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Comment utiliser chatGPT dans mon business avec Ludovic Salenne – Episode 184

Épisode diffusé le 22 juin 2023 par Estelle Ballot

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Pour utiliser chatgpt vraiment – pas juste l’ouvrir deux fois et refermer l’onglet – il faut d’abord accepter un truc un peu désagréable : l’outil ne fait rien si tu ne sais pas exactement quoi lui demander. C’est Ludovic Salin, entrepreneur et créateur de contenu spécialisé en IA depuis 2018, qui l’a dit le plus clairement dans cet épisode du Podcast du Marketing. Et franchement, il a raison d’une manière qui dérange un peu.

Estelle Ballot, qui anime le podcast depuis des années, raconte en intro comment elle a détesté ChatGPT la première fois. Un outil présomptueux, avec son petit sourire narquois, qui te raconte des foutaises avec un aplomb dingue. Et puis elle est revenue. On est tous passés par là – ou presque.

Mais ce qui est intéressant dans cet épisode, c’est pas le storytelling d’une conversion à l’IA. C’est la mécanique concrète que Ludovic déroule : pourquoi ça marche, pourquoi ça hallucine, et où ça peut vraiment coincer pour un professionnel qui veut s’en servir sérieusement.

ChatGPT et GPT-4 : deux choses que tout le monde confond

Commençons par le malentendu de base. ChatGPT, c’est un chatbot. GPT-3, GPT-4, c’est le moteur en dessous. Deux choses bien distinctes, même si on les mélange constamment – y compris dans les médias spécialisés (ce qui est rare dans le secteur, mais là c’est quasi systématique).

Ludovic Salin l’explique simplement :

« Chat GPT, ça va être un chatbot que vous allez pouvoir retrouver sur votre navigateur et ce chatbot va vous permettre de faire tout et n’importe quoi. Ce chatbot tourne sous deux modèles de langage aujourd’hui. Il y a GPT 3.5 pour être précis et la version GPT 4. »

Dit comme ça, c’est limpide. Et ça change tout à la manière dont tu évalues l’outil.

La différence entre GPT-3.5 et GPT-4 ? Principalement une question de volume de données d’entraînement et de raisonnement. GPT-4 a été entraîné sur des données jusqu’à l’été 2022 – contre septembre 2021 pour GPT-3. Pas révolutionnaire en termes de dates, mais la qualité du raisonnement est nettement supérieure. Ludovic parle de 500 fois plus de données, même s’il reconnaît ne plus avoir le chiffre exact.

Et l’abonnement à 20 dollars par mois (soit environ 18,80 euros au taux de change) ? Il donne accès à GPT-4, à la connexion internet via le web browsing, et aux plugins – des extensions qui permettent d’aller chercher des infos en temps réel, de synthétiser des vidéos YouTube, de travailler le référencement, ou même, selon Ludovic, de faire ses courses. La version gratuite reste sur GPT-3.5, qui est « déjà OK pour à peu près tout ce qu’on veut faire », nuance-t-il. Mais la différence se sent dès qu’on pousse un peu.

Le vrai problème quand on veut utiliser chatgpt

La plupart des gens qui essaient ChatGPT et concluent que c’est nul ont fait la même erreur. Pas la bonne question.

Ludovic est direct là-dessus :

« Si aujourd’hui vous allez sur chat GPT et vous lui dites faites-moi un article de blog sur l’intelligence artificielle, il va le faire mais ce sera mauvais. Il y a une manière de s’exprimer. Il y a des étapes à suivre pour créer ce qu’on appelle un prompt. »

Un prompt, en gros, c’est la manière dont tu formules ta demande. Et là, il y a une vraie discipline – pas une astuce, une discipline. Ludovic dit que ses prompts font parfois 15 à 20 lignes. Il les partage sur YouTube, et quand tu les lis, tu comprends pourquoi les résultats sont différents.

Estelle fait une comparaison que je trouve plutôt juste : un bon prompt ressemble à un brief. Contexte, objectif, contraintes, livrables attendus. Ludovic est d’accord, et il va plus loin : l’IA peut même t’aider à construire le brief, si tu lui demandes d’abord quelles caractéristiques doit avoir le résultat. Donc même sans expertise dans un domaine, tu peux te débrouiller – avec une étape de plus.

Mais – et c’est le mais qui change tout – si tu n’as aucune base, tu ne sauras pas évaluer ce qu’il te sort. Et là, c’est dangereux. Construire une stratégie digitale solide demande de comprendre les fondamentaux avant de déléguer à un outil, quel qu’il soit.

Quand l’algorithme invente des réponses avec un aplomb parfait

L’anecdote d’Estelle sur Patrice Barbesier est probablement la partie la plus instructive de tout l’épisode. Elle demande à ChatGPT (GPT-3 à l’époque) de résumer un épisode de podcast à partir d’une URL. L’outil sort un résumé. Professionnel, bien structuré, qui mentionne le bon prénom, le bon sujet. Et qui invente absolument tout le contenu.

