stratégie black friday e-commerce

9 Stratégies pour Black Friday – Episode 20

Épisode diffusé le 14 novembre 2019 par Estelle Ballot

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Choisir sa stratégie black friday e-commerce en 2019, c’est pas juste coller une bannière noire sur sa homepage et espérer que ça vende. Le contexte a changé. En France, on attend près de 6 milliards d’euros d’achats sur ce seul weekend – dont 1 milliard rien que sur le net, avec une croissance de 120 % cette année. Les chiffres qu’Estelle Ballot, fondatrice du Podcast du Marketing, a sortis dans son épisode 20 donnent le vertige. Et pourtant, la plupart des e-commerçants arrivent sur ce weekend comme on arrive à un examen sans avoir révisé.

Ce que j’ai trouvé intéressant dans cet épisode – et c’est rare pour un contenu de cette longueur – c’est qu’Estelle ne se contente pas de lister des tactiques dans le vide. Elle assume ses angles morts, elle donne des exemples concrets, et elle finit sur un conseil bonus qui, franchement, devrait être mis en gras partout : les promotions mal configurées peuvent te ruiner. Pas de façon métaphorique. Littéralement te mettre dans le rouge.

Alors on va reprendre tout ça. Dans l’ordre. Avec quelques opinions de ma part, parce que rester neutre sur ce sujet, c’est un luxe que je n’ai pas.

Black Friday : les chiffres qui changent la conversation

3 à 4 fois plus de ventes qu’un jour normal de novembre. Voilà le premier chiffre à garder en tête quand on parle de stratégie black friday e-commerce. Pas besoin d’aller chercher plus loin pour comprendre pourquoi tout le monde se bat pour cette période.

Mais – et c’est là que ça devient intéressant – cette ruée crée mécaniquement un problème : les coûts publicitaires explosent. Sur Facebook Ads, sur Google Ads, les enchères partent dans tous les sens pendant Black Friday. Du coup, si tu arrives sur cette période avec un petit budget et aucune préparation en amont, tu vas dépenser beaucoup pour peu. C’est le paradoxe de l’événement le plus rentable de l’année.

Estelle le dit clairement dans l’épisode. Et c’est un point que j’aurais voulu qu’on me dise – enfin, que j’aurais voulu lire quelque part – quand je couvrais les premières éditions françaises du Black Friday pour Journal du Net. Les petits e-commerçants se lançaient à l’aveugle, sans calculer leurs marges, sans anticiper les coûts pub. Résultat : du volume, oui. De la rentabilité, beaucoup moins.

La bonne nouvelle, c’est que les 9 stratégies dont on va parler permettent précisément de jouer ce jeu sans se faire dévorer par lui. Certaines coûtent peu, d’autres nécessitent de l’organisation. Mais aucune ne repose sur l’idée qu’il suffit de casser les prix pour que ça marche.

Stratégie black friday e-commerce : commencer avant tout le monde

La première tactique, c’est le retargeting en amont. Pas pendant Black Friday – avant. Les personnes qui ont visité ton site sans acheter (ce qu’on appelle des contacts chauds) te connaissent déjà. C’est un avantage considérable sur une audience froide que tu devrais aller chercher au prix fort pendant la période.

« Le retargeting, c’est l’une des stratégies de pub les plus rentables précisément pour cette raison. Et il faut savoir que pendant Black Friday, les coûts publicitaires ont tendance à s’envoler. »

Ça paraît évident dit comme ça. Mais combien de boutiques attendent le vendredi matin pour activer leurs campagnes ?

Les paniers abandonnés méritent une attention particulière ici. Un client qui a ajouté ton produit à son panier et n’a pas acheté – il sait ce que tu vends, il était intéressé, et il attend probablement une promo. Black Friday est une occasion parfaite de lui envoyer exactement ça. Par email si ton outil le permet (et si il ne le permet pas, c’est un problème à régler maintenant, pas après), ou par retargeting sur les réseaux.

Parallèlement à ça, l’emailing reste l’arme la plus sous-estimée de la stratégie black friday e-commerce. L’idée n’est pas de tout dévoiler d’un coup. Teaser l’offre quelques jours avant, créer l’anticipation, s’assurer que ta marque est dans les têtes le jour J. Et surtout : segmenter. Tes meilleurs clients ne doivent pas recevoir le même message que tes inscrits de la semaine dernière.

