réutiliser son contenu

10 façon de réutiliser son contenu – Episode 24

Épisode diffusé le 9 janvier 2020 par Estelle Ballot

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Réutiliser son contenu, c’est probablement la chose la plus rentable qu’un créateur puisse faire – et aussi celle qu’on repousse le plus souvent. Estelle Ballot, fondatrice du Podcast du Marketing, a passé 17 minutes à détailler exactement comment elle s’y prend. Et franchement, certaines de ses tactiques m’ont mis une claque. Pas parce qu’elles sont révolutionnaires sur le papier, mais parce qu’elles sont d’une logique implacable qu’on n’applique pas.

Le point de départ, c’est un constat douloureux. Tu passes des heures – parfois des jours – à créer un épisode ou un article. Tu appuies sur ‘publier’. Et puis… rien. Le contenu existe, quelqu’un le voit, et c’est terminé. Il dort dans les méandres de ton site, consulté uniquement par les gens qui passent déjà par là. Si tu as des milliers de visiteurs par jour, OK. Mais si c’est pas le cas, tu viens de gâcher 80% de la valeur de ce que tu as créé.

Estelle avait 20 000 téléchargements au soir du réveillon quand elle a enregistré cet épisode. Un chiffre qui lui tenait à coeur. Et pourtant, elle parlait de ne pas s’en contenter.

Le mythe du ‘je publie et les gens viennent’

C’est le fantasme numéro un des créateurs de contenu. Tu crées quelque chose de bien – vraiment bien – et l’algorithme s’en charge. Google le remonte. Les gens partagent. La communauté grossit naturellement.

Ca marche. Rarement. Et lentement.

Ce que propose Estelle, c’est une logique inverse. Ton contenu, tu ne le publies pas une fois – tu le déploies. Sur plusieurs formats, plusieurs canaux, plusieurs moments. Pas pour faire du volume. Pour que les gens qui auraient aimé ce que tu dis puissent le trouver sous la forme qui leur convient. (Et il y a vraiment une différence entre ces deux logiques, même si ça ressemble à la même chose depuis l’extérieur.)

Le point de départ de sa méthode, c’est le podcast. Mais comme elle le dit elle-même, si ton média principal c’est un blog ou une chaîne YouTube, la logique reste identique. Tu adaptes le point de départ, pas la structure.

On sait toutes le temps et l’énergie que ça prend de créer un article ou un épisode de podcast. Ça nous prend des heures, voire parfois même des jours. On fait tout ce qu’on peut pour créer le meilleur contenu possible et quand on pose enfin le point final, bah on est super fier de ce qu’on a accompli et puis ben on appuie sur le bouton publier et ben c’est fini.

Dit comme ça, ça a l’air presque triste. Et c’est exactement le problème.

Transcription, notes, résumé : les trois formats écrits qu’on confond toujours

Première brique quand il s’agit de réutiliser son contenu : la transcription. Mot pour mot, ce que tu as dit dans l’épisode. Pas de réécriture, pas d’adaptation – juste le script brut mis en page.

L’argument SEO tient la route. Une transcription de podcast, c’est généralement des phrases courtes, un vocabulaire accessible, un style oral. Ce que Google adore depuis des années – et encore plus depuis que les recherches vocales explosent. Et ça touche aussi ceux qui préfèrent lire à écouter, ce qui représente (et c’est souvent sous-estimé) une part non négligeable de l’audience potentielle.

Mais Estelle fait une distinction que j’aurais aimé entendre plus tôt dans ma carrière. La transcription brute et les notes de l’épisode, c’est pas pareil.

Personnellement, j’ai jusqu’à présent fait le choix de ne pas rédiger de notes, je publie directement mon transcript. Pour être honnête, je le fais par facilité. Je publie de toute façon mon transcript, donc c’est simple, mais c’est pas idéal parce que une personne qui hésiterait à écouter un de mes épisodes ne va certainement pas s’amuser à lire les 3000 mots.