Ce n’est pas un bug. C’est le fonctionnement normal du modèle.

« Chat GPT va via un calcul de probabilité essayer de déterminer le mot le plus probable les uns après les autres en fait pour te faire une phrase. Donc des fois c’est possible que la réponse ne soit pas parfaite ou ne soit pas parfaitement exacte. »

C’est exactement le problème. GPT-3 n’est pas connecté à internet. Il a pris l’URL, extrait des mots, croisé avec ce qu’il avait en mémoire sur Patrice Barbesier et sur le marketing sans budget, et a prédit la suite la plus probable. Cohérente. Fausse.

Avec GPT-4 et les plugins – notamment Vox Script pour les vidéos YouTube – l’outil peut maintenant vraiment aller lire le contenu d’une page ou d’une vidéo et en faire une vraie synthèse. Mais il faut activer cette fonctionnalité, savoir qu’elle existe, et comprendre pourquoi elle change les résultats. D’ailleurs, l’épisode de Patrice sur la stratégie marketing avec zéro budget illustre exactement ce risque : un contenu riche, des enseignements précis, et un outil qui peut tout inventer si mal utilisé.

Ludovic nuance quand même : il ne revérifie plus systématiquement ce que sort ChatGPT. Parce que ses prompts sont construits de manière à cadrer la réponse en amont. Ce qui revient à dire que la qualité du résultat dépend à 80% de la qualité de la question.

utiliser chatgpt comme un salarié – pas comme un moteur de recherche

Ce changement de posture est central. Ludovic l’articule clairement : ChatGPT, c’est un assistant. Un salarié qui travaille 24h/24, 7 jours/7, que tu briefes sur ses tâches.

Et comme avec un salarié ou un prestataire, il faut être capable d’évaluer ce qu’il te livre. Estelle fait le parallèle avec un consultant SEO :

« Tu as pas besoin d’être l’expert du SEO pour travailler avec un prestataire du SEO. En revanche effectivement, si tu sais pas ce que c’est que le SEO, si tu as pas un petit peu bidouillé, un peu testé pour comprendre ce que peut faire quelqu’un ou ce que ne peut pas faire quelqu’un, ça va être compliqué de discuter avec lui. »

Voilà. C’est exactement ça.

Ce qui m’agace dans pas mal de discours sur l’IA, c’est l’idée que ChatGPT va remplacer l’expertise. Ludovic répond directement à ça, parce que des gens lui posent la question sur YouTube : pourquoi se former au copywriting si l’IA peut le faire ? Sa réponse : parce que sans base, tu ne peux pas driver l’outil. Et tu ne peux pas détecter quand il raconte n’importe quoi. La formation reste nécessaire – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt, c’est que l’IA amplifie l’expertise, elle ne la remplace pas. L’infobésité et la surcharge d’outils est justement un risque quand on adopte ChatGPT sans cadre clair.

Pour utiliser chatgpt efficacement sur du contenu marketing – articles, emails, scripts, livres blancs – il faut positionner l’IA comme un expert du domaine. Lui demander de se comporter comme un spécialiste en rédaction web et SEO, lui donner les caractéristiques précises du livrable, et lui indiquer le contexte. Pas juste « fais-moi un article sur X ».

Les plugins, le web browsing et GPT-5 : où on va

L’abonnement premium ouvre des fonctionnalités que la plupart des gens n’utilisent pas. Les plugins d’abord – il y en a pour à peu près tout : recherche en temps réel, référencement, synthèse de vidéos, automatisations. Ludovic mentionne Vox Script comme particulièrement utile pour extraire et synthétiser des transcriptions vidéo.

Le web browsing ensuite – la connexion directe à internet qui change fondamentalement la fiabilité des réponses sur des sujets récents. C’est ce qui fait la différence entre GPT-3 qui invente et GPT-4 qui peut vérifier.

Et GPT-5 arrive. Ludovic estimait en juin 2023 que l’entraînement serait terminé fin 2023 et que le modèle pourrait sortir avant l’été 2024. (On verra si la prédiction tient – mais la direction est claire.) La question sous-jacente que soulève l’épisode est plus lourde : est-ce que GPT-5 sera ce qu’on appelle l’intelligence artificielle générale – une IA plus intelligente que l’intégralité des humains réunis, capable de tout faire dans tous les domaines ?

Elon Musk et d’autres ont mis en garde contre l’accélération : sans temps d’adaptation, les répercussions sur le marché de l’emploi et l’équilibre géopolitique pourraient être massives. Ce n’est plus tout à fait de la science-fiction. Et la remarque de Ludovic sur « les gens qui s’y connaissent qui ont peur » – contrairement aux autres menaces technologiques où ce sont souvent les néophytes qui paniquent – est une des formulations les plus troublantes de tout l’épisode.

