présence sur les canaux digitaux

Optimiser votre présence là où vos prospects vous cherchent déjà – Episode 278

Épisode diffusé le 10 avril 2025 par Estelle Ballot

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Gérer sa présence sur les canaux digitaux quand on est solo ou en petite équipe, c’est souvent la même histoire : on s’épuise à tout faire, partout, tout le temps – et les prospects ne viennent pas. Estelle Ballot, consultante marketing et créatrice du Podcast du Marketing (278 épisodes au compteur, 10 000 abonnés newsletter), a mis le doigt sur quelque chose que la plupart des marketeurs évitent de se dire à voix haute. Ses clients font souvent pareil. Et elle l’a vu se répéter assez souvent pour en faire un épisode entier.

L’illusion d’être partout : ce que ça coûte vraiment

Voici ce qui s’est passé avec une de ses clientes, une entrepreneur dans le bien-être. Instagram, Facebook, Pinterest, articles de blog, newsletter, vidéos YouTube – elle faisait littéralement tout. Tous les jours. Et elle avait quand même très peu de demandes entrantes, très peu de ventes, une fatigue qui montait.

« Je parle tout le temps, mais j’ai l’impression que personne ne m’écoute. »

C’est elle qui l’a dit, pas Estelle. Et franchement, c’est la phrase que j’aurais pu entendre dans la bouche de la moitié des fondateurs que je croise en mission freelance. Alors elles ont regardé les données ensemble. Résultat : 80 % des prospects qualifiés arrivaient via les articles de blog. Presque aucun via Instagram – là où cette cliente passait, elle aussi, environ 80 % de son temps de création.

Voilà. La disproportion est tellement nette qu’elle en devient presque comique. Mais c’est exactement ce que génère la pression d’être visible partout : une présence sur les canaux digitaux qui consomme tout sans produire grand-chose sur les canaux qui comptent vraiment.

Ce qu’on oublie – et c’est là que ça coince – c’est que la visibilité de masse n’est pas une stratégie. C’est une réaction à l’anxiété. On poste parce qu’on a peur de disparaître. Et pendant ce temps, les prospects cherchent des réponses là où ils ont leurs habitudes. Pas là où l’algorithme nous force à aller.

Pourquoi la présence sur les canaux digitaux ne se gère pas à l’instinct

Trois questions que personne ne se pose vraiment, et pourtant elles changent tout.

D’abord : comment vos prospects actuels vous ont-ils trouvé ? Via un post LinkedIn, une recherche Google, un épisode de podcast, un webinaire ? Cette information, elle est quelque part – dans vos données analytiques, dans les formulaires de contact, dans les emails de nouveaux clients. Si vous ne l’avez pas, vous pouvez simplement le demander. Un champ dans votre formulaire. Un email direct. « Comment avez-vous entendu parler de moi ? » C’est basique. Et c’est souvent là que tout bascule.

Ensuite : qu’est-ce qui a déclenché le premier contact ? Pas juste le canal – le contenu précis. L’article sur quel sujet ? L’épisode sur quelle problématique ? Cette granularité-là, c’est de l’or. Parce qu’elle vous dit non seulement aller, mais quoi dire.

Et troisièmement : où est-ce que votre audience cible consomme déjà du contenu ? Quels newsletters elle lit, quels podcasts elle écoute, en qui elle a confiance. (Ce dernier point est souvent celui qu’on zappe, alors que c’est peut-être le plus stratégique – placer du contenu dans un espace de confiance existant, c’est une autre histoire que de crier dans le vide.)

Estelle est directe sur ce point :

« Ne restez pas juste sur « Non mais attends, moi je sais que c’est sur Instagram que tout se passe. » Allez regarder les data. Même si vous n’en avez pas beaucoup, on peut toujours trouver de la data. »

C’est exactement le problème. On défend nos intuitions comme si elles avaient été testées. Ce n’est généralement pas le cas. Et la bonne gestion de sa présence sur les canaux digitaux commence précisément par renoncer à cette certitude confortable.

Elle cite l’exemple du lien Bitly sur LinkedIn. LinkedIn vous donne des vues, des commentaires, de l’engagement – mais pas le nombre de clics vers votre site ou votre épisode. Résultat : des posts avec beaucoup de likes qui n’envoient personne nulle part, et d’autres, moins populaires, qui génèrent de vrais clics. Ce n’est pas la même chose. Et si vous ne faites pas cette distinction, vous optimisez pour les mauvais signaux. Pour comprendre pourquoi les réseaux sociaux peuvent être un piège pour votre business, c’est exactement ce mécanisme qu’il faut décortiquer.

La méthode du focus ciblé : une présence sur les canaux digitaux qui rapporte

Un seul canal principal. Pas deux, pas trois – un.

