stratégie de pré-lancement

La stratégie du pré-lancement – Episode 35

Épisode diffusé le 11 juin 2020 par Estelle Ballot

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Une stratégie de pré-lancement, c’est la seule chose qui sépare un lancement qui cartonne d’un lancement qui tombe dans le vide. Estelle Ballot, fondatrice du Podcast du Marketing, le dit sans détour dans l’épisode 35 : la plupart des entrepreneurs pensent que le jour J est le point de départ. C’est faux. Et cette erreur coûte cher.

Le scénario, on le connaît tous. Produit prêt, stock constitué, communiqué de presse envoyé à tous les médias du secteur, campagne pub calée. Et puis… le silence. Ou presque. Parce que personne n’attendait votre arrivée. Personne ne vous connaissait. Vous avez crié dans une pièce vide.

Ce que Ballot décortique dans cet épisode, c’est précisément comment remplir cette pièce avant d’ouvrir la porte. Pas avec n’importe qui. Avec les bonnes personnes. Celles qui, le jour du lancement, n’ont plus besoin d’être convaincues parce que vous avez déjà construit une relation avec elles. Et ça, ça prend du temps – et une méthode.

Voilà ce que j’ai retenu de cette écoute. Et pourquoi la plupart des gens passent à côté de l’essentiel.

Pourquoi votre lancement est condamné sans stratégie de pré-lancement

Commençons par le problème de fond. Un lancement, c’est une annonce. Vous criez fort que vous avez quelque chose de super. Sauf que si personne ne vous écoute, vous pouvez crier autant que vous voulez.

Ballot formule ça avec une métaphore simple mais qui claque :

C’est bien beau de le crier haut et fort, c’est bien beau d’avoir une super com, mais si vous n’avez pas créé une communauté autour de vous… vous pourrez lancer, mais ça va être plus long, plus dur et plus cher.

Plus long, plus dur et plus cher. Trois mots qui résument tout ce que les entrepreneurs découvrent trop tard.

La phase de pré-lancement, c’est l’inverse de l’improvisation. C’est construire une audience qui a déjà un lien avec vous, qui vous fait confiance (même légèrement), et qui sera donc réceptive au moment où vous sortirez votre offre. Cette audience, elle ne tombera pas du ciel – il faut l’attirer, la nourrir, l’écouter. Et ce travail prend plusieurs semaines, parfois plusieurs mois.

Ce qui m’agace, c’est que ce conseil existe depuis des années dans le marketing digital, et pourtant les gens continuent de le zapper. Ils préfèrent passer du temps sur la couleur de leur bouton CTA plutôt que de construire une base email. Bref.

Pixel installé, contenu lancé : les deux premiers réflexes

Avant de publier quoi que ce soit, une première action – souvent négligée parce qu’elle est invisible et technique : installer les pixels de réseaux sociaux. Facebook, LinkedIn, selon les plateformes qui vous intéressent.

Pourquoi maintenant ? Parce que ces pixels vont tracker tout le monde qui consomme votre contenu pendant la phase de pré-lancement. Des mois de données accumulées, gratuitement. Et au moment du lancement, vous pourrez faire du retargeting sur ces personnes – celles qui ont déjà montré un intérêt pour ce que vous faites. (C’est ce qu’on appelle parfois une audience chaude, et c’est de l’or pour vos conversions publicitaires.)

Ensuite, le contenu. C’est la colonne vertébrale de toute stratégie pour attirer ses futurs clients. Blog, podcast, vidéo, réseaux sociaux – peu importe le format. Ce qui compte : la qualité et la régularité.

Sur la régularité, Ballot est honnête sur sa propre expérience :

J’avais initialement fixé un épisode par semaine. Il faut savoir qu’un épisode de ce podcast, ça me prend en cumulé environ 2 jours et demi de travail. Donc ça revenait en gros à un mi-temps. Sachant que j’ai lancé ce podcast alors que je travaillais à temps plein et que j’étais enceinte, ben le calcul a été vite fait, le rythme était impossible à tenir.

Dit comme ça, c’est évident. Et pourtant combien de créateurs de contenu se sont fixé des rythmes impossibles et ont tout arrêté au bout de six semaines ?

La règle est simple : mieux vaut un épisode tous les quinze jours pendant deux ans qu’un épisode par semaine pendant deux mois. La régularité crée l’habitude chez votre audience. L’habitude crée la confiance. Et la confiance, au moment du lancement, ça se traduit en ventes.

Lead magnets : la mécanique qui transforme les visiteurs en contacts

Avoir du contenu, c’est bien. Mais si les gens lisent votre article ou écoutent votre podcast et repartent sans laisser leur adresse email, vous avez un problème.

C’est là qu’intervient le lead magnet – un contenu bonus (checklist, guide, template, mini-formation) que vous offrez en échange d’une inscription à votre liste. La stratégie de pré-lancement d’Estelle Ballot repose en partie sur la multiplication de ces lead magnets. Idéalement, un par publication de contenu.

