générer du trafic

Comment avoir plus de trafic ? Episode 77

Épisode diffusé le 11 juin 2021 par Estelle Ballot

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Tout le monde veut générer du trafic. Plus de visiteurs, plus d’opportunités, plus de ventes – la logique semble imparable. Sauf que cette logique est fausse, ou du moins incomplète, et Estelle Ballot l’explique dans l’épisode 77 de son Podcast du Marketing avec une franchise qui fait du bien. Ce qu’elle décrit, c’est moins une recette miracle qu’un changement de perspective. Et franchement, la plupart des gens qui lancent un site web passent complètement à côté de ça.

Le vrai problème avec le trafic, c’est qu’on confond volume et pertinence. Un site qui attire 50 000 visiteurs par mois dont 48 000 repartent en trois secondes – c’est pas du succès, c’est du bruit. Et ce bruit coûte cher : en énergie, en argent si tu fais de la pub, et en signal envoyé à Google (on y reviendra). La question qu’elle pose, et qui change tout, c’est pas comment générer du trafic, mais le trouver.

Ce glissement sémantique – de « comment » à « où » – c’est toute la stratégie.

Le mythe du trafic qui convertit tout seul

Partons d’une idée reçue qu’Estelle démonte assez vite dans l’épisode. Beaucoup de créateurs de sites se disent : plus j’ai de visiteurs, plus j’aurai de clients. C’est intuitif. C’est aussi une façon de se rassurer – si les ventes ne viennent pas, c’est qu’il faut juste plus de monde.

« Avoir un gros trafic, si c’est des gens qui ne sont pas intéressés par ce que vous proposez, fondamentalement, on s’en fiche. Mais en fait, ça va plus loin que ça, c’est que attirer des gens qui ne sont pas intéressés par ce que vous avez à proposer, potentiellement ça peut vous faire du mal. »

Dit comme ça, c’est presque évident. Et pourtant.

Le mécanisme qu’elle décrit est réel et documenté : une personne arrive sur ton site, réalise en cinq secondes que ça ne la concerne pas, repart. Ce comportement – le bounce rate élevé sur des sessions très courtes – Google le lit comme un signal négatif. Pas pour une visite isolée, mais pour un pattern. Si systématiquement les gens font demi-tour, l’algorithme en déduit que ton site ne répond pas bien aux requêtes qui t’amènent du monde. Et il te descend dans les résultats.

Du mauvais trafic, ça n’est pas neutre. C’est actif contre toi. (Et c’est souvent là que ça coince pour les gens qui font du SEO à l’arrache en visant des mots-clés trop génériques.)

Mais supposons que tu attires les bonnes personnes. Ça ne suffit toujours pas. Estelle ajoute un deuxième warning : si ton site n’est pas structuré pour convertir – pas de tunnel de vente cohérent, pas de parcours clair, pas d’appel à l’action qui a du sens – alors tout cet effort pour générer du trafic qualifié ne se transformera en rien. Zéro vente. Énergie dépensée pour rien.

Pour les bases du SEO, c’est d’ailleurs un principe fondamental qu’on oublie trop souvent : l’optimisation technique ne sert à rien si la page d’atterrissage ne convertit pas.

La vraie question : où se trouve déjà ton audience ?

Construire une audience de zéro, c’est long. C’est le genre de phrase qu’on dit souvent et qu’on n’entend jamais vraiment. Estelle, elle, met un mot dessus : « dur, long, fatiguant ».

Sa proposition, c’est d’aller là où l’audience existe déjà. Des blogs, des podcasts, des chaînes YouTube, des groupes LinkedIn ou Facebook, des forums, des comptes Instagram d’influenceurs de niche – bref, tous les endroits où ta cible consomme du contenu en ce moment même, sans toi.

« L’idée, et bien ce n’est pas d’attendre sagement que votre audience vienne à vous mais bien de mettre votre savoir directement en face de cette audience, c’est-à-dire de trouver où se trouve votre audience cible. Sur quel site, sur quel podcast, sur quel blog. »

Voilà. Le raccourci, c’est ça.

Ce que je trouve intéressant dans cette approche, c’est qu’elle retourne complètement la logique habituelle du SEO. Normalement, on pense : je crée du contenu, j’attends que Google m’indexe, je monte dans les résultats, les gens me trouvent. Ça marche – mais en 12 à 18 mois si tout se passe bien. La stratégie d’Estelle, c’est un court-circuit. Tu t’appuies sur l’autorité et l’audience de quelqu’un d’autre pour exister immédiatement dans l’esprit de ta cible.

C’est du générer du trafic par emprunt, en quelque sorte. Et c’est légal.

Pour aller plus loin sur la logique de contenu qui attire une audience qualifiée, il y a une réflexion intéressante autour du cocon sémantique comme levier de référencement – ça complète bien la démarche d’Estelle sur le volet plus technique.

