Le list building – construire sa liste email de zéro – c’est le sujet dont tout le monde parle et que presque personne ne fait vraiment bien. Amy Porterfield, elle, l’a fait à 70 millions de dollars. Pas en théorie. En vrai. Et quand Estelle Ballot l’a convaincue de venir sur Le Podcast du Marketing pour la toute première fois sur un podcast français, ce n’était pas pour entendre des généralités sur ‘l’importance de votre audience’.
Cinquante mille personnes formées. Huit cours en ligne. Deux mille nouvelles adresses email par semaine, chaque semaine, depuis des années. Ce sont les chiffres d’Amy Porterfield – et ces chiffres, ils ne tombent pas du ciel.
Ce que j’ai retenu de cet épisode 129, c’est une chose : Amy ne donne pas des conseils. Elle donne le film de ce qu’elle a fait, avec les erreurs, les chiffres, les moments où ça n’a pas marché. C’est rare. Assez rare pour qu’on prenne le temps d’en parler sérieusement.
Amy Porterfield, ou comment le list building est devenu un empire
Estelle Ballot le dit sans détour dans l’introduction : Amy Porterfield est sa mentore. C’est grâce à elle qu’elle a lancé son podcast. C’est grâce à elle qu’elle a créé sa formation en ligne. (Et c’est assez courageux de l’admettre publiquement, parce que dans le monde du marketing français, avoir un mentor américain, ça fait parfois sourire.)
Amy a bâti son business autour d’un principe simple – enfin, simple à énoncer : ta liste email t’appartient. Tes abonnés Instagram, ton audience LinkedIn, tes followers YouTube… tout ça peut disparaître du jour au lendemain. L’algorithme change, le réseau ferme, ton compte se fait suspendre. Mais ta liste email, personne ne peut te la prendre.
Ce n’est pas une idée neuve. Mais Amy l’a industrialisée d’une façon que peu d’entrepreneurs ont réussi à reproduire. Son podcast Digital Marketing Made Easy est l’un des plus écoutés aux États-Unis sur le sujet. Et pour ce premier passage sur un podcast français, elle a accepté d’aller au fond des choses.
Ce qui m’a frappé dès l’intro : Estelle l’introduit avec une vraie émotion. Pas de la fausse humilité de plateau. Une reconnaissance réelle, celle de quelqu’un qui peut tracer une ligne directe entre une décision et un changement de vie. C’est ce type de relation – avoir un mentor qui transforme vraiment votre trajectoire – que peu d’entrepreneurs arrivent à construire.
Ce que personne ne dit sur le list building en 2022
La plupart des articles sur le list building te donnent la même liste. Crée un lead magnet. Mets un formulaire sur ton site. Lance des publicités. C’est vrai. C’est aussi insuffisant.
Amy va plus loin. Ce qu’elle explique – et que j’ai entendu très rarement formulé aussi clairement – c’est que le problème du list building n’est pas technique. C’est un problème de valeur perçue.
She gets into the real thing, she goes deep, she gives actionnable advices, and she share her very own strategies.
Estelle le dit à propos d’Amy. Et c’est exactement ça le point de départ : si les gens ne rejoignent pas ta liste, ce n’est pas parce que ton formulaire est mal placé. C’est parce qu’ils ne comprennent pas ce qu’ils vont y gagner.
Amy a construit ses 2 000 nouvelles adresses par semaine en partant de cette question : qu’est-ce qui vaut la peine d’être dans ma liste ? Pas ‘comment je vais les attirer’, mais ‘pourquoi ils resteraient’. La nuance est énorme. Et la plupart des entrepreneurs commencent par le mauvais bout.
Ce qu’il faut retenir – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise au début – c’est que le list building est un travail de long terme qui se mesure en années, pas en semaines. Amy n’a pas construit son audience en un lancement. Elle l’a construite en faisant la même chose, bien, pendant longtemps.