L’objectif : maximiser les occasions de récupérer des adresses email. Parce que l’email reste, malgré tout ce qu’on entend sur les réseaux sociaux, le canal avec le meilleur retour sur investissement pour contacter ses clients. Pas TikTok. Pas Instagram. L’email.

Ballot va plus loin avec ce qu’elle appelle le « super lead magnet » – un contenu à valeur exceptionnelle, dédié à un persona précis, présenté sur une landing page travaillée. Ce super lead magnet, on le met partout : en bonne position sur le site, en signature d’email, sur les réseaux. Et surtout, on peut faire pointer de la publicité dessus pour aller chercher une audience froide qui ne vous connaît pas encore.

Sur la production de ces lead magnets, son conseil pratique vaut de l’or : créez-vous des templates réutilisables. Même mise en page, même structure de landing page, même séquence email. Ce sont des tâches répétitives – autant les industrialiser. (Et faites-vous une checklist. Croyez-la sur parole quand elle dit que oublier une étape, ça arrive.) Pour aller plus loin sur le list building et ses secrets, l’épisode bonus avec Amy Porterfield va très loin dans la mécanique.

Mais voilà la limite que je dois pointer : multiplier les lead magnets sans avoir de trafic sur son contenu, ça ne sert pas à grand-chose. La stratégie de pré-lancement suppose que vous avez déjà une audience minimale, ou que vous avez un budget pub pour en aller chercher une. Si vous partez de zéro absolu, le chemin est plus long.

Les réseaux sociaux : choisir un terrain et y rester

Une fois que le contenu tourne et que les lead magnets sont en place, il faut animer une présence sur les réseaux. Mais pas n’importe comment.

Le conseil de Ballot sur ce point est contre-intuitif pour beaucoup :

Si vous allez sur tous les réseaux, ben vous risquez de vous perdre. Vous risquez soit de ne pas trouver le temps, soit d’y passer tout votre temps. Donc à mon sens, choisir un ou deux réseaux, c’est le maximum.

C’est exactement le problème. Trop de gens éparpillent leur énergie sur cinq plateformes et produisent du contenu médiocre partout plutôt que du bon contenu quelque part. LinkedIn pour les B2B, Pinterest pour les audiences très féminines, TikTok pour les moins de 30 ans – chaque réseau a ses codes, son algorithme, ses formats qui marchent.

Et justement sur l’algorithme : Ballot recommande de commencer par observer les comptes qui réussissent sur le réseau choisi. Pas les célébrités qui ont des millions de followers grâce à leur notoriété. Les gens qui ont construit une grosse audience parce qu’ils sont bons sur ce réseau – parce qu’ils ont compris deux ou trois trucs sur le fonctionnement de l’algorithme. Ces personnes, en plus, partagent souvent leurs techniques pour prouver leur expertise. Autant en profiter.

Ensuite, le calendrier éditorial. La stratégie de pré-lancement ne peut pas fonctionner sans organisation – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt, c’est que sans planification, on publie quand on a l’inspiration, ce qui veut dire en pratique : jamais quand il le faudrait. Un cadre pour planifier sa stratégie digitale change radicalement la régularité de publication.

Ballot parle de « schémas de publication » – des typologies de posts qui tournent dans le calendrier. Sur LinkedIn par exemple : le post de partage d’article, le post à débat, le carrousel d’informations. Le sujet varie, la structure reste la même. Ça évite la page blanche. Ça évite de publier toujours le même type de contenu. Et ça donne une cohérence visuelle à votre présence.

La question que personne ne pose : est-ce que vous connaissez vraiment votre audience ?

Les réseaux sociaux, c’est bien. Mais Ballot soulève un point que j’ai trouvé honnête et plutôt rare dans ce type de contenu marketing :

Je trouve que c’est quand même bien souvent de la communication à sens unique. On va avoir des commentaires de certaines personnes mais franchement, à moins de faire des posts très polémiques, les réactions ne vous donnent pas tant d’informations que ça sur votre audience. On reste vraiment sur du vernis.

Voilà. Dit clairement, ça change tout.

Sa solution : le groupe fermé. Facebook Groups principalement, mais aussi LinkedIn. Un espace où les membres – qui ont des choses en commun – peuvent s’exprimer librement, poser des questions, partager leurs problèmes. Et là, vous apprenez quelque chose de précieux : non seulement quelles sont les difficultés de votre audience, mais avec quels mots elle les exprime. Et ces mots, vous pouvez les reprendre dans votre communication, vos emails, vos pages de vente. C’est de l’or pour le copywriting.

Ce travail de compréhension de l’audience – construire une vraie stratégie de marque passe d’ailleurs par là – est souvent négligé par les entrepreneurs qui préfèrent passer directement à la phase de création. Résultat : ils créent un produit pour eux, pas pour leur client.

