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ABO vs CBO : Quelle optimisation de budget choisir sur Facebook Ads ? | #AskDanilo E29

Épisode diffusé le 9 décembre 2021 par Danilo Duchesnes

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La question revient dans absolument toutes les conversations sur la gestion de budget publicitaire : abo vs cbo facebook ads, c’est quoi le bon choix ? Danilo Duchesnes, consultant spécialisé en publicité Facebook et animateur du podcast Le Rendez-vous Marketing, y a consacré un épisode entier – et sa réponse est beaucoup moins tranchée qu’on ne le pense.

Parce que la vraie réponse, c’est : ça dépend. Et pas d’une façon vague et paresseuse. Ça dépend de cas précis, que Danilo détaille un par un. Du coup, avant de toucher à tes campagnes, ça vaut le coup de comprendre ce qui se passe sous le capot.

ABO ou CBO : ce que ces deux sigles cachent vraiment

Commençons par les bases, même si tu connais déjà – parce que beaucoup de gens croient les connaître et confondent les deux en pratique.

Le ABO, c’est le Ad Set Budget Optimization. La méthode old school, comme dit Danilo. Tu fixes un budget par audience, directement au niveau de l’ensemble de publicités. 20€ sur l’audience A, 50€ sur l’audience B, 10€ sur l’audience C. Facebook exécute. Il dépense ce que tu lui dis de dépenser, où tu lui dis de le dépenser.

Le CBO – Campaign Budget Optimization – c’est l’inverse philosophique. Tu donnes un budget global à la campagne, et l’algorithme répartit lui-même entre les audiences en temps réel, selon les performances qu’il observe. Tu lui donnes 80€, il décide tout seul que l’audience B mérite 60€ ce soir parce qu’il y a des opportunités de conversion.

Deux logiques radicalement différentes. Et Facebook pousse clairement vers le CBO depuis plusieurs années maintenant (ce qui ne veut pas dire que c’est toujours le meilleur choix – on y revient).

Le CBO, l’assurance tous risques – mais pas pour tout le monde

Danilo a une formule que j’aime bien pour décrire le CBO. Il appelle ça :

« un peu l’assurance tous risques. C’est-à-dire que vous donnez un budget à Facebook, par exemple, 30€ par jour et son algorithme va répartir le budget entre les différents ensembles de pubs qui constituent la campagne, en fonction des performances en temps réel. »

Dit comme ça, ça a l’air simple. Et dans certains cas, ça l’est vraiment.

Si tu as déjà identifié tes audiences qui fonctionnent – des similaires, des intérêts larges, du ciblage large – et que tu veux scaler, le CBO fait le boulot. Tu empiles entre trois et cinq audiences dans une campagne d’acquisition, tu mets un budget au niveau de la campagne, et tu laisses Facebook gérer. L’objectif est simple : minimiser le coût par résultat global, pas par audience.

C’est aussi le choix de ceux qui veulent scaler leurs dépenses sur Facebook Ads sans passer leurs journées à ajuster des curseurs manuellement. Moins de friction opérationnelle, plus de confiance dans l’algo. Ça convient à un certain profil d’annonceur.

Mais voilà où ça coince. L’algorithme ne sait pas que tes clients existants sont plus précieux pour toi que des inconnus. Il ne sait pas que tu veux absolument toucher cette petite audience de 2 000 personnes, même si elle coûte plus cher. Il optimise globalement – et globalement, ça peut vouloir dire ignorer certaines audiences.

Quand l’algorithme fait ses propres choix (et pas les tiens)

Là, on touche au vrai problème du CBO. Danilo est direct là-dessus :

« L’algorithme de Facebook ne sait pas forcément que certaines audiences ont plus de valeur pour vous. Donc, imaginez vos clients, vous voulez absolument les toucher. Donc, si vous voulez absolument les toucher, peu importe que l’audience soit petite, ou que certaines journées ça fonctionne moins que d’autres, vous voulez absolument mettre, par exemple, 5 ou 10€ par jour vers cette audience. »

C’est exactement le problème. Et c’est là que le ABO reprend de la valeur.

Il existe des contournements dans le CBO – les minimums de dépense par ensemble de pubs, les maximums aussi. Mais Danilo est honnête sur leurs limites : Facebook ne garantit même pas que ces minimums seront respectés. Tu te retrouves à vérifier tous les jours si le budget a bien été dépensé là où tu voulais. C’est du stress inutile.

