visibilité sur les réseaux sociaux

1. Booster ta visibilité : L’erreur du 80/20 qui tue ta visibilité sur les réseaux sociaux

Épisode diffusé le 15 octobre 2024 par Aurélie Gauthey

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Ta visibilité sur les réseaux sociaux stagne – et la raison n’est probablement pas celle que tu crois. Dans un épisode de lancement du podcast Entrepreneur née pour impacter, Aurélie Gauthey, coach business spécialisée dans le développement d’activités en ligne, balance un diagnostic qui fait mal : si tu passes 80 % de ton temps à créer du contenu, c’est justement ça le problème. Pas le manque de créativité. Pas les mauvaises couleurs du branding. Pas l’algorithme capricieux. Le ratio est inversé depuis le début.

Ce qui m’a arrêté dans cette transcription – et crois-moi, j’en lis des dizaines par mois – c’est la franchise de l’exemple. Aurélie raconte qu’elle a passé des heures dans sa première année à ajuster des paillettes sur ses visuels. Quatre heures pour un cadre et une paillette. Et personne ne s’en est rendu compte. Personne.

C’est ce genre de détail concret qui dit tout sur une erreur de fond.

Le mythe du contenu parfait qui tue ta visibilité sur les réseaux sociaux

Commençons par les chiffres bruts. Tu as 200 abonnés sur Instagram. En moyenne, 10 % de ta communauté voit ce que tu publies. Ça fait 20 personnes. Pour ces 20 personnes, tu as passé combien de temps à filmer, monter, retoucher, rédiger, programmer ?

Aurélie pose la question sans détour :

« Je te laisse imaginer le temps que tu as pris puis combien vont le voir. »

Dit comme ça, c’est dévastateur. Et pourtant on continue, on poste, on peaufine, on recommence.

Le truc c’est que cette obsession du contenu parfait vient d’un endroit compréhensible. On te dit partout que le contenu est roi. Les tutoriels sur les réels viraux, les guides sur le branding cohérent, les threads sur les carrousels qui engagent – tout ça renforce l’idée que créer plus et mieux va résoudre le problème de visibilité. Sauf que non. Pas si tu restes enfermé dans ta propre boîte Instagram à parler à tes 200 abonnés dont 10 % t’entendent réellement.

Et puis les paillettes. (Je reviens dessus parce que c’est révélateur d’un mécanisme qu’on connaît tous.) Quand tu passes quatre heures à peaufiner un visuel, tu travailles pour toi – pour ton propre sentiment d’accomplissement, pour l’impression de contrôle. Pas pour ton audience. Ton audience, elle, veut un mot fort ou une phrase qui la touche. C’est tout.

Chronométrer avant de changer quoi que ce soit

Avant de tout bouleverser, Aurélie suggère une chose simple et un peu dérangeante : mesure d’abord. Pendant trois semaines, mets un chrono chaque fois que tu commences à réfléchir à ton contenu – pas seulement quand tu montes une vidéo, mais dès que ta pensée dérive vers « qu’est-ce que je vais poster ».

« On s’étale souvent comme une crêpe dans une poêle trop grande, quand on se met pas de deadline, quand on se met pas de minuteur. »

J’aime cette image. Parce que c’est exactement ça – diffus, sans bord défini, impossible à quantifier après coup.

Le résultat du chrono va souvent surprendre. Ce qu’on estimait à « une heure par-ci, une heure par-là » devient souvent trois, quatre, cinq heures par semaine engloutie dans la production. Et là, la question change de nature : ce n’est plus « comment créer mieux » mais « comment récupérer du temps pour faire autre chose ».

Ce qu’on peut faire avec ce temps récupéré ? Des templates visuels pour aller vite, déléguer certaines parties, se limiter à une phrase forte par visuel. Bref, traiter la création comme une contrainte à contenir – pas comme le cœur du métier.

Les 80 % que personne ne fait : la connexion humaine

Voilà le pivot du raisonnement. Si 20 % du temps suffit pour créer, les 80 % restants doivent aller vers quelque chose de radicalement différent. Et ce quelque chose, c’est le lien humain – ce que le mot « social » dans « réseau social » était censé signifier depuis le début.

