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10 stratégies pour attirer ses futurs clients – Episode 145

Épisode diffusé le 29 septembre 2022 par Estelle Ballot

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Savoir attirer des clients quand on quitte le salariat, c’est souvent la question qui bloque tout – parfois pendant des années. Estelle Ballot, fondatrice du Podcast du Marketing et ancienne manager en marketing international dans plusieurs grands groupes, l’a vécu de l’intérieur. Elle a retardé son lancement de deux ans. Pas par manque de compétences. Par peur panique de ne pas trouver de clients, alors même qu’elle avait le réseau, les diplômes, les connexions. Le truc c’est que connaître le marketing pour une marque qui fonctionne déjà, c’est complètement différent de devoir communiquer sur soi. Et ça, personne ne te le dit avant.

Dans l’épisode 145 du Podcast du Marketing, elle déroule dix stratégies concrètes pour ne pas rester paralysé face à cette question. Pas de la théorie. Des mécanismes qu’elle a testés, certains avec ses propres apprenants. Ce qui m’a intéressé en l’écoutant, c’est que cinq de ces dix stratégies tournent autour de clients qu’on a déjà – pas de prospects hypothétiques. Ce point-là change tout à la façon d’aborder le sujet.

Pourquoi vos clients actuels sont votre meilleur levier pour attirer des clients

Cinq stratégies sur dix. C’est le chiffre qu’Estelle Ballot pose dès le début, et franchement, il mérite qu’on s’y arrête. La plupart des entrepreneurs en phase de lancement fixent leur regard sur l’inconnu – les prospects qui ne les connaissent pas encore – en oubliant les gens qui ont déjà payé, qui ont déjà eu l’expérience.

Premier réflexe : les avis. Ça paraît basique. Ça l’est. Et pourtant 99% des clients satisfaits ne laissent aucun avis si tu ne le demandes pas. Pas parce qu’ils ne veulent pas t’aider – mais parce que ce n’est pas leur boulot d’y penser.

« Il faut un petit peu lui mâcher le travail parce qu’il est gentil le client, il veut peut-être essayer de vous aider. N’empêche qu’il a autre chose à faire que de laisser un avis. »

Dit comme ça, c’est évident. Et pourtant c’est exactement là que la plupart des freelances ratent le coup – ils envoient un message vague du genre ‘n’hésitez pas à laisser un commentaire’ sans lien direct, sans friction réduite à zéro.

Deuxième réflexe : demander un témoignage sur les réseaux sociaux. Même logique – si tu ne demandes pas explicitement, ça n’arrivera pas. Troisième niveau, plus engageant : l’entretien vidéo. Estelle Ballot le fait régulièrement avec ses apprenants en visio. Elle les aide à verbaliser ce que la formation leur a apporté, puis elle demande si elle peut filmer. Le résultat est infiniment plus puissant qu’un post LinkedIn écrit à la va-vite.

« Dès lors qu’on a une vidéo avec un face caméra d’une personne qui nous parle et qui nous dit « Moi j’ai travaillé avec cette personne, j’ai acheté son produit et j’en suis satisfaite pour telle et telle raison », et ben d’un coup les choses deviennent absolument réelles. »

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise – enfin, ce que j’aurais voulu lire quand je m’étais mis à mon compte – c’est que la vidéo testimoniale est probablement le format le plus sous-utilisé par les indépendants. Tout le monde sait que ça marche. Personne ne le fait vraiment. Pour des raisons de flemmardise mutuelle entre le prestataire qui n’ose pas demander et le client qui n’y pense pas.

Ensuite vient la stratégie de l’introduction. L’idée : vos clients ne vivent pas en vase clos. Ils connaissent des gens qui leur ressemblent, qui ont les mêmes problématiques (c’est le même principe que les audiences similaires sur Facebook Ads – Estelle Ballot fait elle-même le parallèle). Vous pouvez leur demander directement : ‘Vous connaissez quelqu’un qui aurait le même besoin que vous aviez ?’ Sans pression. En version passive, le jeu-concours ‘taguer un ami’ sur les réseaux remplit la même fonction mécaniquement.

Et puis l’affiliation – cinquième et dernière stratégie côté clients existants. Proposer une commission à vos meilleurs clients pour qu’ils recommandent activement votre service. Attention : ça ne marche que si la personne croit vraiment en ce qu’elle vend. Si c’est opportuniste, ça se sent à trois kilomètres.

Cinq stratégies. Toutes gratuites. Toutes basées sur des gens qui vous connaissent déjà. fidéliser ses clients et les activer comme ambassadeurs, c’est finalement la même logique poussée à son terme.

Contenu long, contenu court : la confusion qui coûte cher

Visibilité et crédibilité. Estelle Ballot fait une distinction que j’entends trop peu souvent formulée aussi clairement. Les deux ne sont pas la même chose. Et les confondre, c’est ce qui explique pourquoi certains indépendants ont 5 000 abonnés Instagram et zéro client.

