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Comment créer son site internet – 2ème partie – Episode 12

Épisode diffusé le 11 juillet 2019 par Estelle Ballot

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Créer son site internet sans toucher une ligne de code – c’est le genre de promesse qu’on entend partout, et qui se solde souvent par trois soirées perdues à chercher pourquoi le menu disparaît sur mobile. Estelle Ballot, fondatrice du Podcast du Marketing, a passé un épisode entier à démonter cette mécanique, pas à pas, sans bullshit. Et franchement, ce qu’elle dit tient la route.

Le contexte : c’est l’épisode 12, la suite directe de l’épisode 11 qui traitait de l’hébergement et du nom de domaine. Si tu n’as pas fait cette première partie, les bases techniques pour créer son site sont là. Mais aujourd’hui, on rentre dans le concret : templates, architecture, plugins. La vraie création.

Ce qui m’a frappé dans cet épisode, c’est la logique de priorisation. Estelle ne te dit pas de tout faire en même temps. Elle te donne un ordre. Et cet ordre-là, la plupart des gens qui se lancent l’ignorent complètement – ce qui explique pourquoi ils refont leur site six mois plus tard.

Le template WordPress : premier choix, premier piège

Trois critères. C’est tout ce qu’il faut pour choisir son template WordPress. Mais vu le nombre de templates disponibles – des centaines, peut-être des milliers sur le répertoire officiel – beaucoup se perdent dans l’esthétique et oublient le reste.

Premier critère, et c’est non-négociable : le template doit être responsive.

« Un site responsive, c’est un site dont le format s’adapte automatiquement au format d’écran. Ça ne veut pas dire qu’il se réduit de façon bête et méchante. Ça veut dire qu’il va s’adapter pour que ça reste toujours lisible et que l’expérience de l’utilisateur soit optimale pour chaque type d’écran. »

Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais c’est là que des gens se retrouvent avec un site parfait sur ordinateur et illisible sur téléphone – et ils ne le voient pas parce qu’ils ont designé depuis leur bureau.

Deuxième critère : la compatibilité avec ton type d’activité. Un site e-commerce, un site portfolio, un blog – ces trois architectures ne demandent pas les mêmes templates de base. Estelle insiste là-dessus, et elle a raison. Tu peux techniquement adapter n’importe quel template à n’importe quel usage, mais tu vas te battre contre l’outil au lieu de créer avec lui.

Troisième critère – le plus sous-estimé : la compatibilité avec Elementor ou un équivalent.

« Elementor, c’est un outil qui va vous permettre de faire absolument ce que vous voulez ultra simplement sur votre template. Vous partez d’un template qui vous convient à peu près mais qui en fait vous convient pas complètement et Elementor va par un système ultra simple de je clique et je glisse, drag and drop, vous permettre d’ajouter des blocs, d’ajouter des éléments. »

Voilà. Elementor, c’est le truc qui transforme WordPress d’un outil pour développeurs en outil pour tout le monde. Mais attention – tous les templates ne sont pas pensés pour fonctionner avec. Vérifier ça avant de tomber amoureux d’un design.

Un dernier conseil qu’Estelle glisse discrètement : choisir un template populaire, très téléchargé. Pas pour suivre la masse, mais parce que si tu bloques sur quelque chose, quelqu’un a déjà eu le même problème – et la réponse est sur un forum quelque part.

Architecture : ce que personne ne planifie vraiment avant de créer son site internet

Voici le moment où la plupart des gens s’énervent. Ils ont choisi leur template, ils sont impatients, ils veulent commencer à mettre du contenu. Et là, Estelle dit stop.

Avant de choisir si ton site sera rose, violet ou bleu – elle utilise exactement cette formulation, et c’est volontaire – il faut répondre à une question beaucoup plus structurante : qu’est-ce que tu veux que ton visiteur fasse sur ton site ?

Ce n’est pas une question rhétorique. C’est la question qui définit tout le reste. Sur un site e-commerce, le but final c’est l’achat. Sur un portfolio, c’est le contact. Sur un blog, c’est la lecture et l’abonnement. Et chaque objectif implique un chemin différent, des pages différentes, une logique de navigation différente.

Estelle donne un exemple concret : un site de vente de vêtements. Tu as une catégorie principale – tous les produits. Ensuite des sous-catégories : pulls, chemises, t-shirts, pantalons. Et dans les pulls : pull à capuche, pull sweat, pull en laine. Cette arborescence, si elle est mal pensée au départ, tu vas la refaire deux fois. Et refaire l’architecture d’un site en production, c’est douloureux.

