La gestion des réseaux sociaux, tout le monde pense savoir faire. On a tous un compte Instagram personnel, on scrolle TikTok dans le métro, on like des trucs sur LinkedIn le matin avec son café. Et puis le jour où tu dois le faire pour une marque ou une activité pro, tu te retrouves à passer trois heures sur une story pour zéro engagement – et tu comprends que c’est pas du tout le même sport. Maria Fedoseva, directrice marketing chez Intercom, une société spécialisée dans les outils de community management, est passée dans le Podcast du Marketing pour poser les bases. Pas des évidences recyclées. Des trucs concrets, avec des noms d’outils, des stratégies qui se tiennent.
Ce qui m’a frappé dans cet épisode, c’est que Maria ne parle pas de croissance, de viral, de personal branding. Elle parle d’organisation et de bon sens. Et franchement, dans un paysage où tout le monde te vend des hacks à 10k followers en 30 jours, c’est presque radical.
Le vrai problème avec les réseaux sociaux professionnels
Utiliser Instagram dans ta vie perso et l’utiliser pour une marque, c’est pas la même chose. C’est même presque l’inverse. Dans ta vie perso, tu publies quand t’as envie, sans objectif, sans stratégie – et ça marche parce que c’est authentique. Dans un contexte pro, cette même spontanéité devient de l’improvisation. Et l’improvisation coûte cher en temps.
Estelle Ballot, qui anime le podcast, le dit très bien au fil de la conversation : le risque avec les réseaux sociaux, c’est de se faire happer. De passer la journée à scruter les stats, à répondre aux commentaires, à scroller pour trouver l’inspiration – et de ne jamais vraiment avancer. La gestion des réseaux sociaux devient une to-do list infinie si on la cadre pas.
Et ça, c’est souvent là que ça coince pour les indépendants, les TPE, les community managers qui gèrent cinq comptes à la fois. Pas le manque d’idées. Le manque de structure.
Créativité : ce mot galvaudé qui cache un vrai conseil
Premier conseil de Maria : être créatif. Je sais, je sais – ça semble évident à dire comme ça. Mais creuse un peu et tu réalises que 90% des comptes pros font exactement la même chose : une photo produit, un texte généreux en hashtags, une story avec du texte blanc sur fond coloré.
« Si on fait de simple poste sur Instagram par exemple pour le compte d’une entreprise, ça n’étonne presque personne de nos jours donc ce n’est pas vraiment trop intéressant. »
Dit comme ça, c’est une évidence. Mais combien de marques continuent quand même ?
Ce que Maria propose concrètement : diversifier les formats. Stories avec musique, vidéos sur l’histoire de l’entreprise, webinaires pour créer de l’interaction directe avec une audience. Pas révolutionnaire sur le papier. Mais dans la pratique, combien de comptes que tu suis font ça vraiment bien, avec une vraie cohérence ?
Sur la musique dans les stories (un détail qui m’a intéressé), Maria mentionne un outil qui s’appelle Lalal.ai. Le principe : tu extrais la mélodie ou le vocal d’un morceau séparément. Tu peux utiliser uniquement l’instrumentale d’une chanson que t’aimes bien, sans les paroles – ce qui te permet de créer une ambiance sonore unique sans sonner comme tous les autres comptes qui utilisent les mêmes sons trending. Attention aux droits d’auteur quand même (c’est un point qu’elle glisse en passant mais qui mérite d’être signalé).
Sur les webinaires, Estelle valide complètement – elle en fait elle-même régulièrement. Le format crée une vraie proximité avec l’audience, une sensation de salle de conférence virtuelle. Pour la création de contenu à long terme, c’est souvent ce type de format interactif qui génère le plus d’engagement durable.
L’interactivité, ou comment la gestion des réseaux sociaux devient un levier commercial
Deuxième conseil : publier du contenu interactif. Et là, Maria dit quelque chose que beaucoup de marques oublient complètement.
« L’interactivité c’est un outil dont on peut profiter tout gratuitement utilisant tout type de réseaux sociaux qui sont aujourd’hui disponible pour tous. »
Gratuit. Et sous-utilisé. C’est exactement le problème.
Les sondages sur Instagram, c’est l’exemple le plus simple. Tu poses une question à ton audience, les gens répondent – parce que les gens adorent donner leur avis, c’est humain, c’est même particulièrement français comme le dit Estelle dans un aparté qui fait sourire. Et ensuite ? Tu envoies un message privé à ceux qui ont répondu avec un contenu complémentaire, un document gratuit, un lead magnet qui répond à la question que tu viens de poser.
C’est là qu’Estelle ajoute son conseil perso sur l’email : les réseaux sociaux, c’est bien. Mais une base email que tu possèdes vraiment, c’est mieux. Le sondage devient alors un pont entre ton compte Instagram et ta liste – et ça, c’est une stratégie que j’aurais voulu qu’on m’explique bien plus tôt quand je couvrais les premières heures du growth marketing en France.
Sur le ton à adopter : Maria insiste sur l’informalité. Même pour une marque, même si tu parles au nom d’une entreprise et pas d’une personne, les réseaux sociaux appellent à une certaine proximité. Le registre trop formel, trop corporate – ça sonne faux. Et les gens le sentent immédiatement. Pour aller plus loin sur cette question du ton et de la voix de marque, comprendre ce qu’est le brand character peut vraiment changer ta façon d’aborder chaque publication.
Les outils de planification : la gestion des réseaux sociaux sans y passer sa vie
Troisième conseil, et celui-là change vraiment le quotidien des gens qui gèrent plusieurs comptes : planifier. Pas juste avoir une vague idée de ce qu’on va poster cette semaine. Planifier pour de vrai, avec des outils dédiés.
