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Google Ads : réussir sans gaspiller votre budget avec Matthieu Tran-Van – Episode 271

Épisode diffusé le 27 février 2025 par Estelle Ballot

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Faire de la pub sur google ads sans y avoir jamais vraiment mis les mains, c’est un peu comme s’installer dans le cockpit d’un Boeing sans avoir lu le manuel. Mathieu Tran-Van – 10 ans chez Google, aujourd’hui consultant indépendant qui pilote 25 millions d’euros de budgets publicitaires par an pour ses clients – utilise exactement cette métaphore. Et il a raison. La plateforme a des dizaines de boutons. Certains font avancer. Un en particulier peut flamber ton budget mensuel en 48 heures.

Ce qui m’a frappé en écoutant l’épisode 271 du Podcast du Marketing avec Estelle Ballot, c’est que Mathieu ne survend pas la chose. Il ne dit pas ‘c’est simple si tu suis mes 5 étapes’. Il dit le contraire : c’est complexe, c’est technique, et cette complexité est normale parce que le produit existe depuis 1998. Avant Facebook. Avant l’iPhone. Avant les réseaux sociaux tels qu’on les connaît.

La question que la plupart des entrepreneurs se posent – ‘est-ce que google ads c’est fait pour moi ?’ – mérite une réponse honnête. Pas un pitch. Pas une liste de bénéfices génériques. Une vraie analyse de ce qui marche, de ce qui coûte, et de ce que presque tout le monde rate au démarrage.

Google Ads ou Facebook Ads : la question mal posée

Le réflexe de 90 % des entrepreneurs qui veulent faire de la pub digitale, c’est d’aller sur Meta. Facebook Ads d’abord, Instagram si affinité. Et c’est logique – Facebook a démocratisé la pub en ligne avec une barrière à l’entrée quasi nulle. Un euro. Une image. Une audience. C’est parti.

Google ads fonctionne différemment. Fondamentalement différemment. Mathieu Tran-Van l’explique avec une clarté qui coupe court au débat :

Contrairement à d’autres plateformes, tu prends par exemple les réseaux sociaux où là bah finalement tu fais du push, c’est-à-dire qu’en fait tu as quelque chose à dire et tu vas pousser un message à une audience qui était là en train de scroller. Google Ads ça va être l’inverse. On va prendre la logique à l’envers. En fait, on va essayer de toucher des gens qui sont déjà en recherche active de quelque chose.

C’est la différence entre interrompre et répondre. Et cette nuance change tout dans la manière de construire une campagne.

L’exemple que Mathieu donne – et que j’aurais aimé entendre il y a dix ans – c’est celui des recherches de vodka le vendredi soir, suivies par les pics de recherches ‘gueule de bois’ le samedi matin. Google est littéralement une cartographie des besoins humains en temps réel. Ta marque peut prendre la parole au moment précis où quelqu’un cherche ce que tu vends. Pas avant. Pas à côté.

Alors est-ce que l’un est meilleur que l’autre ? Mathieu préfère ne pas répondre à cette question – et c’est la bonne attitude. La logique entre LinkedIn Ads et Facebook Ads suit la même logique : les plateformes ne sont pas interchangeables, elles répondent à des moments différents dans le parcours d’achat. Ce qui est sûr : google ads capte une intention que les réseaux sociaux ne peuvent pas capter.

Le budget minimum qui n’existe pas – et le problème que ça pose

Techniquement, il n’y a pas de budget minimum sur google ads. Tu peux commencer avec cinq euros par jour. Mathieu le confirme.

Mais voilà ce qui se passe concrètement avec cinq euros :

Ce qui risque de se passer, c’est qu’en fait tes publicités vont apparaître à 7h le matin puis à 7h30 tu seras plus là quoi. Parce que en fait tu auras déjà payé un clic enfin tu auras payé trois clics à 1€20 et ça y est ton budget est fini, tu vois.

Voilà. Pas de budget minimum légal, mais un budget minimum pratique qui se situe bien au-delà de ce que la plupart des gens imaginent.

Et puis il y a la vraie démonstration chiffrée. L’exemple que Mathieu sort de sa mémoire immédiate – une entreprise familiale de trois personnes, positionnée sur une niche – dit tout ce qu’il faut savoir sur l’impact potentiel de google ads bien utilisé. Au départ : 3 500 à 4 000 euros de budget mensuel, 170 000 euros de chiffre d’affaires mensuel, une marge résiduelle d’environ 28 000 euros après coûts. Dix-huit mois plus tard, avec un budget grimpé à 20-24 000 euros par mois : 460 000 euros de CA et 145 000 euros de marge. Même logique. Même marché. Juste une structure de campagne radicalement différente.

Ce que cette histoire ne dit pas explicitement, mais que Mathieu sous-entend clairement – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand j’ai commencé à m’intéresser au sujet – c’est que l’optimisation compte plus que le budget brut. Passer de 4 000 à 24 000 euros de dépenses publicitaires n’est pas la cause de la croissance. C’est la conséquence d’un système qui prouve son ROI.