La méthode en 3 étapes pour générer du trafic via des partenaires

Estelle est pédagogue (c’est son fond de commerce, c’est pas un reproche), et elle structure sa stratégie en trois temps assez simples à décrire, un peu plus longs à exécuter.

Première étape : lister les plateformes. Tous les médias où ta cible consomme du contenu. Blogs, podcasts, YouTube, forums, groupes Facebook, comptes LinkedIn, presse spécialisée. Elle conseille même de ne pas se limiter au digital – un magazine papier sectoriel peut tout à fait entrer dans la liste si ton audience le lit. L’idée, c’est d’être exhaustif. Pas de se limiter à ce qu’on connaît.

Deuxième étape : identifier les mots-clés de ta thématique. Pas juste les synonymes évidents – aller aussi sur les déclinaisons, les questions associées, les sous-thèmes connexes. Son exemple sur l’immobilier est parlant : immobilier, achat, location, investissement locatif, viager, solution en viager, qu’est-ce qu’un viager. Un éventail large, pas un mot-clé unique.

Troisième étape : croiser les deux listes sur Google. Tu tapes « blog + mot-clé », « podcast + mot-clé », tu regardes ce qui remonte – résultats organiques ET annonces payantes. Ce dernier point, elle l’insiste : les sites qui paient pour leur visibilité sont des acteurs qui investissent dans leur audience. Ça veut dire qu’ils ont des ressources et probablement un vrai trafic. Ils méritent d’être dans ta liste de cibles potentielles.

Tu termines avec une liste de médias à contacter. Parfois longue. Ce qui m’agace un peu dans cette étape, c’est qu’elle est présentée comme simple alors que la vraie difficulté vient après : se faire accepter.

Comment se faire inviter – sans se faire ignorer

Envoyer un email à froid à un créateur de contenu qui reçoit des dizaines de sollicitations par semaine, c’est pas la partie la plus glamour de la stratégie. Estelle le reconnaît et donne trois leviers concrets.

Premier levier : attirer l’attention autrement. Elle recommande l’usage de la vidéo dans les emails de prospection – des outils comme Loom ou Videoask. L’idée, c’est de remplacer un bloc de texte générique par une vidéo courte, personnalisée, qui donne l’impression à la personne qu’on lui parle en face à face. C’est une asymétrie d’effort qui se voit. Et qui se ressent.

« En email, évidemment on est sur de l’écrit en général, vous pouvez tout à fait intégrer une petite vidéo dans votre email et donc avoir – donner le sentiment à la personne que vous lui parlez de face à face. »

Ça fonctionne. Je l’ai vu dans d’autres contextes – une vidéo de 90 secondes personnalisée vaut dix emails.

Deuxième levier : parler d’eux, pas de toi. Ce réflexe – arriver en pitch mode en expliquant qui tu es et ce que tu fais – c’est exactement ce que tout le monde fait. Ce qu’Estelle suggère, c’est de partir de l’intérêt du propriétaire du média. Qu’est-ce que ça lui apporte ? Qu’est-ce que son audience va gagner à t’entendre ? Si tu ne peux pas répondre à ces deux questions en deux phrases, ton email n’est pas prêt.

Troisième levier : simplifier le travail. Venir avec un sujet d’article déjà formulé, avec deux ou trois angles possibles pour un épisode de podcast, avec un lead magnet clé en main à offrir à l’audience. Moins le créateur a de travail à faire pour intégrer ta contribution, plus ta proposition est attractive. (Ce qui est rare dans le secteur – la plupart des gens arrivent les mains vides.)

Pour des approches complémentaires sur comment des acteurs du SEO gèrent leurs relations avec d’autres acteurs du web, l’épisode sur comment se faire référer par ses concurrents apporte un angle intéressant – et un peu contre-intuitif.

Les formats de partenariat : plus de possibilités que tu ne crois

Guest post, épisode invité, échange de bons procédés – ça, c’est le kit de base. Mais Estelle élargit le spectre.

L’affiliation d’abord. Tu proposes au propriétaire du média de toucher un pourcentage sur chaque vente générée via son audience. C’est un modèle qu’il connaît probablement déjà si son site a une certaine maturité. Et ça change le cadre de la conversation : tu n’es plus quelqu’un qui demande une faveur, tu es quelqu’un qui apporte un flux de revenus potentiel.

La publicité ensuite. Acheter un placement sur un podcast ou un blog bien ciblé – c’est souvent sous-estimé parce qu’on associe ça aux gros budgets. Mais un podcast de niche avec 2 000 auditeurs ultra-qualifiés peut être plus rentable qu’une campagne Facebook à 5 000 euros ciblée à la louche.

Et puis l’échange d’audiences. Si tu as toi-même un podcast, un blog, une newsletter – tu peux proposer à la personne d’intervenir sur ton propre média en retour. Ton audience est intéressante pour elle, la sienne l’est pour toi. C’est du co-marketing sans ligne de budget.

