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SEO, passer la seconde avec Guillaume Giraudet Bacchiolelli – Episode 134

Épisode diffusé le 14 juillet 2022 par Estelle Ballot

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Une stratégie seo avancée, ça commence par une question que presque personne ne se pose : qu’est-ce que Google attend de toi, concrètement, avant même que tu écrives une seule ligne ? Guillaume Giraudet Bacchiolelli – fondateur de la 209 Agency, animateur d’une room SEO hebdomadaire sur Clubhouse avec Caroline Mignaux et Fabien Ferreira – a développé une réponse à ça. Et elle est moins évidente qu’on pourrait le croire.

La plupart des gens partent de leur intuition. Ils créent des pages « sur ce qu’ils pensent être bon », comme le dit Guillaume. Résultat : des articles qui ne rankent pas, des pages fantômes que Google a vues mais décidé d’ignorer, et une Google Search Console que personne ne regarde parce que « c’est pas forcément mon truc ». C’est exactement là que les sites perdent des positions pendant que leurs concurrents avancent.

Dans ce deuxième épisode du Podcast du Marketing – la suite directe de l’épisode sur les bases du SEO – Guillaume déroule une série de mécaniques concrètes. Pas de la théorie. Des gestes, des outils, des erreurs à éviter. Ce qui m’a frappé, c’est que les techniques les plus efficaces qu’il décrit sont aussi les plus sous-estimées – et souvent gratuites.

Voilà ce que ça donne quand on creuse.

Ce que Google te dit avant même que tu écrives

Taper un mot-clé dans Google et regarder les résultats. Ça paraît basique. Mais la façon dont Guillaume l’explique change complètement ce geste routinier.

Il prend un exemple : « installer des volets roulants ». Quand on tape ça, le premier résultat qui apparaît dans les SERP, c’est une vidéo. Pas un article. Pas un guide PDF. Une vidéo – d’une marque connue, en plus. Et les moteurs verticaux affichés en haut de page (après « Tous ») ? « Vidéo » arrive avant « Images ».

« Si je veux créer un contenu et une page sur comment installer des volets roulants, et ben là en fait, il va falloir que je fasse une vidéo. Il va falloir que je fasse un tuto sur cette partie vidéo. Si c’était images qui apparaissaient, ça me fait comprendre qu’il faut que j’en fasse un diaporama. »

Dit comme ça, c’est d’une logique implacable – et pourtant, combien de sites créent du texte pour des requêtes qui appellent clairement de la vidéo ?

L’autre signal que Guillaume pointe, c’est l’auto-complétion. Quand tu commences à taper « comment installer » dans Google, les suggestions qui apparaissent en dessous ne sont pas aléatoires. Elles sont classées par volume de recherche. Le premier résultat suggéré est le plus recherché. Si « volet battant » apparaît avant « volet roulant », ça veut dire qu’il y a plus de demande sur les battants. Tu as ta priorité éditoriale – sans avoir payé un outil tiers.

Et tout en bas de page, les « recherches associées » racontent l’histoire de la navigation réelle des internautes. Google les affiche parce qu’il a observé que des gens ont tapé une requête, n’ont pas trouvé ce qu’ils cherchaient, et ont affiné. Ces termes-là, c’est de l’or. Pas du keyword research sophistiqué – de l’observation brute de comportements réels.

La position zéro : 20 à 25 % de taux de clic, mais avec un piège

La position zéro dans une stratégie seo avancée, c’est le Graal – enfin, c’est ce qu’on dit. Guillaume nuance.

D’abord, le chiffre : d’après une étude qu’il cite, la position zéro génère entre 20 et 25 % de taux de clic. La première position classique tourne autour de 16 %. Donc oui, être en position zéro, c’est objectivement mieux en termes de clics. Mais il y a une condition que beaucoup oublient.

