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5 Stratégies pour déclencher l’achat – Episode 238 – on parle de vente et de conversion

Épisode diffusé le 27 juin 2024 par Estelle Ballot

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Déclencher l’achat – vraiment déclencher l’achat, pas juste espérer que le client finisse par se décider – c’est l’un des trucs les plus mal compris du marketing digital. On passe des semaines à peaufiner une page de vente, à collecter des témoignages, à bosser son SEO. Et puis les gens arrivent, lisent, et repartent. Sans rien faire. Estelle Ballot, fondatrice du Podcast du Marketing et consultante marketing suivie par des milliers de dirigeants, a consacré l’épisode 238 de son podcast exactement à ce problème. Ce qu’elle dit est simple en apparence. Mais ça touche quelque chose de plus profond que le simple A/B test de CTA.

Acheter fait peur – et tout le monde fait semblant de ne pas le savoir

Le point de départ d’Estelle Ballot, c’est une provocation. Acheter, ce n’est pas fun. La société de consommation des années 60 nous a vendu l’idée que le shopping c’est du plaisir – et les marques ont construit leur communication là-dessus pendant soixante ans. Problème : c’est faux.

Pour le cerveau, acheter c’est prendre une décision nouvelle. Et le cerveau déteste la nouveauté. Pas par paresse – par survie. Ce qu’on ne connaît pas peut nous faire du mal, nous coûter de l’argent, nous faire passer pour un idiot.

« Pour votre cerveau, acheter, c’est prendre une décision nouvelle et votre cerveau n’aime pas la nouveauté parce que par définition, la nouveauté, c’est quelque chose qu’on ne connaît pas. Et si on ne le connaît pas bah on peut se tromper, se faire avoir, passer pour un imbécile voir pire les trois à la fois. »

Voilà. Dit comme ça, on comprend pourquoi les pages de vente les plus complètes du monde ne convertissent pas systématiquement.

Ce que ça change concrètement pour toi qui vends quelque chose en ligne : l’obstacle n’est pas dans ton offre. Il est dans la tête de ton prospect. Et si ton marketing ne prend pas en compte cette réalité neurologique, tu rates une partie significative de tes ventes – pas parce que ton produit est mauvais, mais parce que tu n’as pas aidé l’acheteur à franchir le pas. C’est là que les stratégies pour décoder les comportements d’achat réels deviennent indispensables.

Le rôle modèle : la stratégie la plus difficile à mettre en place pour déclencher l’achat

Première stratégie. Et de loin la plus redoutable quand elle est bien exécutée.

Le principe : faire en sorte qu’une personnalité – pas forcément une célébrité mondiale, mais quelqu’un qui a du poids auprès de ton audience spécifique – soit vue en train d’utiliser ton produit. Ca déclenche simultanément deux mécanismes puissants : le FOMO (fear of missing out) et l’effet de mode. Les deux ensemble, c’est une combinaison difficile à résister.

L’exemple qu’Estelle Ballot cite ici est franchement remarquable. Béatrice de Montille, fondatrice de la marque de bijoux Merci Maman (épisode 59 du podcast si tu veux l’histoire complète), a eu l’idée d’envoyer un bijou personnalisé à Kate Middleton au moment de la naissance du Prince Georges. Pas directement – Kate Middleton ne pouvait pas accepter de cadeaux officiels. Par des voies détournées, soigneusement planifiées.

« Quelques semaines plus tard, la photo sort dans la presse, dans la nuit, les États-Unis et l’Angleterre se ruent littéralement sur les produits Merci maman. Ça a été le début fulgurant de cette marque. »

C’est exactement le problème avec cet exemple : il a l’air d’une histoire de chance. Ce n’en est pas une. Chaque étape était anticipée, préparée, exécutée. La chance ne fait pas partie de la stratégie – elle est le résultat de l’exécution.

Ce qui est intéressant aussi, c’est qu’Estelle précise que le rôle modèle ne signifie pas forcément payer un influenceur. Ca peut être une personnalité locale, un expert reconnu dans une niche, quelqu’un qui a de la crédibilité auprès de ton audience précise. Le budget n’est pas le facteur limitant. La créativité l’est.

La deadline : le coup de pied aux fesses que le cerveau attendait

Deuxième stratégie pour déclencher l’achat. Celle-là, on la connaît tous. Mais la plupart la bâclent.

Le mécanisme est simple : donner une date limite d’achat force le cerveau à analyser la situation maintenant, pas plus tard. Et ‘plus tard’ pour un cerveau humain, c’est souvent ‘jamais’. La deadline ne dit pas ‘achète’. Elle dit ‘prends une décision’ – et la décision peut être de ne pas acheter, c’est OK. Mais il faut choisir.

Deux outils concrets sont mentionnés dans l’épisode. Motion Mail d’abord : un timer animé qu’on intègre directement dans ses emails. Visuellement, le prospect voit le temps s’écouler. Psychologiquement, c’est puissant parce que c’est concret. Pas une date abstraite. Un compte à rebours qui tourne en temps réel.