Les réseaux sociaux construisent de la visibilité. Les gens savent que vous existez, ils voient votre tête, ils comprennent vaguement votre domaine. Mais la crédibilité – la vraie, celle qui fait qu’un prospect décide de signer – elle se construit dans la longueur. Un podcast. Une chaîne YouTube. Un blog. Des formats où vous avez le temps de montrer que vous réfléchissez, que vous maîtrisez, que vous avez des opinions.

Le reels de 30 secondes, c’est bien pour faire savoir qu’on existe. Pour attirer des clients qui sortent leur carte bleue, il faut autre chose. Estelle Ballot est explicite là-dessus, et c’est cohérent avec ce qu’elle fait elle-même avec son podcast hebdomadaire depuis des années.

Ce qui m’agace avec cette partie du débat, c’est que beaucoup d’entrepreneurs créent du contenu court en mode mitraillette sans jamais investir dans du long. Du coup ils génèrent de la notoriété diffuse mais aucune autorité réelle. Le prospect les voit partout, mais ne sait pas vraiment pourquoi il devrait leur faire confiance plutôt qu’à quelqu’un d’autre. C’est frustrant. Et c’est évitable.

Pour structurer votre stratégie digitale autour de ces deux piliers – visibilité courte, crédibilité longue – il faut accepter que les résultats ne soient pas immédiats. Le contenu long prend du temps à ranker, à s’installer, à construire une audience fidèle. Mais une fois que c’est là, ça travaille tout seul.

attirer des clients via les médias des autres : la voie rapide souvent ignorée

Se faire inviter sur le podcast de quelqu’un d’autre. Passer sur une chaîne YouTube tierce. Accepter un live LinkedIn chez un pair. C’est mécaniquement la façon la plus rapide d’attirer des clients qui ne vous connaissent pas encore – parce que vous accédez à une audience déjà constituée, déjà engagée, et qui fait confiance à l’hôte qui vous reçoit.

Estelle Ballot souligne un truc pratique que j’ai trouvé très juste : préparez deux ou trois thèmes que vous maîtrisez vraiment, ceux que vous abordez naturellement tout le temps. Pour elle, c’est l’emailing, l’inbound marketing et les personas. Notez-les. Quand vous approchez quelqu’un pour passer sur son média, arrivez avec ces thèmes clés en main. Ça facilite le ‘oui’ parce que vous réduisez le travail de préparation pour l’hôte.

« Le fait de les proposer clé en main, c’est beaucoup plus simple pour vous faire inviter parce que ben vous arrivez déjà avec du contenu prémaché. Et pour vous, bah c’est facile parce qu’en fait vous avez rien à préparer ou en tout cas pas grand-chose. »

Exactement. C’est une des rares situations en business où les deux parties y gagnent sans négociation compliquée.

Et puis les relations presse – ce qu’on appelle les RP dans le milieu. Je vois beaucoup de freelances qui pensent que ça ne s’adresse qu’aux startups levant des millions. C’est faux. Un journaliste qui couvre votre secteur a besoin de sources, de nouveaux angles, de cas concrets en permanence. Si vous lui arrivez avec un sujet traité, sourcé, facile à transformer en article – il y a de bonnes chances qu’il soit content de vous entendre. Repérez les journalistes qui écrivent sur vos thèmes sur LinkedIn ou Twitter. Envoyez un message direct avec une proposition de sujet. Le pire qu’il peut arriver, c’est un silence.

Bémol honnête ici : cette stratégie demande du temps et un peu d’ego solide pour encaisser les refus. Ce n’est pas pour tout le monde au même stade du développement. Si vous venez de vous lancer et que vous n’avez ni cas client ni angle éditorial fort, attendre quelques mois pour avoir quelque chose à raconter est probablement plus sage. Mais dès que vous avez des résultats à montrer, ne ratez pas cette fenêtre.

Si l’idée de devenir solopreneur vous attire depuis un moment, cette stratégie médias-des-autres est souvent ce qui fait basculer la crédibilité perçue de l’extérieur. Un passage dans un podcast référent de votre niche, et soudain les gens vous voient différemment.

Les partenariats : construire ensemble sans se marcher dessus

Dixième et dernière stratégie – et pas la moins intéressante. Trouver une marque, un service, un produit complémentaire au vôtre (pas concurrent, complémentaire – la nuance est importante) et construire une offre commune. Les audiences se ressemblent sans être identiques. La confiance que leur audience a en eux se transfère mécaniquement sur vous.

C’est le principe ‘les amis de mes amis sont mes amis’ appliqué au business. Simple à comprendre, plus difficile à exécuter parce que ça demande de trouver le bon partenaire – quelqu’un dont l’audience correspond vraiment à votre cible, dont la réputation ne plombe pas la vôtre, et avec qui la relation est équilibrée.

Estelle Ballot ne s’étend pas beaucoup sur les détails d’exécution de cette stratégie dans l’épisode, et c’est peut-être la seule limite de ce format liste. Les partenariats, c’est souvent là que ça coince – pas dans le principe, mais dans les modalités. Qui porte la relation client ? Comment se partage le revenu ? Qu’est-ce qui se passe quand l’un des deux partenaires ne livre pas à la hauteur des attentes communes ?