Estelle propose trois segments de base : les clients réguliers (loi de Pareto, 80 % de tes bénéfices viennent de 20 % de tes clients – leur faire une offre VIP en avant-première, ça a du sens), les clients inactifs (qui ont montré de l’intérêt mais n’ont pas encore acheté), et les nouveaux inscrits (une offre de bienvenue, c’est toujours bien reçu). La segmentation n’est pas une option, c’est le minimum syndical d’une campagne email sérieuse. Pour aller plus loin sur les outils qui permettent de créer une boutique e-commerce avec ces fonctionnalités intégrées, il y a des ressources utiles par ailleurs.

Landing page dédiée et compte à rebours : le minimum que tu dois faire

Troisième stratégie, et celle-là je la vois trop souvent manquer chez des boutiques qui font pourtant le reste correctement : une landing page dédiée à l’offre Black Friday.

Pas juste une bannière sur la homepage. Une page qui regroupe tous les produits en promotion, avec un design aux couleurs de la période, et – c’est ça le vrai truc – une date et une heure de fin clairement affichées. Un compte à rebours. L’urgence n’est pas une manipulation, c’est une information utile pour quelqu’un qui hésite.

« Souvenez-vous que c’est pas seulement une question de promotion mais c’est un moment bien particulier où tout le monde est plongé dans une atmosphère unique qui crée une émulation et qui incite à l’achat. »

L’atmosphère, c’est un mot qu’on n’utilise pas assez dans les briefs e-commerce. Black Friday n’est pas une promotion comme les autres – c’est presque un événement culturel maintenant, avec ses codes visuels, son noir, son sentiment de chasse aux bonnes affaires. Ta landing page doit en faire partie.

Et sur le timing : rien ne t’oblige à attendre le vendredi. Les clients sont dans les starting blocks dès le début de la semaine. Démarrer avec une promo un peu plus faible en début de semaine, puis l’augmenter le vendredi – c’est une technique qui capte les impatients tout en récompensant ceux qui attendaient le jour J. Ce genre d’approche sur la temporalité de l’offre rejoint d’ailleurs ce qu’expliquent certaines stratégies e-commerce pour générer des ventes pendant Black Friday à plus grande échelle.

Crosssell et panier moyen : où tu fais vraiment ta marge

On arrive à l’endroit où la plupart des e-commerçants laissent de l’argent sur la table. Deux stratégies liées : le crosssell et l’augmentation du panier moyen.

Le principe du crosssell pour Black Friday est simple : grosse promo sur un produit d’appel qui nécessite des accessoires ou des achats complémentaires. La marge que tu perds sur le premier produit, tu la récupères sur le second. Ça marche parce que quelqu’un qui vient d’acheter est dans une logique d’achat – il a déjà dit oui, la friction est levée. Proposer le produit complémentaire au bon moment, bien en évidence à côté du produit principal et en option d’ajout au panier, c’est là que ça se joue.

Sur l’augmentation du panier moyen, Estelle donne un exemple tiré de la grande distribution que je trouve particulièrement bien vu. Le principe : une réduction qui s’active par palier de dépense. 10 € offerts à partir de 75 €, 20 € offerts à partir de 100 €. Ou la livraison gratuite à partir de 50 €. Avec, et c’est le détail qui change tout, un plugin dans le panier qui affiche en temps réel le montant restant pour atteindre le palier. « Plus que 5 € pour la livraison gratuite. » C’est micro, c’est bête, ça fonctionne.

Pour ceux qui cherchent à aller plus loin sur la mécanique de vente additionnelle en e-commerce, la question de vendre sur des marketplaces comme Amazon pose les mêmes défis de marge et de positionnement produit.

Surveiller la concurrence – et la question que personne ne pose vraiment

Septième stratégie : garder un œil sur ce que font les autres. Abonne-toi à leurs newsletters maintenant (pas pendant Black Friday – maintenant). Surveille leurs Google Ads le jour J. Visite leur site régulièrement pour voir comment leurs offres évoluent.

Ce n’est pas juste du benchmarking passif. C’est une information opérationnelle. Si ton concurrent principal décide de monter sa remise à 40 % au lieu de 30 % le samedi matin, tu dois le savoir assez vite pour réagir. Black Friday, c’est une période ultra-concurrentielle (ce qui est une évidence, mais qui a des implications concrètes sur l’organisation interne).

