automatisation marketing

[Best Episode] 7 automatisations à intégrer d’urgence à votre business – Episode 120

Épisode diffusé le 24 juin 2024 par Estelle Ballot

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L’automatisation marketing fait partie de ces sujets qu’on remet à plus tard – parce que ça semble technique, parce qu’on a déjà trop de trucs sur la to-do liste, parce qu’on se dit qu’on n’est pas encore assez grand pour ça. Et puis un jour, Estelle Ballot, créatrice du Podcast du Marketing, pose la question frontalement : combien de tâches tu refais à la main chaque semaine alors qu’un logiciel pourrait les faire à ta place ? La réponse, souvent, est embarrassante.

Estelle anime l’un des podcasts marketing francophones les plus suivis. Elle accompagne des indépendants et des entrepreneurs depuis des années, et l’épisode 120 – l’un de ses plus écoutés, diffusé en best-of en juin 2024 – tourne autour d’une idée simple : les tâches sans valeur ajoutée, ce sont celles qu’un outil peut absorber. Pas pour déshumaniser, pas pour confier son business à un robot. Juste pour récupérer quelques minutes par jour et arrêter de passer sa vie à copier-coller.

Sept automatisations. Sept outils ou pratiques. Certains gratuits, d’autres presque. Ce qui m’a frappé en écoutant cet épisode, c’est pas la liste en elle-même – c’est l’honnêteté du propos. Estelle ne vend pas la promesse de gagner 3 heures par jour. Elle parle de «quelques précieuses minutes de respiration». C’est beaucoup plus crédible. Et au final, beaucoup plus utile.

Pourquoi l’automatisation marketing fait encore peur en 2024

Le mot «automatisation» déclenche encore une forme de résistance chez beaucoup d’indépendants. L’image du cyborg qui gère l’entreprise à votre place, la peur de paraître froid ou impersonnel auprès de ses clients, l’idée que c’est réservé aux boîtes qui ont un service IT.

Estelle le dit en intro, sans détour :

«Je sais, l’automatisation, c’est un mot qui fait peur, on a tout de suite l’impression qu’on va déshumaniser notre façon de travailler, qu’on va perdre le lien avec la réalité et que dans 2 minutes, notre entreprise sera gérée par des cyborgs.»

C’est exactement ça. Et c’est pour ça que la plupart des solopreneurs passent à côté de gains de temps réels – non pas par manque d’outils, mais par résistance mentale au mot lui-même.

Ce qu’elle propose, c’est plus modeste et plus efficace : identifier les actions répétitives que tu fais déjà bien, et les faire faire une bonne fois pour toutes par un logiciel. Pas une révolution. Une délégation silencieuse. Et si tu veux aller plus loin sur la question de l’organisation du temps pour les entrepreneurs, c’est un sujet qu’elle creuse aussi ailleurs.

Calendly et Stripe : les deux automatisations marketing que tout le monde devrait avoir

Première automatisation. La plus évidente, souvent la plus négligée : la prise de rendez-vous.

Calendly, tout le monde en a entendu parler. Mais ce que j’entends rarement, c’est comment l’utiliser vraiment. Estelle explique qu’elle a simplement décidé de ne jamais travailler le mercredi – donc les mercredis ne sont pas disponibles sur Calendly. Les lundis et mardis sont réservés à la création de contenu. Les jeudis après-midi et vendredis, c’est pour les rendez-vous clients. Et si elle a un déjeuner avec une amie un vendredi, elle bloque le créneau dans son agenda et Calendly s’adapte automatiquement.

Ce qui est malin là-dedans, c’est pas la technologie. C’est la décision préalable sur comment elle veut organiser sa semaine. Calendly ne fait qu’appliquer ses règles.

Deuxième automatisation : les paiements récurrents avec Stripe. Et là, le chiffre qui fait mal – si tu as des clients sur des offres en plusieurs fois, avec des dates d’échéance différentes pour chacun, tu peux te retrouver à créer des factures et relancer des paiements pratiquement tous les jours. Stripe gère ça automatiquement, y compris les cas où une carte est expirée (le système relance la transaction après un délai paramétrable). Estelle est directe sur ce point :

«Stripe n’est pas gratuit en soi puisque Stripe ils vont vous prendre un pourcentage de votre chiffre d’affaires. Mais, très sincèrement, moi j’y vais les yeux fermés.»

Ce genre de recommandation sans affiliation déclarée, c’est rare. Et ça porte plus que n’importe quel discours de démo.

Atext et les réponses automatiques : l’automatisation marketing que personne ne voit venir

Troisième automatisation. Celle qui m’a le plus surpris, parce qu’elle est complètement sous le radar.

