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Auditer son compte Instagram avec Marine Rolland – Episode 90

Épisode diffusé le 9 septembre 2021 par Estelle Ballot

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Faire un audit compte instagram – vraiment, pas juste regarder son nombre d’abonnés en soupirant – c’est probablement la chose la plus utile qu’un créateur de contenu ou une marque puisse faire avant de publier quoi que ce soit. Marine Rolland le sait mieux que quiconque. Elle a construit 500 000 membres sur un groupe Facebook dédié à un appareil de cuisine, dépassé les 100 000 followers sur Instagram, et son écosystème digital génère aujourd’hui 6 millions de visiteurs par an – soit presque 10% de la population française qui croise un de ses contenus chaque année.

Ce qui est intéressant dans son parcours, c’est le point de départ. 2012. Un cadeau de son mari. Un appareil de cuisine. Ni les groupes Facebook ni les thermomixes n’étaient encore ce qu’ils sont devenus. Et Marine crée quand même. Pas de stratégie sophistiquée au départ, juste une passion et une communauté qui répond. (Ce qui est rare, et souvent ce qu’on sous-estime le plus.)

Aujourd’hui elle dirige Fitcom, une agence de marketing d’influence spécialisée food, et a lancé My Fitcom, un programme de coaching Instagram ouvert à tous les créateurs – bijoux, parentalité, lifestyle, peu importe la niche. C’est dans ce contexte qu’Estelle Ballot l’a reçue sur Le Podcast du Marketing pour parler d’une chose précise : comment regarder son propre compte Instagram avec des yeux neufs et identifier ce qui cloche.

La méthode qu’elle décrit tient en quelques points. Mais derrière ces points se cachent des erreurs que la majorité des comptes font encore en 2021 – et probablement encore aujourd’hui.

Ce que ton pseudo dit de toi avant même le premier post

On arrive sur un profil Instagram. La première chose qu’on voit ? Le pseudo, la photo de profil, le nom affiché. Trois éléments. Trente secondes maximum pour décider si on reste ou si on repart.

Marine Rolland est directe là-dessus :

« Est-ce que c’est bien sa propre photo ? Est-ce que la personne qui va venir voir le compte va bien pouvoir s’identifier à la personne en voyant la vraie photo de la personne ? »

Ça paraît évident. Ça ne l’est pas. Les comptes avec des logos flous, des paysages en photo de profil ou – pire – une photo de leur produit sont encore légion. Le problème n’est pas esthétique, il est stratégique : sans visage, pas d’identification. Sans identification, pas d’attachement. Sans attachement, pas de communauté.

Et le nom affiché ? Marine insiste sur un détail que beaucoup zappent : son vrai prénom. Pas juste un pseudo. Parce que quand une agence ou une marque veut te contacter pour une collaboration, elle ne va pas t’écrire « Salut Lulu Berlu » dans un mail professionnel. C’est maladroit, ça fait bizarre, et ça refroidit l’envie de collaborer avant même que la conversation commence.

L’audit compte instagram commence donc là – pas dans les analytics, pas dans les hashtags. Dans ce qu’une personne voit en trois secondes quand elle tombe sur ton profil. C’est brutal comme réalité, mais c’est celle-là.

La bio : ton CV en quatre lignes, pas plus

Sur Instagram, la bio est l’unique espace de texte cliquable. Tout le reste du réseau est pensé pour que tu restes dans l’application. La bio, c’est la sortie de secours vers ton vrai business.

Marine Rolland décrit la bio comme un CV hyper compressé :

« On peut mettre bah euh par exemple si on travaille dans une agence dans quelle agence on travaille, euh ce qu’on fait, on peut aussi identifier cette agence dans notre bio. Euh si on est un créateur de contenu et qu’on a un hashtag particulier, on peut aussi le mettre là. »

Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais le problème que je vois souvent (et que Marine confirme), c’est la bio qui essaie de tout dire et ne dit rien. Trois paragraphes de valeurs, une liste de certifications, des emojis dans tous les sens. Résultat : le visiteur repart sans avoir cliqué sur quoi que ce soit.