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise – enfin, ce que j’aurais aimé entendre quand j’ai lancé mes premiers projets web – c’est que l’architecture d’un site, ça se dessine sur papier avant de toucher WordPress. Vraiment sur papier. Avec des post-its si nécessaire. Pas dans ta tête.

Et le conseil qui m’a semblé le plus malin dans cet épisode : aller regarder des sites concurrents, ou même des sites dans des domaines complètement différents, pour comprendre comment ils guident le lecteur d’une page à l’autre. Tu commences à voir les sites autrement. Tu vois les intentions derrière chaque bouton, chaque lien, chaque catégorie. Pour ceux qui construisent un business en ligne, cette étape d’analyse de l’existant est souvent ce qui fait la différence entre un site qui convertit et un site qui décore.

Les plugins : créer son site internet sans se faire déborder

Quatre plugins essentiels. Pas dix, pas vingt. Quatre.

Estelle est catégorique là-dessus, et c’est la partie de l’épisode où elle prend le plus clairement position. Trop de plugins, c’est des conflits, des failles de sécurité, des sites qui plantent sans raison apparente. Et retrouver quel plugin pose problème dans une liste de cinquante, c’est une soirée gâchée.

Le premier plugin : le plugin légal. RGPD, cookies, mentions légales. Pas rigolo, obligatoire. En France, en Europe, un site sans conformité RGPD c’est une exposition légale réelle.

« Si vous tapez RGPD sous la barre de recherche d’outils donc de plugin WordPress, vous allez trouver des plugins qui vont vous permettre de mettre en place tous les petits messages RGPD et tout le principe d’utilisation des données que vous collectez très simplement. »

C’est exactement le problème : les gens traitent ça comme un détail, ils le font en dernier – ou pas du tout. Et c’est la première chose que vérifient certains concurrents malveillants quand ils cherchent à nuire à un site.

Le deuxième plugin : la collecte d’emails. Un formulaire d’inscription à la newsletter, connecté à ton outil d’envoi d’emails. Estelle mentionne MailChimp, qui a son propre plugin WordPress. L’idée : ne pas juste collecter des adresses dans un tableau, mais les envoyer directement dans ton outil d’emailing pour pouvoir agir dessus.

Le troisième plugin : Google Analytics. C’est le plugin analytics de référence, et ici le mot référence n’est pas galvaudé – c’est vraiment le leader incontesté. Sans Analytics, tu gères ton site à l’aveugle. Tu ne sais pas d’où viennent tes visiteurs, sur quelles pages ils s’arrêtent, où ils abandonnent. C’est comme piloter sans tableau de bord.

Le quatrième plugin : Yoast SEO (Y-O-A-S-T). Pour créer son site internet qui se trouve sur Google, c’est le point de départ.

« Yoast va vous permettre de mettre en place toutes les bases de votre SEO, toutes la structure initiale pour que Google comprenne bien et sache lire votre site et en plus de ça, pour chacun de vos articles, il va vous permettre de personnaliser ce qu’on appelle les méta qui sont des petites phrases que Google va mettre en avant. »

Les metas. Ce sont ces deux ou trois lignes qui apparaissent dans les résultats de recherche. Sous le titre bleu, au-dessus de l’URL verte. Si tu ne les remplis pas, Google en choisit une au hasard dans ta page – et c’est rarement ce qui donne envie de cliquer. Pour les freelances qui cherchent à se rendre visibles, négliger ça, c’est laisser des clients sur la table.

Sécurité et maintenance : le truc chiant mais non-négociable

Hackers. Le mot fait peur. Et Estelle le sort sans précaution oratoire.

La réalité : si tu as un petit site, tu ne seras probablement jamais ciblé directement. Mais les attaques automatisées – des scripts qui scannent des milliers de sites pour trouver des failles connues – ça n’a pas besoin de te viser personnellement pour te toucher.

Les failles passent par les plugins. Pas par WordPress lui-même, qui est maintenu par une équipe de sécurité conséquente. Les plugins tiers, eux, sont parfois gérés par une seule personne dans son coin – et quand une faille est découverte, il faut un correctif rapide. Si tu n’as pas mis à jour, tu restes vulnérable alors que la faille est publiquement connue. (Ce qui est, objectivement, pire que de ne pas savoir qu’il existe une faille.)

La règle simple : mettre à jour WordPress et tous les plugins dès que la notification arrive. Ça prend deux minutes. Et rester sous les quinze plugins – Estelle dit 10-15, et c’est une limite raisonnable.

