quiz lead magnet

La stratégie du quiz – Episode 201

Épisode diffusé le 19 octobre 2023 par Estelle Ballot

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Un quiz lead magnet qui rapporte 235 inscrits qualifiés en cinq semaines, en plein mois d’août, quand tout le monde est censé être en mode plage et apéro. Estelle Ballot, créatrice du Podcast du Marketing (plus de 50 000 écoutes par mois au moment de l’épisode 201), a fait exactement ça cet été-là. Et ce n’est pas un coup de chance.

Le quiz comme outil de collecte d’emails, ça existe depuis longtemps. Ce qui est rare, c’est de voir quelqu’un l’expliquer sans bullshit, chiffres à l’appui, avec les erreurs à éviter et les paramétrages techniques qui font la différence. C’est ce qu’elle fait dans cet épisode – et c’est pour ça que ça vaut la peine d’en parler.

Ce qui m’a frappé en écoutant, c’est la simplicité du raisonnement. Pas de growth hack chelou, pas de tunnel à 14 étapes. Juste une mécanique ancienne (le questionnaire de magazine) recyclée dans un contexte B2B, avec un vrai apport de valeur derrière. Du Biba appliqué au marketing entrepreneurial. Dit comme ça, ça a l’air évident. Ça ne l’est pas.

Alors comment ça fonctionne vraiment, pourquoi c’est sous-utilisé, et qu’est-ce qu’il faut concrètement faire pour que ça marche – et pas juste pour cocher une case dans sa stratégie de contenu ?

Ce que le quiz lead magnet a de différent des autres aimants à emails

La plupart des lead magnets ont un problème structurel : ils demandent un effort d’un côté (l’adresse email, la confiance) contre quelque chose d’abstrait de l’autre (un PDF que personne ne lit, un webinaire qu’on oublie d’écouter). Le taux d’abandon est logique.

Le quiz inverse la dynamique. On commence par jouer, et l’email arrive à la fin – presque comme une formalité pour récupérer son résultat. Ce n’est plus une barrière, c’est une étape naturelle du parcours.

Estelle Ballot le formule simplement :

« Un lead magnet, c’est donner une raison à votre audience pour elle de vous donner son adresse email. Donc ce quiz, je l’utilise littéralement comme un lead magnet, c’est-à-dire que je vais proposer un quiz. Les personnes qui sont intéressées vont remplir ce quiz et pour avoir le résultat du quiz, le résultat de la personnalité, et bien, il faut qu’elles me donnent leur adresse email pour que tout simplement je puisse leur envoyer les résultats. »

Voilà. C’est aussi simple que ça – et c’est exactement pour ça que ça marche.

Ce mécanisme tire parti de ce qu’on appelle la gamification. Pas dans le sens flashy du terme (badges, points, leaderboards). Dans le sens basique : on engage quelqu’un dans une action ludique, et cette personne a statistiquement plus de chances de continuer à agir une fois qu’elle a commencé. C’est de la psychologie comportementale élémentaire, mais peu de créateurs de contenu l’utilisent vraiment dans leur stratégie de communication.

Le vrai différentiateur du quiz lead magnet par rapport à un ebook ou une checklist ? La réciprocité perçue. La personne a investi du temps à répondre, elle a envie de voir ce que ça donne. L’email devient la monnaie d’échange naturelle. Pas une taxe d’entrée.

235 leads en août : les chiffres qui méritent qu’on s’y attarde

Cinq semaines. Pleine période estivale. 235 réponses complètes avec adresses email valides. Et dans ce chiffre, une grosse moitié de nouvelles personnes – pas des abonnés déjà existants qui repassent par la case formulaire.

Pour relativiser : le Podcast du Marketing tourne à 50 000 écoutes mensuelles. Donc on parle d’un taux de conversion qui reste modeste en volume absolu. Mais ce n’est pas le bon angle de lecture. Ce sont des leads qualifiés – des gens qui ont pris 3 à 5 minutes pour répondre à plusieurs questions sur leur parcours entrepreneurial. Ils ne sont pas là par accident.

Et ce n’est pas tout. Estelle mentionne un quiz plus ancien, mis en ligne au tout début du podcast :

« Pour info, j’ai un quiz beaucoup plus vieux hein que j’ai mis en place, je crois au tout début du podcast du marketing. Celui-là, il m’a rapporté plus de 2000 personnes, 2000 inscriptions sur ma base email. Donc c’est pas rien du tout comme stratégie. »

2 000 inscrits sur la durée, avec un seul quiz. C’est exactement le problème avec les lead magnets qu’on crée, qu’on abandonne deux mois après, et qu’on remplace par un autre PDF. Un quiz bien conçu tourne en continu, sans maintenance lourde.