Deuxième cas où le CBO plante : l’intégration de nouvelles audiences. Tu as une campagne CBO qui tourne bien. Tu veux tester une nouvelle audience – parce qu’une ancienne s’épuise, ou parce que tu as une intuition. Tu la rajoutes dans la campagne. Et là… Facebook l’ignore. Ou presque. Il continue d’envoyer le budget sur les audiences qui ont déjà fait leurs preuves, et la nouvelle ne voit jamais assez de budget pour qu’on puisse juger si elle fonctionne ou non.

Pour tester des audiences proprement – et Danilo insiste là-dessus dans son épisode sur les tests A/B sur Facebook Ads – il vaut mieux une campagne dédiée en ABO. Budget fixe par audience, résultats lisibles, comparaison possible. Le CBO, c’est un amplificateur, pas un laboratoire.

Le cas du remarketing : abo vs cbo facebook ads, la réponse est presque toujours ABO

Le remarketing, c’est là où le débat abo vs cbo facebook ads devient vraiment intéressant. Et où la plupart des annonceurs se trompent.

En retargeting, tu as typiquement plusieurs audiences : visiteurs du site, personnes qui ont interagi avec ta page Facebook, interactions Instagram, vues de vidéos. Des tailles très différentes. Des niveaux de qualité très différents aussi.

Le problème avec le CBO dans ce contexte ? Danilo l’explique ainsi :

« En fonction de la taille et des performances, Facebook a tendance à privilégier les audiences qui ont une grande taille et qui performent bien. Donc ce qui peut se passer, c’est que vous avez une campagne avec ces quatre audiences, c’est que Facebook finisse par dépenser énormément d’argent sur l’audience qui a la plus grande taille et qui a les meilleures performances et va donc délaisser les autres alors qu’elles pourraient être de très bonne qualité. »

Voilà. Une petite audience de clients récents, hyper qualifiée, qui disparaît sous le budget – parce que les visiteurs du site sont dix fois plus nombreux et que l’algo préfère la facilité.

Du coup, en remarketing, Danilo est clair : ABO. Tu mets un budget par audience en fonction de sa taille et de ce que tu penses de sa qualité. Tu regardes les résultats une semaine plus tard. Tu ajustes. C’est manuel, c’est un peu fastidieux – mais c’est toi qui pilotes, pas l’algo.

Moi, ce que j’aime dans cette approche, c’est qu’elle force à réfléchir à chaque audience individuellement. À se demander : est-ce que cette audience mérite 5€ ou 30€ par jour ? C’est une discipline que le CBO efface complètement. Et parfois, les stratégies de retargeting e-commerce qui marchent vraiment sont celles où quelqu’un a pris ces décisions consciemment.

Le problème des chevauchements d’enchères – ce que personne ne dit assez fort

Un point que Danilo soulève et qui mérite qu’on s’y arrête : les chevauchements d’audiences en ABO.

Quand tu as plusieurs audiences dans une campagne ABO, certaines personnes se retrouvent dans plusieurs audiences simultanément. Facebook doit décider à qui attribuer l’impression – et il le fait en enchérissant. Si tu forces des budgets sur chaque audience, tu peux te retrouver à enchérir contre toi-même pour atteindre la même personne via deux audiences différentes. Résultat : tes CPM augmentent.

À 5€ par jour par audience, l’effet est négligeable. À 100€ par audience, ça commence à faire mal. Ce n’est pas un argument décisif contre l’ABO – mais c’est une raison de bien utiliser les exclusions d’audiences pour limiter les recoupements.

Et c’est là que la gestion devient vraiment technique. Parce que dans une campagne CBO, l’algorithme gère lui-même une partie de cette tension – il va naturellement dépenser là où il y a le moins de friction. Avantage CBO sur ce point. Mais ça ne compense pas les problèmes évoqués plus haut.

La structure qui tient dans la durée : deux campagnes, deux logiques

Ce que Danilo finit par recommander – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise clairement quand j’ai commencé à suivre des comptes pub – c’est de ne pas choisir entre ABO et CBO comme si c’était l’un ou l’autre pour toujours.