Construire sa liste email quand on part de zéro
Zéro abonné. C’est là où tout le monde commence, y compris Amy Porterfield. (Ce détail, on l’oublie souvent quand on voit les chiffres actuels.)
La question qu’on se pose alors est toujours la même : par quoi commencer ? Amy a une réponse qui va à l’encontre de ce qu’on entend partout. Elle ne dit pas ‘lance des pubs’. Elle dit : trouve une personne. Une seule. Comprends son problème mieux qu’elle ne le comprend elle-même. Et crée quelque chose pour cette personne-là.
C’est une approche que j’ai vu fonctionner, et que j’ai vu rater aussi. Elle rate quand on reste trop longtemps dans la phase ‘une personne’ sans passer à l’échelle. Elle fonctionne quand elle sert de fondation – pas de modèle définitif.
When you know that several hundreds of thousands of people gave her their email address, when you know that she adds almost 2000 new address in her list every week, you can bet she has one thing or two to teach us about list building.
Clairement. Et ce qui est intéressant ici, c’est le mot ‘address’ au singulier – chaque adresse est une personne réelle, pas un chiffre dans un tableau. C’est la mentalité qui change tout.
Pour le list building concret au démarrage, Amy insiste sur deux choses. Premièrement, le lead magnet doit résoudre un problème précis et immédiat – pas vague, pas général, pas ‘tout ce que vous devez savoir sur X’. Deuxièmement, la page de capture doit être la chose la plus simple que vous ayez jamais construite. Si vous avez besoin de 3 paragraphes pour expliquer ce que les gens vont recevoir, c’est que votre offre n’est pas claire. Créer son site internet sans coder pour y héberger ces pages de capture, c’est d’ailleurs souvent la première vraie étape pour un entrepreneur qui démarre.
Le list building par les cours en ligne : la mécanique d’Amy
Huit cours. Cinquante mille personnes formées. 70 millions de dollars de revenus. Ces trois chiffres ensemble racontent quelque chose de précis : Amy Porterfield n’a pas misé sur le volume de produits. Elle a misé sur la profondeur.
Son modèle : la liste email alimente les lancements de formations, et les formations enrichissent la liste. C’est un cercle, pas un entonnoir. Et c’est là que beaucoup d’entrepreneurs ratent – ils pensent que la liste sert uniquement à vendre, alors qu’elle sert d’abord à construire une relation.
Amy a un chiffre qu’elle cite régulièrement dans ses formations : il faut en moyenne 7 points de contact avec quelqu’un avant qu’il soit prêt à acheter. Sept. Ça veut dire que si tu envoies un email par semaine, tu as besoin de presque deux mois pour amener quelqu’un à être dans le bon état d’esprit. Et si tu n’envoies des emails qu’au moment des lancements… tu rates les six premiers points de contact.
C’est mécanique. Pas magique.
She trained almost 50 000 persons with only 8 online courses.
Dit comme ça, ça ressemble à une stat de présentation. Mais réfléchis : 8 cours, c’est moins d’un cours par an depuis qu’Amy a commencé. Elle n’a pas essayé de couvrir tous les sujets. Elle a creusé les mêmes sujets, encore et encore, de mieux en mieux. C’est une stratégie éditoriale autant qu’une stratégie business.
Ce modèle de créer un produit qui se vend pendant 10 ans – exactement ce dont parle Ryan Holiday dans Perennial Seller – Amy l’applique à la lettre, même si elle n’utilise probablement pas ce terme.
Quand le podcast devient le moteur du list building
L’épisode 129 du Podcast du Marketing est le premier épisode entièrement en anglais d’Estelle Ballot. Ce n’est pas un détail. C’est une décision stratégique qui dit quelque chose sur la façon dont Amy Porterfield elle-même utilise les collaborations pour faire du list building.
