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LinkedIn, un réseau social à développer – Episode 25

Épisode diffusé le 23 janvier 2020 par Estelle Ballot

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Vitesse

La visibilité sur LinkedIn est devenue l’un de ces sujets sur lesquels tout le monde a un avis – et pourtant, la grande majorité des profils que je croise restent désespérément vides, mal remplis, ou pire, remplis comme un CV de stage de 2007. Estelle Ballot, créatrice du Podcast du Marketing, a consacré un épisode entier à cette question. Et ce qui est frappant, c’est pas qu’elle donne des conseils nouveaux. C’est qu’elle pointe exactement les mêmes erreurs que je vois depuis quinze ans dans les boîtes avec lesquelles je travaille.

610 millions d’inscrits dans le monde. Un quart actifs. Et parmi eux, presque la moitié se connectent tous les jours. Ces chiffres, Estelle les pose dès le début de son épisode comme une gifle douce – le genre de stat qu’on connaît vaguement mais qu’on n’a jamais vraiment intégrée. LinkedIn n’est pas un réseau fantôme. C’est un réseau sous-exploité. Ce qui est très différent.

Et c’est précisément là que réside l’opportunité.

Pourquoi LinkedIn plutôt que Facebook ou Instagram quand on part de zéro

La question du choix de réseau social est, franchement, mal posée par la plupart des gens. On se demande ‘où est mon audience ?’ comme si c’était la seule variable. Sauf que si ton audience est une femme de trente ans – exemple qu’Estelle utilise dans l’épisode -, elle est sur Facebook, Instagram, LinkedIn et Pinterest. Tu n’es pas avancé.

La vraie question, c’est pas ‘où est mon audience’, c’est ‘où mes efforts vont payer le plus vite.’ Et là, le calcul change.

« Si vous partez de zéro, c’est pas forcément la meilleure des options. Il y a tellement de monde sur Facebook et Instagram et depuis un bon moment que pour se faire une place au soleil, va falloir investir énormément. »

Dit comme ça, c’est presque évident. Mais combien de créateurs se lancent quand même sur Instagram en se disant que leur contenu va ‘percer’ ?

LinkedIn présente un avantage concret que les autres réseaux n’ont pas : beaucoup de professionnels ne le considèrent pas comme un vrai réseau social. Ils y ont un profil, certes. Ils ne publient pas. Ils ne commentent pas. Résultat : le champ est relativement libre. Tes posts, tes articles, tes réactions – tout ça est plus visible sur LinkedIn que sur n’importe quelle autre plateforme à audience équivalente. C’est une question de densité concurrentielle, et là, LinkedIn gagne.

Pour aller plus loin sur la question du choix de format et de support, choisir entre écrit, audio et vidéo mérite qu’on s’y attarde séparément – c’est pas le même sujet mais c’est lié.

LinkedIn est un moteur de recherche – et presque personne ne s’en souvient

Voilà le truc que j’aurais voulu qu’on me dise – enfin, qu’on m’enfonce vraiment dans le crâne – il y a dix ans. LinkedIn n’est pas seulement un réseau social où tes contacts voient ce que tu publies. C’est aussi un moteur de recherche où des inconnus te trouvent. Deux mécaniques. Un seul outil.

Sur Facebook ou Instagram, ta communauté grandit par capillarité. Tu connais X, X connaît Y, LinkedIn te suggère Y. Classique. Mais sur LinkedIn, quelqu’un peut aussi chercher ‘consultant CRM Paris’ ou ‘experte e-commerce B2B’ et tomber sur toi – à condition que ton profil soit correctement rempli.

« Tout comme sur Google, pour que l’on puisse vous trouver, il faut que votre page permette à l’algorithme de LinkedIn de diriger les bonnes personnes vers vous. »

C’est exactement le problème. La plupart des gens traitent leur profil LinkedIn comme un CV statique, pas comme une page web qu’un algorithme va indexer. Et du coup, ils disparaissent des résultats de recherche avant même d’avoir commencé.