Ces questions méritent un épisode entier. Mais déjà identifier deux ou trois acteurs complémentaires dans votre écosystème et leur envoyer un message pour explorer une collaboration possible – ça coûte rien et ça peut aller très vite. Avoir un mentor dans votre secteur peut aussi vous aider à identifier ces partenaires potentiels plus rapidement qu’en tâtonnant seul.

Ce que cette liste ne dit pas – et qui change tout

Dix stratégies. Sur le papier, c’est exhaustif. Dans les faits, la vraie question c’est : par où commencer quand on a zéro client, zéro témoignage, zéro contenu existant ?

Estelle Ballot le dit en creux sans le formuler explicitement : le prérequis absolu, c’est la qualité du service. Toutes ces stratégies supposent que vos clients sont contents. Si ce n’est pas le cas, demander des avis ne fait qu’accélérer les mauvaises nouvelles. L’affiliation avec des clients insatisfaits est une catastrophe industrielle en puissance.

Bref. Avant de travailler sur comment attirer des clients, il faut s’assurer que ceux qu’on a déjà repartent heureux. Ça paraît évident. Ce n’est pas toujours la priorité numéro un des indépendants en mode ‘je dois remplir mon agenda’.

L’autre chose que j’aurais aimé qu’on creuse davantage : la séquence. Ces dix stratégies ne s’appliquent pas toutes au même stade. Chercher à faire des RP ou monter des partenariats quand on vient tout juste de se lancer avec un premier client en bêta, c’est probablement brûler les étapes. Commencer par les avis, les témoignages vidéo, et construire du contenu long – et ne passer aux stratégies médias et partenariats qu’une fois qu’on a quelque chose de solide à montrer – ça ressemble à une approche plus réaliste.

Pour approfondir la dimension stratégie de marque, notamment comment construire une identité suffisamment claire pour que les partenariats et les RP aient du sens, un autre épisode du même podcast pose des bases utiles.

Et si vous êtes dans une phase où attirer des clients se double d’une question sur comment organiser votre temps quand tout est urgent, la question de la priorisation mérite d’être traitée séparément – parce que courir dix stratégies en parallèle sans focus, c’est souvent le meilleur moyen de n’en exécuter aucune correctement. Ce que j’appelle le syndrome du freelance trop enthousiaste (et c’est souvent là que ça plante, pas dans la connaissance des stratégies). Pour ça, organiser son temps de travail reste une lecture utile avant de se lancer dans tous les sens.

Questions fréquentes

Comment attirer des clients quand on vient de se lancer à son compte ? +
La priorité absolue quand on débute, c'est de travailler avec les quelques clients qu'on a - même un ou deux - et de les satisfaire assez pour obtenir un témoignage vidéo ou un avis Google. Ces preuves sociales sont le carburant de toutes les autres stratégies. Sans ça, les approches médias ou partenariats sonnent creux parce qu'on n'a rien à montrer.
L'affiliation fonctionne vraiment pour attirer des clients en freelance ? +
Oui, à condition de ne la proposer qu'à des clients genuinement satisfaits. L'affiliation opportuniste - où la personne recommande sans croire vraiment au produit - se détecte immédiatement et fait plus de mal que de bien. Quand elle est bien construite, c'est une des stratégies les plus efficaces parce que la recommandation vient de quelqu'un qui a vécu l'expérience.
Faut-il être sur tous les réseaux sociaux pour trouver des clients ? +
Non. Estelle Ballot distingue deux objectifs distincts : la visibilité, que les réseaux sociaux servent bien, et la crédibilité, qui se construit dans le contenu long - podcast, YouTube, blog. Être partout sur les réseaux sans jamais produire de contenu approfondi génère de la notoriété diffuse mais pas de confiance suffisante pour déclencher un achat.
Comment demander un témoignage client sans paraître insistant ? +
En simplifiant au maximum. Un lien direct vers la page d'avis, un message court et sincère qui explique pourquoi cet avis compte pour vous, et idéalement une demande formulée juste après la fin d'une mission réussie - quand la satisfaction est encore fraîche. Ne jamais demander vaguement 'n'hésitez pas à laisser un commentaire' sans rendre l'action immédiatement accessible.
Comment attirer des clients grâce aux médias sans budget RP ? +
En repérant les journalistes et créateurs de contenu qui couvrent votre secteur sur LinkedIn ou Twitter, et en les approchant avec une proposition de sujet concrète - pas avec une demande vague de visibilité. Un journaliste a besoin de sujets en permanence. Si vous arrivez avec un angle traité et sourcé, vous lui simplifiez la vie. Beaucoup de passages médias se négocient gratuitement sur ce principe.
Quelle est la différence entre un partenariat et de l'affiliation pour attirer des clients ? +
L'affiliation, c'est une relation avec un client existant qui reçoit une commission pour avoir recommandé activement votre service. Le partenariat, c'est une collaboration avec une marque ou un indépendant complémentaire pour construire une offre commune et partager les audiences. Les deux peuvent coexister, mais ils impliquent des niveaux d'engagement et des structures de rémunération très différents.

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