La structure qui fait sens : une campagne CBO pour l’acquisition, avec tes audiences qui ont déjà prouvé leur valeur, en mode scale. Et une campagne ABO séparée pour tester – nouvelles audiences, nouvelles créas, nouveaux angles. Cette deuxième campagne est ton laboratoire. Elle a des budgets fixes, lisibles, comparables.

Quand une audience testée en ABO prouve qu’elle fonctionne, tu la fais migrer dans ta campagne CBO. Et si une audience dans ton CBO s’épuise, tu l’entres avec un minimum de dépense – en sachant que c’est une solution temporaire, pas idéale.

Pour les KPIs à suivre sur Facebook Ads, cette distinction campagne de test / campagne de scale change aussi la lecture des chiffres. Tu ne compares pas les coûts d’une campagne ABO de test avec ceux d’une campagne CBO mature. Ce sont deux objets différents.

Danilo résume sa position comme ça :

« Donc, à première vue, si vous m’écoutez, le CBO est plus intéressant que le ABO. Donc, on devrait toujours l’utiliser. Mais pas si vite ! »

C’est peut-être la phrase la plus utile de tout l’épisode.

Parce que la vraie question n’est pas quelle méthode est meilleure en absolu. C’est quelle méthode correspond à ce que tu essaies de faire à cet instant précis avec cette campagne spécifique. Et là, la réponse change. Et c’est normal qu’elle change – même d’une semaine à l’autre, selon où en est ton compte, quelle audience s’épuise, quelle créa commence à fatiguer.

La question que je me pose : est-ce que les annonceurs qui délèguent tout au CBO ont vraiment une stratégie, ou juste une façon de ne pas avoir à réfléchir trop souvent à la structure de leurs campagnes ? Les deux approches ne coûtent pas pareil en temps. Mais elles ne produisent pas non plus les mêmes résultats quand les audiences sont petites, qualifiées, et qu’on ne peut pas se permettre que l’algo les ignore.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre ABO et CBO sur Facebook Ads ? +
L'ABO (Ad Set Budget Optimization) permet de fixer un budget précis au niveau de chaque audience. Le CBO (Campaign Budget Optimization) donne un budget global à la campagne et laisse Facebook le répartir en temps réel selon les performances. L'ABO offre plus de contrôle, le CBO délègue à l'algorithme.
Quand utiliser le ABO plutôt que le CBO sur Facebook Ads ? +
L'ABO est préférable dans trois situations : quand vous voulez garantir un budget sur une audience spécifique de haute valeur (clients, abonnés newsletter), quand vous testez de nouvelles audiences et avez besoin de données comparables, et en remarketing quand Facebook ne répartit pas équitablement le budget entre vos audiences de retargeting.
Le CBO est-il toujours meilleur que le ABO en 2021 ? +
Non. Le CBO est recommandé pour scaler des campagnes d'acquisition avec des audiences déjà validées. Mais il présente des limites réelles : il peut ignorer des petites audiences de qualité, ne garantit pas les minimums de dépense, et rend difficile l'intégration et le test de nouvelles audiences. L'abo vs cbo facebook ads n'a pas de réponse universelle.
Peut-on utiliser à la fois ABO et CBO dans la même stratégie Facebook Ads ? +
Oui, c'est même la structure recommandée par Danilo Duchesnes : une campagne CBO pour les audiences prouvées en mode scale, et une campagne ABO séparée pour tester de nouvelles audiences ou créas. Une fois qu'une audience valide ses performances en ABO, elle rejoint la campagne CBO.
Pourquoi le CBO ne convient pas au remarketing sur Facebook ? +
En remarketing, les audiences ont des tailles très différentes. L'algorithme CBO tend à concentrer le budget sur la plus grande audience qui performe bien, en délaissant des audiences plus petites mais potentiellement très qualifiées - comme les visiteurs récents d'une page produit. L'ABO force une répartition intentionnelle du budget.
Comment tester de nouvelles audiences avec le CBO sans fausser les résultats ? +
Difficile. Quand on ajoute une nouvelle audience dans une campagne CBO existante, Facebook lui alloue rarement assez de budget pour qu'on puisse juger ses performances. La solution la plus propre : créer une campagne ABO dédiée aux tests, avec un budget fixe par audience, et ne faire migrer les audiences validées vers le CBO qu'une fois leurs performances confirmées.

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