écrire un bon titre

6 conseils et 11 modèles pour écrire vos titres – Episode 156

Épisode diffusé le 8 décembre 2022 par Estelle Ballot

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Savoir écrire un bon titre, c’est probablement la compétence copywriting la plus sous-estimée du marketing digital. Pas la plus complexe. La plus négligée. On passe des heures sur un article, une newsletter, un post LinkedIn – et le titre, on l’écrit en 30 secondes parce qu’on est fatigué et qu’on veut juste publier.

Estelle Ballot, créatrice du Podcast du Marketing, le dit sans détour dans son épisode 156 : sans titre fort, le meilleur contenu du monde ne sera jamais lu. Jamais vu. Jamais écouté. Et elle a raison. Ce n’est pas une métaphore. C’est littéralement ce qui se passe quand vous shootez un article sur Google et que votre title tag fait bof face aux 9 autres résultats.

Ce qui est intéressant dans la démarche d’Estelle, c’est qu’elle ne parle pas de trucs et astuces. Elle parle de méthode. Six règles, onze modèles – et derrière chaque point, une logique qu’on peut vraiment appliquer dès aujourd’hui. J’ai épluché la transcription de l’épisode. Voilà ce que j’en retiens – et ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand j’ai commencé à écrire pour le web.

Le titre n’est pas une formalité : c’est le seul truc que tout le monde lit

Reprenons la base. Un titre a deux rôles, pas plus. Informer – donner une idée générale du sujet en quelques mots. Et attiser la curiosité – créer ce petit manque qui pousse à cliquer. C’est tout. Le titre n’est pas censé tout expliquer, tout résumer, tout vendre. Il doit juste créer l’envie d’aller plus loin.

Sauf qu’en pratique, on lui demande de faire dix choses à la fois. D’être SEO-friendly, émotionnel, clair, punchy, pas trop long, pas trop court, avec un chiffre si possible… Et du coup, on finit par un compromis tiède qui ne fait rien du tout.

Le vrai problème ? La plupart des gens traitent le titre comme une conclusion – le dernier truc qu’on écrit, vite fait. Alors que c’est la première impression. Le seul élément que votre audience voit avant de décider si elle continue ou non. Sur Google, votre titre est en compétition directe avec neuf autres titres. Sur LinkedIn, il doit arrêter le scroll en 0,3 secondes. Dans une boîte mail, c’est lui qui décide si votre email finit lu ou à la corbeille.

Et pour ceux qui font de l’emailing et veulent optimiser leurs résultats, la ligne d’objet, c’est exactement le même mécanisme que le titre. Exactement.

Les 6 règles pour écrire un bon titre – sans partir dans tous les sens

Estelle liste six conseils. Je vais pas juste les recopier – ça ne servirait à rien. Je vais vous dire ce que j’en comprends vraiment, et où la plupart des gens plantent.

1. Se mettre dans la tête de son audience. Pas de son audience en général. De la personne précise qui va tomber sur ce titre. Estelle insiste beaucoup sur le travail de persona – et elle a raison, même si c’est le conseil qu’on entend partout sans jamais vraiment appliquer. Le titre doit répondre à un besoin, un problème, une envie que cette personne a déjà dans la tête. Pas un besoin que vous inventez pour elle.

«Votre job en marketing, quoi que vous fassiez, je ne cesserai de le répéter, votre job, c’est de vous mettre à la place de votre audience. C’est de vous mettre littéralement dans les chaussures de votre audience.»

Dit comme ça, ça semble évident. Mais combien de titres voit-on chaque jour qui parlent au créateur et pas au lecteur ?

2. En écrire beaucoup. Beaucoup. Marie Forleo – créatrice de contenu américaine très suivie – écrit systématiquement 50 titres avant d’en choisir un. Cinquante. Estelle l’explique bien : les dix premiers titres, c’est la purge. Le cerveau vide ce qu’il a en stock. Ce n’est qu’à partir du quinzième, vingtième titre que ça commence à devenir intéressant. La créativité ne fonctionne pas à la commande, elle se chauffe.

3. Rester simple et concis. Rien à ajouter là-dessus. Un titre, c’est quelques mots. Pas une introduction. Si votre titre fait trois lignes, c’est un chapeau d’article, pas un titre.

4. Choisir des mots forts. Deux catégories, selon Estelle. Les mots qui font écho au sujet – ceux qui font dire au lecteur «ah, c’est exactement mon problème». Et les mots émotionnels – parce que le cerveau réagit à l’émotion avant de réagir à la logique. Le rationnel vient après, pour se rassurer. Mais c’est l’émotion qui déclenche l’action. C’est d’ailleurs tout le sujet de comment utiliser les émotions pour vendre – un sujet qu’on sous-estime vraiment en copywriting de titre.

5. Le lire à haute voix. Ce conseil-là, je l’aurais mis en numéro un. Un titre, ça doit claquer. Littéralement. Estelle fait la comparaison avec les vendeurs de journaux qui criaient les titres dans la rue – et c’est exactement ça. Si votre titre sonne faux quand vous le dites à voix haute, il ne fonctionnera pas à l’écrit non plus. La musique des mots, ça compte.

