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Utiliser la vidéo pour la publicité Facebook avec Joëlle Gondrin – Episode 61

Épisode diffusé le 18 février 2021 par Estelle Ballot

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La publicité facebook vidéo ressemble de loin à quelque chose de simple. Tu filmes un truc, tu l’uploades, tu mets un budget, et tu attends. Sauf que non. Ce qui se passe dans les trois premières secondes de ta vidéo peut représenter – selon une étude Nielsen commandée par Facebook – près de la moitié de la valeur totale d’une campagne. La moitié. Sur trois secondes. Si t’as jamais entendu ce chiffre, c’est normal : personne ne le dit vraiment à voix haute.

Joëlle Gondrin, directrice artistique chez J7 Media – une agence montréalaise spécialisée en Facebook Ads – a eu accès à quelque chose que la plupart des agences n’ont pas : des formations directement avec les équipes de Facebook, en vidéoconférence depuis Chicago, mais aussi en présentiel. Un workshop complet. Des données internes. Le genre de trucs qu’on ne trouve pas dans un article de blog généraliste. C’est ce qu’elle a partagé dans cet épisode du Podcast du Marketing, et franchement, il y a des points qui remettent sérieusement en question la façon dont on fabrique des créas aujourd’hui.

Six conseils. Pas vingt. Pas une liste exhaustive qui finit en soupe. Six points concrets, testés en conditions réelles, validés par l’algo lui-même. Et le dernier conseil contredit en partie les cinq autres – ce qui est, paradoxalement, le plus utile de tout l’épisode.

Garder ça court : 15 secondes, voire 5

Le premier réflexe quand on pense «pub vidéo», c’est de vouloir tout dire. Le produit, la promesse, les arguments, le prix, le call-to-action. En 60 secondes. Comme un spot télé. Joëlle Gondrin démonte ça dès le départ.

La recommandation de Facebook date de 2018 – et elle tient toujours. Maximum 15 secondes. Et si tu peux descendre à 5 ou 6 secondes, fais-le. Ce n’est plus vraiment une vidéo à ce stade, c’est presque un GIF animé. Mais ça marche.

«Selon une étude que Facebook nous a partagé, ajouter un peu d’animation à un visuel statique pour en faire une vidéo de 5-6 secondes – c’est associé à une augmentation des ventes de presque 22% dans certains cas.»

22%. Sur une image qu’on fait bouger légèrement. Le logo qui pulse, un élément de fond qui se déplace. Ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand je regardais des agences se battre pendant des semaines sur des productions vidéo coûteuses – c’est que parfois, l’animation minimale surperforme la vraie vidéo.

Mais le vrai truc derrière cette logique du court, c’est la gestion des arguments. Tu ne peux pas tout dire en 15 secondes. Alors au lieu d’essayer, tu crées plusieurs mini-vidéos – chacune avec un argument différent – qui cohabitent dans le même ad set. L’algorithme teste, distribue, optimise. Toi tu fournis la matière. C’est une logique de volume créatif, pas de perfection unique. Et pour ceux qui cherchent à comprendre comment les créas Facebook Ads convertissent vraiment, cette approche multi-formats change complètement l’équation.

Le format carré : l’arbitrage le plus pragmatique

En 2003, personne ne pensait au 9/16. Évidemment. La télé, c’était du 16/9, et ça s’arrêtait là. Le problème, c’est qu’en 2021 – date de cet épisode – et encore plus aujourd’hui, la majorité des gens consultent Facebook et Instagram sur leur téléphone. Et une vidéo en 16/9 sur un écran vertical, ça donne une image minuscule, entourée de bandes noires, avec du texte illisible.

Joëlle Gondrin recommande le format carré : 1080 x 1080 pixels. Pas parce que c’est le plus beau. Parce que c’est le plus versatile.