Voilà. L’honnêteté que la plupart des formateurs en marketing n’ont pas. Elle fait quelque chose de sous-optimal et elle le dit. Ce qu’elle préconise à la place : un résumé en introduction de la transcription. Pour le visiteur qui veut décider si ça vaut le coup de lire 3000 mots. Pour l’auditeur potentiel qui veut savoir si l’épisode vaut son temps. Deux oiseaux, une pierre.

Si tu veux creuser la question du contenu de qualité et ce qui distingue un bon article d’un simple résumé, il y a un épisode entier consacré à ça.

L’email qu’on bâcle parce qu’on regarde trop les statistiques

Troisième façon de réutiliser son contenu : l’email. Et là, Estelle glisse un conseil qui va à contre-courant de ce que la plupart des newsletters marketeurs enseignent.

Le taux d’ouverture, le taux de clic – on les surveille comme si c’était des signaux vitaux. Et pour un podcast, c’est une erreur de lecture.

Il y a fort à parier que votre email servira de reminder pour les personnes qui écoutent votre podcast. Elles savent qu’un nouvel épisode est disponible et puis elles l’écouteront bah quand bon leur semble. Donc évidemment, j’ai pas de statistiques à ce sujet-là, mais je suis persuadée que dans le cas précis des podcasts, les emails non cliqués et même probablement une proportion des emails non ouverts permettent à votre audience de consommer votre contenu.

C’est exactement le genre de nuance qu’on rate quand on colle ses stats de podcast sur sa grille de lecture habituelle. Un email non cliqué pour un podcast, c’est pas forcément un échec – c’est peut-être juste quelqu’un qui a vu passer la notification, qui sait que l’épisode existe, et qui l’écoute deux jours plus tard dans le métro via son appli native.

Ce qu’elle conseille sur le fond de l’email : garder un ton personnel, rester fidèle à la personnalité de la marque, et tester. Ton, template, graphisme, longueur – pas de vérité absolue, juste ce qui fonctionne pour ta communauté. Et comparer tes stats à tes propres résultats précédents, pas à des benchmarks sectoriels qui ne veulent rien dire pour ton contexte spécifique.

Sur ce point, la question du support à choisir pour sa création de contenu conditionne aussi comment tu vas penser cet email – et c’est un sujet qui mérite sa propre réflexion.

Le cadeau bonus : la tactique qui fait grossir ta liste en dormant

Quatrième levier pour réutiliser son contenu, et probablement le plus efficace à long terme : le cadeau bonus. Un contenu complémentaire, directement lié à l’épisode, que l’auditeur peut télécharger en échange de son adresse email.

Résumé de l’épisode. Template. Planning éditorial. Checklist. Peu importe le format – l’important c’est que le bonus soit vraiment utile, pas juste un prétexte à collecter des emails.

La mécanique est simple : une landing page, un formulaire, un email automatique avec le lien de téléchargement. Et pour ce lien, Estelle glisse une astuce Dropbox que j’avoue ne pas avoir vue venir. Si tu partages un fichier via Dropbox et que tu veux qu’il se télécharge directement plutôt que de s’ouvrir dans le navigateur, tu changes le chiffre à la fin de l’URL – le zéro en 1. (Ce genre de micro-hack qu’on cherche pendant des heures et qu’on trouve en 10 secondes quand quelqu’un te le dit.)

Le gros intérêt du cadeau bonus par rapport aux autres formats : il fait grossir ta base email. Les autres formats touchent des gens qui te connaissent déjà ou qui tombent sur toi par hasard. Là, tu récupères un contact, une permission d’aller plus loin.

Vignettes, extraits audio, vidéo : réutiliser son contenu sur les réseaux sans tout recréer

C’est là que la plupart des créateurs abandonnent. Parce que ‘les réseaux sociaux’, ça fait peur. Ca ressemble à un boulot à temps plein. Et dans un sens, c’est vrai si on part de zéro.