Atext – A, T, E, X, T – c’est un logiciel de rien du tout, gratuit, disponible sur Windows Store. Le principe : tu enregistres des réponses longues que tu utilises souvent, tu leur assignes une abréviation, et dès que tu tapes cette abréviation n’importe où sur ton ordinateur – dans Gmail, sur LinkedIn, dans un doc – le texte complet s’insère automatiquement.

Estelle a créé un message complet pour répondre aux questions sur la création de podcast. Elle y a glissé des ressources, des épisodes utiles, des liens. Elle tape «apodcast» et le corps d’email apparaît – avec une pause pour qu’elle entre le prénom de son interlocuteur, qui se place automatiquement aux bons endroits dans le texte.

«Croyez-moi, ça semble tout bête mais vous gagnez très vite beaucoup de temps à faire ça parce que vous gagnez le temps d’écriture, bien sûr. Vous gagnez de la sérénité d’esprit et puis vous gagnez le temps de réfléchir à toutes les ressources que vous avez oublié.»

La sérénité d’esprit. C’est ça qui change réellement quelque chose – pas les minutes économisées, mais le fait de ne plus avoir à reconstruire mentalement la même réponse dix fois par semaine.

Pour les indépendants qui gèrent une FAQ, un service client ou des questions récurrentes sur leurs offres, c’est probablement la astuce gain de temps avec le meilleur ratio effort/résultat de toute la liste.

Email automation et réseaux sociaux : l’automatisation marketing à grande échelle

Quatrième automatisation : les séquences email automatisées. Sujet classique, mais traité ici de façon concrète.

Le message de bienvenue, tout le monde sait que ça existe. Ce qu’Estelle creuse davantage, c’est l’email de panier abandonné pour les sites e-commerce. Chiffre cité dans l’épisode : ce type d’email rapporte entre 10 et 15% de ventes supplémentaires. Ce n’est pas négligeable – surtout quand la mise en place se fait une fois et tourne ensuite en autonomie complète. Les anniversaires, les relances post-achat pour demander un avis, les upsells automatiques quelques semaines après une première commande – tout ça relève de l’automatisation marketing au sens strict, et ça n’exige pas d’être une grande marque pour le faire.

Cinquième automatisation : planifier ses posts sur les réseaux sociaux avec Buffer, Hootsuite ou Monday. Ici, Estelle tranche une vieille question. La rumeur dit que les outils de planification réduisent le reach algorithmique. Sa réponse :

«Ce qui se dit, c’est que la baisse de reach est quand même assez ténue. On parle de 5 % de baisse de reach, c’est pas énorme et surtout ça me semble largement compensé par le fait qu’in fine, je poste réellement.»

5% de reach en moins contre 3 posts ratés par semaine parce que t’avais autre chose à faire. Le calcul est vite fait. Et d’ailleurs, si tu veux réfléchir à ce que tu veux vraiment construire avec ton business avant de tout automatiser, la question de rester solopreneur ou pas mérite qu’on s’y arrête.

Sixième automatisation : Phantom Buster et les robots pour les réseaux sociaux. Accepter automatiquement les demandes de contact LinkedIn, envoyer un message de bienvenue, récupérer des infos sur des leads potentiels – des actions qui prennent du temps manuellement et qui peuvent tourner en arrière-plan. Estelle est honnête : elle avait consacré un épisode entier à ce sujet (épisode 93), et elle renvoie dessus. Ce qu’elle dit ici, c’est l’idée centrale : automatiser les actions mécaniques pour garder du temps et de l’énergie pour les échanges vraiment humains.

Zapier : quand l’automatisation marketing devient une boîte de Pandore

Septième et dernière automatisation. Et clairement la plus puissante de la liste.

Zapier, c’est un connecteur d’applications. Tu définis une règle : «quand il se passe X sur l’application A, déclenche Y sur l’application B.» Des centaines d’apps disponibles, des milliers de combinaisons possibles.

L’exemple concret d’Estelle : elle organise deux à trois masterclasses par an, avec en moyenne 1 500 inscrits sur sa dernière édition. Chaque inscrit sur Demio (son logiciel de webinaire) doit recevoir un lien de connexion unique et être ajouté à sa base email. Sans Zapier, ça représente 1 500 opérations manuelles de copier-coller. Avec Zapier, c’est une règle paramétrée une fois.

1 500 contacts. Manuellement. L’image parle d’elle-même.

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt – enfin, ce que beaucoup d’indépendants découvrent trop tard – c’est que Zapier a une version gratuite qui couvre largement les besoins de base. Et que le vrai travail, c’est pas d’apprendre à utiliser l’outil (l’interface est assez intuitive), c’est d’identifier quels flux dans ton business méritent d’être connectés. L’épisode 231 du Podcast du Marketing creuse d’ailleurs ce sujet de l’automatisation avec Zapier et Make de façon bien plus détaillée si tu veux aller loin.

