outils digitaux entrepreneur

Les outils indispensables de votre stratégie digitale – Episode 30

Épisode diffusé le 2 avril 2020 par Estelle Ballot

Écouter l'épisode :

0:00 --:--
Vitesse

Les outils digitaux entrepreneur qui circulent sur les listes Pinterest ou les threads Twitter, on en a tous une collection. Des dizaines d’onglets ouverts, des comptes créés et jamais utilisés, des abonnements qu’on oublie de résilier. Le problème, c’est rarement le manque d’outils – c’est de savoir lesquels garder et pourquoi. Estelle Ballot, à la tête du Podcast du Marketing, a une réponse à ça. Et elle est moins évidente qu’il n’y paraît.

Dans l’épisode 30 de son podcast, enregistré pendant le confinement de 2020 (ce qui donne un contexte particulier à la notion d’efficacité), elle passe en revue sa stack personnelle – les outils qu’elle utilise vraiment, au quotidien, pour faire tourner son activité solo. Pas un comparatif sponsorisé. Pas un top 50 exhaustif. Sa sélection, avec ses raisons.

Ce qui m’a frappé dans cette approche, c’est le principe de départ qu’elle pose avant même de citer le premier outil. Un principe qui, si on l’applique vraiment, évite pas mal de mauvais choix. On y revient.

Le piège de l’outil parfait – et pourquoi aller vers le leader

Avant de parler de Canva ou de Mailchimp, Estelle Ballot pose un cadre. Si tu hésites entre deux outils qui font la même chose, prends le leader du marché. Trois raisons.

La première : si c’est leader, c’est probablement que c’est bien fait. Pas toujours, mais souvent. La deuxième : un outil très utilisé, c’est un outil documenté. Quand tu bloques sur quelque chose à 23h un dimanche, la réponse est déjà quelque part sur un forum.

«Un outil qui est utilisé par beaucoup de monde, ben c’est un outil pour lequel vous allez facilement trouver du support. Si vous êtes bloqués sur quelque chose, il y a toutes les chances pour qu’un autre utilisateur ait déjà rencontré ce problème et l’ait documenté.»

Voilà. C’est le genre de conseil qu’on lit partout et qu’on n’applique jamais assez.

La troisième raison, c’est l’intégration. Deux outils connus ont beaucoup plus de chances de se parler entre eux. Elle prend l’exemple d’un quiz connecté à une base emails : si les deux outils sont obscurs, tu vas passer trois heures à chercher un Zapier qui tient la route – et ça plante quand même. C’est souvent là que ça coince, et personne n’en parle franchement dans les articles de productivité.

Ce principe traverse toute sa sélection. Et c’est ce qui rend sa liste cohérente, pas juste une accumulation de screenshots.

Partager, retrouver, ne pas perdre son travail : les bases qu’on sous-estime

Office 365 couplé à Dropbox. Ou la suite Google, si tu préfères. Ce n’est pas le choix le plus glamour pour ouvrir une section sur les outils digitaux entrepreneur, mais c’est sans doute le plus critique.

L’argument d’Estelle est simple : tes fichiers doivent être accessibles depuis n’importe quel ordinateur et sauvegardés hors de ta machine. Pas parce que tu vas te faire voler ton laptop demain. Parce que la question n’est pas si quelque chose va mal tourner, c’est quand.

«Ce que je vous conseille, c’est d’enregistrer tous vos fichiers sur Dropbox et comme ça, vous avez accès à l’ensemble de vos fichiers depuis n’importe où et n’importe quel ordinateur. C’est super pratique pour se déplacer sans forcément avoir son ordinateur sous le bras, mais c’est aussi une formidable sécurité en cas de perte, de vol ou de casse.»

Dit comme ça, ça a l’air simple. Et pourtant, la moitié des freelances que je connais n’ont aucune vraie stratégie de backup de leurs fichiers de travail.

Pour les fichiers lourds qu’on ne peut pas partager autrement, elle mentionne WeTransfer – gratuit, 2 Go par envoi. Rien de révolutionnaire, mais utile à avoir dans les réflexes. Pour organiser son temps de travail efficacement, la question du stockage et du partage de fichiers est souvent le premier point de friction – bien avant la gestion des priorités.

Canva, TinyPNG et les outils digitaux entrepreneur pour le visuel

Canva, tout le monde connaît. Mais Estelle Ballot explique précisément pourquoi ça tient la route : formats prédéfinis pour les réseaux sociaux, logo, présentation, infographie. Gratuit. Accessible sans formation.

Ce qui m’intéresse davantage, c’est la partie qu’on zappe systématiquement : le poids des images. TinyPNG (t-i-n-y-p-n-g) compresse tes images sans perte visible de qualité – ou presque. Elle précise elle-même qu’il y a techniquement une perte, mais qu’à l’écran, ça ne se voit pas. Honnête.

