ponctuation.

« Un email, c’est quelque chose que quand on le reçoit, on a envie de le lire, et quand ça vient d’une marque ou d’un vendeur, on a un peu moins envie de le lire. Donc il va vraiment jouer sur cet aspect conversationnel… en ayant des phrases courtes et des paragraphes courts, ben c’est beaucoup plus lisible que un mail avec vraiment une grosse tartine avec 15-20 lignes écrites un peu comme dans un livre. »

C’est exactement le problème que 80% des newsletters brand font en boucle.

Phrases longues, paragraphes massifs, ton institutionnel. Personne ne lit. Tout le monde scrolle jusqu’au CTA – quand ils scrollent. Sur les règles pour écrire une newsletter efficace, il y a 13 points qui vont exactement dans ce sens.

Mais bon. Savoir qu’il faut faire des phrases courtes et réussir à le faire dans un contexte corporate où tout le monde veut mettre 47 disclaimers légaux dans chaque email – c’est deux mondes différents.

Anticiper les objections : ce que fait un bon copywriter avant même d’écrire

Cinquième qualité, et Danilo insiste : pour lui, c’est la plus importante. Un bon copywriter anticipe les objections. Il les connaît parce qu’il a écouté ses clients. Et il les brise de façon naturelle, avant même que le lecteur les formule consciemment.

L’exemple qu’il donne vient de sa propre formation, Facebook Academy. Trois objections récurrentes :

– Le budget : « Je n’ai pas les moyens de faire de la pub Facebook. » Sa réponse dans tous ses textes : vous pouvez faire de la pub Facebook quel que soit votre budget.

– La mise à jour : « Est-ce que cette formation sera encore valable dans un an ? » Sa réponse : la formation est mise à jour constamment.

– La technicité : « C’est trop compliqué pour moi. » Sa réponse : la technique s’apprend très vite, et Facebook Ads est devenu beaucoup moins technique.

Ce n’est pas du tout original comme mécanique. C’est vieux comme les pages de vente. Mais l’exécution fait la différence. Un bon copywriter n’attend pas qu’on lui pose l’objection pour y répondre – il la plante dans le texte comme si elle était naturelle, comme si c’était lui qui y avait pensé le premier. Le lecteur ne voit pas la couture.

(Et c’est souvent là que ça coince, d’ailleurs – le copywriter débutant répond aux objections de façon défensive, ce qui les amplifie au lieu de les dissoudre.)

La question que ça pose, c’est : comment tu identifies toutes les objections avant d’écrire ? Danilo y répond en partie avec sa première qualité – l’empathie, l’écoute, les études de marché. Mais il y a une limite réelle : tu peux passer des semaines à écouter des clients et rater l’objection qui plante vraiment les conversions parce qu’elle n’est jamais verbalisée. Les gens ne disent pas toujours ce qui les bloque. Sur ce sujet précis – pourquoi vos clients ne font pas ce qu’ils disent – les sciences comportementales ont des réponses que le copywriting classique n’a pas encore intégrées.

Ce que personne ne dit vraiment sur le bon copywriter

Cinq qualités. Empathie, capacité à convaincre, psychologie humaine, maîtrise de l’écrit, gestion des objections. La liste est cohérente. Elle tient debout. Mais elle laisse quelque chose dans l’ombre.

Ce que Danilo ne dit pas explicitement – et que j’ai envie de dire ici – c’est que ces cinq qualités sont hiérarchisées. L’empathie est première. Tout part de là. Sans empathie profonde pour le client, les techniques psychologiques deviennent des gadgets. Tu peux empiler les FOMO, les preuves sociales, les cliffhangers – si tu ne comprends pas vraiment ce que ton lecteur ressent en lisant, ça sonne faux. Et les gens le sentent.

Un bon copywriter – enfin, le meilleur que j’ai vu travailler de près – passait plus de temps à lire des avis Amazon, des forums Reddit, des threads de commentaires Facebook qu’à écrire. Parfois dans un ratio de 3 pour 1. Trois heures de recherche pour une heure d’écriture. C’est contre-intuitif si tu vends de l’écriture à la journée. C’est inévitable si tu veux que ça marche.

Et il y a une tension réelle entre la cinquième qualité – anticiper les objections – et l’idée qu’on se fait souvent du copywriting comme d’une discipline de persuasion pure. Briser une objection, c’est pas convaincre quelqu’un qui ne veut pas. C’est lever un frein chez quelqu’un qui veut déjà, mais qui hésite. La nuance est petite. Le résultat est radicalement différent. Si tu veux comprendre comment cette logique s’applique concrètement dans une page de vente complète, structurer une landing page en 10 étapes est un bon point de départ.

Ce qui me reste de cet épisode, c’est surtout ça : le bon copywriter n’est pas un manipulateur brillant. C’est quelqu’un qui a fait le travail d’écoute que personne d’autre n’a voulu faire – et qui traduit ensuite ce travail en phrases.

Est-ce qu’on peut vraiment apprendre ça, ou c’est une posture qu’on a ou qu’on n’a pas ?

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un bon copywriter ? +
Un bon copywriter est un rédacteur dont l'objectif principal est de générer une action précise : une vente, une réponse à un email, un formulaire rempli. Ce n'est pas un créateur de contenu au sens large. Ce qui le distingue, c'est sa capacité à comprendre profondément la psychologie de son lecteur et à structurer chaque phrase pour lever les freins et déclencher le passage à l'action.
Quelles sont les qualités d'un bon copywriter ? +
Danilo Duchesnes en identifie cinq : l'empathie (comprendre les désirs, peurs et frustrations du client idéal), la capacité à convaincre (capter et retenir l'attention avec des cliffhangers et des histoires), la maîtrise de la psychologie humaine (bénéfices vs fonctionnalités, FOMO, preuve sociale, cohérence), l'aisance à l'écrit (adapter son style au support), et l'anticipation des objections (les briser naturellement avant qu'elles soient formulées).
Quelle est la différence entre copywriting et création de contenu ? +
La création de contenu vise à informer, engager ou fidéliser une audience. Le copywriting vise spécifiquement à déclencher une action mesurable. Un article de blog peut être du contenu ou du copywriting selon son objectif final. Une page de vente, un email de relance ou une publicité Facebook sont presque toujours du copywriting.
Comment un bon copywriter anticipe-t-il les objections ? +
En passant beaucoup de temps à écouter ses clients avant d'écrire. Il identifie les freins récurrents - souvent le prix, la technicité, la peur de l'obsolescence - et les intègre dans ses textes de façon naturelle, comme si c'était lui qui y avait pensé le premier. L'objectif n'est pas de défendre le produit, mais de lever une hésitation chez quelqu'un qui veut déjà acheter mais hésite encore.
Pourquoi l'empathie est-elle si importante en copywriting ? +
Parce que sans empathie réelle, les techniques de persuasion sonnent faux. Le lecteur le sent. L'empathie permet d'utiliser les mots exacts que le client utilise pour décrire son problème, ce qui crée une reconnaissance immédiate. C'est ce qui distingue un texte qui convertit d'un texte qui informe.
Comment le bon copywriter utilise-t-il la psychologie dans ses textes ? +
Il sait que les décisions d'achat sont émotionnelles et justifiées ensuite par la logique. Il met donc les bénéfices (émotionnels) en avant et utilise les fonctionnalités (logiques) comme justification. Il s'appuie aussi sur des mécanismes bien documentés : urgence et rareté, preuve sociale, ancrage sur les prix, aversion au risque, réciprocité, technique du pied dans la porte.

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