taux d'ouverture email

Emailing, comment optimiser ses résultats – Episode 41

Épisode diffusé le 4 septembre 2020 par Estelle Ballot

Écouter l'épisode :

0:00 --:--
Vitesse

Le taux d’ouverture email – voilà le chiffre que tout le monde regarde en premier et que presque personne ne sait vraiment lire. Estelle Ballot, fondatrice du Podcast du Marketing et ex-responsable du site e-commerce Pro de Microsoft, en a fait le cœur de son épisode 41. Pas un épisode théorique. Un retour d’expérience où elle raconte comment un bug technique a fait bondir ses résultats de 5 points sans qu’elle n’ait rien planifié. Et c’est exactement là que la leçon commence.

L’emailing, on en parle depuis vingt ans comme si c’était une évidence. Et pourtant, la majorité des entrepreneurs qui envoient des campagnes naviguent à vue. Ils ont une liste, ils envoient, ils regardent vaguement si ça monte ou si ça descend. Mais suivre les bons indicateurs – vraiment les suivre, pas juste les cocher – c’est une autre histoire. Estelle identifie cinq métriques précises. Cinq. Pas quinze. Et pour chacune, elle explique comment la bouger dans le bon sens.

Ce qui m’a intéressé dans cette approche, c’est qu’elle ne vend pas de framework magique. Elle dit juste : tester, se tromper, recommencer. C’est presque trop simple pour être vrai. Et pourtant, c’est probablement la seule chose qui sépare les campagnes qui ronronnent de celles qui déclenchent des ventes.

Pourquoi l’email reste le média qui fait mal à tous les autres

Cinq raisons. Estelle les donne vite, sans s’appesantir. Mais certaines méritent qu’on s’y arrête.

La première : l’email convertit mieux que n’importe quel autre canal. Les gens cliquent. Pas parce qu’ils y sont forcés, mais parce qu’ils ont choisi d’être là. C’est fondamentalement différent d’une pub Facebook qui s’incruste dans un feed. Et la deuxième raison qui suit directement : quand on demande aux gens comment ils préfèrent être contactés par une marque, la majorité répond par email. (Ce qui est étrange à entendre à l’ère des stories Instagram, mais les données confirment ça depuis des années.)

Troisième raison, la plus sous-estimée : c’est gratuit. Dès qu’une personne vous confie son adresse, vous pouvez la recontacter aussi souvent que vous le souhaitez – dans la limite de ce que le RGPD autorise et de ce que votre audience tolère. Le coût de votre outil d’envoi mis à part, chaque email envoyé ne vous coûte rien. Comparez ça à une campagne Google Ads ou Meta et la différence devient assez brutale.

Et puis il y a la dimension intime. Un email arrive directement dans une boîte personnelle. Pas dans un fil d’actualité partagé avec des milliers d’autres contenus. C’est un message adressé, potentiellement personnalisé avec le prénom, la date d’anniversaire, le dernier achat. Cette personnalisation, c’est ce qui fait qu’un bon email ressemble à une conversation – pas à une affiche publicitaire.

Pour aller plus loin sur les fondamentaux de cette stratégie, l’épisode dédié aux 7 raisons de prioriser l’email marketing creuse exactement ce terrain-là.

Les 5 métriques – et celle que tout le monde surveille à tort

Voilà la liste qu’Estelle donne : nombre de nouveaux abonnés, taux d’ouverture email, taux de clic, taux de conversion, et engagement des abonnés. Cinq métriques. Pas le taux de désabonnement – et c’est là que ça devient intéressant.

Beaucoup de gens vous diront de suivre le taux de désabonnement. Moi je pense que ça n’a pas grand intérêt et qu’il vaut mieux regarder l’activité de ses abonnés.

Je suis d’accord. Le taux de désinscription est un indicateur de douleur, pas un indicateur de pilotage. Quand les gens partent, le mal est fait. Ce qui compte, c’est de repérer avant – ceux qui restent mais ne lisent plus rien.

Et sur la question des benchmarks – parce que tout le monde finit par la poser – Estelle donne des chiffres précis. Taux d’ouverture moyen global : 18 %. Dans le marketing, on monte à 20 %. Les associations font 25 %. Le retail s’en sort avec 14 %. Mais elle insiste : ces moyennes n’ont de valeur que comme repère de départ. Ce qui compte vraiment, c’est votre propre trajectoire dans le temps.

Si vous devez vous comparer à quelqu’un, c’est à vous-même que vous devez vous comparer. Tous les marchés sont différents, tous les produits sont différents. En revanche, ce qui est intéressant, c’est de regarder la tendance.

Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais la plupart des gens passent des heures à chercher des benchmarks par secteur au lieu de regarder leur propre courbe sur six mois.

Faire grimper sa liste – sans tomber dans les mauvais raccourcis

Le nombre d’abonnés – toujours en net, c’est-à-dire nouveaux inscrits moins désinscrits – c’est la première métrique à piloter. Et pour le faire bouger, Estelle propose trois angles.