Et si après compression l’image reste lourde, c’est que ses dimensions sont trop grandes. Solution : Paint sous PC, l’équivalent sous Mac, et on réduit la largeur à 800 pixels. C’est suffisant pour le web. Ça paraît basique – et ça l’est – mais une page qui met plus de 2 secondes à s’ouvrir, c’est une page que les gens quittent avant même d’avoir lu la première ligne.

Elle mentionne aussi Ripple (r-i-p-l), un petit outil pour transformer une suite d’images en animation vidéo courte. Utile pour les réseaux sociaux où la vidéo capte mieux l’attention qu’une image fixe. Je l’avais jamais entendu citer ailleurs – c’est le genre de trouvaille qu’on ne trouve pas dans les articles génériques sur les outils digitaux entrepreneur.

WordPress, Yoast et Google Analytics : le trio qui fait tenir un site

Sur la partie site internet, Estelle Ballot renvoie directement aux épisodes 11 et 12 pour la construction (voir aussi notre guide pour créer son site internet sans coder). Mais une fois le site en ligne, trois outils deviennent non-négociables selon elle.

Yoast SEO d’abord. Le plugin WordPress pour gérer les balises titre et meta-description – ce que les gens voient sur Google avant de cliquer. Et les conseils de rédaction intégrés pour chaque article. C’est le leader de la catégorie, justement parce que c’est documenté partout et intégré à tout.

Google Analytics ensuite. Mais avec une nuance qui change tout :

«Je vous invite à ne pas passer trop de temps à scruter Google Analytics. Le problème avec ce genre d’outil, c’est qu’on a vite fait de passer ses journées à étudier le moindre mouvement de ses lecteurs et franchement, ça a pas grand intérêt. Une bonne pratique à mon avis, c’est de jeter un très rapide coup d’œil régulièrement, juste pour vous assurer qu’il y a pas un gros bug quelque part.»

C’est exactement le problème. On confond surveiller et comprendre. Un coup d’œil quotidien pour détecter les anomalies, une analyse mensuelle pour prendre des décisions. Pas plus.

Et enfin UpdraftPlus, le plugin de sauvegarde automatique. Gratuit en version basique, il planifie les sauvegardes selon ta fréquence – quotidienne, hebdomadaire, mensuelle – et les stocke sur Dropbox. Un plugin WordPress qui tourne mal, une mise à jour qui casse tout le thème, un fichier écrasé par erreur : sans backup récent, tu recommences depuis zéro. Et ça arrive.

Emails, landing pages, paiement : outils digitaux entrepreneur pour vendre

Mailchimp pour la base emails. Gratuit jusqu’à 2 000 contacts, complet, mais avec une courbe d’apprentissage réelle et une interface uniquement en anglais – elle ne le cache pas. Alternatives citées : Sendinblue (français) et ConvertKit. Ce qui compte, c’est de choisir et de s’y tenir.

Pour les landing pages qui convertissent, elle mentionne LeadPages – environ 25 dollars par mois. Ça fait partie des outils qui font vraiment gagner du temps quand tu lances une offre régulièrement. Pas indispensable au démarrage, mais pertinent dès que tu veux tester des pages sans toucher au code.

Pour le paiement, son choix est Stripe. Le gros avantage : le client reste sur ton site du début à la fin. Paypal et Atos (anciennement Ingénico) sont légèrement moins chers mais redirigent vers leur propre page de paiement. Ce n’est pas dramatique, mais c’est une friction de plus dans l’expérience client. Et les frictions, ça coûte des conversions.

Et pour la facturation – point souvent négligé, surtout chez les auto-entrepreneurs – elle utilise Express Invoice, mais reconnaît qu’elle lorgne sur Henri. La règle légale est simple : même en auto-entrepreneur, tu dois émettre des factures via un logiciel. Pas un doc Word. Un logiciel. C’est la loi, et c’est aussi une question de crédibilité vis-à-vis de tes clients.

Yotpo, Trustpilot et l’avis client qu’on oublie toujours de demander

Après une vente, la plupart des entrepreneurs passent au suivant. C’est une erreur concrète, documentée. Google a mesuré que plus de la moitié des utilisateurs sont influencés par les avis clients dans leur décision d’achat. La moitié.

Yotpo automatise l’envoi d’un email post-achat pour collecter une note et un commentaire, affichés directement sur ton site sous forme d’étoiles. Trustpilot fait la même chose, mais avec une différence de poids : l’avis remonte dans les résultats de recherche Google. Ta note apparaît directement dans les SERP. C’est de la visibilité gratuite – enfin, pas vraiment gratuite, mais tu vois l’idée.

Ce sujet croise directement la question de la fidélisation client – demander l’avis d’un client, c’est aussi une façon de lui signaler qu’il compte encore après la transaction. Ce n’est pas du tout la même chose que d’envoyer un code promo six mois plus tard.

Et puis il y a le dernier outil de sa liste. Celui qu’on ne trouve dans aucun comparatif.

Les notes du téléphone – l’outil le moins sexy et le plus utilisé

L’application Notes, native, déjà installée sur ton smartphone. Aucune fonctionnalité avancée. Aucune intégration. Aucun abonnement.

