créer du contenu de qualité

10 conseils pour créer du contenu de qualité – Episode 19

Épisode diffusé le 31 octobre 2019 par Estelle Ballot

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Savoir créer du contenu de qualité, ça semble évident sur le papier. Mais dans la réalité – celle d’Estelle Ballot, qui anime Le Podcast du Marketing et le dit sans détour – même quand on sait que c’est indispensable, on finit quand même à checker les stats du podcast à la place d’écrire. Ce décalage entre la conviction et l’exécution, c’est exactement de là que part cette conversation. Et ce qu’elle propose pour en sortir est beaucoup plus structuré qu’on ne le croirait.

80 % des gens lisent le titre d’un article. Seulement 20 % lisent la suite. C’est Copyblogger qui sort ce chiffre. Et franchement, quand on y pense, ça remet pas mal de choses en perspective sur l’endroit où on devrait passer son énergie quand on rédige.

Estelle n’est pas rédactrice de formation. Elle le dit clairement, sans excuses. Elle a construit une méthode parce qu’elle avait besoin que ça fonctionne – pas parce qu’elle adorait ça naturellement. C’est ce qui rend ces 10 conseils intéressants : ils viennent d’une pratique contrainte, pas d’une théorie.

Ce qui suit, c’est pas un résumé d’épisode. C’est une tentative de dégager ce qui, dans tout ça, change vraiment la donne – et pourquoi certains points méritent qu’on s’y arrête plus longtemps que les autres.

Ce que «contenu de qualité» veut vraiment dire (et ce que la plupart ratent)

Commençons par là. Parce que le terme est partout, galvaudé, et que beaucoup de gens créent du contenu sans vraiment savoir ce qu’ils cherchent à produire.

Pour Estelle, la définition est simple : un contenu de qualité, c’est un contenu qui ne convient pas à tout le monde. Si ton article peut être lu par n’importe qui, c’est qu’il n’est écrit pour personne. La précision de la cible est le premier filtre de qualité – avant la longueur, avant le SEO, avant les images.

«Du contenu de qualité, c’est un contenu qui est adressé à un public précis. Clairement, il ne conviendra pas à tout le monde parce qu’il a été rédigé avec une audience précise en tête. L’idée, c’est qu’il crée des réactions qui génèrent de la curiosité, de l’intérêt, voire pourquoi pas un débat. En tout cas, il ne laisse pas indifférent.»

Voilà. Pas «il plaît à tout le monde». Il ne laisse pas indifférent. C’est pas du tout la même chose.

Les bénéfices qu’elle cite derrière – trafic, positionnement sur les moteurs de recherche, leads, ventes à moyen terme, positionnement expert – sont réels. Mais ce qui m’intéresse davantage, c’est l’ordre dans lequel elle les présente. Le positionnement en tant qu’expert arrive en dernier. Pas parce qu’il est moins important. Parce qu’il est la conséquence naturelle du reste, pas un objectif qu’on chasse directement.

Et c’est souvent là que les gens se plantent : ils écrivent pour avoir l’air expert, pas pour aider. Le lecteur le sent en cinq secondes.

Persona, planning, cocon : les trois fondations avant d’écrire une ligne

Trois conseils sur dix sont consacrés à ce qui précède l’écriture. C’est pas un hasard.

Le persona d’abord. Estelle renvoie à son épisode 13 sur le sujet – et si tu ne l’as pas encore creusé, créer un persona client idéal est vraiment la base sur laquelle tout repose. L’idée centrale : tu dois connaître ton lecteur tellement bien que tu sais ce qui le bloque, ce qui le gêne, ce qui l’empêche de dormir. Et c’est exactement de ça dont tu dois parler dans tes articles – pas de ce que toi tu trouves intéressant.

Le planning éditorial, ensuite. Deux raisons pratiques qu’elle met en avant : éviter la page blanche (quand tu sais déjà de quoi tu vas parler la semaine prochaine, le problème ne se pose plus) et grouper la création de contenu. Ce point-là est sous-estimé. Quand la machine est lancée, autant l’exploiter. Écrire deux articles d’un coup quand t’es dans l’état d’esprit est souvent plus efficace que d’en écrire un par semaine en forçant à chaque fois.

Et troisième fondation : le cocon sémantique. Le principe est simple – lier entre eux les articles qui traitent d’un même thème. Ça aide le lecteur à approfondir. Et ça plaît à Google parce que ça plaît aux lecteurs (la logique est circulaire, mais elle fonctionne). Sur le long terme, ça évite aussi les redites : ton planning te montre en un coup d’œil ce que tu as déjà couvert.

Ce qui est intéressant, c’est que ces trois éléments forment un système. Sans persona, ton planning ne sert à rien. Sans planning, ton cocon ne se construit pas. Et sans cocon, chaque article repart de zéro.

créer du contenu de qualité en partant de ce qui existe déjà

Conseil numéro 3 de la liste d’Estelle : créer du meilleur contenu que les autres. Ça sonne agressif comme ça, mais la mécanique est pragmatique.