Le premier, le plus évident et le plus négligé : proposer activement l’inscription. Pas juste mettre un formulaire en bas de page. Vraiment présenter la newsletter comme un service qui répond à un besoin précis. Rester informé des évolutions d’un marché. Apprendre quelque chose de concret chaque semaine. Le cadrage change tout.

Le deuxième angle : le lead magnet. Un document utile en échange d’une adresse email. Estelle utilise cette technique elle-même et précise une nuance importante par rapport au RGPD : si vous promettez un guide de recettes pour récupérer l’adresse, vous ne pouvez pas ensuite envoyer des promos sur des voitures. La logique doit tenir. (Et franchement, les gens le sentent quand c’est un prétexte – ils se désinscrivent dans les 48 heures.) Pour creuser les meilleures approches sur ce sujet, l’article sur les secrets d’un bon lead magnet va plus loin que la théorie.

Le troisième levier : offrir une réduction à l’inscription. Un grand classique dans le e-commerce. Cinq euros sur la première commande pour les abonnés. Ça marche. Ce n’est pas subtil, mais ça marche. La question c’est ce que vous faites de ces abonnés ensuite – parce qu’une liste recrutée par la promo est souvent une liste qui n’ouvre que quand il y a une promo.

Le taux d’ouverture email : où ça se joue vraiment

Le taux d’ouverture email dépend d’une poignée d’éléments que la plupart des gens ne testent jamais vraiment. Estelle en cite quatre : le titre, la longueur du titre, la personnalisation, et le timing d’envoi.

Sur le titre – c’est logique mais ça ne va pas de soi dans la pratique. Un contenu brillant dans un email avec un objet raté, c’est un arbre qui tombe dans une forêt sans personne pour l’entendre. Personne ne le lira jamais. Les styles à tester : le questionnement (comment maximiser vos emails ?), l’infinitif (maximiser vos emails), le ton promotionnel (5 stratégies essentielles), ou ce qu’Estelle appelle le « style bureau » – juste « stratégies email », neutre, presque interne.

La longueur : faire court. Basique mais systématiquement ignoré. Sur mobile, les caractères sont encore plus limités. Un objet tronqué à mi-chemin, c’est une accroche ratée.

La personnalisation : intégrer le prénom du destinataire dans l’objet. À utiliser avec parcimonie – ça peut faire très « arnaque nigériane » si c’est mal calibré. Mais ça peut aussi augmenter significativement le taux d’ouverture email sur certaines audiences.

Et puis le timing. C’est là qu’Estelle sort l’anecdote la plus utile de tout l’épisode.

Quand je gérais le site e-commerce Pro de Microsoft, on envoyait bien sûr régulièrement des emails à notre mailing list. On était partis dès le départ sur le principe qu’il fallait qu’on soit dans la boîte mail de notre audience au petit matin. Et puis un jour, on a eu un problème technique – impossible d’envoyer notre email avant 10h ou 11h. L’email est parti en fin de matinée. Et notre taux d’ouverture, il a gagné plusieurs points.

L’explication probable : un email qui arrive quand vous êtes déjà au bureau, noyé dans dix autres messages du matin, attire moins l’attention qu’un email qui arrive en cours de journée avec une notification. Estelle dit qu’elle coupe les notifications. Mais la majorité des gens ne le font pas. Et c’est pour ces gens-là qu’on écrit.

Ce genre de découverte accidentelle est souvent plus précieuse que six mois de planification. Et c’est exactement pourquoi le test prime sur la conviction.

L’erratum qui a tout changé – et ce qu’on en fait vraiment

L’anecdote la plus contre-intuitive de l’épisode : Estelle a envoyé un email avec un lien cassé. Des auditeurs la préviennent. Elle corrige et renvoie – avec la mention [erratum] au début de l’objet. Résultat : un taux d’ouverture email supérieur de près de 5 points à son taux habituel.

Elle précise bien qu’elle ne conseille pas de faire exprès des erreurs. Ça marche une fois. Clairement pas deux – les gens ne sont pas dupes, et une liste qui se sent manipulée devient froide très vite. Mais la leçon réelle, c’est qu’un élément visuel inhabituel dans l’objet – un crochet, une mention inattendue – peut faire sortir votre email d’un inbox surchargé.

Ce n’est pas une technique. C’est une observation. Et c’est la différence entre quelqu’un qui a vraiment regardé ses données et quelqu’un qui répète des best practices lues sur un blog.

Le nom de l’expéditeur joue aussi sur le taux d’ouverture email. Estelle envoie ses mails sous « Estelle Ballot (le podcast du marketing) ». Son raisonnement : le prénom humanise, le nom du podcast contextualise. Parce que si vous avez une belle marque personnelle, votre prénom peut suffire. Mais si les gens ne font pas encore le lien entre vous et ce que vous faites, il faut préciser. (Et si vous pensez que votre nom suffit à créer cette association immédiatement, vous surestimez probablement votre notoriété – ce qui arrive souvent, sans que ce soit une critique.)