Et pourtant Estelle Ballot dit que c’est probablement l’outil qu’elle utilise le plus. Chaque idée notée immédiatement. Chaque pub intéressante repérée sur Instagram – screenshot, sauvegardé dans la note du bon sujet. Chaque article lu en faisant autre chose (en regardant la télé, en donnant le biberon, dans les transports) – copié dans la note correspondante.

«Je me suis créé des notes pour tous les principaux sujets qui m’intéressent et comme ça je retrouve très facilement mes infos, une fois que je suis rentrée au bureau et que je vais approfondir un sujet. Ça m’a l’air tout simple, mais ça me fait gagner un temps fou.»

C’est honnête. Et c’est le genre de truc qu’on ne dit pas dans les articles sur les outils digitaux entrepreneur parce que ça ne fait pas sérieux. Mais c’est exactement ce qui différencie quelqu’un qui a un système de capture d’idées de quelqu’un qui repart de zéro à chaque fois qu’il s’assoit devant son ordinateur.

Ce qui m’agace un peu dans les stacks d’outils qu’on voit circuler sur LinkedIn, c’est l’obsession du nouveau – le nouvel outil IA, la nouvelle appli de productivité, le nouvel agrégateur. Estelle Ballot fait l’inverse : elle part de ce qui est fiable, documenté, intégrable. Et elle ajoute l’application Notes en dernier. Ce n’est pas un manque d’ambition – c’est une priorité claire.

La vraie question pour tout entrepreneur qui construit sa stack, c’est pas «est-ce que cet outil est bien noté sur Product Hunt». C’est : est-ce que je vais vraiment l’utiliser demain matin, et dans six mois, est-ce qu’il parle encore aux autres outils que j’ai ? Pour aller plus loin sur la façon dont une stratégie digitale entrepreneur se construit pas à pas, l’épisode 23 du Podcast du Marketing pose des bases solides sur les fondamentaux à avoir en tête avant de choisir quoi que ce soit.

Mais bon – avoir les bons outils digitaux entrepreneur, c’est une chose. Savoir quand ne pas ouvrir un nouvel onglet et juste travailler, c’en est une autre. Et sur ça, aucune appli ne peut vraiment aider.

Questions fréquentes

Quels sont les outils digitaux indispensables pour un entrepreneur qui démarre ? +
Pour démarrer sans se noyer, l'essentiel tient en quelques briques : un outil de stockage cloud (Dropbox ou Google Drive), un CMS comme WordPress avec Yoast SEO, un outil de création graphique comme Canva, et une solution d'emailing comme Mailchimp ou Sendinblue. Le principe de base : aller vers les leaders du marché, parce qu'ils sont documentés, supportés, et s'intègrent facilement entre eux.
Quel logiciel de facturation gratuit pour un auto-entrepreneur en France ? +
Henri est actuellement l'une des références gratuites pour la facturation en France. Il répond aux obligations légales qui s'imposent à tous, y compris aux auto-entrepreneurs : émettre des factures conformes via un logiciel dédié, pas un simple document Word. Express Invoice est une alternative plus basique mais fonctionnelle pour les volumes faibles.
Comment choisir entre Mailchimp, Sendinblue et ConvertKit pour sa newsletter ? +
Mailchimp est gratuit jusqu'à 2 000 contacts et très complet, mais son interface est uniquement en anglais. Sendinblue est une alternative française, plus accessible si la langue est un frein. ConvertKit est le principal concurrent de Mailchimp, souvent préféré par les créateurs de contenu. Le meilleur outil, c'est celui que tu vas réellement utiliser - pas celui qui a la meilleure fiche produit.
Pourquoi compresser ses images avant de les mettre en ligne ? +
Une page qui met plus de 2 secondes à s'ouvrir perd une part significative de ses visiteurs avant même qu'ils aient lu quoi que ce soit. Les images lourdes sont l'une des causes principales de lenteur. TinyPNG permet de réduire le poids des images sans perte visible de qualité à l'écran. Si l'image reste lourde après compression, le problème vient des dimensions - réduire la largeur à 800 pixels suffit dans la grande majorité des cas pour le web.
Comment collecter des avis clients automatiquement sur son site ? +
Yotpo envoie automatiquement un email post-achat pour collecter une note et un commentaire, affiché ensuite sur votre site. Trustpilot fonctionne sur le même principe, avec un avantage supplémentaire : la note remonte directement dans les résultats Google, ce qui améliore votre visibilité dans les recherches. Selon une étude Google, plus de la moitié des utilisateurs sont influencés par ces avis dans leur décision d'achat.
Vaut-il mieux Stripe, PayPal ou Atos pour encaisser des paiements en ligne ? +
Stripe offre l'expérience client la plus fluide : le client reste sur votre site de bout en bout, sans redirection. PayPal et Atos sont légèrement moins chers en frais de transaction, mais redirigent le client vers leur propre page de paiement - ce qui introduit une friction et peut faire chuter le taux de conversion. Le point clé à vérifier avant tout choix : l'intégration avec votre CMS.

Épisodes similaires

  • Business & Entrepreneuriat