marketing digital par où commencer

[Best Episode Marketing digital – par où commencer – épisode 71

Épisode diffusé le 11 novembre 2024 par Estelle Ballot

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La question du marketing digital par où commencer revient comme un disque rayé – et franchement, c’est la plus honnête question qu’un indépendant puisse poser. Pas ‘comment scaler mon funnel’, pas ‘comment hacker l’algorithme’. Juste : par quoi je commence ? Estelle Ballot, qui anime depuis des années le Podcast du Marketing et a passé ses dix premières années de carrière à gérer des dizaines de pays pour une multinationale avec des budgets de production en millions d’euros, y a consacré un épisode entier. Et ce qu’elle dit n’est pas ce que tu lis d’habitude.

Le problème, c’est pas l’information. Le digital déborde de tutos, de threads, de ‘guides complets’. Le problème, c’est l’abondance. Trop d’options tuent la décision, et beaucoup d’entrepreneurs se retrouvent à tout commencer et rien finir – ce qu’on appelle pudiquement le ‘syndrome de l’objet brillant’. On lance une chaîne YouTube, on abandonne. On ouvre un compte TikTok, on publie trois fois. On commence un blog, on s’arrête au quatrième article.

Estelle propose quelque chose de radical dans sa sobriété : trois actions. Pas quinze. Trois. Et elle explique pourquoi exactement ces trois-là, dans cet ordre-là. C’est ce qu’on va décortiquer ici – avec quelques opinions personnelles au passage, parce que tout n’est pas aussi simple que ça en a l’air.

Ce que le marketing digital veut vraiment dire – et pourquoi personne ne le dit clairement

Demande à dix marketeux de définir le marketing digital. Tu auras dix réponses. C’est Estelle elle-même qui le dit, et c’est vrai – le terme est tellement large qu’il finit par ne rien vouloir dire. Réseaux sociaux ? SEO ? Email ? Publicité en ligne ? Tunnel de conversion ? C’est tout ça à la fois, et c’est justement ce qui paralyse.

Sa définition à elle, c’est celle-ci :

«Pour moi, c’est utiliser la puissance d’internet pour établir une communication digitale complète, c’est-à-dire une communication de marque ou une communication de personne – le fameux personal branding. Donc on va dire une communication de marque, l’acquisition de nouveaux prospects et leur conversion en nouveaux clients.»

Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais c’est justement la clarté de cette définition qui est utile : elle couvre tout le cycle, de la visibilité à la fidélisation, sans se perdre dans les détails tactiques.

Trois raisons poussent à travailler son marketing digital, selon elle. D’abord les opportunités – accès à la planète entière contre distribution de flyers dans son quartier, le contraste est brutal. Ensuite le coût, presque nul comparé aux médias traditionnels (pas d’affiche à imprimer, pas de studio). Et enfin la personnalisation du message, quasi impossible avec une campagne radio ou télé.

Ce qui m’agace un peu dans ce discours, c’est qu’on entend ça depuis 2010. Mais le point reste valide : beaucoup d’indépendants savent que c’est important et n’ont toujours pas de site. La raison n’est pas le manque d’information – c’est le manque de priorisation. Et c’est là qu’Estelle devient vraiment utile. Pour aller plus loin sur la logique de construire sa stratégie digitale de façon structurée, il y a un épisode entier sur le sujet.

Un site internet : l’actif que personne ne peut te supprimer

Premier réflexe de beaucoup d’indépendants qui se lancent : ouvrir un compte Instagram ou une page LinkedIn. Logique, gratuit, rapide. Et c’est exactement là que ça plante.

«Vous n’êtes pas propriétaire de votre compte. Facebook, Twitter, Instagram, LinkedIn – ils peuvent tous bloquer voire même fermer votre compte quand ils veulent pour le temps qu’ils veulent et sans même avoir une réelle bonne raison parfois.»

Voilà. C’est le point que personne ne veut vraiment entendre parce que créer un compte réseau social c’est gratuit et immédiat, alors qu’un site ça demande deux jours d’attention. Mais la logique est imparable : tu construis ton business sur un terrain qui ne t’appartient pas. C’est comme louer sans bail.

La recette d’Estelle pour un site fonctionnel se résume à trois éléments. Un hébergeur – elle utilise OVH, environ 50 euros par an. Un nom de domaine simple, en .com ET .fr pour éviter de se le faire prendre. Et un logiciel de construction – elle recommande WordPress, open source et gratuit, qui fait tourner environ un tiers des sites dans le monde.

Elle tempère quand même sur WordPress : c’est plus complexe que Wix, et la courbe d’apprentissage existe. Mais pour une activité professionnelle, la flexibilité à long terme vaut le coup. Wix te bloquera le jour où tu voudras faire quelque chose que l’outil n’a pas prévu. (Et ce jour arrive toujours, en général au pire moment.)