Ce qui m’agace un peu dans la façon dont on parle de ce genre d’outil dans les articles de blog habituels, c’est qu’on s’arrête toujours aux gros chiffres sexys. 2 000 inscrits, oui – mais Estelle insiste sur quelque chose de plus intéressant : la data collectée sur les répondants. Elle savait déjà, intuitivement, que son audience était majoritairement composée d’entrepreneurs en phase de croissance. Le quiz a confirmé cette intuition. Ce n’est pas anodin : valider ses hypothèses sur son persona change radicalement l’approche de segmentation qu’on adopte ensuite.

Les 5 objectifs d’un quiz lead magnet – et lequel choisir en premier

Cinq objectifs distincts. C’est la partie de l’épisode qui m’a semblé la plus utile, parce que la plupart des gens qui lancent un quiz n’en ont qu’un vague en tête : « collecter des emails ». C’est trop flou pour bien construire le quiz ensuite.

Estelle les liste avec une précision qui aide vraiment à cadrer le projet :

  • Attirer une audience froide : des gens qui ne vous connaissent pas encore, via du paid ou du partage organique

Segmenter une audience existante : vous avez déjà une base, le quiz vous donne les informations manquantes pour mieux la découper. Créer de l’interaction pure, c’est-à-dire de la gamification dans son sens le plus direct – faire agir son audience pour la sortir de la passivité. Générer de l’engagement post-résultat : une fois le résultat reçu, la personne est dans un état d’esprit favorable pour passer à l’action suivante (écouter des épisodes, rejoindre une offre, s’inscrire à un événement). Et enfin, convertir une audience dispersée vers sa base email – le chantier le plus stratégique pour qui a une présence multicanal.

Ce dernier point mérite qu’on s’y arrête. L’algorithme d’Instagram ne vous doit rien. Votre liste email, si. C’est une distinction que j’entends répéter depuis 2015 et qui reste aussi vraie aujourd’hui – peut-être encore plus avec la dégradation continue de la portée organique sur tous les réseaux. Le quiz lead magnet est l’un des rares outils qui crée une vraie raison de migrer d’un réseau social vers une base email. Pas juste un « abonnez-vous à ma newsletter » posé en bio.

Pour ceux qui organisent des webinaires régulièrement, d’ailleurs, cette logique de conversion multicanal s’applique exactement de la même façon.

Construire un quiz lead magnet qui tient la route : les étapes dans le bon ordre

Le piège classique : on commence par les questions. C’est une erreur.

Estelle est formelle là-dessus – et c’est la partie la plus contre-intuitive de son approche :

« Avant même de créer les questions, c’est bien plus intéressant de commencer par trouver les résultats. En l’occurrence moi, j’avais eh bien des gens qui étaient plus ou moins avancés dans leur cheminement entrepreneurial. Donc j’ai fait trois, j’ai divisé en trois parties, des gens qui sont encore au début de leur cheminement, des gens qui sont déjà en croissance et puis des gens qui sont déjà bien établis. »

Trois personnalités, trois playlists d’épisodes, trois parcours de lecture. Et ensuite seulement : les questions qui permettent d’orienter vers l’un des trois résultats. La logique est imparable – si tu ne sais pas où tu veux emmener les gens, tu ne sais pas quoi leur demander.

Côté technique, deux points bloquants à régler avant de lancer quoi que ce soit. Premier point : la connexion entre le logiciel de quiz et la base email. En natif si possible (Estelle utilise MailChimp directement branché à son outil). Sinon, via Zapier ou Make pour automatiser le transfert des adresses. Les automatisations de ce type sont aujourd’hui accessibles à n’importe quel indépendant, même sans compétences techniques.

Deuxième point : la capacité du logiciel à taguer automatiquement les répondants selon leur résultat. C’est là que la data devient vraiment exploitable. Sans ce tagging, vous avez une liste d’emails. Avec, vous avez une base segmentée – et c’est une différence de valeur considérable pour la suite.

Sur le choix du logiciel, Estelle ne donne pas de nom (elle utilise le même depuis dix ans, ce qui dit quelque chose sur le sujet). Elle conseille juste de vérifier deux choses : la connexion native avec votre ESP, et les options de tagging automatique. Si vous êtes sur WordPress, un plugin dédié simplifie l’intégration. Si ça ne suffit pas, travailler avec des outils d’automatisation résout généralement le problème.

La data collectée – ce qu’on en fait vraiment (et ce qu’on oublie souvent de faire)

Récupérer 235 réponses structurées sur son audience, c’est bien. Ne pas ouvrir le fichier pendant trois mois parce qu’on manque de temps, c’est le scénario le plus probable (et le plus frustrant).