Maria cite Combin Growth et Combin Scheduler – deux outils pour programmer les publications à heure et date précises. Tu prépares ton contenu en une session de travail concentrée, tu planifies tout, et tu passes à autre chose. La gestion des réseaux sociaux n’est plus une tâche quotidienne qui s’infiltre partout dans ta journée.
« On peut utiliser quelques outils également comme par exemple les outils qui s’appelle Combine Crow est également Combine Spoiler, c’est pour programmer le contenu à publier sur les réseaux sociaux à l’heure prévue exacte au jour également prévue et donc ne pas consacrer trop de temps à la planification manuelle de ce contenu. »
Le langage est hésitant – c’est une interview, pas un article rédigé. Mais le fond est solide.
Ce qui m’agace dans beaucoup de conseils sur ce sujet, c’est qu’on te dit de planifier sans te dire comment intégrer ça dans un vrai workflow. Maria va un cran plus loin : elle parle aussi de télécharger du contenu hors ligne pour pouvoir l’analyser plus tard. 4K Video Downloader pour les vidéos YouTube et TikTok, Qoob Stories pour les stories Instagram. L’idée : tu vois un post de concurrent qui t’intéresse, tu le télécharges immédiatement, tu le mets dans un dossier dédié. Et tu fais ton audit du vendredi à 15h, pas en mode multitâche entre deux réunions. Pour des stratégies similaires sur la façon de ne plus perdre son temps sur les réseaux sociaux, c’est exactement ce genre de méthode qui change la donne.
Espionner la concurrence – et assumer le mot
Quatrième conseil : analyser ce que font tes concurrents sur les réseaux sociaux. Et pas juste jeter un oeil de temps en temps. Un vrai audit structuré.
Sur quelles plateformes ils publient. Quel langage ils utilisent. Quel engagement ils obtiennent. Maria mentionne Later comme outil d’analyse – il permet de centraliser les statistiques et d’avoir une vue d’ensemble sur la performance d’un compte.
Estelle ajoute une nuance importante (et honnête) : ce qui marche pour un concurrent ne marchera pas nécessairement pour toi. Même secteur, audiences légèrement différentes, ton différent – les résultats peuvent diverger. Mais au minimum, tu identifies des pistes. Tu évites certaines erreurs que d’autres ont déjà faites à ta place. Et ça, ça vaut de l’or en termes de temps gagné.
Ce principe d’analyse externe, d’ailleurs, c’est exactement ce qu’on retrouve dans des stratégies plus larges de veille concurrentielle – comme la stratégie des Dream 100 de Caroline Mignaux, qui pousse la logique d’observation et de benchmark encore plus loin.
La gestion des réseaux sociaux sans regarder ce qui se passe autour de toi, c’est jouer aux cartes sans voir le jeu des autres. Tu peux gagner, mais t’as toutes les chances de rater des trucs évidents.
Le planning éditorial : là où tout s’effondre ou tout tient
Le conseil final de Maria – et elle dit elle-même que c’est peut-être le plus important de tous – c’est le planning éditorial. Et franchement, je suis d’accord. C’est aussi le conseil le moins sexy et le plus souvent négligé.
Sans planning éditorial, tous les autres conseils restent des intentions. La créativité, l’interactivité, la planification des posts, l’audit concurrentiel – ça flotte dans le vide si t’as pas de cadre qui structure quand, quoi, pour qui et pourquoi.
Maria décompose la construction d’un planning éditorial en plusieurs étapes logiques : d’abord définir ta cible, analyser ses centres d’intérêt, identifier les moments où elle est disponible sur les réseaux. Ensuite seulement construire le calendrier des publications en fonction de ces données – pas en fonction de ce qui t’arrange toi.
« On ne peut pas publier du contenu tout simplement quand on veut à n’importe quelle heure à n’importe quel jour comme ça on n’a pas vraiment la chance de prévoir le résultat qu’on va obtenir avec cette publication. »
C’est lapidaire. Et c’est vrai.
Sur la question du meilleur moment pour publier : Maria ne donne pas de réponse universelle, et c’est honnête. Ça dépend du secteur, de l’audience, de la plateforme. Un compte B2B sur LinkedIn va performer très différemment d’un compte lifestyle sur Instagram. Les meilleures heures de publication pour une audience de dirigeants ne sont pas les mêmes que pour des étudiants. C’est à toi de le découvrir sur tes propres données – et de le tester, pas de le supposer.
Pour aller encore plus loin sur la construction d’un contenu organisé et pensé sur le long terme, l’approche par piliers de contenu qu’explore Selma Chauvin sur la stratégie de contenu inbound complète bien ce que dit Maria sur le planning éditorial. Et pour ceux qui gèrent aussi la gestion des réseaux sociaux en parallèle d’une stratégie email – ce qui est souvent le cas en TPE ou en freelance – la question de l’arbitrage entre les deux canaux est traitée directement dans cet épisode sur réseaux sociaux vs emailing.
La gestion des réseaux sociaux efficace, au fond, c’est pas une question d’algorithme ou de tendance. C’est une question d’organisation. Et l’organisation, ça commence par un document dans lequel t’as écrit ce que tu vas publier, quand, et pourquoi. Pas dans ta tête. Sur papier – ou dans un Notion, si tu préfères le digital.
Ce que Maria ne dit pas explicitement mais qui transparaît dans toute la conversation : la gestion des réseaux sociaux est un vrai métier. Les community managers ne s’amusent pas. Ils construisent quelque chose. Et traiter ça comme une tâche secondaire qu’on case entre deux vraies priorités, c’est la meilleure façon de ne jamais en tirer quoi que ce soit.

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