webinaire stratégie marketing

Webinaire, la stratégie qui permet de closer avant de commencer – avec Patrice Barbesier – Episode 212

Épisode diffusé le 4 janvier 2024 par Estelle Ballot

Écouter l'épisode :

0:00 --:--
Vitesse

La webinaire stratégie marketing la plus sous-estimée du B2B français, c’est celle que personne ne veut faire au départ. Patrice Barbesier, ex-CMO de Partoo – la scale-up qui est passée de 20 à 400 personnes pendant qu’il était aux commandes – a traîné des pieds pendant huit mois avant de lancer son premier webinar. Huit mois. Et quand il l’a finalement fait, Toyota et Leroy Merlin ont signé dans la foulée.

Ce qui m’a scotché dans ce témoignage, c’est pas le chiffre d’affaires. C’est le ratio. Quatre-vingt-dix euros par trimestre. Des paniers moyens à 15 000-20 000 euros. Tu fais le calcul toi-même – c’est indécent comme ROI. Et pourtant, les CMO que je croise continuent de penser que le webinar, c’est un truc chiant pour les éditeurs de logiciels SaaS qui n’ont rien d’autre à faire de leur jeudi après-midi.

Patrice est revenu sur le Podcast du Marketing d’Estelle Ballot (épisode 212) pour raconter exactement comment il a construit cette machine. Pas les grandes lignes. Le détail. Ce qu’on met dedans, dans quel ordre, pourquoi la prise de parole dure 20 minutes et pas une heure. Et surtout – et c’est là que ça devient vraiment intéressant – pourquoi les sales appelaient les inscrits avant le webinar.

Pourquoi tout le monde déteste les webinaires (et a tort)

Patrice commence par un aveu qui m’a un peu réconcilié avec la question : il n’y croyait pas non plus. Personnellement. Pas par posture, pas pour faire bonne figure – il trouvait les webinars ennuyeux parce que quand il en écoutait, il s’ennuyait. Point.

« J’y croyais pas du tout. Personnellement, j’aime pas écouter des webinar parce que quand je les écoute, je m’ennuie. Donc j’y croyais pas. C’était mon fondateur qui voulait absolument qu’on en fasse. Donc je traînais des pieds, je trouvais toujours des excuses et au bout de 8 mois, il m’a dit maintenant ça suffit, on va faire un webinar. »

Voilà. C’est rarement présenté comme ça dans les articles de blog sur le sujet.

Le premier webinar de Partoo : 15 personnes présentes. Pas de signature. Pas de rendez-vous pris dans la foulée. Mais un truc inattendu – des échanges, des questions, des gens qui remercient et qui demandent quand c’est le prochain. Et là, quelque chose bascule dans la tête de Patrice. 15 personnes, une heure, et autant d’interactions que lors d’une journée de salons entiers (ce qui est rare dans le secteur, et encore plus rare à ce coût-là).

Le problème avec les webinars qu’on subit, c’est pas le format. C’est que la plupart sont construits comme des présentations commerciales déguisées. Cinquante minutes de slides sur les fonctionnalités, dix minutes de démo, cinq minutes de « questions ». Les gens le sentent à la troisième slide. Et ils ouvrent un autre onglet.

La structure concrète d’un webinaire stratégie marketing qui convertit

Vingt minutes. C’est tout ce que Patrice demande pour la prise de parole. Pas par flemme – par conviction.

« J’ai un temps d’attention faible et quand moi j’écoute des prises de parole, je me suis rendu compte une fois, c’était je crois que c’était la BPI qui avait organisé ça des prises de parole de 15-20 minutes et je me suis dit c’est génial, c’est la première fois que j’arrive à tout écouter du début à la fin. »

Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais c’est une décision structurante – parce que ça oblige à choisir.

La structure qu’il a rodée chez Partoo :

  • La douleur – une seule, pas quatre. Tu prends le problème le plus douloureux de ta cible et tu construis tout autour.

Ensuite, cinq minutes de contexte – les chiffres du marché, les tendances, ce qui se passe dans d’autres pays. Pas pour faire savant. Pour que les gens se sentent pas seuls avec leur problème. Et puis on rentre dans les cas concrets : Toyota qui avait une organisation décentralisée, Leroy Merlin qui fonctionnait différemment, une petite chaîne de dix établissements qui n’a rien à voir avec un grand groupe. L’idée, c’est que chacun dans la salle se reconnaisse dans au moins un exemple. Que personne ne puisse dire « ah mais ça c’est pour les grands groupes, pas pour moi ».

La dernière slide, c’est Partout. Trente secondes, une minute grand maximum. Voilà ce qu’on fait, voilà comment on peut aider. Point. Et on passe aux questions.

Ce qui m’agace dans beaucoup de conseils sur le webinar, c’est qu’on parle jamais de ce moment-là – la transition vers les questions. Parce que c’est là que tout se joue vraiment pour une webinaire stratégie marketing qui fonctionne en B2B.