Concrètement, ça ressemble à quoi ? Aurélie liste plusieurs pratiques :

  • Remercier les personnes qui regardent tes stories régulièrement, individuellement, en message privé ou audio
  • Répondre aux commentaires en ouvrant la conversation plutôt qu’en la fermant
  • Aller en MP pour demander à ta communauté de quoi elle a besoin

Sur les commentaires, elle est claire :

« Quand quelqu’un te laisse un commentaire en te disant ‘Oh là là, ce poste me parle tellement’, ne lui dis pas juste merci. Tu es en train de fermer la discussion. »

C’est exactement le problème. Et c’est une erreur que font même des gens avec des audiences importantes – répondre vite, en surface, pour cocher la case « engagement fait ».

Le deuxième bénéfice de cette approche – au-delà de la relation créée – c’est algorithmique. Les échanges en message privé, les discussions dans les commentaires, les fils de conversation : tout ça booste le reach naturellement. Instagram et Facebook adorent quand les gens se parlent vraiment sur leur plateforme. Ce n’est pas un secret, mais on l’oublie dès qu’on est la tête dans la production de contenu.

Pour ce qui est de la modération sur les réseaux sociaux, c’est un sujet connexe qui mérite d’être traité séparément – parce que gérer une communauté qui grandit, ça ne s’improvise pas.

Sortir de ta boîte Instagram : le levier que personne n’exploite assez

Dix pourcent de portée organique sur ta propre audience – c’est le plafond de verre. Et la seule façon de le briser, c’est de ne plus dépendre uniquement de cette audience.

Aurélie utilise une métaphore qui colle :

« C’est comme si j’étais dans ma belle maison, je veux rencontrer l’homme de ma vie, il est dans le parc juste en face. Bah si je sors jamais de chez moi, on va jamais se rencontrer. »

Simple. Brutal. Vrai.

Sortir de ta boîte Instagram, concrètement, ça veut dire : podcasts en tant qu’invité, sommets en ligne, lives en duo avec d’autres créateurs ou entrepreneurs. Des formats où tu apparais devant une audience qui ne te connaît pas encore – et qui découvre qui tu es dans un contexte de confiance (parce qu’elle fait confiance à l’hôte qui t’a invité).

Aurélie donne son propre exemple : des conférences comme Femme d’influence, des passages radio, des magazines. Ce n’est pas arrivé par hasard. Elle a démarché, proposé, créé les opportunités. Et elle insiste sur ce point parce que la réaction classique c’est « oui mais personne ne m’invite ». Réponse : tu ne l’as pas demandé. Les podcasts, même établis, cherchent constamment des intervenants. Elle le dit directement – dans ses mastermind, des entrepreneurs à succès lui avouent avoir du mal à trouver des invités régulièrement. Autrement dit : le marché est ouvert.

Et la logique de réciprocité fonctionne dans les deux sens. Quand tu invites quelqu’un sur ton podcast ou ton live, tu accèdes à sa communauté. Quand tu es invité, tu exposes ton travail à une audience nouvelle. C’est un échange – pas une faveur.

Concurrent ou complémentaire : les deux logiques de collaboration

Ce point mérite qu’on s’y attarde. Aurélie fait une distinction utile entre deux types de partenariats possibles pour booster ta visibilité sur les réseaux sociaux.

Premier cas : les concurrents directs. Même thématique, même cible, approche légèrement différente. L’idée d’une collaboration avec un concurrent fait peur à beaucoup (et c’est souvent là que ça coince). Mais en pratique, deux coaches business qui s’adressent aux mêmes entrepreneurs ne se volent pas des clients – ils se recommandent mutuellement à une audience partagée.

Deuxième cas : les complémentaires. Aurélie prend son propre exemple : elle accompagne sur les lancements, les offres, la communication. Elle ne fait pas de publicité payante. Du coup, une collaboratrice experte en publicité Facebook avec la même clientèle cible est une alliée naturelle, pas une rivale. Chacune apporte ce que l’autre n’a pas. Et leur audience commune bénéficie des deux expertises.

Ce qui m’agace dans la façon dont on parle habituellement de réseaux sociaux, c’est qu’on réduit tout à du contenu solo. Toi, ton compte, tes posts, tes réels. Comme si la visibilité était une performance individuelle. Elle ne l’est pas. Elle a toujours été collective – et les créateurs qui avancent vite l’ont compris avant les autres.