« L’une des façons de tirer son épingle du jeu, bah c’est de savoir réagir vite. Mais pour réagir vite, il faut déjà savoir ce qui se passe chez les autres. »

C’est exactement le problème. La veille concurrentielle n’est pas glamour, elle n’est pas dans les slides des conférences marketing, mais elle fait la différence sur les quatre jours du weekend.

Et après Black Friday – parce que le weekend n’est que le début – il faut capitaliser sur le trafic généré. Faire grossir sa mailing list avec un lead magnet bien pensé pour les visiteurs qui n’ont pas acheté. Activer du retargeting sur ceux qui ont visité le site pendant la période. On est en plein dans la saison d’achat de Noël : chaque visiteur de Black Friday est un client potentiel pour les semaines qui suivent. Les mécaniques de marketing de l’affiliation peuvent d’ailleurs compléter cette logique de capture et de réactivation d’audience.

Boycotter Black Friday : la stratégie qui demande le plus de courage

Neuvième stratégie, et de loin la plus intéressante à mes yeux. Ne pas participer.

Estelle cite deux cas que je trouve particulièrement parlants. Le Slip Français, qui ne propose des promotions que lors des soldes officielles – Guillaume Gibaud, le fondateur, explique que c’est pour proposer des articles au juste prix, « celui qui rémunère la qualité d’un savoir-faire textile ». Et la Camif, qui va plus loin en fermant carrément son site e-commerce pendant Black Friday pour sensibiliser à la consommation responsable. Nature et Découvertes, eux, célèbrent un « Fair Friday » où chaque vote en magasin déclenche un don à des associations de défense de la biodiversité.

Ces trois approches ont un point commun : elles transforment la non-participation en message de marque. Et ça ne marche que si le positionnement de la marque est cohérent avec ce message. Le Slip Français peut se permettre ce discours parce que son positionnement sur le Made in France premium est installé depuis des années. Une boutique généraliste qui essaierait la même chose aurait l’air hypocrite.

La deuxième raison de boycotter Black Friday est plus pragmatique : le budget pub. Si les gros acteurs dopent les enchères publicitaires et que ton budget ne suit pas, tu seras invisible. Dans ce cas, garder ce budget pour une période moins concurrentielle – où tu pourras toucher plus de monde avec moins d’argent – est une décision financièrement rationnelle. La stratégie black friday e-commerce peut parfois consister à ne pas jouer.

Et là je vais être direct : trop de petits e-commerçants participent à Black Friday parce qu’ils ont peur de rater quelque chose, pas parce qu’ils ont calculé que c’était rentable pour eux. C’est une différence qui compte. Pour ceux qui réfléchissent à la structure d’une boutique en ligne et au bon moment pour investir en acquisition, créer une boutique e-commerce à 35 millions pose exactement ces questions de timing et de positionnement.

Le piège des promotions cumulées – l’exemple du grand cru à zéro euro

Le conseil bonus d’Estelle est, franchement, le moment le plus utile de l’épisode. Et il mérite qu’on s’y arrête.

Elle raconte comment elle a obtenu un grand cru classé de Bordeaux gratuit dans un supermarché. Code promo de 15 €, code nouveaux clients de 5 €, réduction de 35 % sur une sélection de vins – les trois cumulables. Résultat : une bouteille à 30 € qui passe à 20 € avec la remise vin, puis à 0 € avec les 20 € de codes. Le minimum de commande était fixé à 40 €, calculé avant réduction. Donc pour 10 € d’achats, elle repart avec 30 € de vin offert.

« Je doute que ça puisse être rentable, bah surtout dans l’alimentaire où les marges sont généralement réduites. »

Non, clairement pas rentable. Et le problème n’est pas l’existence des promotions – c’est leur configuration.

Il y a deux règles non négociables ici. Première règle : un code promo doit avoir une date de fin ET idéalement un plafond de quantité. Parce que les bons plans se partagent à une vitesse folle sur des sites comme Deallabs (des millions de personnes les suivent), et si ton offre se retrouve là sans restriction, tes commandes vont exploser. Ce qui semble être une bonne nouvelle jusqu’à ce que tu réalises que tu n’as ni la trésorerie ni les ressources humaines pour suivre. La trésorerie est d’ailleurs l’une des premières causes de banqueroute des PME – c’est pas un détail.