Bref. On n’a pas les réponses. Personne ne les a vraiment.

Ce que ça change concrètement pour utiliser chatgpt dans son travail

Trois données à garder en tête pour structurer son approche :

  • GPT-3.5 est gratuit et déjà fonctionnel pour la majorité des usages courants – création de contenu, emails, scripts, code simple.

GPT-4 à 20 dollars par mois (environ 18,80 euros) donne accès au web browsing et aux plugins, ce qui change la donne sur la fiabilité des réponses et les usages avancés. Et les prompts de 15-20 lignes ne sont pas de la sur-ingénierie – c’est simplement la condition pour avoir des résultats exploitables sans passer derrière à tout vérifier.

Pour utiliser chatgpt sur de la création de contenu marketing – le cas d’usage le plus répandu selon Ludovic – le taux d’adoption professionnel se concentre sur les articles de blog, les posts réseaux sociaux, les emails de prospection et de newsletter, les livres blancs, et le développement d’applications légères. Les tendances marketing de 2023 montraient déjà que l’IA allait s’imposer comme outil de production de contenu – cet épisode confirme que le sujet est désormais opérationnel, pas juste prospectif.

La limite réelle – et Ludovic est honnête là-dessus – c’est que utiliser chatgpt sans garde-fou reste risqué. Le modèle est probabiliste. Il peut être faux avec une confiance totale. La règle du libre arbitre s’applique : ce n’est pas parce que c’est bien écrit que c’est vrai. Ce n’est pas parce que c’est structuré que c’est juste. Et ce n’est pas parce que l’outil existe que ton expertise devient obsolète – au contraire.

Pour les indépendants qui se demandent comment intégrer ces outils dans leur pratique, construire sa stratégie digitale reste une étape préalable à l’adoption de n’importe quel outil d’IA. ChatGPT ne remplace pas la clarté stratégique – il peut juste l’accélérer si elle existe déjà.

Et utiliser chatgpt pour faire quoi exactement, avec quel niveau d’autonomie, dans quelle partie de son business – ça, c’est une décision qui appartient encore entièrement à l’humain. Pour combien de temps ?

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre ChatGPT et GPT-4 ? +
ChatGPT est le chatbot accessible depuis votre navigateur. GPT-3.5 et GPT-4 sont les modèles de langage qui font tourner ce chatbot. La version gratuite utilise GPT-3.5, suffisante pour beaucoup d'usages. L'abonnement à 20 dollars par mois donne accès à GPT-4, plus performant en raisonnement, entraîné sur des données plus récentes, et connecté à internet via le web browsing.
Comment utiliser chatgpt pour créer du contenu marketing ? +
Il faut construire un prompt détaillé : indiquer à ChatGPT qu'il doit se comporter comme un expert du domaine concerné, préciser les caractéristiques attendues du livrable, le contexte, la cible et les contraintes. Les prompts efficaces font souvent 15 à 20 lignes. Un prompt court donne un résultat générique - c'est la règle de base.
utiliser chatgpt est-il fiable pour des informations factuelles ? +
Pas systématiquement, non. ChatGPT fonctionne par prédiction probabiliste : il génère le mot le plus probable à la suite du précédent. Il peut donc produire des réponses structurées, confiantes et factuellement fausses. GPT-4 avec connexion internet réduit ce risque, mais le libre arbitre reste indispensable. La règle : ne pas prendre pour argent comptant ce qui n'a pas été vérifié.
Faut-il payer l'abonnement ChatGPT Plus pour un usage professionnel ? +
GPT-3.5 gratuit couvre déjà la majorité des usages courants. L'abonnement à environ 18-20 euros par mois vaut le coup si vous avez besoin des plugins, du web browsing en temps réel ou d'un raisonnement plus poussé sur des sujets complexes. Ludovic Salin compare ça à Netflix : si vous avez l'un, vous devriez avoir l'autre.
Qu'est-ce qu'un prompt et comment le rédiger efficacement ? +
Un prompt, c'est la manière dont vous formulez votre demande à ChatGPT. Pour utiliser chatgpt efficacement, un bon prompt inclut : le rôle à jouer pour l'IA (expert SEO, rédacteur web...), l'objectif précis, les caractéristiques du livrable, le contexte et les contraintes. C'est structurellement proche d'un brief marketing bien construit.
ChatGPT peut-il remplacer l'expertise humaine en marketing ? +
Non - et c'est un point sur lequel Ludovic Salin insiste. Sans base de connaissances dans un domaine, vous ne pouvez ni driver l'outil correctement, ni évaluer la qualité de ce qu'il produit. ChatGPT amplifie l'expertise existante, il ne la substitue pas.

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