Mais il y a une limite à reconnaître ici. Cette approche fonctionnelle et minimaliste convient parfaitement aux sites qui démarrent. Si ton site devient un outil commercial sérieux, avec des transactions, des données clients, du trafic conséquent, à ce moment-là la question n’est plus «combien de plugins» mais «est-ce que je confie encore ça à WordPress seul». C’est une autre conversation. Pour des projets qui passent le cap du million, l’infrastructure change.

Ce que créer son site internet apprend vraiment – et pourquoi c’est précieux

Estelle termine sur un argument que j’ai trouvé vraiment solide. Pas le plus sexy, mais le plus utile à long terme.

Faire son site soi-même, au moins une fois, ça t’apprend quelque chose qu’aucun brief d’agence ne peut te donner : tu comprends ce qui est faisable, ce qui est simple, ce qui est complexe. Et du coup, quand tu arrives devant une agence avec un budget et un cahier des charges, tu ne te fais pas vendre des heures de développement pour des choses qui auraient pris dix minutes avec le bon plugin.

Ce n’est pas une invitation à devenir développeur. C’est une invitation à ne pas être ignorant de ce que tu achètes.

« Si votre entreprise décolle, que vous avez un budget plus conséquent et que vous avez envie de faire adapter votre site voire de refondre complètement votre site et de passer par une agence, pourquoi pas – vous saurez ce qui est nécessaire pour votre site, ce qui est faisable, ce qui est facilement faisable ou difficilement faisable et ça ce sera un outil énorme, une arme énorme pour pouvoir discuter avec votre agence de façon sereine. »

Voilà. Et c’est là que la boucle se ferme. Créer son site internet soi-même n’est pas une fin en soi – c’est une phase d’apprentissage. Pour certains, ce site restera le leur. Pour d’autres, ce sera la version 0 avant de déléguer intelligemment. Dans les deux cas, la compréhension acquise ne disparaît pas.

Pour ceux qui construisent quelque chose de plus large, la question de ce qu’on fait de son business une fois qu’il fonctionne se posera de toute façon. Mais ça, c’est une autre étape.

Ce qui m’agace un peu dans beaucoup de contenus sur ce sujet, c’est qu’ils présentent créer son site internet comme une décision technique. Ce n’en est pas une. C’est une décision stratégique. Tu choisis comment tu veux apparaître, à qui, pour dire quoi. Le template et les plugins ne sont que les outils pour exécuter cette décision. Et si tu n’as pas pris la décision en amont, tu vas changer de template quatre fois en cherchant une clarté qui n’est pas dans le design mais dans ta tête. Les meilleures stratégies marketing partent toutes de là.

Questions fréquentes

Comment créer son site internet sans coder en 2024 ? +
Avec WordPress, tu peux créer son site internet sans écrire une seule ligne de code. L'essentiel : choisir un template responsive compatible avec Elementor, planifier l'architecture de ton site avant de commencer, et installer les quatre plugins de base - légal RGPD, collecte d'emails, Google Analytics, et Yoast SEO. Le reste s'apprend en faisant.
Quel est le meilleur template WordPress pour un débutant ? +
Un template très téléchargé, responsive, et compatible avec Elementor. La popularité n'est pas un critère esthétique - c'est un critère de support. Si tu bloques, quelqu'un a déjà eu le même problème et la solution existe quelque part en ligne.
Combien de plugins WordPress faut-il installer au minimum ? +
Quatre plugins essentiels pour démarrer : un plugin RGPD et cookies, un plugin de collecte d'emails connecté à ton outil d'emailing, Google Analytics, et Yoast SEO. Rester sous 15 plugins au total pour éviter les conflits et les failles de sécurité.
Créer son site internet avec WordPress est-il gratuit ? +
Largement oui. WordPress est gratuit, la majorité des templates aussi, et les plugins essentiels existent en version gratuite. Les seuls coûts incontournables sont l'hébergement et le nom de domaine - traités dans l'épisode précédent. Tu peux lancer un site fonctionnel pour moins de 50 euros par an.
Qu'est-ce qu'un site responsive et pourquoi c'est important ? +
Un site responsive adapte son affichage automatiquement selon l'écran - ordinateur, tablette, mobile. Ce n'est pas une simple réduction de taille : c'est une refonte de la mise en page pour que la lecture reste agréable sur chaque format. Depuis que Google pénalise les sites non-responsives dans ses résultats, c'est devenu un critère de survie, pas un bonus.
Elementor est-il vraiment nécessaire pour créer son site internet sous WordPress ? +
Pas strictement obligatoire, mais il change radicalement l'expérience. Elementor permet de personnaliser n'importe quel template via un système drag-and-drop sans toucher au code. Pour quelqu'un qui n'est pas développeur, c'est la différence entre subir un template et le faire sien.

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