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Marketing pour les solopreneurs : stratégies efficaces avec un petit budget – Episode 253

Épisode diffusé le 10 octobre 2024 par Estelle Ballot

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Le marketing solopreneur, c’est un équilibre permanent entre deux contraintes qui se mordent la queue : pas assez de temps, pas assez d’argent. Et pourtant, Estelle Ballot – podcasteuse, formatrice, ancienne manageuse chez des boîtes de la taille de Microsoft – a réussi à construire un business solo qui tourne, sans équipe fantôme, sans prestataires cachés derrière le rideau. Dans l’épisode 253 du Podcast du Marketing, elle détaille ce que ça veut vraiment dire de bosser seul en 2024. Pas la version Instagram de l’indépendance, avec le café au soleil et l’ordinateur ouvert sur la terrasse. La vraie.

Ce qui m’a frappé en écoutant cet épisode, c’est la précision chirurgicale avec laquelle elle découpe le problème. Quatre canaux, quelques outils, une organisation millimétrée. Rien de révolutionnaire en apparence. Et pourtant, la plupart des solopreneurs que je croise font l’exact opposé de ce qu’elle décrit – ils font tout en même temps, mal, et s’étonnent de stagner.

Voilà ce que j’en retiens, avec mes propres filtres dedans.

Réseaux sociaux : la visibilité, et rien d’autre

Commençons par le truc que tout le monde confond. Les réseaux sociaux ne sont pas un canal de vente. Pas vraiment. Estelle Ballot est très claire là-dessus, et c’est une des rares fois où j’entends quelqu’un le dire sans se contredire trois minutes plus tard.

« Les réseaux sociaux, ils sont bons pour nous faire exister, pour travailler notre notoriété, pour travailler notre visibilité, pour travailler notre personal branding, bien sûr, pour exister sur la scène, sur le marché sur lequel on est. »

C’est exactement le problème de 90% des solopreneurs que je vois en galère : ils mesurent leurs réseaux sociaux en chiffre d’affaires et s’étonnent que ça ne convertisse pas.

Son conseil opérationnel ? Un réseau, un seul. Comprendre l’algorithme, lui donner ce qu’il veut, construire une présence réelle. Ensuite seulement, on duplique. Pas avant. Et surtout – et c’est le détail que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt – chronométrer le temps passé dessus. Les téléphones le font automatiquement. On peut même bloquer l’accès à une appli au-delà d’un certain seuil quotidien.

Le truc c’est que les plateformes sont designées pour te garder dedans. Que tu sois en train de créer du contenu ou de consommer, peu importe. Le modèle économique repose sur ton attention, pas sur tes conversions. Donc le marketing solopreneur efficace sur les réseaux, c’est une entrée, pas un séjour prolongé.

Pour aller plus loin sur les stratégies d’acquisition sans exploser son budget, l’épisode sur la stratégie marketing sans budget avec Patrice Barbesier creuse exactement ce sujet.

Le contenu long : là où le marketing solopreneur construit quelque chose de durable

Deuxième canal, et c’est là que ça devient intéressant. Le contenu long – blog, podcast, YouTube, peu importe le format – sert deux choses : la crédibilité et le trafic. Deux mots qui ont l’air banals jusqu’à ce qu’on réalise que 95% des solopreneurs n’ont ni l’un ni l’autre au bout de 18 mois.

Estelle Ballot a une formule simple pour régler le problème du syndrome de l’imposteur :

« Si vous êtes capable de revenir régulièrement sur le même sujet et d’en parler en profondeur, c’est que vous vous y connaissez sur ce sujet. C’est pas possible autrement. Donc mécaniquement, vous travaillez votre crédibilité. »

Dit comme ça, ça a l’air simple. Et c’est presque vexant, parce que c’est vrai.

Le contenu long, c’est la différence entre exister ponctuellement sur un fil d’actualité et exister durablement dans un moteur de recherche. Un post LinkedIn disparaît en 48 heures. Un article de blog bien positionné peut ramener du trafic pendant 3 ans. Un épisode de podcast indexé continue d’être découvert des mois après sa sortie. C’est une logique de capitalisation – pas de performance immédiate.