Tu regardes ce qui existe sur le sujet que tu veux traiter. Tu identifies les meilleurs articles. Et tu les améliores – pas tu les copies, tu les améliores. Tu ajoutes des éléments manquants, tu approfondis ce qui est survolé, tu apportes ton angle.

«Prenez ce qui a déjà été fait, réécrivez-le à votre sauce et améliorez-le, ajoutez des éléments en plus. L’objectif, c’est de faire le meilleur article possible.»

Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais ça demande de passer du temps à lire la concurrence avant d’écrire – ce que la plupart des gens sautent parce que ça ne ressemble pas à de la production.

Sur le duplicate content, Estelle est nuancée (ce qui est rare dans le secteur) : les avis sont partagés sur l’impact réel côté Google. Mais l’argument éthique – personne n’aime lire deux fois la même chose – suffit à trancher. Si ton lecteur reconnaît les mêmes mots qu’ailleurs, il passe. C’est aussi simple que ça.

Pour la création de contenu en général, le vrai différenciateur n’est pas l’originalité pour l’originalité – c’est la profondeur et la perspective personnelle. Deux articles qui traitent le même sujet peuvent coexister si l’un apporte quelque chose que l’autre n’a pas.

L’émotion et Pascal : le conseil qu’on n’attend pas dans un tuto SEO

C’est le conseil numéro 4, et c’est celui qui m’a le plus surpris dans cet épisode. Pas parce qu’il est nouveau – le storytelling, on en entend parler partout – mais parce qu’Estelle l’ancre dans une mécanique cognitive précise.

Le cerveau reçoit des milliards d’informations. Il ne peut pas tout traiter. Alors il va naturellement vers ce qui confirme ce qu’il croit déjà. Et cette confirmation génère une émotion rassurante : «on pense la même chose, donc c’est certainement la vérité».

«C’est tout l’art du storytelling, c’est dire aux gens qu’ils ne sont pas seuls.»

C’est exactement le problème. Pas «raconter une belle histoire». Pas «créer du lien émotionnel». Juste : faire comprendre à quelqu’un qu’il n’est pas le seul à vivre ce qu’il vit. Et pour ça, il faut connaître suffisamment bien son persona pour savoir ce qu’il ressent – pas seulement ce qu’il cherche.

Estelle cite Pascal : «le cœur a ses raisons que la raison n’a point». Elle le dit en riant un peu – mais c’est peut-être la citation la plus utile qu’on puisse mettre dans un épisode sur la création de contenu.

La taille, les fautes, les images : ce que «bien écrire» signifie vraiment

Conseil numéro 5. Et là, Estelle est directe.

Écrire clairement, c’est écrire comme si tu écrivais pour un enfant. Pas pour paraître simple – pour être compris. «Ne pas essayer d’avoir l’air intelligent» : le pédantisme est un filtre qui repousse les lecteurs, pas un gage de crédibilité.

Sur les fautes d’orthographe, elle est sans appel :

«S’il y a une faute par ligne, vous aurez beau être la super cadore dans votre domaine, votre crédibilité, elle est cassée en 2 secondes.»

Bonne nouvelle : les fautes, c’est corrigeable. Ça demande juste de se relire – ce qu’on ne fait pas assez.

Sur la longueur – et elle le dit elle-même avec un sourire – «désolé, mais la taille, ça compte». Minimum 800 mots pour qu’un article soit pris au sérieux par Google. Mais les articles qui rankent vraiment tournent plutôt autour de 1500 à 2000 mots. La logique : un article plus long donne plus d’informations. Plus d’informations, c’est plus utile. C’est aussi simple que ça.

Et les images ? Elles ne sont pas décoratives. Elles cassent la monotonie visuelle, elles facilitent la mémorisation, et une infographie bien faite vaut souvent trois paragraphes. Sur ce point, les outils comme Canva ont rendu ça accessible à n’importe qui – même sans compétences graphiques.

Liens internes, backlinks et Neil Patel : le côté technique qu’on ne peut pas ignorer

Deux conseils de la liste concernent les liens. C’est beaucoup. Et c’est logique.

Les liens externes d’abord. Pointer vers des sources de référence – Wikipedia, le magazine leader de ton secteur, un auteur reconnu dans ton domaine – signale à Google que tu connais ton sujet. Attention : pas de liens vers des sites e-commerce. Google y voit de la pub, et ça casse l’effet de crédibilité.

Les backlinks, ensuite – conseil numéro 10, le dernier de la liste, et probablement celui qui demande le plus d’efforts. Estelle recommande la méthode Neil Patel : identifier les backlinks de tes concurrents via son outil gratuit, contacter les auteurs de ces articles, leur proposer ton contenu comme alternative plus complète.

«Il va falloir envoyer probablement plusieurs dizaines d’emails, mais ça vaut la peine parce que ça va vous permettre d’obtenir de très bons backlinks.»

Ne pas acheter de liens. Le risque si Google le détecte est réel – et la sanction peut être sévère. La méthode manuelle est longue, mais elle construit quelque chose de solide.