«C’est le format qu’on utilise le plus parce qu’il fonctionne bien dans Facebook, dans Instagram. Instagram a même sorti des nouvelles fonctions pour les publicités en stories – si le placement va aussi dans les stories, il y a une animation qui rend le visuel un peu plus attirant. Vous avez même pas besoin nécessairement de créer systématiquement des formats pour les stories.»

Dit comme ça, ça a l’air simple. Et en fait, ça l’est. Un seul format à produire, qui passe partout, sans qu’on ait à décliner en trois versions différentes. Pour des équipes qui gèrent des dizaines de campagnes en parallèle, c’est pas anodin comme gain de temps.

Le point plus large derrière ça : penser mobile d’abord, pas desktop. Pas «aussi mobile». D’abord mobile. Tout le reste est secondaire.

publicité facebook vidéo : les trois premières secondes sont le climax

Voilà le retournement central de cet épisode. Dans la publicité classique – et dans le storytelling en général – on fait monter la tension, on crée du suspense, et le point fort arrive à la fin. Le reveal. La chute. Le produit qui apparaît.

Sur Facebook, c’est exactement l’inverse qu’il faut faire.

L’étude Nielsen citée par Joëlle Gondrin est assez brutale là-dessus : une vidéo vue pendant moins de 2 secondes peut générer plus d’un tiers de la mémorisation et de l’intention d’achat d’une campagne. Et près de la moitié de la valeur d’une publicité vidéo réside dans les trois premières secondes. Pas à la fin. Pas au milieu. Au début.

Pourquoi ? Parce que l’utilisateur sur Facebook n’est pas captif. Personne ne l’oblige à regarder quoi que ce soit. Il scrolle. Et si ta vidéo ne l’accroche pas dans les deux premières secondes, il est parti. Ta marque n’apparaît pas encore ? Trop tard.

«Dans les trois premières secondes, il faut absolument qu’il y ait du mouvement, qu’on ajoute de la valeur, qu’on dise qu’est-ce qu’on offre à la personne. Le but c’est d’arrêter le scroll. C’est ça le défi. Donc si on est captivant dans les trois premières secondes, puis même si la personne continue à scroller – si dans les 3 secondes on lui a dit ce qu’on voulait lui dire – ben c’est déjà ça.»

C’est exactement le problème. On passe des heures à peaufiner la fin d’une vidéo que 80% de l’audience n’atteindra jamais. C’est du travail pour rien – ou presque.

La conséquence directe : la marque doit apparaître dans les trois premières secondes. Logo, couleurs, porte-parole, produit reconnaissable. Pas à la fin comme une signature. Au début, comme une poignée de main. Ce point est directement lié à ce qu’on voit aussi du côté des erreurs classiques en publicité Facebook – l’intro trop longue avant le message est l’une des premières choses à corriger.

Le produit comme héros, pas comme conclusion

Même logique que pour la marque, mais appliquée au produit lui-même. Dans une narrative classique, le produit arrive comme la récompense. Tu as créé le besoin, maintenant voilà la solution. Sur Facebook, cette mécanique ne fonctionne pas – les gens ne restent pas assez longtemps pour mériter la récompense.

Joëlle Gondrin est directe là-dessus : le produit doit être le héros de la vidéo. Présent le plus tôt possible. Sous toutes ses facettes si possible – toutes les couleurs disponibles, tous les angles. Et l’objectif, c’est de minimiser le temps passé dans la vidéo sans voir le produit.

Ce que ça implique concrètement, c’est un travail en amont plus important qu’on ne le croit. Quels sont les atouts du produit ? Qu’est-ce qui intéresse vraiment l’audience – pas toi, l’audience ? Quel est le détail visuel qui va déclencher l’envie ? Ce n’est pas un problème de production. C’est un problème de réflexion stratégique. Et parfois, les meilleures réponses viennent des contraintes.