Pour aller plus loin sur la rédaction d’emails qui créent vraiment une relation, l’épisode sur la méthode de Nina Ramen pour rédiger une newsletter apporte des angles très différents – et complémentaires.

Ce que cet épisode ne dit pas encore – et c’est assumé

Estelle s’arrête après deux métriques sur cinq. Volontairement. Le taux de clic, le taux de conversion, et l’engagement des abonnés – ce dernier ayant un impact direct sur la délivrabilité des emails – seront dans l’épisode suivant.

C’est une vraie limite de cet épisode, et elle la dit clairement. Mais c’est aussi ce qui m’a semblé le plus honnête : plutôt que de survoler cinq sujets en dix-neuf minutes, elle creuse vraiment les deux premiers. Le taux d’ouverture email et la croissance de liste méritent ce traitement – ce sont les fondations. Sans ça, les métriques suivantes ne servent à rien.

Ce qu’on retient vraiment – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand j’ai commencé à m’intéresser à l’emailing sérieusement – c’est que les résultats ne viennent pas d’une stratégie parfaite. Ils viennent d’un système de test permanent, documenté, et appliqué avec régularité. Pas glamour. Mais c’est ça.

Estelle le dit à sa façon :

Il faut tester les choses pour comprendre ce qui marche et ce qui marche moins bien, et puis ensuite il faut focaliser son énergie sur ce qui marche. C’est tout simple.

Voilà. Et c’est précisément ce « tout simple » qui coûte cher à ignorer. Pour ceux qui veulent creuser la mécanique complète de conversion une fois l’email ouvert, l’article sur les 4 étapes d’un tunnel de vente qui convertit prend le relais là où cet épisode s’arrête. Et si la question de l’email automation pour se rapprocher de ses clients vous intéresse, c’est aussi un angle complémentaire à ne pas négliger.

Le taux d’ouverture email n’est pas une fin en soi. C’est une porte. Ce qui compte, c’est ce qui se passe après le clic – mais encore faut-il que la porte s’ouvre.

Questions fréquentes

Quel est un bon taux d'ouverture email en France ? +
La moyenne globale tourne autour de 18 %. Dans le secteur du marketing, on monte à 20 %. Les associations atteignent 25 %, le retail descend à 14 %. Mais ces chiffres ne valent que comme point de repère. Ce qui compte vraiment, c'est votre propre progression dans le temps - pas la comparaison avec un secteur dont les audiences, les offres et les habitudes d'envoi sont radicalement différentes des vôtres.
Comment améliorer son taux d'ouverture email rapidement ? +
Trois leviers principaux à tester : l'objet de l'email (style, longueur, personnalisation avec le prénom), le nom de l'expéditeur (prénom seul, marque seule, ou les deux), et le timing d'envoi (jour et heure). L'idée reçue sur l'envoi tôt le matin ne tient pas toujours - un email qui arrive en cours de journée avec une notification peut générer plus d'ouvertures qu'un email déjà présent dans la boîte au réveil.
Faut-il surveiller le taux de désabonnement en emailing ? +
Non, ou du moins pas en priorité. Quand les gens se désinscrivent, c'est souvent trop tard pour agir. Ce qui est bien plus utile, c'est de surveiller l'engagement actif de vos abonnés - ceux qui ouvrent, qui cliquent, qui interagissent. Un abonné inactif depuis six mois est un problème avant même qu'il appuie sur 'se désinscrire', notamment parce qu'il nuit à la délivrabilité de vos campagnes.
Comment faire grossir sa mailing list sans acheter des contacts ? +
Trois approches solides : proposer activement l'inscription en présentant votre newsletter comme un service qui répond à un besoin précis, utiliser un lead magnet pertinent (guide, checklist, template) que vous envoyez en échange de l'adresse email, ou offrir une promotion à l'inscription si vous êtes dans le e-commerce. Attention avec cette dernière option - une liste recrutée uniquement par la remise a tendance à n'ouvrir vos emails que quand il y a une promo.
Le taux d'ouverture email est-il fiable comme indicateur ? +
De moins en moins, à vrai dire. Depuis iOS 15 d'Apple, la fonctionnalité Mail Privacy Protection précharge les pixels de tracking, ce qui gonfle artificiellement les taux d'ouverture pour les utilisateurs d'Apple Mail. Cela ne signifie pas qu'il faut ignorer cet indicateur - il reste utile pour détecter des tendances et comparer vos propres campagnes entre elles. Mais le croiser avec le taux de clic et l'engagement réel devient encore plus important.
Quelles sont les 5 métriques essentielles à suivre en emailing ? +
Selon Estelle Ballot du Podcast du Marketing : le nombre de nouveaux abonnés (en net), le taux d'ouverture email, le taux de clic, le taux de conversion, et l'engagement des abonnés. Ce dernier indicateur a un impact direct sur la délivrabilité - les plateformes comme Gmail tiennent compte de l'activité de vos destinataires pour décider si vos emails atterrissent en boîte principale ou en spam.

Épisodes similaires

  • Copywriting & Vente