Apparaître sur le podcast de quelqu’un d’autre, c’est du list building. Pas immédiatement – personne ne s’abonne à ta liste en entendant ton nom pour la première fois. Mais c’est un point de contact. Et les points de contact s’accumulent.
Amy a construit une grande partie de son audience initiale en faisant des interviews sur des podcasts, des webinaires, des guest posts. Elle n’avait pas de budget pub au départ (ou peu). Elle avait du temps et une expertise. Et elle a échangé cette expertise contre de l’exposition.
Ce modèle – partir d’une audience existante pour construire la sienne – c’est ce que font les entrepreneurs qui réussissent vite. Et ce n’est pas du parasitisme. C’est de la collaboration bien comprise. D’ailleurs, Estelle le vit de l’intérieur : c’est Amy qui l’a inspirée à lancer son podcast, et aujourd’hui c’est Amy qui vient sur ce même podcast. La boucle est bouclée – mais dans le bon sens.
Pour des entrepreneurs qui veulent comprendre comment bâtir un modèle autour du podcast, la mécanique qu’Amy décrit ici est une des plus claires qu’on puisse trouver.
Ce que le list building ne fait pas pour toi
Une liste email ne vend pas à ta place. C’est la limite que personne ne veut entendre, mais elle est réelle.
J’ai vu des gens avec 10 000 abonnés qui ne font pas 1 000 euros de ventes. Et des gens avec 800 abonnés qui vivent de leur activité. La taille de la liste n’est pas le problème. La qualité de la relation avec cette liste, si.
Amy le sait mieux que quiconque. Son taux d’ouverture est – d’après ce qu’elle partage publiquement – bien au-dessus de la moyenne du secteur. Parce qu’elle a entraîné ses abonnés à ouvrir ses emails. Elle leur envoie des choses utiles, régulièrement, même quand elle n’a rien à vendre. Du coup, quand elle a quelque chose à vendre, ils ouvrent.
C’est évident dit comme ça. Et pourtant, l’erreur la plus fréquente que je vois dans les newsletters françaises, c’est exactement l’inverse : silence pendant deux mois, puis un email de vente. La liste est froide. Elle reste froide.
Amy does not give us just « classic » tips that you can find everywhere, she gets into the real thing, she goes deep.
C’est précisément ce que j’ai apprécié dans cet épisode. Pas de checklist en cinq points. Une façon de penser le list building qui oblige à remettre en question ce qu’on croit déjà savoir.
Mais bon – même Amy admet que ça prend du temps. Et que la plupart des gens abandonnent avant d’avoir le temps de voir les résultats. C’est peut-être là le vrai secret : la durée, pas la technique. Pour ceux qui veulent voir comment d’autres entrepreneurs ont géré cette phase de démarrage difficile, la question de tout plaquer pour faire décoller son business se pose souvent au même moment que celle du list building.
Et si on pense aux mécaniques concrètes de conversion – formulaires, pages de capture, séquences email – ça rejoint aussi ce que font les entrepreneurs qui utilisent le tunnel de vente comme infrastructure centrale de leur list building. Amy ne nomme pas ça comme ça, mais c’est exactement ce qu’elle a construit.
Ce que personne ne dit, c’est que faire du list building sérieusement, c’est choisir un canal et s’y tenir. Amy a choisi l’email. Pas le social. Pas la vidéo. L’email, avec tout ce que ça implique d’ingrat et d’invisible. Et ça a marché.
La vraie question – celle que cet épisode pose sans y répondre complètement – c’est : est-ce que tu es prêt à faire la même chose pendant 5 ans ?

![[BONUS EN] List building, the secrets of Marketing Queen Amy Porterfield - Episode 129 2 list building](http://podcast-marketing.fr/wp-content/uploads/2026/04/le-podcast-du-marketing-strategie-digitale-marketing-digital-cmo-persona-emailin-bonus-en-list-building-the-secrets-of-marketing-queen-amy-porterfield-episode-129-1.jpeg)