«Des fois on n’a pas beaucoup de matériel avec lequel travailler. C’est là que je pense qu’on peut être vraiment créatif. Les vidéos peuvent être complexes au niveau graphique, au niveau visuel. Mais si elles sont bien faites, bien réfléchies, si on a un bon texte sur l’image, on peut créer quelque chose d’absolument exceptionnel – qui ne demande pas de travailler avec une grande agence pour le créer.»

Voilà. La contrainte budgétaire n’est pas une excuse pour une mauvaise publicité facebook vidéo. C’est parfois l’inverse – le manque de moyens force à aller chercher l’essentiel. Et l’essentiel, c’est ce qui convertit. Les grandes productions peuvent cacher une pensée créative floue derrière un beau rendu. Une vidéo faite sur téléphone avec un message clair n’a pas ce problème.

Son ou pas son : la réponse n’est pas la même selon le placement

80%. C’est la proportion de vidéos sur Facebook qui sont regardées sans le son. Pas 20%, pas 40%. 80. La grande majorité des gens ont le son coupé quand ils scrollent leur feed.

Ça a une conséquence immédiate : si ta vidéo repose sur une narration audio, une voix-off, un dialogue – sans sous-titres, tu perds 80% de ton audience sur le message. Le format le plus robuste reste donc la combinaison texte sur image + sous-titres. Le message passe visuellement, le son est un bonus.

Facebook propose un outil de sous-titrage dans la plateforme – et Joëlle Gondrin préconise de l’utiliser plutôt que de brûler les sous-titres directement dans la vidéo. Pourquoi ? Parce que les sous-titres générés par la plateforme s’adaptent à la taille de l’écran. Sur mobile, ils seront automatiquement plus gros. C’est un détail qui change la lisibilité de façon significative (et c’est souvent là que ça coince dans les campagnes mal produites).

Mais – et c’est le contre-point important – les stories, c’est l’inverse. 60% des stories sont vues avec le son. Aux États-Unis, Facebook a démontré que les publicités stories Instagram étaient perçues comme plus pertinentes avec du son qu’sans. Donc si tu crées spécifiquement pour les stories, le son devient non négociable.

En gros : son optionnel sur le feed, son obligatoire sur les stories. Deux contextes, deux logiques. La plupart des briefs n’en tiennent pas compte – tout est traité de la même façon. C’est une erreur. Pour aller plus loin sur la manière dont Meta a fait évoluer ses formats publicitaires ces dernières années, le sujet du son en fait partie intégrante.

Et pour les curieux qui pensent que tout ça ne concerne que Facebook – les mêmes questions de format et de placement se posent sur d’autres canaux. La vidéo en programmatique, par exemple, suit des logiques partiellement similaires sur l’attention et le timing. Si ça t’intéresse, il y a un épisode qui détaille comment fonctionne la vidéo en programmatique avec ses propres règles de setup.

Le seul conseil qui résiste à tous les autres : tester l’inverse

C’est le point qui m’a le plus intéressé – et pas pour les raisons évidentes. Joëlle Gondrin termine l’épisode en disant quelque chose que la plupart des experts évitent de dire : ses conseils ne sont pas une formule magique.

Chaque secteur a ses particularités. Ce qui cartonne pour une marque de e-commerce peut planter pour un service B2B. Ce qui fonctionne pour une audience américaine peut ne pas résonner de la même façon en France. Et parfois, faire exactement l’inverse de ce qui est recommandé donne les meilleurs résultats.

Le test est donc la seule vraie méthode. Pas «tester» au sens vague du terme – au sens opérationnel. Tu prends ton meilleur visuel statique. Tu l’animes légèrement. Tu changes la couleur. Tu modifies le texte. Tu crées une version avec le produit dès la première seconde, et une autre avec un accroche émotionnelle d’abord. Tu mesures. Tu recommences.

La publicité facebook vidéo n’est pas une science exacte – c’est un processus itératif. Ce que Facebook recommande, c’est une base de travail, pas un dogme. Et d’ailleurs, les partenaires marketing de Facebook comme J7 Media ont accès à ces données précisément pour les tester, pas pour les appliquer mécaniquement.

