mots magiques copywriting

3 mots magiques qui font vendre avec Selim Niederhoffer – Episode 254

Épisode diffusé le 17 octobre 2024 par Estelle Ballot

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Les mots magiques copywriting – l’expression peut sembler un peu vendeuse, un peu trop TED Talk. Et pourtant, quand Selim Niederhoffer raconte qu’un seul mot changé dans une séquence email peut retourner un taux de conversion, on commence à tendre l’oreille. Selim, c’est l’un des rares copywriters francophones qui a traversé des univers aussi disparates que la séduction en ligne, la gestion des communautés d’une star de la variété et la conception-rédaction pour des marques comme Wilkinson ou la Fnac. Son dernier livre, Les Mots Magiques, publié chez Eyrolles, recense 50 mots et explique pourquoi ils transforment l’acte d’achat – ou l’empêchent quand on les ignore. C’est Estelle Ballot qui l’a reçu dans l’épisode 254 du Podcast du Marketing, et la conversation qui en découle est franchement plus dense qu’un énième webinaire sur le copywriting. On n’y parle pas de frameworks abstraits. On parle de serveurs de café parisiens, de vidéos personnalisées tournées depuis un lit de malade et d’un plan Marvel à 8 ans.

Bienvenue – le mot que tout le monde oublie d’utiliser vraiment

Commençons par le mot que Selim a choisi d’attribuer à Estelle Ballot elle-même dans son livre : bienvenue. Pas le plus glamour a priori. Pas celui qu’on associe spontanément aux mots magiques copywriting. Et pourtant, c’est peut-être celui qui fait le plus de dégâts quand il est absent.

Selim a appris le sens de l’accueil en faisant du service en salle pour financer ses études. Son patron – un vieux loup de mer, il dit – lui avait donné une règle simple :

« Un mot pour chacun. Chaque personne qui est là, tu dois l’accueillir. Il faut que ici ce soit comme chez lui, comme s’il faisait un café chez lui. »

Ce que j’aime là-dedans, c’est que le conseil ne vient pas d’un gourou digital. Il vient d’un patron de café.

Dans le digital, la même logique s’applique – mais on l’oublie à une vitesse remarquable. Selim donne un exemple concret : sa formation de copywriting, facturée à un tarif élevé. Chaque fois qu’un client signe, il tourne une vidéo personnalisée. Pas un mail automatisé. Une vraie vidéo, 5 minutes, prénom du client en ouverture.

« Salut machin, bienvenue. Merci beaucoup d’avoir investi là-dedans. Je sais que c’est un effort financier. Je fais cette vidéo parce que tu vas pas passer un an avec des PDF, tu passes un an avec moi. »

Cinq minutes. Et la relation démarre différemment.

Il y a eu une exception. Un jour où il était malade, 10 ventes en une journée, il a envoyé un mail pour s’excuser de ne pas pouvoir faire la vidéo. (Ce qui, en soi, est déjà une forme d’accueil – reconnaître que l’autre attend quelque chose de particulier de toi.) La question que ça pose : combien de séquences de bienvenue automatisées envoient exactement le contraire de ce message ?

Selim est direct là-dessus. Le problème du digital, c’est la distance. On écrit pour une audience, pas pour une personne. Et à partir du moment où on oublie qu’il y a un être humain en face, on casse quelque chose – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on m’explique plus tôt, c’est que cette rupture-là est souvent irréparable dans le parcours d’achat. Tu peux avoir le meilleur produit, si la personne ne s’est jamais sentie accueillie, elle ne reviendra pas.

Pour aller plus loin sur la façon dont les émotions influencent les décisions d’achat, l’épisode sur comment utiliser les émotions pour vendre explore exactement ce mécanisme.

Ce que le mot « bientôt » fait à un cerveau humain

Deuxième mot choisi par Estelle Ballot – au hasard, elle dit – dans les 50 du livre : bientôt. Et là, Selim part sur un exemple que j’aurais pas anticipé : Marvel Studios.