La session questions-réponses – l’endroit où tu montres vraiment ce que tu vaux

Quarante minutes de Q&R. Pour vingt minutes de présentation. Ce ratio-là, je l’avais jamais entendu formulé aussi clairement avant.

« Tout le monde peut faire une présentation pour montrer l’expertise. Tout le monde la – un petit concurrent comme un très gros concurrent, j’estime que la connaissance on l’a tous. En revanche quand tu es mis sur le grill que les gens te mettent dans leur situation et qu’il faut y répondre bah là tu peux plus te cacher. »

C’est exactement le problème. La présentation, n’importe qui peut la préparer en deux semaines. La session de questions en live sur des situations réelles, c’est une autre histoire.

Et il y a un effet que je n’avais pas anticipé en écoutant : les gens qui ne posent pas de questions restent quand même. Parce que les questions des autres leur parlent aussi. Parce qu’on se projette dans les problèmes de ses pairs. C’est un cercle vertueux assez phénoménal – une question en amène une autre, et les gens qui étaient venus pour la présentation repartent avec des réponses à des problèmes qu’ils n’avaient pas encore formulés. Si tu veux comprendre comment vendre avec la narration et le storytelling, ce mécanisme de projection collective dans les Q&R, c’est exactement le même ressort.

Appeler les inscrits avant le webinaire – l’idée qui surprend tout le monde

Là, c’est le truc contre-intuitif. Celui qui fait dire « attends, vraiment ? » à la première écoute.

Chez Partout, quand quelqu’un s’inscrit à un webinar, les sales l’appellent le lendemain. Pas après le webinar. Le lendemain de l’inscription.

« Lorsqu’une personne s’inscrit un webinar, on estime que avec une approche douce, on peut se permettre d’appeler cette personne le lendemain de son inscription pour lui dire bonjour madame, vous êtes inscrit à ce webinar. Merci beaucoup. Est-ce que je peux vous demander ce que vous cherchez avec ce webinar ? »

Et ça déclenche beaucoup plus de rendez-vous que les appels post-webinar. L’explication est simple : au moment de l’inscription, la douleur est fraîche. Le prospect vient de cliquer parce que quelque chose l’a accroché – un titre, un problème formulé d’une façon qui a résonné. Attendre trois semaines, c’est laisser la fenêtre se refermer.

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise – enfin, ce que j’aurais voulu entendre plus tôt – c’est que cette approche n’est pas agressive. Le commercial n’appelle pas pour vendre. Il appelle pour comprendre pourquoi l’inscription a eu lieu. Et il termine en disant « j’ai un client qui a les mêmes enjeux, vous voulez qu’on en discute ? ». C’est du soft selling appliqué à la lettre – et ça change tout au taux de transformation.

Le webinaire stratégie marketing comme levier commercial – les vrais chiffres

50 % de nouveaux contacts quand Partout avait 100 inscrits. C’est le premier chiffre qui m’a arrêté. La moitié des gens qui s’inscrivent à un webinar bien promu sur LinkedIn n’étaient pas encore dans la base CRM. Pour une boîte B2B qui cherche à faire de l’acquisition, c’est considérable (et c’est souvent là que ça coince dans les bilans marketing de fin d’année – on mesure le nombre d’inscrits, pas le taux de nouveaux contacts).

Deuxième action en volume de rendez-vous pris. Et surtout – Patrice insiste là-dessus – première action en accélération des signatures. Pas en volume de signatures, en accélération. Toyota était encore en train d’hésiter avec un concurrent. Le webinar a été le dernier élément qui a fait pencher la balance. Si tu veux comprendre comment positionner ce type de contenu dans ton funnel entre TOFU et BOFU, le webinar se place clairement au niveau MOFU – mais avec des effets qui descendent jusqu’à la signature.

Et le sondage en fin de session : 80 % des participants qui disent « j’ai beaucoup appris », 19 % « j’ai un peu appris », 1 % « j’étais déjà expert ». Patrice dit qu’il ne s’attendait pas à ces chiffres. Moi non plus, franchement. Parce qu’on a l’habitude de mesurer les webinars au nombre de leads générés dans les 48 heures – pas à la satisfaction perçue. Et c’est peut-être là qu’on se plante tous.

90 euros par trimestre. Des clients grands comptes à 15 000-20 000 euros de panier moyen. Je vais pas faire le calcul à ta place mais c’est – objectivement – l’un des meilleurs ROI marketing qu’on peut trouver en B2B sans budget publicitaire. Si tu cherches d’autres leviers gratuits pour capter des leads qualifiés, le webinar s’articule naturellement avec les autres canaux d’acquisition.

Ce que personne ne dit sur la vente dans un webinaire

Il y a un paradoxe au coeur de cette approche. L’objectif est commercial – Patrice ne le cache pas. Mais la forme est délibérément non-commerciale pendant 59 minutes sur 60. Et c’est précisément pour ça que ça marche.

L’anecdote de Clément Picard, le commercial de Partout qui déconseille à un prospect de prendre tous les produits d’un coup – et qui du coup prend beaucoup moins de chiffre d’affaires sur la signature immédiate – c’est révélatrice. Dans une culture du chiffre classique, ce commercial est mauvais. Dans une culture de la satisfaction client, il est excellent. Et le prospect, lui, il s’en souvient. Parce que personne ne lui avait jamais dit ça.

