confiance en soi entrepreneur

Avoir confiance – Episode 51

Épisode diffusé le 10 décembre 2020 par Estelle Ballot

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La confiance en soi entrepreneur – tout le monde en parle, personne ne sait vraiment d’où ça vient. Estelle Ballot, fondatrice du Podcast du Marketing, a eu l’honnêteté de commencer un épisode entier par une phrase qui surprend : ‘J’ai confiance en moi.’ Pas comme une affirmation positive collée sur un miroir. Comme un constat, presque gêné. Et derrière ce constat, une question qui concerne à peu près tous ceux qui se lancent un jour seuls : pourquoi parfois on y croit, et parfois on s’effondre à la première réunion un peu tendue ?

Ce qui est intéressant dans l’approche d’Estelle, c’est qu’elle ne vend pas de méthode en cinq étapes. Elle réfléchit à voix haute. Et cette réflexion-là, elle touche quelque chose de vrai sur le rapport qu’ont les indépendants et les créateurs d’entreprise avec leur propre légitimité.

Parce que le problème n’est pas de manquer de talent. Le problème, c’est ce truc dans la tête qui dit ‘n’y va pas’ précisément au moment où il faudrait y aller.

Ce que la confiance en soi entrepreneur veut dire concrètement

Pas une vague sensation de bien-être. Pas un trait de caractère qu’on a ou qu’on n’a pas. Pour Estelle, la confiance en soi se définit d’abord comme une croyance – et cette précision change tout.

La croyance que j’ai les compétences, les atouts, les outils, tout ce que vous voulez en fait, mais la croyance que j’ai ce qu’il faut pour que les choses se passent bien. Ça veut pas nécessairement dire d’ailleurs que tout va se passer parfaitement, mais ça veut dire que j’ai les cartes en main.

Dit comme ça, ça déplace le curseur. On ne parle plus d’un état psychologique mystérieux réservé aux personnalités extraverties. On parle d’une conviction, qui peut se construire ou se déconstruire selon les expériences qu’on accumule.

Et le pendant de cette croyance, c’est la peur. Pas la peur comme faiblesse – la peur comme signal. Estelle le dit sans détour : ne pas avoir confiance en soi, c’est avoir peur. Point. Ce qui est rare dans le genre ‘podcast de développement personnel’, c’est qu’elle ne s’arrête pas là pour te proposer une technique de respiration.

Elle pose une autre question : peur de quoi, exactement ?

Le bison dans le couloir de ta présentation Zoom

Voilà où ça devient franchement intéressant. Et un peu inconfortable, parce que ça force à regarder quelque chose qu’on préfère ignorer.

Notre cerveau – le vieux, le reptilien, celui qui a survécu à plusieurs millénaires de prédateurs – ne fait pas la différence entre un troupeau de bisons qui charge et une présentation devant dix personnes en visio. Pour lui, c’est du danger. Du danger = ne pas y aller. Simple, efficace, complètement inadapté à 2024.

Notre cerveau a été programmé pour éviter le danger parce que s’il ne faisait pas ça au temps de la préhistoire, on ne vivait pas bien longtemps. Donc notre cerveau a évolué bien sûr, mais il se souvient qu’il faut éviter le danger. Et la peur, elle veut dire danger. Donc si on a peur, il ne faut surtout pas y aller.

Ce qui m’a toujours agacé dans ce genre de raisonnement, c’est qu’on le comprend intellectuellement tout de suite, et que ça ne change absolument rien à la peur. Savoir que ton cerveau est archaïque, ça ne le rend pas moins bruyant.

Mais l’étape suivante d’Estelle est plus utile. Elle ne dit pas ‘ignore ta peur’. Elle dit : une fois que tu sais d’où elle vient, tu peux choisir de ne pas l’écouter. Nuance importante. La peur reste là. C’est ta réponse qui change.

Pour ceux qui veulent creuser le lien entre compétences comportementales et entrepreneuriat, l’épisode sur comment développer ses soft skills avec Solenne Boquillon le Gouaziou va exactement dans cette direction.

D’où vient vraiment la confiance – l’expérience comme seul vrai carburant

Trois mots : tu l’as déjà fait. Ou quelque chose d’approchant.