Cette logique SEO appliquée à LinkedIn est exactement celle qu’on applique à un site. Mots-clés dans le titre. Contenu structuré. Fréquence de publication. Ce n’est pas une coïncidence si les principes sont les mêmes – les algorithmes obéissent aux mêmes grandes logiques.

Ce que ton profil dit de toi avant que tu aies dit un mot

Estelle Ballot propose une façon de voir le profil LinkedIn que je trouve vraiment juste : penser le parcours de l’utilisateur. Comme sur un site web. Où est-ce qu’il entre, qu’est-ce qu’il regarde en premier, où est-ce qu’il sort ?

La séquence, elle est quasi-universelle. Bannière. Photo. Titre professionnel. Section info. Et seulement ensuite – si tu l’as encore – la partie expérience.

Le problème : la plupart des gens ont très bien rempli leur partie expérience (c’est leur CV, ils savent faire) et ont bâclé tout le reste. Or c’est exactement l’inverse qui compte. Ton client potentiel n’ira probablement jamais jusqu’à la partie CV.

« Le titre professionnel ne devrait pas contenir le nom de votre entreprise parce qu’à ce stade, désolé, mais tout le monde s’en fiche. Ce qu’on veut savoir, c’est ce que vous faites et comment vous pouvez nous aider. »

Voilà. Tu as 120 caractères pour le titre. Utilise-les pour des mots-clés, pas pour le nom de ta société que personne ne cherche.

Sur la bannière : Canva a prévu le format LinkedIn en natif, avec des templates prêts à adapter (et si tu veux savoir ce que Canva cache vraiment, 7 fonctionnalités Canva que tu ne connais probablement pas vaut le détour). Très peu de profils ont une bannière soignée. C’est une façon quasi-gratuite de se différencier immédiatement.

Sur la section info : 2000 mots disponibles. La plupart des gens en utilisent 150 pour résumer leur parcours. Estelle suggère de la traiter comme une page de vente – pas pour vendre directement, mais pour parler au client de ses problèmes, montrer qu’on les comprend, et expliquer qu’on en a la solution. Storytelling, émotion, compréhension des besoins. Pas un organigramme de ta carrière.

Et les visuels. LinkedIn permet d’intégrer images et vidéos dans cette section. Presque personne ne le fait. C’est dommage.

La visibilité sur LinkedIn se construit avec du contenu – voilà comment

Publier régulièrement sur LinkedIn, tout le monde le sait. La question c’est quoi, combien, et à quelle fréquence.

Estelle propose une stratégie en deux vitesses. D’un côté, une présence quotidienne légère – partager un lien avec une phrase d’intro, commenter un post, réagir. Juste pour rester visible dans les fils d’actualité. De l’autre, une fois par semaine, un contenu long. Et quand elle dit long, elle dit long : un post peut contenir jusqu’à 1400 mots sur LinkedIn.

Ce n’est pas un tweet. C’est un mini-article de blog. Et c’est exactement ça qu’il faut traiter comme tel – avec une opinion, un angle, de la valeur pour ton audience. Pas une page de vente. De la valeur gratuite.

Viveka Von Hansen – considérée comme une référence mondiale sur LinkedIn – affirme que cette stratégie du post long hebdomadaire, accompagné si possible d’une pièce jointe (infographie, PDF, PowerPoint), peut multiplier les vues par 10 sur le long terme. Je suis incapable de vérifier ce chiffre indépendamment, mais la logique tient.

Sur la visibilité sur LinkedIn, la vidéo est par ailleurs sous-exploitée. L’algorithme l’adore parce qu’elle génère plus d’interactions. Pourtant, on en voit peu. Si tu crées déjà de la vidéo pour d’autres canaux, la publier sur LinkedIn te fera sortir du lot mécaniquement. Pourquoi et comment faire des vidéos est une bonne lecture complémentaire si tu veux structurer cette partie.