Deuxième règle : tester la combinaison de toutes tes promotions actives avant de les lancer. Pas une par une. Toutes ensemble, dans le pire scénario possible. Ce que le supermarché de l’anecdote n’a visiblement pas fait.

La stratégie black friday e-commerce la mieux pensée peut s’effondrer sur ces deux points techniques. Les marges du e-commerce sont souvent plus serrées qu’on ne le croit de l’extérieur, et une promo mal configurée qui se retrouve sur un site de bons plans peut générer des pertes réelles en quelques heures. Des exemples concrets de gestion de stock et de promotions sous contrainte se retrouvent dans des cas comme vendre avec des ruptures de stock – une situation que Black Friday peut précisément provoquer si on n’y prend pas garde.

Ce que j’aurais voulu que quelqu’un dise clairement il y a dix ans, quand je couvrais les premières grandes campagnes Black Friday en France : le volume n’est pas une fin en soi. Des milliers de commandes à marge négative, c’est juste une façon plus rapide de couler. Et pourtant, c’est exactement ce qui arrive à certaines boutiques chaque novembre.

Bref. Les neuf stratégies existent, elles fonctionnent, et certaines demandent peu de moyens. Mais la vraie question – celle qu’Estelle ne pose pas explicitement mais qui traverse tout l’épisode – c’est : pourquoi tu participes à Black Friday cette année ?

Questions fréquentes

Quelle stratégie black friday e-commerce pour un petit budget ? +
Avec un petit budget pub, la stratégie la plus rentable est le retargeting en amont sur des audiences déjà chaudes - visiteurs du site et paniers abandonnés. Les coûts publicitaires explosent pendant Black Friday, donc dépenser sur des audiences qui te connaissent déjà te donne un meilleur retour. L'emailing vers ta liste existante ne coûte presque rien et reste l'outil le plus sous-exploité sur cette période.
Vaut-il mieux boycotter Black Friday pour une boutique e-commerce ? +
Ça dépend de ton positionnement et de ta marge. Si les enchères publicitaires dépassent ce que tu peux rentabiliser, garder ce budget pour une période moins concurrentielle est une décision rationnelle. Des marques comme Le Slip Français ou la Camif ont transformé leur non-participation en message de marque fort - mais ça ne fonctionne que si leur positionnement est suffisamment établi pour que le message soit crédible.
Comment éviter le piège des promotions cumulées pendant Black Friday ? +
Teste toutes tes promotions actives en même temps avant le lancement, dans le pire scénario possible. Chaque code promo doit avoir une date de fin et idéalement un plafond de quantité. Les bons plans se propagent très vite sur des sites comme Deallabs - une offre sans restriction peut générer des milliers de commandes non rentables en quelques heures.
Comment augmenter le panier moyen pendant la stratégie black friday e-commerce ? +
Le mécanisme le plus efficace est la réduction par palier de dépense : 10 € offerts à partir de 75 €, livraison gratuite à partir de 50 €, etc. Avec un plugin dans le panier qui affiche en temps réel le montant restant pour atteindre le palier. Le crosssell - grosse promo sur un produit d'appel qui entraîne l'achat d'accessoires à marge normale - est une autre façon de préserver la rentabilité globale.
Quand démarrer sa campagne Black Friday e-commerce ? +
Les clients sont dans les starting blocks dès le début de la semaine précédant Black Friday. Démarrer avec une promo modérée en début de semaine, puis l'augmenter le vendredi, capte les impatients tout en récompensant ceux qui attendaient. Pour le retargeting et l'emailing, commencer 2 à 3 semaines avant est une bonne pratique pour chauffer l'audience sans dévoiler l'offre complète.
Comment segmenter sa liste email pour Black Friday ? +
Trois segments de base : les clients réguliers ou gros acheteurs (offre VIP en avant-première), les clients inactifs qui ont donné leur email sans acheter (occasion de les réactiver avec une incitation concrète), et les nouveaux inscrits (offre de bienvenue). Un message construit pour une audience précise convertit toujours mieux qu'un email générique envoyé à toute la liste.

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