Faire croître sa base email en ajoutant 2 000 adresses par semaine – sans y penser. C’est le chiffre qu’Amy Porterfield a lâché presque en passant, comme si c’était une évidence. Sauf qu’Amy a construit un business de plus de 70 millions de dollars avec seulement 8 cours en ligne, et qu’elle a formé près de 50 000 personnes. Quand elle dit quelque chose « en passant », ça vaut le coup d’écouter.
Estelle Ballot l’a reçue sur le Podcast du Marketing pour ce qu’elle décrit comme l’épisode dont elle est la plus fière depuis le lancement du show. Grand mot. Mais après avoir écouté l’échange deux fois, je comprends pourquoi. Amy ne fait pas dans la théorie propre. Elle donne ses systèmes. Ceux qu’elle utilise vraiment, avec les chiffres derrière.
Ce qui m’a frappé d’emblée, c’est qu’elle commence par poser le cadre avant même de parler de tactiques. L’email n’est pas un canal parmi d’autres pour elle. C’est l’actif. Et ça change tout à la façon dont elle en parle.
Ne construis pas ta maison sur un terrain qui ne t’appartient pas
L’analogie qu’Amy utilise est simple, presque brutale dans sa clarté. Les réseaux sociaux, c’est de la location. L’algorithme change, les règles changent, et ton business peut s’effondrer du jour au lendemain. Elle l’a formulé comme ça :
Ne construisez pas votre business sur une location parce qu’on ne possède rien sur les réseaux sociaux. Au contraire, assurez-vous que vous avez un atout pour votre entreprise qui est à vous, qui est sous votre contrôle et vers lequel vous allez pouvoir revenir encore et encore.
C’est exactement le problème. Et Estelle a eu la bonne réaction en précisant, le jour de l’enregistrement, qu’Elon Musk venait de racheter Twitter. Timing parfait pour illustrer le truc.
L’argument chiffré d’Amy derrière tout ça : les emails convertissent quatre fois plus que n’importe quel réseau social. Quatre fois. Ce n’est pas une impression, c’est ce qu’elle observe sur son propre business depuis des années. Et quand on parle de plusieurs centaines de milliers d’abonnés actifs, ce ratio a des conséquences concrètes sur le chiffre d’affaires.
Pour creuser ce sujet de la délivrabilité et des règles qui encadrent l’emailing aujourd’hui, l’épisode sur les nouvelles règles Gmail et Yahoo à connaître est un complément indispensable – parce qu’envoyer des emails sur une liste qui t’appartient, c’est bien, encore faut-il qu’ils arrivent dans la boîte de réception.
Faire croître sa base email : les 3 stratégies d’Amy
On arrive au cœur de l’épisode. Amy structure sa réponse en trois axes. Je les reprends dans l’ordre, mais ce qui m’intéresse surtout c’est le niveau de détail qu’elle met derrière chacun – pas de la poudre aux yeux.
Première stratégie : être au bon endroit devant la bonne audience. Ça semble évident dit comme ça. Ça ne l’est pas dans la pratique.
Amy donne un exemple concret tiré de sa propre situation au moment de l’interview : passer sur le Podcast du Marketing, c’est se retrouver face à une audience française qui ne la connaît pas. Nouveaux yeux, nouvelles adresses potentielles. Sa règle personnelle : envoyer au moins une nouvelle demande de passage sur un podcast par semaine.
Parfois les gens ne viennent pas vous chercher au début et il faut aller vers eux. J’ai évidemment été dans cette position. Mais le plus important, c’est de vous proposer sur les émissions d’autres personnes, en faire une priorité.
Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais combien de créateurs envoient réellement une demande de collaboration par semaine, toutes les semaines, sans exception ? Pas beaucoup.
L’autre volet de cette première stratégie, c’est de s’assurer que la plateforme est prête à accueillir ce trafic. Amy insiste sur un point qui me semble souvent négligé : la page « À propos » est la page la plus visitée d’un site. Et pourtant c’est souvent la plus pauvre en opportunités de capture d’emails. Elle, elle y place des lead magnets. Plusieurs.