Et pour les articles de blog : publie-les en natif sur LinkedIn, pas via un lien externe. LinkedIn veut garder ses lecteurs sur sa plateforme. Un lien vers ton site = l’utilisateur quitte LinkedIn. Un article natif = LinkedIn le met en avant. La plateforme récompense ce qui la sert. Ce n’est pas de la générosité, c’est de la mécanique.

Sur le duplicate content : Estelle mentionne que des tests récents de gros noms du SEO suggèrent que Google ne pénalise plus vraiment le contenu dupliqué, parce qu’il est capable d’identifier quelle version a été publiée en premier. La recommandation pratique : laisser passer un peu de temps entre ta publication originale et ta republication sur LinkedIn. Tu gardes la primeur sur ton site, et LinkedIn met en avant ton article. Les deux mécaniques coexistent. C’est ce genre de nuance qu’on trouve rarement dans les guides SEO classiques – et si tu veux creuser la création de contenu de qualité, il y a 10 conseils concrets qui complètent bien ce point.

Construire son réseau sans passer pour un démarcheur

La partie réseau de LinkedIn est souvent gérée à la va-vite. On envoie des invitations en masse, sans message, et on se demande ensuite pourquoi le taux d’acceptation est faible et pourquoi les gens qu’on vient d’ajouter nous ont déjà oubliés.

Estelle pose deux règles simples. Première règle : personnaliser l’invitation. Pas un roman – une phrase. Juste assez pour montrer que tu sais qui tu contactes et pourquoi. Le taux de retour est significativement plus élevé. C’est pas une surprise, mais presque personne ne le fait systématiquement.

Deuxième règle : dès que quelqu’un accepte, envoyer un message d’introduction. Et là – c’est le point qui me semble le plus important – il ne s’agit PAS de vendre. Pas encore. Pas du tout.

« Cette personne ne vous connaît pas, ne connaît pas votre travail, franchement ce serait un peu agressif et ça pourrait être mal pris. Non, ce que je vous propose de faire, c’est plutôt d’envoyer un message qui va permettre à votre interlocuteur de mieux vous connaître et dans lequel vous allez lui proposer un contenu d’intérêt pour lui. »

C’est exactement le problème de 80% des approches LinkedIn que je vois : on brûle les étapes. On se connecte, on vend. On se connecte, on propose un appel de 30 minutes. C’est épuisant à recevoir et ça ne convertit rien.

La mécanique qu’Estelle décrit – donner de la valeur gratuitement et proactivement avant toute tentative de vente – est celle qui construit une réputation sur le long terme. Pas glamour. Pas rapide. Mais ça fonctionne, et ça ne génère pas de contacts qui te bloquent au bout de deux jours.

LinkedIn n’est pas une place de marché. C’est l’argument central de tout l’épisode, répété sous différentes formes. Les gens vont sur LinkedIn pour s’informer et réseauter. Pas pour acheter. Traite tes connexions en conséquence.

Pour aller un cran plus loin sur la stratégie de publication et ce qui fait vraiment la différence sur la plateforme, les secrets des posts LinkedIn est une ressource qui complète directement ce point – notamment sur la façon dont l’algorithme décide de ce qu’il pousse ou pas.

Ce que j’aurais aimé qu’on me dise plus tôt sur la visibilité sur LinkedIn

Il y a une limite dans l’approche d’Estelle que j’assume de pointer. Tout ce qu’elle décrit fonctionne – mais ça prend du temps. Du vrai temps. Un post long par semaine, des invitations personnalisées, des messages d’introduction, du contenu natif… Si tu es solo ou dans une petite structure, c’est une charge non négligeable.

Et la question qui n’est jamais complètement résolue dans l’épisode, c’est celle du retour sur investissement réel. La visibilité sur LinkedIn se mesure en vues, en connexions, en interactions – mais la conversion vers du business concret reste difficile à tracer. Estelle le dit elle-même : LinkedIn n’est pas le bon endroit pour vendre directement. C’est un outil de notoriété et de crédibilité. Très bien. Mais ça signifie que les effets sont diffus et longs à se matérialiser.