La stratégie de pré-lancement boucle sur elle-même – et c’est le génie du truc

Voilà ce que j’ai trouvé vraiment malin dans la mécanique décrite par Ballot. Chaque élément de la stratégie de pré-lancement prépare le suivant.

Le contenu attire l’audience. Les lead magnets convertissent cette audience en liste email. Les réseaux sociaux créent la relation. Et les pixels trackent tout ça en silence. Au moment du lancement, vous avez trois leviers d’activation simultanés :

  • Votre liste email – pour contacter directement les gens qui vous ont déjà fait confiance
  • Le retargeting – pour recibler via pub tous les visiteurs de votre contenu
  • Les audiences Lookalike – pour aller chercher des gens qui ressemblent à votre liste

Et les Lookalike, c’est là que la boucle se referme vraiment. Vous rentrez votre base email dans l’interface publicitaire de Facebook ou LinkedIn, et l’algorithme va chercher des profils similaires parmi des millions d’utilisateurs. Votre liste de 500 contacts devient un ciblage potentiel de dizaines de milliers de personnes qui partagent les mêmes caractéristiques que vos futurs clients.

C’est pour ça que la stratégie de pré-lancement n’est pas un luxe pour les marques avec un gros budget. C’est une infrastructure. Et comme toute infrastructure, elle prend du temps à construire mais elle rapporte sur la durée.

Et si vous vous demandez comment organiser votre temps de travail pour mener tout ça de front, c’est effectivement la question centrale – parce que la phase de pré-lancement demande une vraie discipline d’exécution, pas juste une bonne intention. Pour les outils digitaux à intégrer dans votre stratégie, l’épisode 30 du même podcast liste ce qui fait vraiment gagner du temps versus ce qui est gadget.

Combien de temps faut-il pour que ça marche ? Ballot ne donne pas de chiffre précis – et c’est honnête. Ça dépend de votre secteur, de votre rythme de publication, de votre budget pub. Certains construisent une audience solide en trois mois, d’autres mettent un an. Ce qui ne change pas : sans cette phase de construction, le lancement sera toujours une loterie.

Questions fréquentes

C'est quoi une stratégie de pré-lancement exactement ? +
Une stratégie de pré-lancement, c'est l'ensemble des actions menées avant le lancement officiel d'un produit ou d'un service, dans le but de construire une audience réceptive. Ça inclut la création de contenu régulier, la collecte d'adresses email via des lead magnets, et l'animation d'une présence sur les réseaux sociaux. L'idée : quand vous lancez, vous ne parlez pas à des inconnus mais à des gens qui vous connaissent déjà et vous font confiance.
Combien de temps doit durer la phase de pré-lancement ? +
Estelle Ballot ne donne pas de durée fixe - ça dépend de votre secteur, de votre rythme de publication et de vos objectifs. En pratique, on parle de plusieurs semaines à plusieurs mois. L'important, c'est d'avoir eu le temps de construire une vraie base email et une présence sur au moins un réseau social avant d'annoncer votre offre.
Pourquoi installer le pixel Facebook avant de commencer à publier du contenu ? +
Parce que le pixel Facebook - et les pixels des autres réseaux sociaux - tracke chaque visiteur qui consomme votre contenu. Ces données s'accumulent en silence pendant toute la phase de pré-lancement. Au moment du lancement, vous pouvez faire du retargeting sur ces personnes et créer des audiences Lookalike à partir de votre liste email. Sans pixel installé dès le début, vous perdez des mois de données précieuses.
Qu'est-ce qu'un lead magnet et pourquoi en créer plusieurs pendant le pré-lancement ? +
Un lead magnet est un contenu offert gratuitement en échange d'une adresse email : checklist, guide, template, mini-formation... La stratégie recommandée par Estelle Ballot est d'en créer un à chaque nouvelle publication de contenu. L'objectif : multiplier les occasions de récupérer des contacts qualifiés. Plus votre liste est grande au moment du lancement, plus vous avez de gens à contacter directement - sans dépendre uniquement de la publicité payante.
Combien de réseaux sociaux gérer pendant la stratégie de pré-lancement ? +
Maximum un ou deux. C'est la recommandation ferme d'Estelle Ballot, et franchement c'est la bonne. Se disperser sur cinq plateformes, c'est produire du contenu médiocre partout. Mieux vaut maîtriser un réseau, comprendre son algorithme, et y publier régulièrement avec qualité.
Est-ce que la stratégie de pré-lancement fonctionne pour une petite audience de départ ? +
Oui, mais avec une nuance importante : si vous partez de zéro absolu, il faudra soit du temps pour construire organiquement une audience, soit un budget publicitaire pour accélérer. Le super lead magnet présenté sur une landing page dédiée, avec de la pub dessus, est justement le levier recommandé pour aller chercher une audience froide qui ne vous connaît pas encore.

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