Pour comprendre exactement où placer ces points de capture, l’article sur les 7 endroits stratégiques pour attirer de nouveaux leads va beaucoup plus loin dans le détail.
Deuxième stratégie : aller au-delà du PDF. C’est là qu’Amy devient vraiment intéressante.
Le PDF, la checklist, l’antisèche – ça reste la forme de lead magnet la plus répandue. Et souvent la moins performante quand la liste commence à plafonner. Amy propose une alternative : le quiz ou l’évaluation.
Sa logique est psychologiquement solide. Les gens adorent apprendre des choses sur eux-mêmes. « Quel type d’entrepreneur êtes-vous ? » « Quel cours en ligne devriez-vous créer ? » – ce type de question active quelque chose que ne fait pas un PDF statique. Et ça a un impact direct sur les coûts publicitaires :
Si vous faites de la pub, les coûts sont généralement moins élevés pour les quiz que pour quoi que ce soit d’autre. C’est-à-dire que le coût pour obtenir un lead via un quiz est moins élevé que pour obtenir un lead via une master class ou autre chose.
Voilà. Moins cher à l’acquisition, plus engageant à l’entrée. Le quiz, c’est clairement le niveau au-dessus du PDF – Amy le dit elle-même. Plus long à construire, ça oui. Mais le retour est là.
Troisième stratégie : le mindset « toujours faire croître ». C’est celle que j’ai trouvée la plus contre-intuitive.
Amy ne passe pas ses semaines à travailler activement sur la croissance de sa liste. Elle a construit des systèmes qui font le travail en continu : un webinaire automatique accessible à n’importe quel moment, des lead magnets mentionnés dans chaque épisode de podcast, des passages réguliers sur d’autres shows. Et une fois par trimestre, elle organise ce qu’elle appelle un « list building blitz » – une semaine entière focalisée sur un seul objectif : faire grossir la liste avec un lead magnet spécialement créé pour l’occasion, sans rien vendre d’autre cette semaine-là.
Ce système trimestriel me rappelle la logique des stratégies pour faire exploser une base emails que le podcast a explorées dans un autre épisode – avec des approches similaires sur la concentration d’efforts sur des fenêtres courtes et intenses plutôt que sur une pression continue.
Envoyer à quelle fréquence – et quoi exactement
La question de la fréquence revient dans quasiment chaque conversation sur l’email. Amy donne une réponse nette : au moins une fois par semaine. Pas deux sauf en période de lancement. Pas moins sous peine de perdre le lien avec la liste.
Son système personnel : chaque jeudi matin, un email. Toujours le même jour, toujours la même heure. L’email annonce le nouvel épisode de podcast mais ne se contente pas d’un « voilà mon épisode ». Elle explique ce que les abonnés vont apprendre, pourquoi c’est important pour eux, pourquoi il faut qu’ils écoutent maintenant.
Ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt – enfin, ce que j’aurais aimé entendre avant de passer des mois à envoyer des newsletters molles – c’est cette idée de réutilisation. L’intro du podcast devient la base de l’email. On change quelques phrases, on adapte le ton, et c’est parti. Pas besoin de repartir d’une page blanche chaque semaine.
Et puis il y a le PS. Amy est catégorique là-dessus : ne zappez pas le PS. Beaucoup de gens lisent un email en diagonale et atterrissent directement en bas. Le PS est donc un endroit de choix pour répéter le lien principal, rappeler une offre limitée dans le temps, ou glisser une accroche qu’ils n’ont pas vue ailleurs dans l’email. Estelle confirme que ses stats montrent un volume de clics significatif dans cette section – et elle crédite Amy pour lui avoir appris ce réflexe.