Deadline Funnel ensuite. Un cran au-dessus. L’outil va identifier les personnes qui ont reçu certains emails et leur afficher une promotion sur le site – une promo que les autres visiteurs ne voient pas. Hyper personnalisé, hyper crédible.

« Combien de fois on a eu cette promotion est valable jusqu’à mardi, vous pouvez avoir 100 €. Puis quand vous revenez le mardi d’après ou la semaine d’après ou le mois d’après, vous voyez que la promotion en fait, elle est là tout le temps. C’est ultra bateau, on voit ça tout le temps. Moi personnellement, ça m’agace parce que j’ai l’impression qu’on me prend pour une idiote. »

Ce qui m’agace aussi, c’est que cette pratique abîme toute la mécanique. Une deadline qui ne tient pas, c’est une promesse rompue. Et une promesse rompue, c’est de la confiance détruite – pour la prochaine offre, et celle d’après. Sur la question de comment annoncer une offre avec crédibilité, c’est un des points les plus sous-estimés.

La règle est simple : si tu poses une deadline, tu la respectes. Pas d’exception. Pas de ‘juste pour cette fois’. Sinon tu peux tout aussi bien ne pas en mettre.

La rareté : ce que Beyoncé t’apprend sur le marketing sans le savoir

Troisième levier pour déclencher l’achat. Et peut-être le plus ancré dans notre biologie.

La rareté fonctionne parce que le capitalisme l’a intégré dans notre logiciel mental depuis des générations. L’or vaut cher parce qu’il est rare. Les melons coûtent une fortune en mai et quasiment rien en août. On ne réfléchit pas à ce mécanisme – on le vit, automatiquement.

Estelle donne un exemple qui dit tout. Elle s’est connectée pour acheter des places pour un concert de Beyoncé vingt minutes avant l’ouverture des ventes. Message reçu : 220 000 personnes devant elle. 220 000. (Ce chiffre, franchement, ça calme.)

La rareté envoie un signal implicite mais très fort : si c’est difficile à avoir, c’est que c’est bon. Ce n’est pas toujours vrai rationnellement – mais c’est vrai dans la tête de l’acheteur. Et c’est la tête de l’acheteur qui décide.

Concrètement : 10 places pour un événement, un nombre limité de clients en accompagnement, une cohorte fermée. La rareté peut être réelle (capacité physique limitée) ou construite (tu choisis de limiter l’accès). Les deux fonctionnent – à condition que la rareté soit vraie, pas simulée.

Le sampling : laisser goûter avant de faire payer

Quatrième stratégie. La plus ancienne du monde, et pourtant l’entreprise qui l’a perfectionnée existe depuis moins de trente ans.

Netflix. Spotify. Amazon Prime. Le modèle est le même partout : essaie gratuitement pendant un mois (ou trois), et après on verra. La logique derrière est brutale dans sa simplicité : si ton produit est bon, les gens ne voudront plus revenir en arrière.

Estelle raconte sa propre expérience avec Netflix – elle qui regarde très peu la télé. Ses enfants ont découvert les dessins animés Netflix plutôt que Gulli. Au bout de trois mois gratuits, impossible de revenir en arrière. Résultat : elle est abonnée à Netflix, Amazon Prime, Disney Channel, et elle pense peut-être à un quatrième dont elle n’est ‘pas vraiment au courant’.

Le prérequis est non négociable : il faut que le produit soit vraiment bon. Le sampling avec un produit médiocre, c’est accélérer l’échec. Tu fais tester, les gens sont déçus, et ils parlent. À l’inverse, si ton produit génère le ‘je ne peux plus m’en passer’ – tu as tout gagné. C’est d’ailleurs exactement ce que certaines erreurs de webinaire révèlent en creux : montrer trop peu de valeur réelle avant de demander l’achat.

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise – enfin, ce que j’aurais voulu lire dans un article quand j’ai commencé à couvrir le secteur – c’est que le sampling ne marche pas que pour les abonnements SaaS. Un chapitre gratuit, une session de coaching offerte, un audit partiel : le principe est identique. Fais goûter. Vraiment goûter.

Le call : la stratégie la plus humaine pour déclencher l’achat en ligne

Cinquième et dernière stratégie. La plus contre-intuitive pour ceux qui ont construit tout leur marketing pour fonctionner ‘sans intervention humaine’.

Estelle Ballot est directe : le marketing en ligne déshumanise. L’acheteur est seul face à un écran. Il peut avoir lu toute ta page de vente, tous tes témoignages, regardé ta vidéo de présentation – il lui manque encore quelque chose. Une voix. Un humain.

« Lorsque j’ai des personnes au téléphone qui hésitent à prendre l’une de mes formations et qui donc m’appellent, prennent un call avec moi pour savoir si la formation est OK pour elles ou non, en général, je dis la même chose que ce qu’il y a sur mon site internet. Alors je le dis différemment, peut-être que j’ai des exemples plus précis, mais il n’empêche que je raconte la même chose. Mais c’est pas du tout pareil d’avoir une personne au téléphone. »

C’est exactement ça. Ce n’est pas l’information qui manque. C’est la présence.