Ce qu’elle préconise est plus chirurgical. Deux ou trois lignes. Ce qu’on fait, pour qui, et le lien. Ce lien, justement – c’est le point que j’aurais voulu qu’on me dise quand j’ai commencé à conseiller des marques sur Instagram – c’est souvent absent ou mal utilisé. Sur Instagram, sauf à partir d’un certain seuil d’abonnés, on ne peut pas intégrer de liens cliquables dans les posts. La bio est donc le seul endroit où un visiteur peut passer de ton contenu à ton site, ta boutique, ton formulaire de contact.

Et l’adresse email. Marine le mentionne depuis son rôle d’agente d’influenceurs : quand elle veut contacter un créateur pour une collaboration, elle ne passe pas par les messages privés. Trop de volume, trop de risque de passer à travers. L’email dans la bio, c’est la porte professionnelle. Si tu veux travailler avec des marques, tu l’ouvres. Si tu ne la mets pas, tu attends.

Pour aller plus loin sur la question de convertir ta communauté sociale en liste email, l’épisode sur construire sa mailing list avec les réseaux sociaux est une lecture complémentaire qui tombe bien ici.

audit compte instagram : ce que le feed révèle en un coup d’oeil

Voilà le moment où beaucoup de créateurs paniquent. La direction artistique. La cohérence visuelle. Le fameux feed « bien rangé » avec ses couleurs coordonnées et ses photos studio.

Marine Rolland nuance – et c’est là que son expérience fait la différence :

« Pour une marque c’est bien parce que comme ça on va identifier tout de suite euh la charte graphique. Pour un créateur de contenu si c’est sa passion de faire ça, il faut qu’il le fasse si c’est important pour lui. Mais euh s’il a pas cette fibre là, bah c’est pas grave. »

Ce que j’entends là, c’est une distinction importante que peu de gens font clairement. Pour une marque – avec une identité visuelle définie, des couleurs de logo, une typographie – la cohérence du feed est une extension de ce branding. C’est comme une vitrine de magasin. On reconnaît la marque avant même de lire le nom. (Si tu veux creuser ce sujet, les épisodes sur le branding et sur organiser un shooting photo couvrent exactement ça.)

Pour un créateur individuel, c’est différent. Ce que les abonnés cherchent, c’est une personne – pas un catalogue. Des photos lumineuses et nettes, oui. Pas floues, pas sombres. Mais l’obsession du feed parfaitement harmonisé peut devenir un frein. Marine en sait quelque chose : c’est l’envie de photos trop jolies sur Instagram qui l’avait, en 2019, bloquée à ne plus poster. Elle avait culpabilisé face à ses propres assiettes. La solution ? Elle a lancé un challenge communautaire pour déculpabiliser tout le monde – et ça a marché.

Dans un audit compte instagram sérieux, la question sur le feed n’est donc pas « est-ce que c’est beau ? » mais « est-ce que ça correspond à ce que mon audience vient chercher ? »

Hashtags : entre 5 et 15, et jamais les mêmes deux fois

30 hashtags maximum par publication. Instagram l’autorise. Marine Rolland le déconseille.

Sa recommandation, construite sur des années d’observation de comptes food et lifestyle :

  • Entre 5 et 15 hashtags par post – pas plus, le bloc de trente fait visuellement cheap

Ne jamais copier-coller les mêmes hashtags d’une publication à l’autre. Varier entre des hashtags à fort volume (500 000 à 1 million de publications) et des hashtags de niche (10 000 à 50 000 publications). Et si tu as ton propre hashtag de marque – genre #MimiCuisine – le garder sur chaque post comme fil conducteur.