« À l’époque c’était le parce que je sais pas si tu te souviens de ça mais la position était doublée. Donc c’est-à-dire que tu avais une position zéro et le numéro 2, c’était ton résultat aussi. Alors là c’était génial. Et Google s’est dit un jour tiens j’ai peut-être fait un petit petite erreur. »

Voilà. Aujourd’hui, si tu es en position zéro, tu disparais du top 10. Ton lien est unique dans la page – pas en double. Ce qui change la donne si ta page convertit peu en position zéro mais aurait mieux performé en position 3 avec plus de contexte visible.

Mais il y a aussi la question de l’intention. Pour une requête informationnelle – « comment poser un volet roulant » – l’extrait en position zéro ne suffit jamais vraiment. L’internaute a une douleur concrète, il veut un tuto complet, une vidéo, des étapes détaillées. Il cliquera. Par contre, pour « météo Paris » ou « salaire David Beckham », la réponse est dans la position zéro et l’internaute n’a aucune raison d’aller plus loin. Là, c’est effectivement préjudiciable. Guillaume l’assume sans détour – et c’est une des rares fois où j’entends un consultant SEO reconnaître clairement qu’une « bonne » position peut en réalité plomber ton business.

Pour une stratégie de référencement solide, l’absence de position zéro sur une requête peut même être un signal : la formulation n’est peut-être pas la bonne.

Also Asked et l’auto-complétion : trouver des idées de contenu sans se fatiguer

Trois outils. Guillaume les cite dans l’épisode avec un fou-rire sur la prononciation anglaise : Answer Socrates, Answer The Public, Also Asked. Le principe est le même pour les trois : ils aspirent les questions que Google remonte dans les blocs « aussi demandé » (les petites boxes qui s’ouvrent dans les SERP) et les organisent en arbre thématique.

Ce qui est puissant dans ce mécanisme, c’est la dynamique d’expansion. Chaque fois qu’on ouvre une box, deux ou trois nouvelles questions apparaissent. La mine d’or s’agrandit à chaque clic.

« Les questions dans l’ordre exact dans lequel elles ont posé sont celles qui sont de la plus pertinente à la moins pertinente mais surtout sont celles qui sont posées par les internautes. Et là, une fois que tu utilises ça, tu as quand même quelque chose qui est très très solide sur ton site. »

C’est exactement le problème que ça résout. La plupart des créateurs de contenu écrivent pour eux-mêmes – ou pour ce qu’ils imaginent que leur audience cherche. Là, tu as les vraies questions, dans l’ordre de pertinence réelle, organisées par Google lui-même à partir de milliards de requêtes.

Et la version gratuite existe. Elle s’appelle juste « aussi demandé » dans les résultats de recherche Google. Aucune inscription, aucun abonnement. Ces outils tiers se basent dessus de toute façon – ils automatisent juste ce que tu peux faire à la main.

C’est aussi utile pour une approche SEO concrète sur le long terme : construire un écosystème de contenus autour d’un thème principal, avec des articles satellites sur chaque variante de question. Le genre de structure qui prend du temps mais qui résiste bien aux mises à jour d’algorithme.

Google Search Console : la partie que tout le monde ignore

Estelle Ballot l’a dit dans l’épisode, avec une honnêteté qu’on rencontre rarement : elle connaît la Google Search Console mais elle n’y va jamais. Je suis prêt à parier que c’est le cas de 80 % des créateurs de contenu qui « font du SEO ».

Guillaume commence par les bases : la Search Console n’est pas rétroactive. Elle ne récupère pas l’historique avant le jour d’installation. Donc si tu l’installes aujourd’hui, tu as tes données à partir d’aujourd’hui. Pas d’il y a deux ans. Ce détail – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise dès le départ – change la façon dont on pense à l’outil : c’est un investissement temps, pas une machine à remonter le passé.

Sur ce qu’il faut vraiment regarder dans l’outil, Guillaume va droit au but. La section « Couverture » – et plus précisément l’onglet « Exclu ». Ce sont les URL que Google a détectées sur ton site mais qu’il n’a pas indexées. Et là, il y a deux cas qui méritent toute ton attention.

« Détecté, non indexé » : Google sait que la page existe mais n’est même pas allé la visiter. C’est comme si on lui avait parlé d’un restaurant – il a noté l’adresse mais n’est jamais passé devant.