Sur le choix du bon support pour créer du contenu – article, audio, vidéo – la question se pose souvent avant même de penser aux backlinks. Choisir son support de création de contenu conditionne toute la stratégie qui suit, y compris la façon dont tu vas construire tes liens.

Titre, engagement, diffusion : ce qu’on fait après avoir écrit

80 % des gens lisent le titre. 20 % lisent le reste. Ce chiffre de Copyblogger, Estelle le sort pour justifier le conseil numéro 7 : un titre fort n’est pas une option.

Et sur les titres trompeurs – ce qu’elle appelle franchement des «put-à-clic» – elle n’y va pas par quatre chemins. Ça décrédibilise. Ça attire un clic et ça perd un lecteur. À long terme, c’est perdant.

Le conseil numéro 9 – générer de l’engagement – est peut-être le plus difficile à exécuter. Joe Pulizzi, auteur reconnu en marketing de contenu, le dit clairement : maintenir un succès sur le long terme passe par l’engagement continu. Poser des questions. Avoir un parti-pris. Accepter le débat. Et préférer un style conversationnel – que Google favorise explicitement.

Mais tout ça ne sert à rien si le contenu n’est pas vu. Estelle termine sur un point qu’on oublie souvent : le SEO seul ne suffit pas. Il faut décliner le contenu sur toutes ses plateformes, envoyer un email, pourquoi pas faire un peu de pub. Et surtout – publier régulièrement, à la même fréquence, au même moment. Ce rendez-vous, c’est bon pour les lecteurs. C’est bon pour Google.

Ce qu’il faut retenir – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise au début – c’est que créer du contenu de qualité n’est pas une question de talent rédactionnel. C’est une question de système. Un persona solide, un planning qui tient, un style honnête, des liens construits dans le temps. Estelle n’a pas naturellement envie d’écrire. Elle a construit une méthode pour le faire quand même. Et c’est probablement plus utile comme point de départ que n’importe quelle inspiration.

La vraie limite de cette approche ? Elle suppose qu’on ait déjà une audience à adresser, même petite. Si tu pars de zéro, la question du persona devient abstraite – tu écris pour un fantôme. Tester ses hypothèses avec de vraies personnes avant de se lancer dans la production de masse, c’est souvent ce qui fait la différence entre un contenu qui atterrit et un contenu qui disparaît dans le vide.

Mais bon, à un moment, il faut aussi juste commencer. Même mal. Même sans avoir tout réglé. Parce que créer du contenu de qualité demande de la pratique, et qu’on n’apprend pas à écrire en lisant des conseils sur comment écrire.

Questions fréquentes

Comment créer du contenu de qualité quand on n'est pas rédacteur ? +
La clé, c'est d'avoir une méthode plutôt qu'un talent naturel. Commencer par bien définir son persona, construire un planning éditorial pour éviter la page blanche, et écrire de façon concise et conversationnelle. L'orthographe se corrige à la relecture. La longueur s'acquiert avec la pratique. Ce qui ne s'improvise pas, c'est la connaissance de son lecteur.
Quelle longueur pour créer du contenu de qualité qui rankera sur Google ? +
Le minimum généralement admis est de 800 mots. Mais les articles qui se positionnent vraiment bien sur Google tournent plutôt entre 1500 et 2000 mots. Un article plus long permet d'aller plus en profondeur - et la profondeur est ce que Google récompense.
C'est quoi un cocon sémantique et pourquoi c'est important ? +
Un cocon sémantique, c'est le fait de lier entre eux les articles qui traitent d'un même thème ou sujet connexe. Ça aide le lecteur à approfondir sa lecture, et ça montre à Google que ton site couvre un sujet en profondeur - ce qui améliore ton autorité thématique.
Comment obtenir des backlinks sans les acheter ? +
La méthode recommandée par Neil Patel : identifier les backlinks de tes concurrents via son outil gratuit, puis contacter les auteurs de ces articles pour leur proposer ton contenu comme alternative plus complète. Il faut envoyer plusieurs dizaines d'emails, mais les résultats sont solides et durables. Acheter des backlinks expose à des sanctions de Google si ça se détecte.
Pourquoi créer du contenu de qualité nécessite un planning éditorial ? +
Sans planning, tu te retrouves chaque semaine face à la page blanche à te demander de quoi parler. Le planning te permet de grouper ta création de contenu - une fois la machine lancée, autant en profiter. Il te donne aussi une vision sur plusieurs mois pour construire un cocon sémantique cohérent et éviter les redites.
Quelle est la différence entre un bon titre et un titre putaclic ? +
Un bon titre attire l'attention ET tient sa promesse. Un titre trompeur - le putaclic - attire le clic mais déçoit le lecteur une fois l'article ouvert. Le résultat : perte de crédibilité et taux de rebond élevé. Selon Copyblogger, 80 % des personnes lisent le titre mais seulement 20 % lisent la suite - raison de plus pour que le titre soit honnête et fort à la fois.

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