Les studios Marvel planifient leurs sorties sur 7 ou 8 ans. Ils annoncent des films au Comic-Con des années avant la sortie. Casting, premières photos, musique du film – chaque étape est une micro-dose de bientôt. Selim cite aussi le teasing du film Barbie à l’été 2023 comme l’un des meilleurs exemples récents.

« Le meilleur teasing ça a été celui de Barbie au cours des dernières années. Les premières photos, les premiers machins, puis on te dit quelle est la musique du film et progressivement tu arrives. »

Cet exemple est impressionnant. Mais inutilisable pour 99% d’entre nous, et Selim le dit clairement.

La vraie question c’est : comment un solopreneur ou une petite équipe marketing utilise ce mot bientôt sans avoir le budget d’une major hollywoodienne ? Sa réponse : le build in public – mais pas dans sa version autocentrée. Pas le « je vais atteindre 1 million par mois suivez mon aventure ». Plutôt : « j’écris la Bible de la productivité, à suivre ». La différence entre les deux ? L’un parle de lui, l’autre prépare l’audience à recevoir quelque chose qui la concerne.

Selim se reconnaît coupable de l’erreur inverse. Il est « old school Google » – il préfère garder le secret jusqu’au lancement pour avoir un effet d’annonce concentré. Sa logique : si tu en parles avant que le lien d’achat soit disponible, tu rates une opportunité de conversion. Du coup, ses lancements sont ramassés dans le temps, avec call to action à chaque prise de parole.

Mais Estelle soulève un point stratégique intéressant :

« Ce bientôt il a quand même une vraie vocation, c’est-à-dire qu’il te permet de diluer tes ressources. Tu vas commencer beaucoup plus tôt, ça va pas te coûter grand-chose, tu vas venir habituer les gens à l’idée que il va se passer un truc. »

Le bientôt comme lissage des ressources marketing. Vu sous cet angle, c’est pas du teasing pour faire du teasing – c’est une stratégie de prélancement au sens de Jeff Walker dans Launch, qui divise le cycle en quatre phases et consacre une part significative au travail fait avant même que le produit existe officiellement.

La concession de Selim sur ce sujet est honnête : tout dépend de ton niveau de notoriété. Beyoncé peut lancer un album sans prévenir pendant la mi-temps du Super Bowl. Quand tu commences, le bientôt est souvent la seule ressource que tu as. Deux approches valables, pas la même réalité opérationnelle. (Et c’est souvent là que les conseils marketing théoriques s’effondrent au contact du terrain.)

Sur la construction d’une audience avant de vendre, les 5 stratégies pour déclencher l’achat apportent des éléments complémentaires sur le timing de la conversion.

Les mots magiques copywriting face au problème de la personnalisation bidon

Ce passage de l’épisode mérite qu’on s’y arrête – parce qu’il sort du cadre purement technique pour toucher quelque chose de plus profond dans la relation commerciale.

Estelle évoque, avec une irritation visible, les messages LinkedIn qu’elle reçoit en masse pendant le lancement de Les Mots Magiques. Des invitations à des webinaires, des propositions de collaboration, tous formulés comme s’ils étaient écrits pour elle personnellement. Ils ne l’étaient pas.

« Pourquoi est-ce qu’il m’envoie ce message comme à 10000 personnes alors qu’on est en contact, alors que potentiellement on a déjà parlé avant ? Ben parce qu’il s’en fout. Concrètement. Ils s’en foutent de moi, il veut pas une relation, il veut juste un client. »

Voilà. Dit sans filtre, mais c’est exactement le problème.

Ce que Selim pointe ici, c’est une confusion entre les deux modèles économiques : la loi des grands nombres (10 000 mails pour 7 ventes) versus la personnalisation réelle (20 mails ciblés pour les mêmes 7 ventes). Les deux fonctionnent. Mais prétendre faire le second quand on fait le premier, c’est là que ça plante – parce que les gens le voient. Ils ont tous appris à détecter le copier-coller avec prénom modifié.

Selim se décrit lui-même comme un « stalker professionnel » : avant de contacter quelqu’un, il cherche une école en commun, une ville, un enfant, une personne en commun. N’importe quel point de contact réel. Ça prend du temps. C’est le choix qu’il a fait.