Ce qui m’agace dans la plupart des articles sur le sujet, c’est qu’on présente des «best practices» comme si c’était gravé dans le marbre. Alors que Facebook lui-même dit : testez l’inverse. Essayez les choses différentes. Parce que peut-être que pour vous, ça marchera autrement. C’est rare d’entendre ça de la bouche de quelqu’un qui vient directement de l’écosystème de la plateforme.

La publicité facebook vidéo efficace, au final, c’est celle qui a été testée. Pas celle qui a été parfaitement conçue en chambre. Et ça, c’est une nuance que beaucoup de briefs créatifs oublient complètement. Pour ceux qui gèrent aussi des campagnes sur d’autres canaux payants et qui cherchent à comparer les logiques d’acquisition, les questions de répartition des budgets pub entre GAFA et open web posent exactement ce même problème : où est-ce que ça teste le mieux, et pour quel coût réel ?

Questions fréquentes

Quelle durée idéale pour une publicité facebook vidéo ? +
Facebook recommande de garder les vidéos courtes - maximum 15 secondes. Des formats encore plus courts de 5 à 6 secondes, proches d'un GIF animé, sont associés à une augmentation des ventes de près de 22% dans certains cas selon des données internes Facebook partagées avec J7 Media. L'idée : si vous avez plusieurs arguments à communiquer, créez plusieurs mini-vidéos courtes plutôt qu'une seule vidéo longue qui tente de tout dire.
Quel format vidéo utiliser pour une publicité facebook vidéo ? +
Le format carré 1080 x 1080 pixels est le plus recommandé pour sa polyvalence. Il fonctionne bien sur Facebook et Instagram, sur mobile comme sur desktop. Le format 16/9 classique - hérité de la télévision - est à éviter car il produit une image trop petite sur un écran de téléphone, avec du texte difficile à lire et moins d'impact visuel.
Pourquoi les 3 premières secondes sont cruciales dans une publicité facebook vidéo ? +
Selon une étude Nielsen commandée par Facebook, près de la moitié de la valeur d'une publicité vidéo réside dans les trois premières secondes. Par ailleurs, une vidéo vue moins de 2 secondes peut déjà générer plus d'un tiers de la mémorisation et de l'intention d'achat. Sur Facebook, l'utilisateur n'est pas captif : s'il n'est pas accroché immédiatement, il scrolle. La marque et le produit doivent donc apparaître dès le début, pas à la fin.
Faut-il mettre du son dans une publicité facebook vidéo ? +
Sur le feed Facebook, 80% des vidéos sont regardées sans le son. Les sous-titres deviennent donc indispensables si la vidéo contient une narration. Sur les stories Instagram en revanche, 60% sont vues avec le son - et les publicités y sont perçues comme plus pertinentes quand elles incluent du son. En pratique : prévoyer systématiquement des sous-titres pour le feed, et travailler le son soigneusement si vous créez des formats spécifiques pour les stories.
Comment faire une publicité facebook vidéo sans gros budget production ? +
Prendre un visuel statique existant et y ajouter quelques animations légères - un logo qui bouge, un élément de fond animé - suffit à créer une vidéo de 5-6 secondes fonctionnelle. C'est l'une des recommandations directes de Facebook : cette simple transformation d'une image fixe en vidéo courte peut augmenter les ventes de près de 22%. Pas besoin d'une agence de production. La réflexion sur le message et la mise en avant du produit comptent bien plus que la qualité technique de la vidéo.
Quand faut-il faire apparaître la marque dans une publicité facebook vidéo ? +
Dans les trois premières secondes. C'est l'inverse du storytelling classique où la marque apparaît en signature à la fin. Sur Facebook, la logique est inversée : logo, couleurs de marque, porte-parole ou produit reconnaissable doivent être visibles immédiatement. C'est directement associé à de meilleurs résultats de mémorisation et de conversion.

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