Estelle démonte le mécanisme de la confiance avec une logique assez implacable : on a confiance parce qu’on s’est déjà retrouvé dans une situation similaire, et qu’on s’en est sorti. Pas besoin que ce soit exactement la même chose. Similaire suffit. Et si tu n’as jamais vécu rien de proche, alors oui – la peur de l’inconnu arrive, et elle a l’air légitime.

Mais voilà le truc : cette absence d’expérience ne te retire aucune compétence réelle pour réussir. Ça, c’est le point que la plupart des gens ratent complètement.

Jenny Chammas – qui était passée dans l’épisode précédent pour parler de savoir se vendre – avait proposé un exercice concret à ce sujet. Et Estelle le reprend ici parce qu’il est efficace :

Son conseil, c’est tout simplement de penser aux choses qu’on a déjà fait, mais qu’on pensait impossible ou très très dur à faire avant de les faire. Et pourtant on a réussi. On a dépassé cette peur et au miracle, tout s’est bien passé.

J’avais peur de pas avoir le bac. J’ai eu le bac. J’avais peur de ma première présentation en public. Elle s’est passée. Bref – la peur ne prédit pas l’échec. Elle signale juste l’inconnu. Deux choses très différentes.

Ce qu’il faut retenir – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand je me suis lancé en freelance – c’est que l’absence de précédent n’est pas une preuve d’incapacité. C’est juste une absence de précédent.

La confiance en son projet : ne pas laisser les suppositions pessimistes gagner par forfait

Avoir confiance en soi entrepreneur, c’est une chose. Mais Estelle soulève un deuxième niveau qui est au moins aussi important et dont on parle beaucoup moins : la confiance en l’avenir, en le projet lui-même.

Et là, le piège est redoutable. Parce que quand tu te lances, tu vas très facilement trouver des raisons pour lesquelles ça ne marchera pas. La crise. La concurrence. Les petites structures qui s’effondrent au moindre imprévu. La voix intérieure est créative, il faut lui reconnaître ça.

Le problème, c’est qu’on traite ces scénarios catastrophe comme des faits. Alors qu’ils ne sont que des suppositions.

Et voilà où le raisonnement d’Estelle devient vraiment utile – sans tomber dans le ‘pense positif et l’univers t’exaucera’ (ce qui me ferait fuir).

Elle dit : tu ne connais pas le futur. Tes suppositions pessimistes ne sont pas plus vraies que des suppositions optimistes. Alors si tu dois de toute façon supposer quelque chose, choisis la version qui te donne envie de travailler plutôt que celle qui te paralyse sur ton canapé. Ce n’est pas une question de naïveté. C’est une question d’efficacité.

Dans un registre proche, l’épisode sur faire confiance au process pousse cette réflexion encore plus loin – avec une grille de lecture sur le temps long qui complète bien ce que dit Estelle ici.

La confiance en soi entrepreneur ne garantit rien sur le résultat. Ce serait mentir de dire le contraire. Mais elle change radicalement la qualité du présent, le niveau d’énergie qu’on met dans ce qu’on fait, et donc – mécaniquement – les chances que quelque chose arrive.

Le profil d’Estelle Ballot : ce que son parcours révèle sur la question

Estelle Ballot n’arrive pas à ce sujet par hasard. Elle le dit dès l’ouverture de l’épisode : elle est globalement quelqu’un qui a confiance en elle. Et elle en explique l’origine avec une précision qui vaut le détour.

Grandir dans une famille où tout le monde avait la parole – enfants inclus – et où tout le monde voulait avoir raison. Pour exister dans cet environnement, il fallait argumenter. Et l’habitude d’argumenter, ça rationalisait les idées. Et des idées rationalisées, c’est des idées qu’on défend plus facilement.

C’est pas de la chance pure (même si la famille bienveillante, ça aide). C’est un mécanisme qu’on peut reproduire. Prendre l’habitude de savoir pourquoi on pense ce qu’on pense. Être capable de l’articuler. Ça, ça se travaille, même adulte.

Mais – et c’est important – même Estelle dit clairement qu’elle n’a pas toujours confiance. Que tout n’est pas rose. Que ça se saurait si tout coulait de source. Cette honnêteté-là, elle est précieuse dans un espace où le culte du ‘je gère tout’ est encore très présent chez les entrepreneurs qui communiquent.

Pour les 7 qualités de l’entrepreneur – dont la confiance fait partie – l’épisode 49 du même podcast donne une lecture complémentaire intéressante, et c’est d’ailleurs l’épisode que Sarah, auditrice artisane, avait cité dans son avis.