Ce que j’observe dans la pratique – et c’est un peu inconfortable à dire – c’est que la plupart des contenus qui circulent sur le copywriting enseignent les techniques de personnalisation sans jamais aborder la question de l’intention. Tu peux avoir tous les mots magiques copywriting du monde, si ton intention est de faire du cash vite, les gens le sentent. Le bienvenue sonne faux. Le bientôt ressemble à du teasing vide.

Selim résume ça bien en une formulation que j’ai notée :

« Soit on décide de créer des relations, des vraies relations. Soit on décide de faire des ventes et point barre. On peut. Tout est ça. Mais c’est pas la même chose. »

Un choix de positionnement, pas une question de technique. C’est une nuance que beaucoup de formations en copywriting passent sous silence – ou évitent soigneusement.

Ce lien entre la promesse marketing et la façon de la rédiger pour vendre est aussi très directement lié à l’intention qu’on met derrière les mots.

Selim Niederhoffer et les 50 mots : ce qu’on ne peut pas résumer

Le livre Les Mots Magiques – 4e ouvrage publié en maison d’édition pour Selim (Eyrolles, toujours) – fonctionne comme un dictionnaire. 50 entrées. Chaque mot expliqué, contextualisé, avec des exemples d’utilisation. Estelle le décrit comme quelque chose qu’on peut ouvrir page 153 au hasard et trouver un truc actionnable immédiatement. (Ce format « livre-outil » est rare, et c’est ce qui lui donne sa longévité – elle citait encore Le Guide du Copywriting, sorti en 2021, à ses clients la semaine précédant l’enregistrement.)

Ce qui distingue l’approche de Selim des autres livres de copywriting, c’est l’entrée par le mot plutôt que par la technique. La plupart des ouvrages du genre structurent leurs conseils autour de frameworks : AIDA, PAS, le storytelling en 3 actes. Selim fait le contraire – il part de la brique élémentaire et remonte vers le sens.

Franchement, la plupart des copywriters passent à côté de ça. On enseigne les structures avant les mots. Comme si on apprenait l’architecture avant d’avoir compris ce que c’est que la brique.

Un exemple concret tiré de l’épisode : le mot bienvenue ne se réduit pas à son usage dans un email de confirmation. Il concerne aussi la gamelle d’eau pour le chien du client dans un restaurant, les feuilles de coloriage pour les enfants, la dame avec son cahier à l’entrée d’un restaurant avenue Montaigne. Le même mot, décliné sur autant de surfaces de contact que possible.

L’autre élément de structure qu’il faut noter : Selim a demandé à des personnalités de son réseau – dont Estelle – de contribuer une entrée chacun. Ce qui rend le livre co-construit avec des praticiens, pas seulement théorisé par un seul auteur. Pour un ouvrage sur les mots et la relation, c’est cohérent.

Pour ceux qui travaillent sur la rédaction de leurs emails, les 13 conseils pour écrire sa newsletter abordent plusieurs des mêmes réflexes – notamment la question du ton et de la proximité avec le lecteur.

Pourquoi ces mots fonctionnent – la vraie réponse que Selim n’a pas dite explicitement

Il y a quelque chose que l’épisode effleure sans le nommer directement. Quelque chose que les mots magiques copywriting ont en commun, et qui explique pourquoi ils fonctionnent.

Ces mots-là – bienvenue, bientôt, et le troisième dont la transcription ne nous a pas livré le contenu complet – sont tous des mots qui positionnent le lecteur dans une relation, dans le temps ou dans un espace. Ils ne décrivent pas un produit. Ils ne listent pas des bénéfices. Ils créent une situation dans laquelle l’autre se sent quelque chose : attendu, anticipé, reconnu.

Selim cite le terme anglais acknowledge – reconnaître la présence de l’autre. C’est le fond du problème. Dans le marketing digital, on a industrialisé la communication au point où l’autre est devenu un segment, une cible, une adresse email dans une base. Les mots magiques sont les mots qui cassent cette logique en réintroduisant une dimension humaine dans la transaction.