Ce que personne ne dit sur la réactivation d’une liste froide
Voilà une partie de l’épisode que j’aurais aimé trouver plus tôt dans ma carrière. Estelle pose la question directement : comment réactiver une liste qu’on n’a pas correctement travaillée depuis des mois ?
La réponse d’Amy commence par une désescalade bienvenue. Pas de mail de excuses. Pas de « oh là là ça fait trop longtemps, je suis vraiment désolée ». Les gens s’en fichent. Ils ne t’ont probablement pas remarqué. Ce qu’ils voient, c’est ton nom qui réapparaît dans leur boîte. Point.
N’en fais pas toute une histoire. Ce que je veux dire par là c’est n’envoie pas un email pour dire ‘Oh là là, ça fait trop longtemps, j’ai disparu pendant des mois, ma vie était compliquée, j’en reviens pas que je me sois pas occupé de vous, je suis vraiment désolé’ blablabla. Non, ils s’en fichent.
Radical. Et juste.
Sa technique concrète : envoyer directement un lead magnet à toute la liste, sans demander de remplir un formulaire puisqu’ils sont déjà inscrits. Objet d’email irrésistible. Corps court. Lien immédiat vers le cadeau. Et une invitation à répondre – pour relancer l’engagement et signaler aux algorithmes de Gmail que cette adresse est active.
Puis un deuxième email aux non-ouvreurs. Parce qu’un seul email, dit Amy, n’est jamais assez. Jamais. C’est une règle qu’elle applique dans toutes ses campagnes, pas seulement en réactivation. Pour aller encore plus loin sur ce sujet, l’épisode sur la réactivation d’une base email inactive avec le cas Avène montre comment une marque établie a traité exactement ce problème à grande échelle.
Faire croître sa base email quand on arrive à un plateau
Le plateau. Ce moment où tu vois autant de désinscriptions que d’inscriptions et où tu te demandes si tu fais quelque chose de travers.
Amy démonte d’abord l’angoisse autour des désinscriptions. Des désinscriptions quotidiennes, c’est normal. C’est le signal que ta liste se qualifie d’elle-même. Ce qui doit t’alerter, c’est une accélération soudaine. Et pour la détecter, elle recommande de regarder ses stats une fois par semaine – pas tous les jours, ça rend fou – et de noter l’évolution nette : gains moins pertes.
Si le plateau s’installe, elle regarde deux choses. D’abord le format du lead magnet : si tu fais des PDF depuis des années, peut-être qu’il est temps de passer à un quiz, à un audio exclusif, à une courte vidéo. Ensuite la délivrabilité elle-même – parce que parfois le problème n’est pas le contenu, c’est que les emails n’arrivent tout simplement pas dans la bonne boîte de réception. L’outil utilisé, les configurations techniques, les taux d’ouverture réels : tout ça mérite d’être audité.
Sur ce point précis de la délivrabilité, l’épisode sur les 13 stratégies pour que vos emails n’atterrissent pas dans les spams est probablement la ressource la plus complète disponible en français sur le sujet – et elle est directement complémentaire à ce qu’Amy aborde ici.
Et puis il y a la question du message. Est-ce qu’on attire les bonnes personnes ? Est-ce que le positionnement est clair ? Ces questions-là n’ont pas de réponse rapide. Mais Amy dit quelque chose d’important : si tu perds plus que tu ne gagnes, ce n’est pas forcément une question de volume de contenu ou de fréquence. C’est souvent une question d’alignement entre ce que tu promets à l’entrée et ce que tu livres ensuite.
L’engagement : l’objet de l’email, les liens, les réponses
Trois leviers concrets. Amy les donne dans cet ordre, et ils ont chacun une logique distincte.
L’objet d’abord. C’est lui qui détermine si l’email est ouvert ou ignoré. Amy recommande une pratique simple : tenir un Google Doc avec les objets d’emails qui t’ont toi-même donné envie d’ouvrir. Pas copier-coller – s’en inspirer, trouver la structure, la faire sienne. C’est ce que font les bons copywriters (et ce que la plupart des gens ne font jamais, parce que ça demande une discipline qu’on n’a pas naturellement).