«Votre titre, c’est vraiment quelque chose qui doit pouvoir se déclamer un peu comme les vendeurs de journaux qui criaient les titres à la volée dans la rue. Un titre, ça doit se dire, ça doit s’entendre, ça doit claquer finalement.»

Essayez. Vraiment. Lisez votre prochain titre à voix haute avant de publier.

6. Utiliser des chiffres. Une étude de Mose et Conductor montre que les titres avec des chiffres génèrent 36% de clics supplémentaires. 36%. Ce serait dommage de s’en priver. Et le fun fact qu’Estelle glisse en fin d’épisode : les chiffres impairs fonctionnent mieux que les chiffres pairs. Son hypothèse – et elle dit bien que c’est la sienne – c’est que les chiffres pairs donnent une impression de finitude, de clôture. Les impairs laissent une ouverture. Je trouve l’idée convaincante, même si je n’ai pas de données pour la confirmer.

Pourquoi écrire un bon titre devient la compétence clé de l’ère IA

Il y a un passage dans l’épisode d’Estelle qui m’a accroché – et qui va bien au-delà des titres. Elle explique que le copywriting, c’est-à-dire savoir trouver les bons mots, devient central non seulement pour le marketing traditionnel, mais aussi pour travailler avec l’intelligence artificielle.

«Lorsque vous vous penchez sur ce qu’est l’intelligence artificielle, sur ce que sera la compétence à avoir pour travailler avec l’intelligence artificielle, et bien ça va être de savoir prompter. Prompter, qu’est-ce que c’est ? C’est de trouver les bons mots, la bonne phrase, la bonne demande à faire à son intelligence artificielle.»

Ce que j’en retiens – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise il y a trois ans – c’est que la capacité à formuler précisément ce qu’on veut, à choisir le bon mot au bon endroit, c’est une compétence transversale. Pas juste utile pour les titres. Utile pour les prompts IA, les emails, les posts, les pitchs. Ceux qui savent écrire un bon titre sont aussi ceux qui savent parler à une IA de façon productive. Le muscle est le même.

Et honnêtement, ça change la valeur perçue du copywriting. Ce n’est plus une compétence réservée aux rédacteurs web. C’est une compétence de base pour tout marketeur. Pour tous ceux qui envisagent de devenir copywriter professionnel ou de monter en compétences sur le sujet, le moment est franchement bien choisi.

11 modèles pour écrire un bon titre sans partir d’une page blanche

La deuxième partie de l’épisode, c’est la liste des modèles. Estelle en donne onze. Pas pour mémoriser onze formules – mais pour avoir des points de départ quand on est bloqué devant son titre vide.

Le modèle qu’elle utilise le plus, de son propre aveu sans même l’avoir décidé consciemment : le «Comment». «Comment faire X». «Comment construire Y». «Comment arriver à Z». Simple, efficace, orienté solution. Le lecteur sait exactement ce qu’il va trouver. Et il sait que vous allez l’aider concrètement.

Ensuite, les listes – «Les X façons de faire…». Elles rassurent, elles structurent, elles donnent une promesse claire sur la quantité d’information. Les secrets – «Tout ce qu’on ne vous a jamais dit sur…». La curiosité fonctionne toujours. Le titre-question – «Pourquoi Elon Musk a-t-il réellement racheté Twitter ?». Vous sentez ce «réellement» ? Il signale qu’il y a quelque chose derrière que vous n’aviez pas vu.

Les autres modèles : les titres de progression («Les 10 meilleurs conseils de X pour performer sur Y»), la provocation («Pourquoi publier sur LinkedIn n’a absolument aucun intérêt»), l’avertissement qui joue sur la peur («Les erreurs à ne pas commettre dans votre déclaration d’impôts»), la résolution de problème («Déclarer ses impôts sans s’arracher les cheveux»), les erreurs à éviter, le besoin vital («Les 5 compétences à connaître impérativement en marketing») et l’humour.

Ce qui est intéressant, c’est qu’Estelle reconnaît ouvertement qu’elle n’utilise pas tous ces modèles. La provocation, par exemple – «c’est un modèle qui fonctionne très très bien, notamment sur LinkedIn. C’est pas du tout mon truc, mais c’est un modèle qui fonctionne.» Cette honnêteté-là, je l’apprécie. Trop de contenus marketing présentent des techniques comme universelles. Elles ne le sont pas. Ce qui marche dépend aussi de qui vous êtes et de comment vous écrivez.

Pour aller plus loin sur la mécanique de persuasion derrière certains de ces modèles – notamment l’avertissement et les biais cognitifs – l’épisode sur les biais cognitifs appliqués au marketing est un bon complément.

Ce que j’aurais aimé savoir sur les titres quand je débutais

Quinze ans à écrire pour des médias tech et marketing, et j’ai encore des titres qui font flop. Ce n’est pas une compétence qu’on maîtrise une fois pour toutes. C’est un muscle qu’on entretient.