Ça paraît radical. Et ça l’est. Mais c’est la logique derrière ce qu’Estelle appelle la méthode du focus ciblé, et elle repose sur une idée simple : la présence sur les canaux digitaux ne devient efficace que quand elle est concentrée là où vos prospects passent réellement leur temps.

Ce canal prioritaire, c’est soit celui qui vous rapporte déjà des prospects, soit celui que votre persona fréquente naturellement. Si vous ciblez des professionnels B2B, LinkedIn s’impose probablement. Si vous parlez à des créateurs de contenu, l’audio pendant leurs déplacements. Si votre audience est constituée de mamans débordées, peut-être une newsletter du matin – pas un blog qu’elles n’ont pas le temps d’aller chercher.

Ce qui est intéressant dans l’approche d’Estelle, c’est qu’elle ne dit pas d’ignorer les autres canaux. Elle dit de recycler stratégiquement. Un épisode de podcast devient une newsletter, un carrousel Instagram, une citation pour LinkedIn. Un article de blog donne trois posts. Une vidéo se découpe en shorts. Ce n’est pas une question de faire moins – c’est une question de ne produire qu’une seule fois le contenu qui compte, puis de le diffuser en adaptant le format. Pour aller plus loin sur les choix de format, la question écrit, audio ou vidéo mérite d’être posée sérieusement avant de vous lancer sur un canal.

« Maximisez votre impact sans multiplier votre charge de travail, c’est là où la magie opère. »

Dit comme ça, ça a l’air simple. Et en fait, ça l’est – à condition d’avoir fait le travail préalable d’identification du bon canal. Sans ça, recycler du contenu d’un canal inefficace vers un autre, c’est juste déplacer le problème.

Quand la tendance devient un piège

Tout le monde est sur la vidéo en ce moment. Et donc tout le monde se demande s’il faut y aller.

Estelle prend ça à bras-le-corps, et c’est là qu’elle dit quelque chose que j’aurais aimé entendre plus tôt dans ma carrière : le fait qu’une tendance existe ne signifie pas qu’elle est faite pour vous. Deux raisons. D’abord, plus tout le monde y va, plus la concurrence monte – et ça ne joue pas nécessairement en votre faveur si vous débarquez tard. Ensuite, et surtout, si vous n’êtes pas à l’aise avec un format, vous allez y passer trois fois plus d’énergie pour un résultat probablement médiocre.

Un marketeur à l’aise à l’écrit qui force sur la vidéo parce que « c’est la tendance » va produire des vidéos molles, laborieuses, sans rythme – alors qu’une newsletter bien écrite, plus discrète sur le radar, pourrait cartonner. Et il y a peut-être moins de monde sur ce canal en ce moment, justement. Ce qui est loin d’être un désavantage. (Personne n’aime l’admettre, mais l’océan rouge des tendances est souvent moins rentable que l’océan bleu d’un format délaissé mais maîtrisé.)

La question que pose Estelle est finalement très personnelle : qu’est-ce que vous avez envie de faire ? Où êtes-vous réellement bon ? Ce n’est pas une question molle. C’est une question stratégique, parce que la régularité dépend aussi de l’énergie qu’on a à donner – et cette énergie s’évapore vite quand on fait quelque chose qui nous coûte.

Ce qui m’agace dans les conseils marketing classiques, c’est qu’ils traitent ça comme une décision purement rationnelle. Mais aucun créateur de contenu ne tient sur la durée avec un format qu’il déteste. Zéro. La présence sur les canaux digitaux, sur le long terme, repose aussi sur un engagement qui doit être tenable. Construire une stratégie de création de contenu avec le moins d’efforts possible est d’ailleurs un angle que Selma Chauvin a bien exploré sur ce même podcast.

L’automatisation n’est pas une solution de facilité – c’est une condition

Programmer à l’avance. Recycler le contenu qui a bien fonctionné. Republier ce qui a déjà marché six mois plus tard – parce que tout le monde ne l’a pas vu la première fois. Utiliser Zapier, Make, Notion pour les tâches répétitives à faible valeur ajoutée.

Ce n’est pas du tout paresseux. C’est une forme de discipline. L’idée derrière, c’est de libérer de la bande passante mentale pour les décisions qui comptent – la création, l’observation des données, les ajustements de cap.

Estelle le fait elle-même : tous les six mois, elle ressort des articles et des épisodes qui ont bien fonctionné, et elle les fait tourner à nouveau. Ça paraît basique. Et pourtant presque personne ne le fait systématiquement. On préfère créer du nouveau contenu plutôt que de valoriser ce qui existe déjà. Ce qui est, objectivement, l’inverse de ce qu’il faudrait faire quand on a peu de ressources. Le sujet du syndrome du contenu invisible est d’ailleurs directement lié à ça : on publie, mais personne ne voit vraiment.