Les erreurs que font tous les débutants sur google ads

La plus grosse erreur, selon Mathieu, c’est de lancer une campagne et de l’oublier. Pas parce que c’est une erreur de débutant évidente – c’est justement le contraire. C’est une erreur que même des annonceurs expérimentés font, parce que la plateforme donne l’impression d’être en autopilote.

Google Ads, c’est une plateforme qui peut être très puissante mais en réalité, il va falloir constamment l’optimiser. Si tu veux ta performance et ton retour sur investissement sur Google Ads, il se sculpte. C’est pas vrai que ah il y a une manière de faire les campagnes et qui du coup va tout le temps gagner, c’est totalement faux.

C’est exactement le problème.

Deux autres erreurs reviennent systématiquement dans la pratique de Mathieu. La première : ne pas configurer les mots-clés négatifs. Sur google ads, quand tu enchéris sur un terme, la plateforme peut élargir ton ciblage bien au-delà de ce que tu imagines. Tu vises ‘voiture blanche’, tu peux te retrouver à payer des clics sur ‘Mercedes’. Si tu vends des Renault, c’est de l’argent brûlé. La solution existe – les exclusions de mots-clés – mais presque personne ne la configure correctement au départ.

La deuxième : ne jamais retravailler ses annonces. Titres, descriptions, visuels – tout ça vieillit mal. Ce qui convertissait en 2018 ne convertit plus en 2025. Les intentions changent, les formulations changent, la concurrence change. Une annonce figée, c’est une annonce qui décline lentement sans que tu t’en rendes compte.

Pour aller plus loin sur la question des campagnes Search et leur structuration, cet épisode sur la génération de leads avec Google Ads détaille la logique de construction que beaucoup ratent.

Déléguer : à qui, quand, et comment ne pas se faire avoir

À partir de quel moment ça vaut le coup de confier ses campagnes google ads à quelqu’un d’autre ? La réponse de Mathieu est brutale de bon sens.

Si tu dépenses 500 euros par mois et que tu paies un consultant pour doubler tes performances, il t’a généré 500 euros de valeur supplémentaire. Ses honoraires absorbent l’intégralité du gain. La délégation ne fait sens qu’à partir du moment où le budget est suffisant pour que l’amélioration de la performance dépasse le coût de l’accompagnement.

Mais déléguer ne veut pas dire disparaître. C’est le deuxième point que Mathieu martèle – et c’est celui que j’observe le plus souvent mal géré en pratique (et c’est souvent là que ça coince). Des annonceurs qui confient leur budget à une agence ou un freelance, qui ne font aucun suivi pendant trois mois, et qui découvrent que les résultats ne sont pas au rendez-vous. Trop tard.

Trois KPI à surveiller en permanence, selon lui :

  • Le ROAS – chiffre d’affaires divisé par dépenses publicitaires. Simple, direct, impossible à noyer dans la data.
  • Le taux de conversion – pour vérifier que tu attires les bonnes personnes, pas juste du trafic.
  • La part d’impression sur les mots-clés cibles – pour savoir si tu captes vraiment l’opportunité disponible sur ton marché ou si tu es invisible.

Ces trois chiffres ne remplacent pas une analyse fine. Mais ils te donnent un signal clair : est-ce que quelqu’un fait vraiment le boulot, ou est-ce que je brûle du budget tranquillement ?

Sur ce point, la comparaison avec la fin des enchères manuelles et Performance Max est éclairante – parce que la délégation à l’algorithme pose exactement les mêmes questions que la délégation à un prestataire humain.

L’IA dans google ads : plus c’est automatisé, plus il faut être stratège

Google intègre de l’IA dans sa plateforme publicitaire depuis bien avant que le mot ‘IA’ devienne un argument marketing. Mathieu identifie quatre domaines où l’algorithme travaille en continu : le ciblage des audiences, la création et l’assemblage des annonces, les enchères (le fameux Smart Bidding), et la mesure des conversions – y compris celles que tu ne peux pas voir parce que l’utilisateur a refusé les cookies.

Ce qui est contre-intuitif – et c’est là que la plupart des gens se font avoir – c’est que plus l’automatisation est poussée, plus la stratégie humaine devient critique. L’IA n’invente pas une stratégie. Elle exécute celle que tu lui donnes, en mieux ou en pire selon la qualité du cadrage.

Sans la bonne stratégie, l’IA bah elle fait jamais de miracle en réalité. Et c’est là où fait toute la différence.

Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais dans la pratique, c’est l’inverse de ce que Google te vend quand tu démarres. La plateforme te propose des automatisations qui donnent l’impression de simplifier. En réalité, certaines de ces automatisations te font dépenser beaucoup plus vite, sans que les résultats suivent.

Le sujet de la disparition des cookies tiers complique encore la donne. Google utilise l’IA pour modéliser les conversions que les bloqueurs de publicité et les refus de cookies lui cachent. C’est une vraie réponse technique à un vrai problème – mais ça ajoute une couche d’opacité dans la mesure. L’impact de la fin des cookies tiers sur la publicité digitale mérite d’être compris avant de piloter quoi que ce soit sur google ads en 2025.