Ce qu’elle insiste là-dessus, c’est le ‘faites simple’. Pas de site parfait. Un site qui existe. Le perfectionnisme est souvent une forme déguisée de procrastination – et Estelle ne mâche pas ses mots là-dessus : si tu attends que ton site soit fini pour te lancer, tu cherches une excuse pour ne pas te lancer.

marketing digital par où commencer : le contenu comme moteur organique

Deuxième priorité – et c’est là que ça devient intéressant – créer du contenu. Pas poster sur Instagram. Créer du contenu. La nuance est importante.

Publier régulièrement sur un sujet précis fait trois choses concrètes. Ça construit la crédibilité (tu montres que tu sais de quoi tu parles). Ça attire l’audience cible (les gens cherchent des réponses, ton contenu répond). Et ça crée une communauté – des gens qui reviennent, qui s’abonnent, qui partagent.

«Google, c’est un algorithme tellement puissant que maintenant, en fait, le simple fait de parler d’un sujet de façon qualitative régulièrement et avec suffisamment de détails – pas juste en quelques lignes mais vraiment un contenu complet, fouillé – et ben le simple fait de faire ça, ça va suffire à commencer à vous rendre visible.»

C’est exactement le problème avec les conseils SEO classiques qui enfument les débutants avec des histoires de balises title et de densité de mots-clés. Le fond d’abord. La régularité d’abord. Le reste suit.

Le format importe peu : blog, podcast, YouTube. Ce qui compte, c’est la cohérence thématique et la régularité. Et le bonus non négligeable : c’est gratuit. Ton temps, oui – mais pas ton portefeuille. Pour un indépendant qui démarre, c’est un argument qui pèse. D’ailleurs, les stratégies marketing avec un petit budget méritent qu’on s’y attarde séparément – il y a des approches vraiment malines qui ne coûtent rien ou presque.

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt – enfin, ce que j’aurais retenu plus jeune – c’est que le contenu fonctionne comme des intérêts composés. Le premier mois, rien. Le sixième mois, quelques signaux faibles. Le dix-huitième mois, des gens t’écrivent pour te dire qu’ils te lisent depuis un an. Le problème c’est que beaucoup lâchent au troisième mois.

Quand les réseaux sociaux deviennent un piège à contenu

Un aparté sur les réseaux sociaux, parce qu’Estelle fait un truc malin ici. Elle ne dit pas ‘d’évitez les réseaux sociaux’. Elle dit : si tu y crées du contenu, télécharge-le. Sauvegarde-le. Mets-le sur ton site.

L’exemple du Facebook Live est parlant. Tu tournes une heure de contenu de valeur. Tu la postes sur Facebook. Ton compte se fait bloquer (ça arrive, souvent sans raison claire). Le contenu disparaît. Une heure de travail, évaporée.

Si tu as téléchargé la vidéo et hébergé une version sur ton site – le contenu existe toujours. Ton audience peut y accéder. Google peut l’indexer. La logique de propriété s’applique aussi au contenu, pas seulement au compte.

Ça rejoint une question plus large sur ce qu’on possède vraiment dans son marketing digital. Les followers ? Non. L’algorithme peut les rendre invisibles demain. Les abonnés email ? Oui – et c’est pour ça qu’Estelle en fait sa troisième priorité. Pour les indépendants qui veulent comprendre comment attirer leurs futurs clients sans dépendre des plateformes, les stratégies existent – encore faut-il les mettre dans le bon ordre.

La liste d’emails : l’outil que tout le monde sous-estime

Troisième action prioritaire. Et celle qui surprend le plus les gens qui débutent, parce qu’on vit en 2024 et que l’email paraît ringard à côté d’un Reel ou d’un thread X.

Sauf que les chiffres disent autre chose.

«Le taux de conversion de l’email est 50 % supérieur à la moyenne des autres médias. C’est-à-dire qu’on est supérieur au SEO, on est supérieur à la publicité, on est supérieur – voir très largement supérieur – aux réseaux sociaux parce qu’en fait les réseaux sociaux, et ben ils convertissent assez peu finalement.»

50 % supérieur. Ce chiffre mérite qu’on s’arrête dessus. L’email convertit mieux parce que la personne a choisi de le recevoir. Ce n’est pas une pub qui surgit entre deux stories. C’est quelqu’un qui a dit ‘oui, je veux t’entendre’. L’intention est différente – et l’intention, c’est ce qui convertit.

Pour construire cette liste, Estelle recommande deux choses. D’abord rendre l’abonnement visible et simple (lien en évidence, URL mémorisable, formulaire qui ne demande que le prénom et l’email – rien de plus). Ensuite proposer un lead magnet : un document offert en échange de l’adresse email, aligné avec les attentes de l’audience cible.