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise – enfin, ce que j’aurais voulu entendre avant de passer des heures sur des posts éphémères – c’est que le marketing solopreneur repose sur des actifs, pas sur des actions ponctuelles. Le contenu long est un actif. Un post Instagram est une action. Les deux ont leur place, mais ils ne jouent pas dans la même catégorie.

Pour construire cette stratégie de contenu dans sa globalité, l’épisode sur la construction d’une stratégie digitale pose des bases qui restent solides.

La newsletter : le canal que même Microsoft sous-utilise

Là, Estelle Ballot glisse un détail qui vaut son pesant d’or. Elle dit avoir travaillé pour Microsoft. Et que même Microsoft ne tire pas assez parti de la newsletter. Ça calme.

« La newsletter, c’est un bonbon et un bonbon pour le solopreneur encore plus. C’est un bonbon parce que la newsletter, c’est gratuit et ça permet de travailler la proximité et la conversion. »

Voilà. La newsletter, c’est le seul canal où tu parles à quelqu’un qui a explicitement demandé à t’entendre. Ce n’est pas un algorithme qui décide de ta portée. Ce n’est pas un feed surchargé où tu te bats contre 200 autres créateurs. C’est une boîte mail – un espace privé, protégé juridiquement – et quelqu’un a décidé de t’y laisser entrer.

Dans la logique du tunnel qu’elle décrit, la newsletter c’est l’étape de conversion. Les réseaux sociaux donnent la visibilité (haut de tunnel). Le contenu long travaille la crédibilité et attire du trafic (milieu). La newsletter crée la proximité et déclenche l’achat (bas). Ce découpage est peut-être la chose la plus utile de tout l’épisode – parce qu’il coupe court aux débats sans fin sur ‘quel canal choisir’.

Le coût ? Quasi nul au départ. La plupart des outils (Mailchimp, Mailerlite, Convertkit, Brevo, ActiveTrail) proposent des offres gratuites jusqu’à quelques centaines ou quelques milliers d’abonnés. Après, on parle de quelques dizaines d’euros par mois. Pour le marketing solopreneur, c’est probablement le meilleur ratio coût/impact disponible.

Et pour ceux qui veulent attirer des abonnés à cette newsletter : c’est là que les 10 stratégies pour attirer ses futurs clients deviennent vraiment utiles.

Le webinaire : quand le marketing solopreneur passe à la vitesse supérieure

Quatrième canal, et Estelle Ballot est honnête : c’est pour les solopreneurs avec un peu de bouteille. Pas les débutants. Pas ceux qui gèrent encore leur premier outil d’emailing.

L’argument est solide. Un événement physique coûte cher – salle, matériel, personnel, logistique – avec le risque de ne remplir que 30 sièges sur 100. Un webinaire, c’est un logiciel de conférence en ligne et une audience déjà existante. Le rapport qualité/investissement est radicalement différent.

Mais ce qui intéresse Estelle Ballot dans le webinaire, c’est ce qu’il produit sur la relation avec l’audience. Être en direct avec quelqu’un – même derrière un écran – change quelque chose. La personne voit ton visage, te pose des questions, t’entend répondre en temps réel. C’est là que la confiance bascule vraiment. Et sans confiance, pas d’achat – elle le répète plusieurs fois dans l’épisode.

(C’est d’ailleurs pour ça qu’on voit autant de coaches et de formateurs solopreneurs utiliser le webinaire comme déclencheur de vente final. Pas parce que c’est à la mode. Parce que ça fonctionne sur la psychologie de la décision.)

La limite réelle de ce canal ? La préparation. Estelle Ballot ne l’édulcore pas : ça demande des emails en amont, des documents à préparer, une conférence à monter, une technique à maîtriser. Ce n’est pas spontané. Ce n’est pas non plus hors de portée – mais il faut être réaliste sur ce que ça représente quand on bosse seul.

Les outils : automatiser pour survivre

Quatre canaux, c’est bien. Mais sans les bons outils, même le meilleur plan de marketing solopreneur s’effondre sous le poids des tâches répétitives. Estelle Ballot détaille son stack – et c’est là que le pragmatisme reprend ses droits.