La limite que j’assume ici : cette approche est pensée pour des solopreneurs ou de petites équipes. Si vous avez une équipe marketing de vingt personnes avec des budgets ads conséquents, la logique change. La présence sur les canaux digitaux se gère différemment quand vous pouvez tester en parallèle sur cinq canaux simultanément et mesurer proprement. Mais ce n’est pas la réalité de la majorité des gens qui écoutent ce type de podcast.

Ce que les données disent que vos intuitions ne diront jamais

Revenir aux données. Toujours.

Même quand vous n’en avez pas beaucoup, il y en a toujours quelque part. Analytics de blog, taux d’ouverture de newsletter, clics réels sur vos posts via Bitly, réponses à un simple sondage envoyé par email. Ce n’est pas du big data. Mais c’est suffisant pour arrêter de décider à l’aveugle.

Ce que dit Estelle sur les posts LinkedIn résume bien la confusion générale autour des métriques : des milliers de vues, peu de clics. C’est un contenu qui divertit ou qui génère de l’accord dans le feed – mais qui ne convertit pas en trafic qualifié. À l’inverse, un post moins glamour, moins commenté, qui envoie des gens vers un épisode de podcast ou une page de vente, vaut objectivement plus. Vous travaillez pour vous, pas pour l’algorithme.

Et ça, c’est peut-être la formulation la plus nette de tout l’épisode :

« Ce qui est important, c’est de comprendre là où est votre intérêt, là où se trouvent réellement les gens et d’aller chercher la vraie bonne data, d’aller croiser tout ça pour être sûr que vous travaillez non pas pour ce qui fait plaisir aux algorithmes, mais pour ce qui va vous faire plaisir à vous. »

Voilà. C’est aussi simple et aussi difficile que ça. Et si vous voulez aller plus loin sur la question de l’acquisition de prospects via des canaux email vs. réseaux sociaux, réseaux sociaux vs emailing pour générer des revenus en ligne est un épisode qui pousse la comparaison encore plus loin.

La présence sur les canaux digitaux efficace n’est pas une question de volume. C’est une question de précision. Mais ça demande un effort que beaucoup repoussent : regarder honnêtement là où ça ne marche pas, même quand on y a mis du temps et de l’ego.

Questions fréquentes

Comment choisir les bons canaux digitaux pour attirer des prospects ? +
Commencez par analyser d'où viennent vos prospects actuels : recherche Google, LinkedIn, podcast, newsletter ? Si vous n'avez pas cette donnée, posez directement la question à vos clients via un email ou un formulaire. Ce sont ces canaux-là qu'il faut prioriser, pas ceux où tout le monde poste en ce moment.
Est-ce vraiment utile d'être présent sur tous les réseaux sociaux ? +
Non. Être partout dilue votre énergie et produit du contenu générique qui ne touche personne vraiment. Une présence sur les canaux digitaux ciblée - un seul canal principal bien choisi - génère plus de prospects qualifiés qu'une présence dispersée sur cinq plateformes en même temps.
Comment recycler du contenu marketing sans paraître répétitif ? +
Un article de blog peut devenir trois posts LinkedIn. Un épisode de podcast peut alimenter une newsletter, un carrousel Instagram et plusieurs courts extraits vidéo. L'idée n'est pas de copier-coller mais d'adapter le format au canal. Et republier du contenu qui a bien marché six mois plus tard est tout à fait légitime : beaucoup de gens ne l'ont pas vu la première fois.
Faut-il suivre les tendances comme la vidéo pour sa stratégie de contenu ? +
Pas nécessairement. Une tendance forte attire aussi plus de concurrence. Et si vous n'êtes pas à l'aise avec un format, vous allez y dépenser trois fois plus d'énergie pour un résultat médiocre. Mieux vaut exceller sur un canal qui correspond à vos compétences naturelles que de courir après un format à la mode.
Comment mesurer l'efficacité de sa présence sur les canaux digitaux avec peu de données ? +
Utilisez des liens Bitly sur vos posts LinkedIn pour compter les vrais clics, pas juste les vues. Regardez les taux d'ouverture de votre newsletter. Ajoutez une question dans vos formulaires de contact : comment avez-vous entendu parler de moi ? Même quelques dizaines de réponses suffisent à identifier les canaux qui convertissent réellement.
Quelle est la différence entre vues et prospects qualifiés sur les réseaux sociaux ? +
Les vues et les likes mesurent l'intérêt dans le feed. Les clics, les inscriptions et les prises de contact mesurent l'intention d'achat. Un post avec 5000 vues et 3 clics vaut moins qu'un post avec 400 vues et 40 clics vers votre page de vente. Ce n'est pas la même métrique, et confondre les deux coûte cher en temps et en énergie.

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