Estelle cite aussi un exemple un peu gadget – transformer un email Gmail en carte postale physique envoyée au destinataire via un Zap – mais elle reconnaît elle-même que ça «sert pas à grand chose». Ce qui est intéressant, c’est que même les usages farfelus révèlent l’étendue du possible.

Ce que cette liste dit vraiment de l’efficacité en solo

Sept automatisations. Calendly, Stripe, Atext, les séquences email, la planification de posts, Phantom Buster, Zapier. Ce n’est pas une liste révolutionnaire en soi – la plupart de ces outils existent depuis des années. Ce qui est intéressant, c’est la posture qui sous-tend tout ça.

Estelle ne parle pas de croissance spectaculaire ni de hacks qui vont «changer ton business». Elle parle de 3 minutes par jour. De souffler un peu. De regarder par la fenêtre.

C’est une vision de l’efficacité beaucoup moins glamour que ce qu’on lit habituellement dans les newsletters de growth marketing. Et en même temps, beaucoup plus proche de la réalité de quelqu’un qui tourne seul et qui doit arbitrer en permanence entre ce qui crée de la valeur et ce qui bouffe du temps sans rien produire. Et ça rejoint directement la question de savoir prioriser ce qui compte vraiment dans son activité – un sujet que Gary Keller traite à sa façon et qu’Estelle aborde ici par l’angle pratique.

La vraie limite de cette approche – et Estelle ne la formule pas, mais elle est là – c’est que les automatisations ne remplacent pas une stratégie. Tu peux automatiser une séquence email mal conçue, planifier des posts qui ne font pas réagir ton audience, et connecter des apps qui communiquent entre elles sans que ça produise le moindre résultat business. L’automatisation marketing amplifie ce qui marche. Mais si la base est bancale, elle amplifie aussi ce qui ne marche pas.

C’est peut-être ça le vrai prérequis avant de commencer à automatiser quoi que ce soit : savoir quelles compétences marketing sont vraiment essentielles dans ton activité. Les outils viennent après.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'automatisation marketing concrètement pour un indépendant ? +
L'automatisation marketing, c'est le fait de confier à un logiciel les tâches répétitives qui n'ont pas besoin de ton cerveau : envoyer un email de bienvenue, confirmer un rendez-vous, relancer un paiement qui n'est pas passé. Ce n'est pas réservé aux grandes entreprises. Un solopreneur avec Calendly, Stripe et une séquence email de bienvenue a déjà une base d'automatisation marketing solide.
Quels outils d'automatisation marketing utiliser quand on débute ? +
Estelle Ballot recommande de commencer par Calendly pour la prise de rendez-vous, Stripe pour les paiements récurrents, et les automatisations natives de ton gestionnaire d'emails (Mailchimp, Brevo, ActiveCampaign). Ces trois outils couvrent les flux les plus chronophages. Zapier vient ensuite, quand tu veux connecter des apps entre elles.
L'automatisation marketing réduit-elle vraiment le reach sur les réseaux sociaux ? +
C'est une rumeur persistante. En pratique, la baisse de reach liée aux outils de planification comme Buffer ou Hootsuite est estimée à environ 5%. C'est compensé - largement - par le fait de poster régulièrement plutôt que de rater des publications faute de temps. La régularité compte plus que le canal de publication.
Comment automatiser les réponses aux messages récurrents ? +
Atext est un logiciel gratuit (Windows) qui stocke des réponses longues et les insère automatiquement via une abréviation. Tu tapes un mot-clé et ton message complet - avec personnalisation du prénom si besoin - s'insère dans n'importe quelle application. Utile pour les FAQ, les demandes de renseignements qui reviennent souvent, les réponses LinkedIn.
Zapier est-il utile pour une petite activité en solo ? +
Oui, surtout si tu jonglais entre plusieurs apps sans connexion native. L'exemple classique : un inscrit sur un webinaire qui doit être ajouté automatiquement à ta liste email. Sans Zapier, c'est manuel. Avec Zapier, c'est une règle paramétrée une fois. La version gratuite couvre la majorité des besoins d'un solopreneur.
L'automatisation marketing remplace-t-elle une vraie stratégie ? +
Non. C'est la limite principale que peu d'articles disent clairement. L'automatisation marketing amplifie ce qui fonctionne déjà - mais si ta séquence email est mal conçue ou que tes posts ne génèrent pas d'engagement, automatiser ne changera rien au fond. Il faut d'abord valider que ce qu'on automatise a du sens.

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