Premier bloc : l’emailing automatisé. Mailchimp, Brevo, Convertkit ou leurs équivalents permettent de créer des séquences qui partent sans intervention. Email de bienvenue, email de remerciement après achat, séquence d’onboarding. Tu le configures une fois. Ça tourne.

Deuxième outil cité, et celui-là mérite un paragraphe à part : Zapier. Pour ceux qui ne connaissent pas – et c’est souvent là que ça coince – Zapier connecte deux logiciels qui ne se parlent pas nativement. Exemple concret donné dans l’épisode : quand quelqu’un s’inscrit sur Thinkific (sa plateforme de formation), l’info remonte automatiquement dans Mailchimp. Sans Zapier, il faudrait exporter-importer manuellement. Avec Zapier, ça se fait seul.

« Via Zapier, dès lors que quelque chose va se passer sur Thinkific, et bien il va le dire à mailchimp. Je peux faire ça avec des dizaines, des centaines de logiciels différents qui sont pré-enregistrés dans Zapier. »

C’est exactement le genre d’automatisation qu’on sous-estime jusqu’au jour où on comprend combien d’heures elle économise par mois. Sur les automatisations avec Zapier, il y a un épisode dédié qui va beaucoup plus loin dans les scénarios concrets.

Troisième outil : Atext (AEXT). Un expanseur de texte. Tu crées des modèles de réponse, tu leur associes un code court, et à chaque fois que tu tapes ce code – n’importe où sur ton ordi – le texte complet s’affiche. Pour les emails récurrents (demandes de partenariat, propositions commerciales, réponses aux FAQ), ça fait économiser plusieurs minutes par jour. Plusieurs minutes par jour, sur une semaine, ça fait deux heures. Sur un mois…

Quatrième outil : Swello pour programmer les posts sur les réseaux sociaux. L’idée est simple : tu travailles tous tes posts en une seule session hebdomadaire, tu les programmes, et tu n’y penses plus jusqu’à la semaine suivante. Le marketing solopreneur efficace repose sur ce type de batch working – regrouper les tâches similaires pour éviter les interruptions constantes.

Et puis ChatGPT. Estelle Ballot dit quelque chose d’assez juste là-dessus : le vrai secret de ChatGPT, c’est d’en faire un réflexe. Pas un outil qu’on ouvre quand on est bloqué depuis 20 minutes – mais le premier réflexe, avant même de commencer. Pour les idées de contenu, pour organiser une structure, pour ébaucher un email. Le logiciel qu’elle utilise pour enregistrer ses podcasts a intégré de l’IA nativement : les show notes, les chapitres, les résumés, les clips vidéo courts – générés automatiquement. Ce qui prenait une heure prend désormais deux secondes.

Pour une liste plus large d’outils du même type, l’épisode sur les 13 outils qui font gagner du temps est une bonne suite logique.

La gestion du temps : le vrai différenciateur

Trois semaines de trek avec ses copines. Estelle Ballot le mentionne presque en passant, mais c’est peut-être le détail le plus révélateur de l’épisode. Parce que la plupart des solopreneurs que je connais n’arrivent pas à décrocher trois jours d’affilée sans que leur business s’effondre ou que leur culpabilité explose.

Sa méthode de gestion du temps est construite sur un agenda routinier. Pas un planning figé à la minute – mais des plages thématiques qui structurent la semaine. Le podcast : le mardi. Les formations : le jeudi et vendredi. Et à l’intérieur de chaque journée, une logique basée sur l’énergie disponible.

Le matin – fin de matinée précisément – c’est le deep work. Le moment où la concentration est au maximum. L’après-midi, les rendez-vous sont placés juste après le repas (pour éviter de s’endormir, dit-elle sans détour). Le soir, les tâches qui ne demandent pas de créativité : publication d’épisodes, comptabilité, tâches administratives.

(Ce découpage par niveau de créativité requis est souvent absent des conseils sur la productivité – on parle de to-do lists, de Pomodoro, de GTD, mais rarement de calibrer les tâches sur sa propre énergie. C’est pourtant là que se joue l’efficacité réelle.)