Ce qui est intéressant, c’est que ces formats ne s’excluent pas. Tu peux commencer par un article invité, créer une relation, puis proposer de l’affiliation six mois plus tard quand tu as prouvé ta valeur. La stratégie pour générer du trafic n’est pas un one shot – c’est une relation commerciale qui se construit.

Sur ce point, la démarche rejoint ce que font certains éditeurs de sites : construire des ponts entre audiences plutôt que de tout miser sur Google seul. Gaël Breton et la logique des sites d’autorité pousse cette réflexion assez loin – avec des résultats qui donnent le vertige.

Ce que cette stratégie ne résout pas – et pourquoi ça reste intéressant quand même

Honnêteté oblige : cette approche a des limites. Elle demande du temps pour trouver les bons médias, écrire les bons emails, créer les bons contenus. Ce n’est pas un automatisme. Et la dépendance à des tiers – si le podcast partenaire ferme, si le blog change de ligne éditoriale – tu perds le canal.

Mais – et c’est là où Estelle a raison – partir de zéro sur son propre site, attendre que Google finisse par te remarquer, espérer que les gens découvrent ton contenu organiquement : c’est la même dépendance à un tiers, en moins contrôlable et en beaucoup plus lent. Au moins, dans la stratégie qu’elle décrit, tu agis. Tu vas chercher ton audience au lieu d’attendre qu’elle te trouve.

« Construire une audience de zéro, c’est tout à fait faisable mais c’est long, ça demande de l’énergie. Pour aller un petit peu plus vite et démarrer – donner un coup de booster – et bien vous pouvez vous mettre en face d’une audience qui est déjà existante. »

Bref. C’est pas la stratégie ultime. C’est un levier parmi d’autres. Mais c’est un levier sous-utilisé par la plupart des petits créateurs qui passent 80% de leur temps à publier du contenu sur leur propre site en espérant que Google va les sauver.

Pour ceux qui veulent générer du trafic sans budget publicitaire, cette logique de partenariat éditorial rejoint d’ailleurs les principes explorés dans l’épisode sur le SEO sans budget pour les TPE – deux approches qui se combinent naturellement.

Ce qu’il faut retenir – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand j’ai lancé mes premières newsletters – c’est que générer du trafic ne commence pas par Google. Ça commence par une question simple : où est déjà ma cible, et qui parle à elle en ce moment ?

Questions fréquentes

Comment générer du trafic rapidement sans budget SEO ? +
La méthode la plus rapide pour générer du trafic sans budget consiste à s'appuyer sur des audiences déjà existantes. Concrètement, cela signifie identifier les blogs, podcasts et chaînes YouTube qui touchent déjà ta cible, puis proposer d'y intervenir comme invité. C'est plus rapide que de construire une audience depuis zéro, et ça ne nécessite pas de budget publicitaire.
Pourquoi avoir beaucoup de trafic ne suffit pas à vendre ? +
Un volume élevé de visiteurs ne génère des ventes que si deux conditions sont réunies : le trafic est qualifié (les visiteurs correspondent à ta cible réelle) et le site est structuré pour convertir (tunnel de vente clair, appels à l'action cohérents). Un trafic non qualifié qui repart immédiatement envoie aussi un signal négatif à Google, ce qui peut dégrader ton référencement.
Qu'est-ce que le guest blogging et comment ça aide à générer du trafic ? +
Le guest blogging consiste à écrire un article ou intervenir sur un média qui n'est pas le tien. L'intérêt : tu te retrouves directement en face d'une audience qui te connaît pas encore, sans attendre des mois que Google t'indexe. Si le média est bien choisi, une seule intervention peut t'amener des centaines de visiteurs qualifiés.
Comment trouver les bons médias partenaires pour son thème ? +
La méthode proposée par Estelle Ballot dans cet épisode est simple : liste tous les formats de contenu où ta cible traîne (blogs, podcasts, YouTube, groupes LinkedIn), liste tes mots-clés thématiques, puis croise les deux sur Google en tapant 'blog + mot-clé' ou 'podcast + mot-clé'. Prends note des résultats organiques ET des annonces payantes.
Comment convaincre un créateur de contenu de m'inviter sur son média ? +
Trois leviers fonctionnent bien : utiliser une vidéo personnalisée (via Loom ou Videoask) plutôt qu'un email texte générique, parler de ce que ça apporte à l'hôte et à son audience plutôt que de se vendre, et venir avec une proposition concrète (sujet d'article, angle d'épisode, lead magnet prêt). Plus tu simplifies le travail du propriétaire du média, plus ta proposition est attractive.
Quelle différence entre trafic organique et trafic issu de partenariats ? +
Le trafic organique vient de Google - il est lent à construire (souvent 12 à 18 mois) mais potentiellement très stable sur le long terme. Le trafic issu de partenariats éditoriaux est plus rapide à activer mais dépend de tiers. Les deux approches sont complémentaires : les partenariats donnent un coup de boost immédiat pendant que le SEO prend le relais sur la durée.

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