Mais Estelle montre que réutiliser son contenu pour les réseaux, ça peut être quasi-mécanique.

Option une : filmer l’enregistrement. Pas besoin de setup pro – le téléphone suffit. Tu choisis quelques moments à partager, sérieux ou pas. Les coulisses, les ratés, les relances. Ce qu’elle appelle les ‘rush’. Ca crée de la proximité et tu n’enregistres rien de plus que ce que tu faisais déjà.

Option deux : la vignette. Une citation ou un chiffre marquant, mis en page sur Canva (gratuit, prévu pour les non-designers, avec tous les formats réseau préconfigurés). Ca prend dix minutes. Ca tourne bien sur Instagram et Facebook. Et si tu veux aller plus loin avec les fonctionnalités de l’outil, il y a un épisode entier sur ce que Canva peut faire que la plupart ignorent.

Option trois : l’extrait audio avec Wave – un outil qui crée un visuel animé avec la forme d’onde de ta voix, adapté aux réseaux, avec possibilité d’ajouter des sous-titres automatiques. Malheureusement, cette fonction de sous-titrage n’est dispo qu’en anglais pour l’instant. Estelle le dit franchement et demande à sa communauté si quelqu’un connaît un équivalent en français. (Ce que j’ai apprécié – elle ne prétend pas avoir toutes les réponses.)

Option quatre : la vidéo face caméra. Tu reformules un passage concret de ton épisode, tu ajoutes une phrase du type ‘j’en parle en détail dans l’épisode’, et tu gardes ça sous les deux minutes. L’algorithme adore la vidéo – c’est un fait documenté sur tous les réseaux. Si tu hésite encore sur le format vidéo, cet épisode sur comment et pourquoi se lancer dans la vidéo te donnera un cadre clair pour décider.

La vidéo est super engageante et par conséquent, elle est très privilégiée par l’algorithme des différents réseaux sociaux. Donc prenez un passage de votre épisode, idéalement un moment où vous donnez un exemple concret pour illustrer votre propos et faites-en une mini vidéo de juste une ou peut-être maximum 2 minutes. Vous n’avez rien à inventer, juste reformuler un passage de votre épisode.

Deux minutes. Rien à inventer. C’est vraiment la reformulation la plus honnête de ce que ‘content repurposing’ veut dire en pratique.

Guest post et FAQ : les deux derniers leviers qu’on oublie toujours

Neuvième option : réécrire l’article et le proposer comme guest post. Un site qui correspond à ta cible, un mail, et tu proposes un contenu de qualité à quelqu’un qui cherche exactement ça. Tous les sites ne disent pas oui, mais Estelle mentionne Medium comme alternative – une plateforme mondiale qui publie du contenu tiers et donne une visibilité non négligeable.

Ce que j’aurais dit différemment : attention avec Medium. Publier là-bas, c’est bien pour la visibilité, mais tu n’es pas propriétaire de l’audience. Tu construis sur une plateforme qui peut changer ses règles du jour au lendemain. A utiliser en complément, pas comme stratégie principale.

Dixième levier, enfin – et c’est celui que personne ne mentionne : la FAQ. Si tu as une activité commerciale, ton contenu répond probablement à des questions que tes prospects se posent avant d’acheter ou quand ils ont un problème. Ta page FAQ peut pointer vers tes épisodes ou articles pour développer la réponse. Ca améliore l’expérience utilisateur. Ca retient les visiteurs plus longtemps. Et ca consolide la relation entre ton contenu et ton offre.

D’ailleurs, si tu réfléchis à quel support choisir pour ton contenu, la question de la FAQ s’articule différemment selon que tu es plutôt audio, écrit ou vidéo – et c’est un choix structurant qui mérite réflexion.

La vraie question : qui fait tout ça ?

Estelle pose la question directement à la fin de l’épisode, et c’est la plus honnête de toutes.