Le mécanisme est simple. Sur Instagram, on peut suivre des hashtags comme on suit des comptes. Une personne qui suit #recettesdethermomix va voir des publications de comptes qu’elle ne suit pas encore. Si ta photo tombe dans ce flux et qu’elle est pertinente, elle clique. Si ton profil l’intéresse, elle s’abonne. C’est l’un des rares leviers organiques de découverte qui reste sur la plateforme.

Ce qui m’agace dans beaucoup de conseils sur les hashtags, c’est qu’on donne des règles de volume sans expliquer la logique. Sur un hashtag à 10 millions de publications, ta photo est enterrée en 30 secondes. Sur un hashtag à 15 000 publications, elle reste visible plusieurs heures. C’est pas glamour comme stratégie, mais c’est celle qui fonctionne pour les comptes qui démarrent.

Pour une vision plus large sur comment l’algorithme traite réellement ces signaux, l’épisode avec Thibault Tourveille sur craquer l’algorithme d’Instagram va beaucoup plus loin dans les détails techniques.

Répondre aux commentaires : la règle que tout le monde connaît et personne ne suit

Celui-là, franchement, je m’attendais à ce que Marine le mentionne en passant. Elle en fait presque le coeur de son discours sur l’engagement.

Le constat qu’elle fait depuis son agence Fitcom est sans appel : des marques et des créateurs qui se cassent la tête sur leur contenu, leur ligne éditoriale, leur fréquence de publication – et qui ne répondent pas à leurs commentaires. Pas un seul. Pas même un like sur les retours de leur communauté.

« C’est comme dans la vraie vie, si on dit bonjour, tu vas pas répondre. Bah en fait là c’est la même chose, quelqu’un qui met sous ta photo « Wah, c’est trop bien, j’adore ta recette », ben merci. »

Voilà. Dit exactement comme ça, c’est du bon sens pur. Mais le bon sens disparaît vite quand on a l’impression de parler dans le vide, quand les commentaires sont peu nombreux, quand on est découragé.

Et là Marine ajoute quelque chose de contre-intuitif – enfin, pas vraiment contre-intuitif, plutôt sous-estimé. Quand on a beaucoup de commentaires et qu’on ne peut pas tous les traiter, le minimum est de liker chaque commentaire. Juste un petit coeur. La personne reçoit une notification, elle sait que tu as vu. Et ça suffit à lui donner envie de recommenter la prochaine fois.

C’est le même principe que la fidélisation client en e-commerce : un acheteur existant est toujours moins cher à activer qu’un nouveau prospect. Un commentateur qui a déjà interagi avec toi est bien plus susceptible de recommenter que quelqu’un qui arrive pour la première fois. Chaque like sur un commentaire, c’est un micro-investissement dans l’engagement futur. (Et ça prend littéralement 0,3 secondes.)

Pour aller plus loin sur la mécanique de l’engagement communautaire, les épisodes sur l’efficacité sur les réseaux sociaux et sur la gamification marketing creusent exactement ces leviers d’activation.

Les challenges communautaires : la technique qu’elle a inventée par accident

2019. Marine Rolland se retrouve bloquée. Elle ne poste plus sur Instagram parce que ses propres photos lui semblent trop ordinaires face aux comptes ultra-stylisés qui remplissent son feed. Culiparalysie, si ce mot existait.

Sa réponse ? Inverser le problème. Lancer un challenge mensuel où sa communauté poste des photos de ses vrais repas quotidiens – sans stylisme, sans lumière parfaite, juste l’assiette du midi avec le hashtag #MimiCuisine. L’idée étant de montrer que manger bien et partager ça, c’est possible même avec des assiettes imparfaites.

Le résultat a dépassé ce qu’elle anticipait. En 2020, pendant le Covid, elle a maintenu ce challenge pendant six mois d’affilée. Avec des défis quotidiens, des concours pour gagner ses livres de recettes, et une interaction constante avec des milliers de participants. C’est en partie ce qui lui a permis de franchir le seuil des 100 000 abonnés sur Instagram.