Bref. La règle n’est pas si compliquée à formuler : 20 % à créer du contenu, 80 % à créer des liens et à apparaître ailleurs. Mais la mettre en pratique – ça, c’est une autre affaire.

Ce que le 80/20 ne résout pas

Une limite à formuler clairement, parce que ce serait trop simple sinon.

Le conseil d’Aurélie suppose que ton contenu existant est déjà suffisamment solide pour que les gens qui le découvrent aient envie de te suivre. Si tu apparais sur un podcast avec 50 abonnés et trois posts en deux mois, la promotion ne compensera pas un compte qui ne donne pas envie de rester. Le 80/20 n’est pas un raccourci pour ceux qui n’ont pas encore de base de contenu – c’est une recalibration pour ceux qui ont cette base mais qui restent invisibles malgré des efforts constants.

Autrement dit : si tu débutes vraiment, le ratio peut être différent au départ. Tu construis une vitrine minimum viable avant de sortir la démarcher.

Et puis, toutes les niches ne réagissent pas de la même façon aux collaborations et aux co-apparitions. Dans certains secteurs très techniques ou très confidentiels, le pool d’hôtes potentiels de podcasts est restreint. Ça ne rend pas la stratégie inutile – mais ça demande plus de temps et de créativité pour trouver les bons points d’entrée.

Ce qu’il faut retenir – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt dans ma propre pratique – c’est que la visibilité sur les réseaux sociaux n’est pas une question de volume de contenu produit. C’est une question de présence dans des conversations qui existent déjà, en dehors de ton propre écosystème.

Mais sur le fond, la question reste posée : est-ce que tu passes vraiment 80 % de ton temps à créer – et si oui, depuis combien de temps ?

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il passer à créer du contenu sur les réseaux sociaux ? +
Aurélie Gauthey recommande de consacrer seulement 20 % de ton temps à la création de contenu. Les 80 % restants doivent aller vers la promotion de ce contenu, les échanges avec ta communauté et les apparitions en dehors de ton propre compte. C'est l'inverse de ce que font la plupart des entrepreneurs en ligne.
Pourquoi ma visibilité sur les réseaux sociaux ne décolle pas malgré un contenu régulier ? +
Si tu publies régulièrement mais que tu restes invisible, c'est souvent parce que seuls 10 % de tes abonnés voient tes publications en moyenne. Créer plus de contenu n'élargit pas ta portée au-delà de cette audience existante. Pour atteindre de nouvelles personnes, il faut sortir de ta propre plateforme - podcasts invité, lives duo, sommets en ligne.
Comment booster sa visibilité sur les réseaux sociaux sans payer de publicité ? +
Trois leviers gratuits reviennent dans cet épisode : les échanges en message privé avec ta communauté (qui boostent l'algorithme), les collaborations avec d'autres créateurs ou entrepreneurs complémentaires, et les apparitions en tant qu'invité sur des podcasts ou sommets. Ce dernier point permet d'accéder à des audiences déjà constituées par d'autres.
Est-ce que collaborer avec des concurrents est une bonne stratégie de visibilité ? +
Oui, à condition de le faire avec des personnes qui s'adressent à la même cible mais avec une approche différente. Deux experts de la même thématique peuvent faire un live ou un podcast ensemble sans se nuire. Chacun expose l'autre à sa propre communauté - c'est un échange, pas un risque.
Comment mesurer le temps que je passe vraiment à créer du contenu ? +
La méthode proposée est simple : mettre un chronomètre pendant 15 à 21 jours à chaque fois que tu commences à réfléchir à ton contenu - pas seulement quand tu filmes ou montes, mais dès que ta pensée va vers le prochain post. Le résultat surprend souvent.
Faut-il répondre à tous les commentaires sur Instagram ? +
Oui, mais pas avec un simple 'merci'. Répondre par un mot ferme la conversation. L'objectif est d'ouvrir un fil d'échange - en posant une question en retour, en demandant ce qui a le plus parlé, en proposant d'aller plus loin. C'est ce type d'interaction qui signale à l'algorithme qu'il se passe quelque chose sur ton compte.

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