« Exploré, non indexé » : il est venu, il a regardé. Et il a quand même décidé de ne pas indexer. C’est là que ça devient sérieux.

« Celui-là il fait mal parce que explorer c’est qu’il est venu. Mais là par contre il c’est pas qu’il l’a détecté simplement, il l’a détecté, il est venu mais alors là il l’a pas pris en compte. Donc du coup. Là il y a un problème. Là il y a un très gros problème. »

Voilà. Quand Google passe et repart sans indexer, c’est qu’il a trouvé quelque chose qui cloche. Page trop lente, contenu trop mince, problème serveur lors de la visite. Et le pire, c’est qu’il peut ne jamais revenir si la première impression était mauvaise.

Sur la structure de pages et le référencement, ce point de couverture dans la Search Console est souvent ce qui révèle les problèmes d’architecture les plus coûteux.

Pages orphelines et duplicate content : les deux erreurs qui plombent en silence

Une stratégie seo avancée, c’est aussi savoir ce qui détruit ce qu’on a construit. Les pages orphelines, c’est le cas classique.

Tu as un article A qui pointe vers un article B. Tu supprimes l’article A pour X raison. L’article B existe toujours sur le site – mais plus aucun lien interne ne pointe vers lui. Google le connaît encore, dans sa mémoire. Mais il ne le trouve plus dans l’arborescence. Et progressivement, il l’oublie.

Guillaume a une image que j’aime bien : le trousseau de clés. Toutes les clés accrochées ensemble, c’est ton maillage interne. Une clé qui traîne à part, sans être reliée aux autres – tu sais plus à quoi elle correspond, et tu risques de la perdre. C’est exactement le statut d’une page orpheline dans l’index Google.

Le duplicate content, c’est l’autre piège – et Guillaume l’aborde avec une nuance importante. Si une page n’est pas indexée et que tu recrées la même URL avec le même contenu pour contourner un problème inexpliqué, tu n’es pas en duplicate : Google ne connaissait pas la première version. Mais si par hasard, un mois plus tard, il indexe l’ancienne URL – là tu te retrouves avec du DUST (Duplicate URL Same Text). Et ça, c’est dangereux.

« Quand on a recréé l’URL, il faut absolument supprimer l’ancienne. »

Simple. Non négociable. Et pourtant c’est exactement le genre de chose qu’on oublie de faire sous prétexte qu’on ne sait pas si Google va retrouver l’ancienne page. Il peut. Et il le fait parfois des semaines après.

C’est ce genre de mécanique – invisible pendant des mois, puis brutalement pénalisante – qui distingue une stratégie seo avancée d’une accumulation de contenus sans cohérence. Pour aller plus loin sur les erreurs qui coûtent cher en SEO, l’épisode avec Laurent Bourrelly sur le SEO freelance est un bon complément – il parle d’une autre facette du problème.

Demander une indexation à Google : le geste qu’on sous-utilise

La fonctionnalité « URL à explorer » dans la Search Console – c’est là que Guillaume conclut sa partie technique. Et c’est probablement la moins utilisée de toutes.

Le principe : tu colles une URL dans le champ, la Search Console te dit si elle est indexée ou non. Si elle ne l’est pas, un bouton « Demander une indexation » apparaît. Tu cliques. Google reçoit un signal – Guillaume appelle ça « toquer à sa porte ». Et parfois, ça suffit.

Guillaume raconte avoir fait un live LinkedIn où, en moins d’une heure, une page non indexée est passée dans l’index après cette demande. Ce n’est pas garanti – Google peut décider de laisser la page en « exclu » quand même – mais c’est gratuit, ça prend trente secondes, et c’est parfois spectaculairement efficace.

La récurrence de publication joue aussi un rôle ici. Estelle évoque le fait de publier tous les jeudis à la même heure pour « habituer » Google. Guillaume rectifie – le robot Googlebot ne fonctionne pas sur des horaires aussi précis. Ce qui compte, c’est la régularité dans le temps : un site qui publie régulièrement envoie un signal de crédibilité à l’algorithme, qui va augmenter la fréquence de passage du robot. Pour comprendre comment des acteurs qui ont poussé cette logique à l’extrême ont basculé vers une approche long-termiste, ça vaut le détour.