Ce n’est pas du sentimentalisme. C’est de la mécanique comportementale. L’être humain est grégaire – Selim le dit explicitement – et il réagit physiologiquement à la reconnaissance de sa présence. Le acknowledge des Américains n’est pas de la politesse : c’est un signal de sécurité sociale. Ignorer quelqu’un qui entre, c’est un micro-rejet. En comprendre les implications pour le copywriting, c’est là que ça devient puissant.

Les sciences comportementales appliquées au marketing – notamment la question du say-do gap – documentent exactement ces mécanismes : les gens ne font pas ce qu’ils disent, mais ils réagissent de façon très prévisible à certains stimuli relationnels.

Et puis il y a la limite que Selim assume sans détour. Ces mots magiques copywriting ne font pas de miracles si l’intention est creuse. Tu peux écrire bienvenue dans chaque email automatisé que tu envoies, si c’est du copier-coller, ça sonne faux. Le mot est un canal. L’intention est le signal.

Ce que ça veut dire concrètement pour quelqu’un qui construit une offre ou une audience : avant de chercher le bon mot, il faut décider quel type de relation tu veux construire. La technique vient après. Pas avant. C’est peut-être la chose la plus contre-intuitive dans tout cet épisode – et probablement la plus utile.

Pour comprendre comment structurer une offre autour d’une vraie communication sur le prix avec Selim Niederhoffer – dans un épisode précédent où il était déjà passé – les deux conversations se complètent bien.

Questions fréquentes

C'est quoi les mots magiques en copywriting ? +
Les mots magiques copywriting désignent des termes qui créent une réaction émotionnelle ou relationnelle chez le lecteur, au-delà de leur sens littéral. Dans le livre de Selim Niederhoffer, 50 mots sont analysés pour leur impact sur la vente et la relation client. Ce ne sont pas des formules miracles : leur efficacité dépend de l'intention avec laquelle on les utilise.
Comment utiliser les mots magiques copywriting dans ses emails ? +
Le principe est de réintroduire une dimension humaine dans chaque prise de contact. Par exemple, le mot 'bienvenue' dans une séquence email de bienvenue ne suffit pas s'il est générique. Selim Niederhoffer recommande d'y ajouter une vraie personnalisation - une vidéo, un prénom utilisé dans un contexte réel, une référence à un échange précédent. La technique est secondaire par rapport à l'intention.
Quel est le livre de Selim Niederhoffer sur les mots qui vendent ? +
Le livre s'appelle Les Mots Magiques, publié chez Eyrolles. C'est son 4e ouvrage en maison d'édition. Il recense 50 mots expliqués avec des exemples d'utilisation concrets. Il peut se lire de façon non linéaire - chaque entrée est autonome.
Qu'est-ce que le build in public et est-ce que ça fonctionne pour vendre ? +
Le build in public consiste à raconter publiquement la construction de son produit ou offre avant le lancement. Selim Niederhoffer est partagé sur cette approche : elle peut être utile pour préparer l'audience et diluer l'effort marketing dans le temps, mais devient contre-productive quand elle est autocentrée - raconter sa propre progression plutôt que ce que le produit va apporter à l'audience.
Pourquoi la personnalisation en marketing digital sonne souvent faux ? +
Parce qu'il y a une confusion entre personnalisation technique et personnalisation réelle. Mettre le prénom d'un contact dans un email en masse ne crée pas de relation. Les gens détectent immédiatement le copier-coller. Selim Niederhoffer oppose deux modèles : envoyer 10 000 messages pour 7 ventes, ou envoyer 20 messages réellement personnalisés pour le même résultat. Les deux fonctionnent, mais il faut choisir son camp et être honnête avec soi-même.
Comment le mot bientôt peut-il améliorer une stratégie de lancement ? +
Le mot 'bientôt', dans une stratégie de lancement, sert à préparer l'audience progressivement avant que le produit soit disponible. C'est le principe du prélancement décrit par Jeff Walker dans son livre Launch. L'avantage principal : lisser les ressources marketing dans le temps plutôt que de tout concentrer sur un lancement. La limite : cette approche demande du temps et une discipline éditoriale que tout le monde n'a pas.

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