Et puis il y a la partie que personne ne veut entendre. Ne pas faire que bosser. Estelle Ballot est directe :

« Le risque, c’est qu’on se brûle tout simplement. On aime ce qu’on fait en général donc on a tendance à être dedans, le nez dedans la tête dans le guidon et jamais s’arrêter. Le problème, c’est que le corps n’est pas fait pour ça. »

C’est cette lucidité-là qui distingue les solopreneurs qui durent de ceux qui décrochent au bout de 18 mois. Le marketing solopreneur le plus sophistiqué du monde ne sert à rien si la personne qui le pilote est épuisée. Les plages de sport, les sorties avec les amis, les moments famille – ce ne sont pas des bonus. Ce sont des conditions de fonctionnement.

Sur la façon de structurer son temps quand on travaille seul, l’épisode dédié à l’organisation du temps pour entrepreneur va beaucoup plus loin dans la méthode concrète. Et pour ceux que le sujet du soloprenariat intéresse plus largement, le résumé du livre Company of One pose des questions de fond qui changent la façon de voir la croissance quand on travaille seul.

Ce que je retiens de tout ça ? Le marketing solopreneur n’est pas une version dégradée du marketing des entreprises. C’est un système différent, avec ses propres contraintes et ses propres leviers. Quatre canaux bien utilisés valent mieux que dix canaux mal gérés. Quelques automatisations bien pensées remplacent un assistant. Et une organisation qui respecte son énergie – pas juste son agenda – est probablement la compétence la plus rare et la plus précieuse de toutes.

Mais bon – tout ça suppose d’abord de choisir. Et c’est souvent là que ça bloque vraiment.

Questions fréquentes

Quels sont les meilleurs canaux de marketing solopreneur avec un petit budget ? +
Selon Estelle Ballot, les quatre canaux prioritaires pour le marketing solopreneur sont les réseaux sociaux (pour la visibilité), le contenu long format comme un blog ou un podcast (pour la crédibilité et le trafic), la newsletter (pour la proximité et la conversion), et les webinaires ou événements en ligne (pour l'engagement direct). L'idée est de les utiliser dans un ordre logique qui suit le tunnel de vente, pas de tout faire en même temps.
Comment un solopreneur peut-il gérer son temps efficacement ? +
La méthode recommandée repose sur des plages de travail thématiques fixes sur la semaine, et une organisation des tâches selon son niveau d'énergie dans la journée. Le deep work le matin, les rendez-vous l'après-midi, les tâches administratives le soir. L'objectif est d'éviter de décider chaque matin quoi faire - la structure doit être décidée en avance.
Quels outils d'automatisation utiliser pour le marketing solopreneur ? +
Les outils les plus cités sont les gestionnaires d'emailing (Mailchimp, Brevo, Mailerlite, Convertkit) pour les séquences automatiques, Zapier pour connecter des logiciels entre eux, Atext pour les modèles de texte répétitifs, et Swello pour programmer les posts sur les réseaux sociaux. ChatGPT est présenté comme un assistant transversal à utiliser en réflexe dès qu'une tâche prend du temps.
La newsletter est-elle vraiment utile quand on débute en tant que solopreneur ? +
Oui, et c'est souvent le canal le plus sous-estimé. Contrairement aux réseaux sociaux où l'algorithme contrôle la portée, la newsletter touche directement des personnes qui ont demandé à recevoir les messages. C'est gratuit au départ et ça reste peu coûteux même avec une base importante. Estelle Ballot souligne que même Microsoft ne l'utilise pas assez - c'est dire à quel point ce canal est négligé.
Combien faut-il investir pour faire du marketing solopreneur efficace ? +
Très peu au départ. Les réseaux sociaux sont gratuits. Un outil d'emailing est gratuit jusqu'à quelques centaines ou milliers d'abonnés. Zapier propose une version gratuite avec des limitations. Swello et Atext coûtent quelques euros par mois. L'investissement principal est le temps, pas l'argent - ce qui implique d'être très rigoureux sur sa gestion du temps.
Comment éviter le burnout quand on fait du marketing solopreneur en solo ? +
En planifiant des plages de non-travail dans l'agenda au même titre que les plages de travail. Sport, famille, sorties - ces moments ne sont pas des bonus mais des conditions de fonctionnement. Estelle Ballot insiste : le risque du solopreneur qui aime ce qu'il fait, c'est de ne jamais s'arrêter. Et de s'épuiser en quelques mois.

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