Ce que cette histoire illustre dans le cadre d’un audit compte instagram, c’est qu’un des meilleurs outils d’engagement n’est pas un outil au sens technique du terme. C’est une invitation. Demander à sa communauté de participer à quelque chose – pas de regarder, de participer – crée un sentiment d’appartenance que ni les hashtags ni la direction artistique ne peuvent reproduire seuls.

Mais bon, ça ne marche que si tu connais réellement ce que ta communauté a envie de faire. Marine l’a découvert parce qu’elle vivait le même problème qu’eux. C’est pas une formule reproductible à l’infini sans cette connexion-là.

Sur la question du marketing d’influence et de comment les créateurs comme Marine construisent des collaborations avec les marques, l’épisode avec Renaud Frossard sur le marketing d’influence donne un éclairage complémentaire très utile – notamment sur ce que les marques cherchent vraiment quand elles approchent un créateur.

Et si tu pars de zéro sur Instagram, l’épisode avec Aline Bartoli sur développer son compte Instagram est un bon point d’entrée avant de passer à l’audit proprement dit – parce qu’un audit sans base solide, c’est diagnostiquer une maison avant d’avoir posé les fondations.

Au final, ce que Marine Rolland décrit n’est pas une liste de hacks. C’est une façon de regarder son compte comme le regarderait quelqu’un qui le découvre pour la première fois – un abonné potentiel, une marque qui cherche un partenaire, un client qui hésite. L’audit compte instagram qu’elle propose est finalement une question d’empathie autant que de technique. Et ça, aucun outil ne peut le faire à ta place.

Questions fréquentes

Comment faire un audit compte instagram soi-même ? +
Commencez par regarder votre profil comme un inconnu : pseudo lisible, vraie photo de vous, nom et prénom visibles. Passez ensuite à la bio - est-ce qu'elle dit clairement ce que vous faites et contient un lien vers votre site ? Puis regardez votre feed global : photos nettes, lumineuses, cohérentes avec votre univers. Enfin vérifiez vos dernières publications : utilisez-vous des hashtags variés entre 5 et 15 par post ? Répondez-vous à vos commentaires ?
Combien de hashtags mettre sur Instagram ? +
Marine Rolland recommande entre 5 et 15 hashtags par publication. Elle déconseille d'en mettre 30 - le maximum autorisé par la plateforme - car ça nuit à la lisibilité et à l'impression générale du post. L'idée est de varier les hashtags d'un post à l'autre, en mixant des hashtags à fort volume et des hashtags de niche plus ciblés.
Qu'est-ce qu'on doit mettre dans sa bio Instagram ? +
Votre vrai prénom, ce que vous faites en deux ou trois lignes maximum, un lien vers votre site ou votre boutique, et votre adresse email si vous voulez travailler avec des marques. Évitez les bios trop longues qui noient l'information essentielle.
Faut-il avoir un feed Instagram cohérent et harmonisé ? +
Pour une marque, oui - la cohérence visuelle renforce la reconnaissance immédiate. Pour un créateur individuel, c'est moins indispensable. Ce que la communauté cherche avant tout, c'est de l'authenticité et une personnalité. Des photos nettes et lumineuses suffisent. L'obsession du feed parfait peut même freiner la régularité de publication.
Pourquoi répondre aux commentaires Instagram est-il si important ? +
Parce qu'un commentateur qui a déjà interagi avec votre compte est bien plus susceptible de recommenter. Chaque réponse - même un simple like sur un commentaire - envoie une notification et encourage la personne à revenir. C'est le principal mécanisme de construction d'un engagement durable sur la plateforme.
audit compte instagram : par où commencer quand on a peu d'abonnés ? +
L'audit compte instagram reste pertinent même avec un petit compte. Commencez par les bases : profil complet avec photo et vrai nom, bio claire avec lien, photos de qualité correcte. Ensuite travaillez l'engagement avant de chercher à grossir : répondez à tous vos commentaires sans exception. Avec peu d'abonnés, chaque interaction compte double.

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