Estelle est honnête là-dessus :

« Ce qui est important, c’est d’un moment donné prendre le temps de s’arrêter et de regarder, de prendre un petit peu de distance avec son marché, avec sa stratégie, avec sa façon de travailler et de voir si cette audience qu’on connaît un petit peu mieux maintenant qu’on a les data de ce quiz, est-ce que cette audience est bien en phase avec ce qu’on propose ? »

C’est là que la plupart ratent. On collecte, on archive, on passe à autre chose. Alors que l’intérêt du quiz lead magnet n’est pas uniquement dans les adresses collectées – c’est dans ce que ces réponses révèlent sur le décalage potentiel entre ce qu’on propose et ce dont les gens ont besoin.

Dans son cas : la confirmation que son audience est majoritairement en phase de croissance, pas en démarrage. Ce n’est pas une information anodine. Ça oriente le choix des sujets d’épisodes, le niveau de technicité des contenus, et la nature des offres qu’elle peut proposer. Une validation, ou une remise en question – selon ce que les chiffres disent.

Sur la segmentation email qui suit : Estelle nuance volontairement. Non, ça ne veut pas dire envoyer 15 versions différentes de chaque newsletter. Ça veut dire avoir la possibilité d’envoyer un email spécifique au bon segment au bon moment – notamment pour une offre commerciale qu’il serait contre-productif d’envoyer à quelqu’un qui vient d’arriver. C’est une logique similaire à ce qu’on retrouve dans les approches de lancement en beta – on cible d’abord les plus mûrs, pas tout le monde en même temps.

Ce qu’il faut retenir – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise il y a quelques années – c’est que la segmentation n’est pas une fin en soi. C’est un outil de pertinence. Et un quiz bien construit est l’un des moyens les plus efficaces d’alimenter cette pertinence sans que ça coûte un budget de prod pharaonique.

Mais bon. Tout ça suppose qu’on ait d’abord bien défini son persona. Sans ça, on crée des questions pour soi – pas pour les gens qu’on veut toucher. Et c’est souvent là que ça plante, bien avant même d’ouvrir un logiciel de quiz.

Questions fréquentes

C'est quoi un quiz lead magnet exactement ? +
Un quiz lead magnet, c'est un questionnaire en ligne - souvent de type test de personnalité - que vous proposez à votre audience. Pour recevoir les résultats, la personne donne son adresse email. C'est une façon de collecter des leads qualifiés en échange d'une valeur réelle : un diagnostic, une playlist personnalisée, des recommandations adaptées au profil du répondant.
Combien de leads peut-on espérer avec un quiz lead magnet ? +
Ça dépend évidemment de la taille de votre audience et de la pertinence du quiz. Estelle Ballot, créatrice du Podcast du Marketing (50 000 écoutes/mois), a collecté 235 réponses complètes en 5 semaines avec un quiz lancé en été. Son quiz le plus ancien lui a rapporté plus de 2 000 inscrits sur la durée. Ce qui compte davantage que le volume brut, c'est la qualité des leads : des gens qui ont pris le temps de répondre sont beaucoup plus engagés qu'un téléchargement de PDF.
Quel logiciel utiliser pour créer un quiz lead magnet ? +
Il en existe beaucoup. Si vous êtes sur WordPress, un plugin dédié est la solution la plus simple. L'essentiel est de vérifier deux choses : que le logiciel peut se connecter à votre base email (en natif ou via Zapier/Make), et qu'il permet de taguer automatiquement les répondants selon leur résultat. Ces deux fonctionnalités font toute la différence pour exploiter la data collectée.
Comment structurer les questions d'un quiz lead magnet ? +
Commencez par définir les résultats - les 'personnalités' ou profils que vous voulez identifier - avant de créer les questions. Si vous partez des questions, vous risquez de collecter des données qui ne vous servent à rien. Une fois vos 3 à 5 profils définis, les questions découlent naturellement : elles doivent permettre d'orienter la personne vers l'un de ces profils.
Un quiz lead magnet ça marche aussi pour une audience froide ? +
Oui. C'est même l'un des cinq objectifs qu'Estelle Ballot identifie pour ce type d'outil. Un quiz partagé sur les réseaux sociaux ou promu en paid peut toucher des personnes qui ne vous connaissent pas encore - et leur faire découvrir votre univers via une mécanique ludique, avant même qu'elles arrivent sur votre site.
Faut-il segmenter ses emails différemment après un quiz lead magnet ? +
Pas nécessairement à chaque envoi - ce serait chronophage et souvent inutile. L'idée, c'est d'avoir la possibilité de segmenter quand c'est pertinent : pour une offre commerciale qui ne s'adresse qu'à un profil spécifique, ou pour un contenu ciblé sur un niveau d'expérience particulier. La segmentation issue du quiz vous donne une carte, pas une obligation d'envoyer 15 emails différents chaque semaine.

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