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise en 2009 : un titre n’est pas fait pour vous plaire à vous. Il est fait pour déclencher quelque chose chez quelqu’un d’autre. Et ce quelqu’un d’autre, vous devez le connaître précisément – ses peurs, ses envies, ce qui le tracasse à 23h quand il scrolle sur son téléphone.

La méthode des 50 titres m’a pris du temps à accepter. J’avais l’impression de perdre du temps. En réalité, j’en gagnais – parce que le bon titre fait toute la différence sur le trafic organique. Un article avec un titre médiocre et un contenu excellent, c’est un contenu qui n’existe pas. C’est brutal, mais c’est vrai. Et pour ceux qui rédigent des newsletters, le même mécanisme s’applique à l’objet de l’email – ce que détaille très bien l’épisode sur la méthode pour rédiger une newsletter efficace.

La limite que j’assume : ces conseils fonctionnent mieux sur certains formats que d’autres. Un titre de rapport annuel ou d’appel d’offres n’obéit pas aux mêmes règles qu’un titre de post LinkedIn. Les chiffres impairs et les mots émotionnels, ça marche en B2C et en contenu éditorial. En B2B corporate, le filtre rationnel est plus fort (même si l’émotion reste présente, juste mieux cachée). Utilisez ces outils avec ce filtre en tête.

Et puis il y a une chose qu’Estelle ne dit pas mais que j’ajoute de mon propre chef : écrire un bon titre s’apprend aussi en lisant de mauvais titres. Faites l’inventaire de vos dix derniers contenus. Lesquels ont bien performé ? Lesquels ont fait un bide ? Regardez les titres. La réponse est souvent là. Pour ceux qui travaillent leur pitch et leur façon de se présenter, c’est d’ailleurs le même exercice – trouver les mots qui accrochent en quelques secondes.

Ce qui est clair, c’est que écrire un bon titre reste un acte artisanal. On peut s’appuyer sur des modèles, des études, des chiffres. Mais à la fin, c’est vous qui choisissez le mot qui va faire cliquer. Et ça, aucune formule ne peut le faire à votre place.

Mais bon – autant avoir les bons outils pour essayer.

Questions fréquentes

Comment écrire un bon titre qui fait cliquer ? +
Pour écrire un bon titre efficace, commencez par vous mettre à la place de votre audience : quel problème cherche-t-elle à résoudre ? Ensuite, écrivez un maximum de variantes - au moins 10 à 15 - avant de choisir. Ajoutez des mots forts liés à votre sujet ou à une émotion, intégrez un chiffre si possible, et lisez le titre à voix haute pour vérifier qu'il claque vraiment.
Combien de titres faut-il écrire avant de choisir le bon ? +
Marie Forleo, créatrice de contenu très suivie aux États-Unis, écrit systématiquement 50 titres pour chaque contenu qu'elle produit. L'idée : les premiers titres sont une purge. La vraie créativité démarre à partir du quinzième ou vingtième titre, quand le cerveau commence à rebondir sur ses propres idées. Même écrire 10 ou 15 titres au lieu d'un seul change significativement la qualité du résultat final.
Pourquoi les chiffres impairs fonctionnent mieux dans les titres ? +
Une étude de Mose et Conductor montre que les titres avec des chiffres génèrent 36% de clics supplémentaires. Et parmi ces titres chiffrés, les chiffres impairs (3, 5, 7, 11...) performent mieux que les pairs. L'hypothèse la plus répandue : les chiffres pairs donnent une impression de clôture, de quelque chose de fini. Les chiffres impairs laissent une ouverture, une curiosité résiduelle qui donne envie d'aller lire.
Quels modèles de titres fonctionnent le mieux pour un blog ou une newsletter ? +
Onze modèles sont régulièrement cités par les experts copywriting : le «Comment faire X», les listes («Les X façons de...»), les secrets («Ce qu'on ne vous a jamais dit sur...»), les questions, la provocation, l'avertissement, la résolution de problème, les erreurs à éviter, le besoin vital, les titres de progression et l'humour. Le modèle «Comment» reste le plus polyvalent pour du contenu éducatif ou informatif.
Est-ce que écrire un bon titre s'apprend vraiment ? +
Oui. C'est une compétence qui se travaille, pas un talent inné. La meilleure façon d'apprendre : analyser les titres de vos propres contenus en regardant lesquels ont bien performé et lesquels ont floppé. Avec le temps, vous développez une intuition pour les mots qui accrochent. Et en pratiquant régulièrement l'exercice des 50 titres, le cerveau s'entraîne à générer des formulations de plus en plus percutantes.
Quel lien entre écrire un bon titre et le copywriting IA ? +
Écrire un bon titre et rédiger un bon prompt pour une IA reposent sur le même muscle : trouver les bons mots pour déclencher une réaction précise. Savoir formuler exactement ce qu'on veut obtenir - que ce soit d'un lecteur humain ou d'un modèle de langage - c'est la même compétence. C'est pourquoi le copywriting devient de plus en plus central, y compris pour ceux qui travaillent avec des outils d'intelligence artificielle au quotidien.

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