Une stratégie seo avancée, in fine, c’est ça : une somme de gestes précis, de vérifications régulières, et d’une lecture attentive des signaux que Google envoie gratuitement – et que la plupart ignorent parce qu’ils cherchent des outils compliqués là où la réponse est dans la barre de recherche. Mais bon, c’est aussi pour ça que certains sites stagnent depuis deux ans pendant que d’autres décollent avec les mêmes ressources.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la position zéro en SEO et vaut-il mieux l'avoir ? +
La position zéro correspond au bloc de réponse directe affiché par Google avant les résultats classiques. Elle génère entre 20 et 25 % de taux de clic selon les études - contre environ 16 % pour la première position classique. Mais attention : si vous êtes en position zéro, votre site n'apparaît pas ailleurs dans le top 10. Tout dépend de l'intention derrière la requête : pour une recherche informationnelle complexe (comment installer quelque chose), l'utilisateur cliquera quand même pour en savoir plus. Pour une requête simple comme la météo, la position zéro peut vous priver de tout trafic.
Comment savoir quel type de contenu Google attend pour une requête donnée ? +
Tapez votre mot-clé dans Google et observez deux choses. D'abord, regardez quel moteur vertical apparaît en premier après l'onglet 'Tous' : si c'est 'Vidéo', Google attend une vidéo ; si c'est 'Images', un contenu visuel ou un diaporama. Ensuite, regardez les premiers résultats affichés : sont-ils des vidéos, des articles, des fiches produit ? Ces signaux sont gratuits et indiquent précisément ce que l'algorithme valorise pour cette requête.
Comment fonctionne la stratégie seo avancée avec la Google Search Console pour les pages non indexées ? +
Dans la section 'Couverture' de la Search Console, l'onglet 'Exclu' liste toutes les URL que Google a détectées mais pas indexées. Il y a deux cas critiques : 'Détecté, non indexé' (Google sait que la page existe mais n'est jamais venu la visiter) et 'Exploré, non indexé' (Google est venu mais a refusé d'indexer - signe d'un problème sérieux). Pour forcer une nouvelle tentative d'indexation, utilisez l'outil 'URL à explorer' et cliquez sur 'Demander une indexation'.
Qu'est-ce qu'une page orpheline et comment ça affecte le SEO ? +
Une page orpheline est une page de votre site vers laquelle aucun lien interne ne pointe. Cela arrive souvent quand on supprime un article qui était la seule source de liens vers une autre page. Google peut encore connaître la page dans son index, mais sans lien pour y accéder depuis le reste du site, il va progressivement l'oublier et la désindexer. La solution est simple : vérifier régulièrement que toutes vos pages importantes sont reliées à d'autres pages du site.
Comment trouver des idées de contenu SEO gratuitement avec Google ? +
Deux mécanismes gratuits suffisent pour démarrer. L'auto-complétion de Google : commencez à taper votre sujet et les suggestions affichées sont classées par volume de recherche réel, du plus au moins recherché. Les 'aussi demandé' dans les résultats : ces boxes qui s'ouvrent dans les SERP contiennent les vraies questions posées par les internautes, classées par pertinence. À chaque ouverture d'une box, de nouvelles questions apparaissent - c'est une mine pour construire un plan éditorial.
Le duplicate content est-il toujours dangereux en SEO ? +
Pas systématiquement. Si une page n'est pas du tout indexée et que vous créez une nouvelle URL avec le même contenu pour contourner un bug d'indexation inexpliqué, vous n'êtes pas techniquement en duplicate (Google ne connaissait pas la première version). Mais attention : si Google indexe ensuite l'ancienne URL, vous vous retrouvez avec du DUST (Duplicate URL Same Text), ce qui est pénalisant. Dans ce cas, il faut impérativement supprimer l'ancienne URL dès que la nouvelle est indexée.

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