Les liens ensuite. Deux règles d’Amy : mettre le premier lien le plus haut possible dans l’email – dès la première ou deuxième ligne si c’est jouable – et ne jamais se contenter d’un seul lien. Deux ou trois occurrences du même lien dans le corps de l’email, plus un dans le PS. Parce que certains lisent en entier, d’autres scannent, et il faut que chaque type de lecteur trouve le chemin facilement.
Les réponses enfin. C’est là que beaucoup ratent. Amy dit que si tu veux que les gens répondent, il faut rendre ça ridiculement simple. Une question courte, une réponse attendue en une ou deux phrases. Et surtout – et c’est le détail qui change tout – répondre à chaque personne qui t’écrit. Elle raconte avoir répondu personnellement à une centaine de personnes un soir de Thanksgiving après avoir demandé à sa liste de partager ce pour quoi elles étaient reconnaissantes. Ces gens-là deviennent des clients à vie. C’est un investissement en temps, pas une dépense.
Ce principe de réponse individuelle rejoint quelque chose que Selim Messaï explore dans un registre différent – comprendre pourquoi les clients font rarement ce qu’ils disent – et que tu peux lire dans l’épisode sur les sciences comportementales appliquées au marketing. Le comportement réel d’un abonné se lit dans ses actions, pas dans ses intentions déclarées.
Amy conclut sur une phrase que je trouve honnêtement plus utile que la plupart des mantras marketing : « La question n’est pas d’avoir une grosse liste. C’est d’avoir une liste viable avec des personnes actives qui veulent vous lire. » Une liste de 500 personnes qui ouvrent, cliquent et répondent vaut infiniment plus qu’une liste de 10 000 fantômes. Mais bon – ça, il faut déjà une liste pour s’en rendre compte.

![[Best Episode] Emailing, les secrets de la reine du marketing : Amy Porterfield - Episode 129 2 faire croître sa base email](http://podcast-marketing.fr/wp-content/uploads/2026/04/le-podcast-du-marketing-strategie-digitale-marketing-digital-cmo-persona-emailin-best-episode-emailing-les-secrets-de-la-reine-du-marketing-amy-porterfield-episode-129-1.jpeg)

![[Best Episode] Comment allier plaisir et succès avec Edgar Grospiron - Episode 140 6 plaisir et succès](http://podcast-marketing.fr/wp-content/uploads/2026/04/le-podcast-du-marketing-strategie-digitale-marketing-digital-cmo-persona-emailin-best-episode-comment-allier-plaisir-et-succes-avec-edgar-grospiron-episode-140-1.jpeg)

![[Best Episode] Les 13 outils qui me font gagner du temps - Episode 137 10 outils gain de temps entrepreneur](http://podcast-marketing.fr/wp-content/uploads/2026/04/le-podcast-du-marketing-strategie-digitale-marketing-digital-cmo-persona-emailin-best-episode-les-13-outils-qui-me-font-gagner-du-temps-episode-137-1.jpeg)

![[Best Episode] Comment organiser son temps - Episode 106 14 organisation du temps entrepreneur](http://podcast-marketing.fr/wp-content/uploads/2026/04/le-podcast-du-marketing-strategie-digitale-marketing-digital-cmo-persona-emailin-best-episode-comment-organiser-son-temps-episode-106-1.jpeg)


![[Spécial Podcasthon] ONU Femmes France : Droit des femmes et Egalité de genres avec Catherine Reichert - Episode 224 20 droits des femmes](http://podcast-marketing.fr/wp-content/uploads/2026/04/le-podcast-du-marketing-strategie-digitale-marketing-digital-cmo-persona-emailin-special-podcasthon-onu-femmes-france-droit-des-femmes-et-egalite-de-genres-avec-catherine-reich-1.jpeg)