« Qui dans ce monde refuse de vendre autant et donc de multiplier par quatre son sa signature pour dire je vous conseille monsieur de prendre un produit, de bien le mettre en place. Nous, on a un suivi sur 6 mois sur cette phase d’apprentissage et au bout de 6 mois, on se rappelle. »

Ce genre de posture, ça se voit dans un webinar. L’ADN d’une boîte transparaît assez vite quand on fait 40 minutes de questions-réponses sans filet. Et si tu travailles sur les mécanismes de confiance dans la vente, le webinar active exactement ce type de biais – la cohérence entre ce qu’on dit et ce qu’on fait.

Mais je dois quand même dire une chose : cette approche a une limite réelle. Elle demande du temps de préparation – Patrice insiste là-dessus, la première version d’un webinar prend du temps, même si ensuite on peut le rejouer. Et elle demande une vraie expertise sur le sujet traité. Tu ne peux pas faire 40 minutes de Q&R live si tu ne maîtrises pas ton domaine en profondeur. Pour ceux qui débutent sur un marché, ou qui changent de positionnement, le webinar peut attendre. C’est pas une stratégie de lancement à froid.

Et puis il y a la question de l’engagement de l’audience pour remplir la salle. Une webinaire stratégie marketing qui tourne bien repose sur une base existante – newsletter, LinkedIn, réseau. Si tu pars de zéro, le premier webinar avec 15 inscrits peut être décourageant. Sauf si tu l’assumes comme Patrice l’a assumé : 15 personnes, des échanges réels, et une conviction qui se construit. Après, pour amplifier cette base, faire grossir sa liste emails reste le meilleur accélérateur avant de lancer une cadence régulière de webinars.

Ce qui reste, au fond, c’est cette idée que le webinar n’est pas un outil de vente. C’est un outil de positionnement. La vente vient après – ou avant, si les sales font leur travail correctement. Et cette distinction-là, la plupart des équipes marketing ne la font pas.

Questions fréquentes

Combien coûte organiser un webinaire en B2B ? +
Patrice Barbesier chez Partoo payait 90 euros par trimestre pour un outil de webinar. C'est l'un des formats les moins chers du marketing B2B - et avec des paniers moyens clients à 15 000-20 000 euros, le ROI est difficile à battre. La vraie dépense, c'est le temps de préparation du premier webinaire - ensuite, le contenu peut être réutilisé plusieurs fois.
Quelle est la durée idéale d'un webinaire stratégie marketing ? +
Patrice Barbesier recommande 20 minutes de présentation maximum, suivies de 40 minutes de questions-réponses. Cette structure contre-intuitive - plus de Q&R que de contenu préparé - est précisément ce qui différencie un webinaire stratégie marketing efficace d'une présentation commerciale classique. 20 minutes, c'est la durée où même un directeur marketing avec 15 onglets ouverts reste concentré.
Comment remplir son webinaire quand on n'a pas encore d'audience ? +
Le premier webinaire de Partoo avait 15 personnes. C'est parti de là. La promotion s'est faite via LinkedIn et par invitation directe des équipes commerciales. Le bouche-à-oreille et les transferts internes (un inscrit qui invite ses collègues) génèrent souvent 30 à 50% des inscrits supplémentaires. L'essentiel, c'est de faire le premier - même avec 15 personnes dans la salle.
Est-ce qu'on doit vendre pendant un webinaire ? +
La réponse de Patrice Barbesier est claire : non, ou presque pas. Chez Partoo, la présentation de l'entreprise durait 30 secondes à la toute fin. L'objectif pendant les 59 autres minutes, c'est de montrer l'expertise et de résoudre des problèmes concrets. La vente suit - via les sales qui reprennent le contact après. Un webinaire stratégie marketing trop orienté vente se voit immédiatement et fait fuir.
Faut-il appeler les inscrits avant ou après le webinaire ? +
Avant, selon la méthode de Partoo. Le lendemain de l'inscription, pas après le webinaire. L'idée : au moment où quelqu'un s'inscrit, la douleur est fraîche et l'intérêt est maximal. Attendre 2-3 semaines jusqu'au jour J, c'est laisser l'enthousiasme retomber. L'appel pré-webinaire n'est pas commercial - c'est une conversation sur les enjeux de l'inscrit, avec une proposition de rendez-vous si le timing est bon.
Quelles métriques mesurer pour évaluer un webinaire ? +
Patrice Barbesier mesure trois choses : le taux de nouveaux contacts parmi les inscrits (50% chez Partoo sur 100 inscrits), le nombre de rendez-vous générés dans les jours suivants, et l'impact sur l'accélération des signatures en cours. Il ajoute un sondage de satisfaction en fin de session - 80% des participants déclaraient avoir beaucoup appris. C'est ce dernier chiffre qui lui a confirmé que le format fonctionnait.

Épisodes similaires

  • Copywriting & Vente