Ça ne remet pas en cause la stratégie. Ça signifie juste qu’il faut entrer dans cette logique avec les bonnes attentes. La visibilité sur LinkedIn, ça se construit sur six mois minimum, pas sur trois semaines.

Ce qui m’agace dans la plupart des contenus sur LinkedIn, c’est qu’ils promettent de la ‘croissance rapide’ sans jamais dire que la régularité réelle – pas la régularité théorique – est brutalement difficile à maintenir. Trois mois de posts hebdomadaires quand tu as d’autres priorités, c’est là que la plupart craquent. Estelle ne ment pas sur ce point. Elle dit juste ‘postez régulièrement’, sans trop s’attarder sur ce que ça coûte vraiment en énergie.

Mais bon – c’est peut-être parce que si elle s’y attardait trop, personne ne commencerait jamais. Et commencer, c’est quand même la première étape. La réutilisation de contenu peut d’ailleurs alléger cette charge – si tu produis déjà des articles, des vidéos ou un podcast, LinkedIn devient un canal de distribution plutôt qu’une source de création supplémentaire.

Questions fréquentes

Comment améliorer sa visibilité sur LinkedIn quand on part de zéro ? +
La base, c'est un profil correctement rempli - bannière, photo récente, titre avec des mots-clés, section info rédigée pour ton client et non pour toi. Ensuite, une stratégie de publication régulière : une action légère par jour et un post long d'environ 1400 mots par semaine. Les résultats mettent plusieurs mois à se matérialiser, mais le champ concurrentiel sur LinkedIn est bien moins dense que sur Instagram ou Facebook.
Faut-il publier des articles en natif sur LinkedIn ou poster des liens vers son blog ? +
LinkedIn favorise nettement les articles publiés directement sur sa plateforme, parce que ça garde l'utilisateur sur le réseau. Un lien externe, c'est l'algorithme qui te pénalise en réduisant ta portée. La bonne pratique : publier ton article sur ton site d'abord, attendre quelques jours que Google l'indexe, puis le republier en natif sur LinkedIn. Tu gardes le crédit SEO sur ton domaine et tu bénéficies de la mise en avant LinkedIn.
Est-ce que LinkedIn est vraiment utile si je suis en B2C ? +
Si tu vends directement au grand public, LinkedIn sera moins utile pour toucher tes clients finaux. En revanche, tes fournisseurs, distributeurs et partenaires potentiels y sont. Et LinkedIn reste un outil de crédibilité et de notoriété professionnelle qui peut influencer des partenariats commerciaux même dans un contexte B2C.
Quelle fréquence de publication pour avoir de la visibilité sur LinkedIn ? +
Une action quotidienne légère - partager un lien, commenter un post, réagir à une publication - pour rester présent dans les fils d'actualité. Et un post long d'environ 1400 mots par semaine pour ancrer ton expertise. La régularité est plus importante que la quantité. Mieux vaut tenir six mois à ce rythme que publier dix fois la première semaine et disparaître ensuite.
Comment rédiger la section 'infos' de son profil LinkedIn ? +
Traite-la comme une page de vente orientée client, pas comme un résumé de CV. Commence par les problèmes de ton client cible, montre que tu les comprends, explique comment tu peux les résoudre. LinkedIn autorise jusqu'à 2000 mots dans cette section - la plupart des gens en utilisent 150. Tu peux aussi y intégrer des images et des vidéos pour illustrer ton propos.
Doit-on personnaliser les invitations de connexion sur LinkedIn ? +
Oui, systématiquement. Une phrase suffit - juste assez pour montrer que tu sais qui tu contactes et pourquoi. Le taux d'acceptation est nettement plus élevé. Et une fois la connexion acceptée, envoie un message d'introduction avec un contenu utile pour ton interlocuteur, sans tenter de vendre quoi que ce soit. LinkedIn est un réseau de confiance qui se construit dans la durée.

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