Les calls de closing (ou ‘calls de découverte’, selon comment tu les positionnes) ne sont pas réservés aux offres à 5 000 euros. Dès qu’un produit est un peu complexe, un peu engageant, un peu risqué dans la tête de l’acheteur – un appel de 20 minutes peut faire la différence. Et pendant ce call, tu peux d’ailleurs combiner avec d’autres leviers : faire une démo live, montrer ce qui est dans le produit, lever les dernières objections. Sur la mécanique de convaincre à l’oral pour vendre, c’est un territoire à part entière.

Une limite à mentionner : le call ne scale pas. Si tu as des milliers de prospects, tu ne peux pas tous les appeler. C’est là que les autres stratégies – deadline, rareté, sampling – prennent le relais. Le call est la stratégie des derniers mètres, pas de tout le tunnel.

Ce que ces cinq leviers ont en commun – et ce que personne ne dit vraiment

Cinq stratégies pour déclencher l’achat. Des mécanismes différents, des contextes différents, des budgets différents. Mais un point commun que l’épisode n’énonce pas explicitement et qui mérite d’être dit clairement.

Aucune de ces stratégies ne fonctionne si ton produit est mauvais. Le sampling accélère la désillusion. La deadline crée de la pression pour acheter quelque chose dont le client sera déçu. Le rôle modèle amplifie – dans les deux sens. Un bon produit vu par Kate Middleton explose. Un produit décevant avec la même exposition, c’est une crise de réputation.

Ce que ces stratégies font vraiment, c’est réduire la friction cognitive. Elles donnent au cerveau une raison de décider maintenant plutôt que de remettre à demain. Elles transforment l’indécision – l’état naturel du cerveau face à la nouveauté – en action.

Et ça, c’est une différence fondamentale avec la manipulation. La manipulation consiste à pousser quelqu’un à faire quelque chose contre son intérêt. Ces stratégies consistent à aider quelqu’un à faire quelque chose qui est dans son intérêt mais que son cerveau freine. La nuance est réelle, même si certains marketeurs l’utilisent pour se dédouaner de pratiques limites – fausses deadlines, fausse rareté. Sur les biais cognitifs appliqués à la vente, la frontière entre influence et manipulation mérite d’être posée à chaque fois.

Bref. Si tu vends en ligne et que tes visiteurs repartent sans rien faire, le problème n’est probablement pas ton SEO, ni ta page de vente, ni tes photos. C’est que tu n’as pas encore aidé leur cerveau à prendre une décision. Et déclencher l’achat, c’est exactement ça – pas plus, pas moins. Pour aller plus loin sur la mécanique complète d’un funnel de conversion qui convertit vraiment, c’est un autre sujet – mais directement lié.

Questions fréquentes

Comment déclencher l'achat quand un prospect hésite depuis longtemps ? +
Plusieurs leviers existent selon le contexte. Une deadline réelle - pas simulée - force le cerveau à analyser la situation maintenant plutôt que de remettre à plus tard. Un call téléphonique peut aussi suffire à lever les derniers doutes, même si vous répétez exactement ce qui est déjà sur votre page de vente. La présence humaine change tout.
Le FOMO est-il vraiment efficace pour déclencher l'achat ? +
Oui, mais à condition de ne pas le simuler. Une fausse rareté ou une fausse deadline détruit la confiance dès que le prospect s'en rend compte - et il s'en rend compte. Le FOMO fonctionne quand il est ancré dans quelque chose de réel : places limitées, promotion qui expire vraiment, accès exclusif à une personnalité influente.
Qu'est-ce que le sampling en marketing et comment l'utiliser ? +
Le sampling consiste à faire tester gratuitement votre produit ou service pendant une période limitée. Netflix, Spotify, Amazon Prime ont bâti leur modèle sur ce principe. Le prérequis absolu : votre produit doit être suffisamment bon pour que le prospect ne veuille plus revenir en arrière une fois la période d'essai terminée. Sans ça, vous accélérez simplement la déception.
Comment utiliser un rôle modèle pour déclencher l'achat sans payer un influenceur ? +
Le rôle modèle n'est pas nécessairement un influenceur payé. C'est une personnalité qui a de la crédibilité auprès de votre audience spécifique - un expert reconnu dans une niche, un professionnel respecté, une figure locale. L'exemple de Merci Maman avec Kate Middleton montre que la créativité et la préparation comptent plus que le budget.
Deadline Funnel, c'est quoi et comment ça fonctionne ? +
Deadline Funnel est un outil qui permet de proposer une promotion ou une offre limitée dans le temps à des personnes précises - celles qui ont reçu certains emails - sans que les autres visiteurs du site la voient. Cela donne une vraie crédibilité à la deadline : elle est personnalisée et réelle, pas affichée à tout le monde en permanence.
Pourquoi les gens visitent mon site mais n'achètent pas ? +
Le plus souvent, ce n'est pas un problème de page de vente ni de prix. C'est un problème neurologique : le cerveau humain évite naturellement de prendre de nouvelles décisions parce qu'elles impliquent un risque. Sans un élément qui force l'analyse - deadline, rareté, appel humain, démonstration gratuite - le visiteur repart sans décider. Ni oui, ni non. Juste... rien.

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