Et puis il y a Performance Max – ce type de campagne dopée à l’IA que la plateforme te propose dès l’ouverture. Estelle Ballot commence à poser la question dans l’épisode, et c’est volontairement laissé en suspens. Ce que j’en pense, pour ce que ça vaut : Performance Max est puissant entre de bonnes mains et catastrophique entre de mauvaises. C’est précisément le bouton turbo dont parle Mathieu – celui qui peut flamber 300 % de ton budget si tu n’en comprends pas la logique.

Ce que google ads peut faire pour une vraie petite boîte

Revenons à l’essentiel. Google ads, c’est fait pour qui ?

La réponse courte : pour des boîtes qui ont quelque chose que des gens cherchent activement. Pas pour du brand awareness. Pas pour toucher des gens qui ne savent pas encore qu’ils ont un problème. Pour capter des gens en intention d’achat – maintenant, aujourd’hui, avec cette requête précise.

L’exemple de l’entreprise familiale à 460 000 euros de CA mensuel est parlant, mais attention à ne pas le lire comme une promesse universelle. Ce qui a fonctionné là, c’est une niche, une offre qui correspond à une intention de recherche claire, et dix-huit mois de travail d’optimisation. Pas un coup de baguette magique.

Ce qui m’agace dans la plupart des contenus sur google ads, c’est qu’ils présentent soit l’outil comme accessible à tous et facile à prendre en main, soit comme un truc réservé aux grandes boîtes avec des budgets à six chiffres. La réalité est plus nuancée : c’est accessible si tu acceptes la courbe d’apprentissage et si tu as un budget suffisant pour que l’expérimentation ait du sens. Et ‘suffisant’ ne veut pas dire ‘énorme’.

Pour des comparaisons utiles avec d’autres canaux payants, cet épisode sur le lancement de campagnes Search et les enjeux SEA de 2024-2025 donnent des repères concrets sur où en est vraiment la plateforme aujourd’hui.

Mathieu Tran-Van termine en disant que google ads reste un outil, pas une stratégie. C’est la phrase que j’aurais dû entendre la première fois que j’ai ouvert la plateforme. Parce que c’est là que la plupart des gens décrochent – ils pensent que l’outil fait le travail. Il amplifie. Dans les deux sens.

Questions fréquentes

Quel budget minimum faut-il pour lancer google ads ? +
Techniquement, il n'y a pas de budget minimum sur google ads - tu peux commencer avec 1 euro par jour. En pratique, un budget trop faible signifie que tes annonces s'épuisent en quelques clics dès le matin et que tu n'as aucune donnée exploitable. Mathieu Tran-Van, qui gère 25 millions d'euros de budgets publicitaires par an, recommande d'avoir un budget suffisant pour que l'optimisation ait du sens avant même d'envisager de déléguer.
Google Ads est-il plus efficace que Facebook Ads ? +
Ce n'est pas la bonne question. Google ads capte une intention de recherche active - quelqu'un qui cherche une solution maintenant. Facebook Ads interrompt une audience en train de scroller. Les deux logiques répondent à des objectifs différents dans le parcours d'achat. L'un n'est pas meilleur que l'autre : ils sont complémentaires.
Quelles sont les erreurs les plus fréquentes sur google ads pour un débutant ? +
Trois erreurs reviennent systématiquement. Première : lancer une campagne et l'oublier - google ads demande une optimisation continue car la concurrence et les coûts par clic fluctuent en permanence. Deuxième : ne pas configurer les mots-clés négatifs, ce qui fait apparaître tes annonces sur des requêtes sans rapport avec ton offre. Troisième : ne jamais retravailler ses annonces - titres et descriptions vieillissent mal et ce qui convertissait en 2020 n'intéresse plus personne aujourd'hui.
Quand faut-il déléguer la gestion de ses campagnes google ads ? +
Selon Mathieu Tran-Van, la délégation ne devient rentable qu'à partir du moment où ton budget mensuel est suffisamment élevé pour que les honoraires du prestataire soient absorbés par le gain de performance. Avec 500 euros de budget, même le meilleur consultant du monde ne peut générer que 500 euros de valeur supplémentaire - ses honoraires mangent l'intégralité du gain. Trois KPI permettent de savoir si la délégation fonctionne : le ROAS, le taux de conversion, et la part d'impression sur tes mots-clés cibles.
Comment l'intelligence artificielle change-t-elle google ads ? +
Google intègre de l'IA dans quatre domaines : le ciblage, la création des annonces, les enchères (Smart Bidding), et la mesure des conversions. Le paradoxe souligné par Mathieu Tran-Van : plus l'automatisation est poussée, plus la stratégie humaine devient déterminante. L'IA n'invente pas de stratégie - elle exécute celle que tu lui donnes, en mieux ou en pire selon la qualité du cadrage initial.
Performance Max sur google ads, c'est fait pour qui ? +
Performance Max est le type de campagne le plus automatisé proposé par google ads. Il peut être très puissant avec une stratégie claire et un historique de données solide. Sans ça, il peut dépenser un budget mensuel en quelques jours avec peu de résultats. Mathieu Tran-Van le compare au 'bouton turbo' de l'interface - séduisant au démarrage, dangereux sans maîtrise de la logique sous-jacente.

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