Pour le côté technique, un ESP (Email Service Provider) comme Mailchimp suffit au départ – gratuit jusqu’à 2 000 abonnés. C’est obligatoire d’ailleurs légalement : envoyer des emails en masse depuis ta boîte Gmail standard, c’est hors-jeu sur plusieurs plans. Et un prénom + une adresse email, c’est une donnée personnelle au sens du RGPD. (Ce qui est souvent la surprise des créateurs qui démarrent sans y avoir pensé.)

La combinaison site + contenu + liste email crée une boucle vertueuse : le contenu attire du trafic sur le site, le site capture des emails, les emails convertissent en clients et ramènent des lecteurs vers le contenu. C’est simple sur le papier. Brutal à tenir dans la durée. Mais c’est la seule architecture qui ne dépend pas d’un algorithme tiers. Pour ceux qui veulent aussi réfléchir à leur persona marketing avant de lancer quoi que ce soit – parce que sans ça, tu crées du contenu pour toi, pas pour eux – c’est une étape qu’on oublie trop souvent dans la précipitation du démarrage.

Ce que cette approche ne résout pas – et pourquoi c’est quand même utile

Une limite honnête, parce qu’il faut en avoir une. Cette approche en trois étapes est excellente pour démarrer. Mais elle ne dit rien sur comment trouver ses premiers clients, comment tarifer ses prestations, comment construire une offre qui se vend. Estelle le précise elle-même : ces trois actions ne construisent pas un business à elles seules – elles posent les fondations de la visibilité.

Ce qui manque dans cette vision, c’est la conversion active. Le site, le contenu et l’email fonctionnent en mode inbound – tu attires vers toi. Mais au début, surtout, il faut souvent aller chercher les clients. Prospecter. Networker. Parler à des gens. Le marketing digital ne remplace pas ça, il vient en appui.

Autre point : la timeline. Estelle dit qu’un site basique peut se monter en quelques heures. C’est vrai pour quelque chose de vraiment minimal. En pratique, pour quelque chose de présentable, compte plutôt quelques jours à temps partiel si tu pars de zéro avec WordPress. Ce n’est pas une raison de ne pas le faire – c’est juste une raison de planifier honnêtement.

Mais bon. Le cadre est solide. Site, contenu, email. Dans cet ordre. Avec cette logique de propriété qui sous-tend tout. Et si la question du passage à l’action te bloque – parce que beaucoup de gens comprennent tout ça intellectuellement et ne font rien quand même – il y a des réponses concrètes sur les blocages et les peurs qui valent le détour. Parce que le marketing digital par où commencer, c’est une question – mais ‘pourquoi je ne commence pas’ en est une autre, plus profonde.

Questions fréquentes

Marketing digital par où commencer quand on est indépendant débutant ? +
Estelle Ballot recommande trois actions dans cet ordre : créer un site internet simple (WordPress + OVH, environ 50 euros par an), lancer une création de contenu régulière sur un sujet lié à son activité, et construire une liste d'emails avec un lead magnet. Ces trois éléments forment une base qui ne dépend d'aucun algorithme tiers.
Pourquoi ne pas commencer par les réseaux sociaux quand on lance son marketing digital ? +
Parce que tu n'es pas propriétaire de ton compte. Facebook, Instagram ou LinkedIn peuvent bloquer ou supprimer ton compte sans préavis. Si tu n'as pas de site pour héberger ton contenu, tout ton travail peut disparaître du jour au lendemain.
Quel est le meilleur outil pour créer un site internet quand on débute ? +
Estelle Ballot recommande WordPress (open source, gratuit, environ un tiers des sites mondiaux tournent dessus) avec OVH comme hébergeur. C'est plus complexe que Wix ou Squarespace mais bien plus flexible sur le long terme - et pour une activité professionnelle, cette flexibilité compte.
À quoi sert un lead magnet et pourquoi c'est important ? +
Un lead magnet est un document offert gratuitement en échange d'une adresse email. C'est le moyen le plus efficace pour faire grossir sa liste. Il doit être directement aligné avec les attentes de ton audience - sinon tu collectes des contacts qui ne correspondent pas à ta cible.
L'email marketing est-il encore efficace en 2024 ? +
Oui. Le taux de conversion de l'email est 50 % supérieur à la moyenne des autres médias selon les données citées dans le Podcast du Marketing - supérieur au SEO, à la publicité et très largement aux réseaux sociaux. La raison : l'abonné a activement choisi de recevoir tes emails. L'intention est différente.
Marketing digital par où commencer avec zéro budget ? +
Site WordPress + hébergeur OVH (environ 50 euros par an), création de contenu (ton temps, pas ton argent), et Mailchimp gratuit jusqu'à 2 000 abonnés. L'essentiel se monte avec moins de 100 euros par an hors temps passé.

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