Oui, réutiliser son contenu de dix façons différentes, c’est du travail. Pas de la création – de la reformulation, de l’adaptation, de la mise en forme. Mais du travail quand même. Et si on passe autant de temps à décliner qu’à créer, on a un problème de priorisation.

Sa réponse : déléguer. Un freelance qui prend en charge la publication sur les réseaux, la composition des visuels Canva, la relecture et mise en ligne des articles. Quelques heures par semaine, facturées au forfait ou à l’heure.

Embaucher quelqu’un, ça peut faire peur et puis tout simplement, on n’a pas forcément les besoins suffisamment conséquent pour justifier d’un temps plein ou même d’un mi-temps. Du coup, travailler avec un freelance qui pourra nous facturer quelques heures par semaine, ben ça peut être une bonne solution.

Elle ajoute – avec une franchise que j’apprécie – qu’elle ne l’a pas encore fait elle-même mais qu’elle y pense sérieusement. Ce qui veut dire que même quelqu’un qui enseigne ce système ne l’applique pas toujours à 100%. C’est une limite réelle et elle ne la cache pas.

Bref. Réutiliser son contenu, c’est pas un concept – c’est une discipline. Et comme toutes les disciplines, la question c’est pas ‘est-ce que ça marche ?’ mais ‘est-ce qu’on s’y tient ?’

Questions fréquentes

Comment réutiliser son contenu de podcast efficacement ? +
La base, c'est de partir de ton fichier audio et de le décliner en transcription écrite, notes d'épisode, email à ta liste, extraits sur les réseaux et vidéo face caméra. L'idée n'est pas de tout faire d'un coup, mais de choisir les formats qui correspondent à ton audience et à tes ressources. La transcription est souvent le premier pas logique parce qu'elle ne demande aucune création supplémentaire et booste ton SEO.
Réutiliser son contenu, est-ce que ça prend vraiment moins de temps que créer ? +
Oui, clairement. Reformuler un passage de ton épisode pour en faire une vidéo de deux minutes ou composer une vignette sur Canva, c'est une fraction du temps que tu as mis à créer l'épisode original. La contrainte, c'est la régularité - faire ça à chaque publication. Beaucoup délèguent cette partie à un freelance pour quelques heures par semaine.
Quelle est la différence entre transcription et notes d'épisode ? +
La transcription, c'est le script mot pour mot - tous les mots que tu as prononcés, mis en forme. Les notes d'épisode, c'est un résumé court qui donne envie d'écouter l'épisode dans l'appli podcast. Les deux ont des usages différents : la transcription booste le SEO et touche les lecteurs, les notes convertissent les curieux en auditeurs. Idéalement, tu proposes un résumé en introduction de la transcription pour servir les deux objectifs.
Le cadeau bonus est-il vraiment utile pour réutiliser son contenu ? +
C'est même le format le plus rentable à long terme. Pourquoi ? Parce que c'est le seul qui te rapporte un contact email. Les autres formats touchent ton audience existante ou des gens qui tombent sur toi par hasard. Le cadeau bonus capte une adresse, une permission, un début de relation directe. La condition : que le bonus soit vraiment utile, pas un prétexte.
Peut-on réutiliser son contenu sur Medium et les sites tiers ? +
Oui, sous forme de guest post réécrit ou de publication directe sur Medium. Medium donne de la visibilité et construit la crédibilité. Mais attention : tu ne possèdes pas l'audience que tu construis là-bas. La plateforme peut changer ses règles. A utiliser comme levier de visibilité, pas comme stratégie de long terme.
Comment réutiliser son contenu pour améliorer son SEO ? +
La transcription est l'outil le plus direct. Le style oral - phrases courtes, vocabulaire simple, structure conversationnelle - correspond exactement à ce que Google valorise depuis les mises à jour récentes. En plus, chaque format dérivé (article invité, FAQ, vignette avec texte) crée des points d'entrée supplémentaires dans les moteurs de recherche.

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