Confiance en soi entrepreneur : le courage comme seul raccourci honnête

Voilà la limite que j’assume complètement : il n’y a pas de hack. Il n’y a pas de technique secrète qui transforme la peur en confiance sans rien demander en échange.

Estelle le dit sans enrobage : quand on manque de confiance, il faut redoubler de courage. Ce n’est pas une phrase vide. C’est une vraie exigence. La confiance en soi entrepreneur ne précède pas l’action – elle la suit, souvent. Tu fais. Tu vois que tu peux. Tu recommences avec un peu moins de peur.

Et entre temps ? Entre la peur et le résultat qui rassure ? Il y a juste le courage de faire quand même.

Ce n’est pas romantique. Ce n’est pas très marketable comme message. Mais c’est honnête – et dans un univers saturé de promesses de transformation en 21 jours, c’est déjà énorme.

Pour ceux qui réfléchissent à se lancer sans tout quitter d’un coup, l’épisode sur créer son entreprise en étant salarié aborde précisément comment construire cette confiance progressive sans prendre tous les risques d’un coup.

La confiance en soi entrepreneur se construit dans l’action, pas avant. Et le premier pas demande toujours plus de courage que les suivants. Mais les suivants, eux, deviennent progressivement moins effrayants. C’est peut-être ça, la vraie définition d’une confiance qui tient.

Questions fréquentes

Comment avoir confiance en soi quand on se lance en indépendant ? +
La confiance en soi entrepreneur vient rarement avant l'action - elle arrive après. Le mécanisme est simple : on a confiance parce qu'on a déjà vécu quelque chose de similaire et qu'on s'en est sorti. Si la situation est nouvelle, il faut d'abord du courage pour agir, et la confiance se construit ensuite à partir des expériences accumulées. L'exercice recommandé par Jenny Chammas dans le Podcast du Marketing est de lister les choses qu'on pensait impossibles et qu'on a quand même réussies - ça remet la peur à sa place.
Pourquoi manque-t-on de confiance en soi en entrepreneuriat ? +
Parce que notre cerveau interprète l'inconnu comme un danger. Il a été programmé pour ça depuis la préhistoire, et il ne distingue pas une présentation devant un client d'un vrai risque physique. Du coup, dès qu'on s'aventure dans quelque chose de nouveau - lancer un produit, prospecter, se montrer en public - il envoie un signal d'alarme. Ce signal n'a rien à voir avec notre capacité réelle à réussir.
Comment avoir confiance en son projet quand on n'est pas sûr du résultat ? +
Personne ne connaît le futur. Les scénarios catastrophe qu'on imagine sont des suppositions - pas plus vraies que des scénarios positifs. Estelle Ballot suggère de choisir les suppositions qui donnent envie de travailler plutôt que celles qui paralysent. Ça n'a pas d'impact garanti sur le résultat, mais ça a un impact réel sur l'énergie qu'on met dans le présent.
La confiance en soi entrepreneur peut-elle se travailler ou c'est inné ? +
Elle se travaille. Estelle Ballot explique que sa propre confiance vient de son éducation - un environnement où il fallait argumenter pour exister, ce qui a rationalisé ses idées et facilité leur défense. Ce mécanisme - savoir pourquoi on pense ce qu'on pense, être capable de l'articuler - peut se reproduire à l'âge adulte. Ce n'est pas un trait de personnalité figé.
Quel est le lien entre peur et confiance en soi pour un entrepreneur ? +
Ne pas avoir confiance en soi, c'est avoir peur. C'est aussi simple et aussi difficile que ça. La peur est naturelle et même utile - elle nous protège des vrais dangers. Le problème, c'est qu'elle s'active aussi sur des situations qui ne comportent aucun danger réel, comme se présenter à un prospect ou lancer un projet. Reconnaître que la peur est irrationnelle dans ces cas-là ne la fait pas disparaître, mais permet de choisir d'agir quand même.
Faut-il attendre d'avoir confiance avant de se lancer ? +
Non. C'est même souvent l'inverse : la confiance en soi entrepreneur arrive après les premières actions, pas avant. Attendre de se sentir prêt peut durer très longtemps. L'épisode 51 du Podcast du Marketing est clair là-dessus - aller vers l'inconnu demande du courage, pas de la confiance préalable.

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