vacances entrepreneur culpabilité

71. Et si ralentir était ta stratégie business la plus puissante ?

Épisode diffusé le 17 juin 2025 par Aurélie Gauthey

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La vacances entrepreneur culpabilité – ce cocktail toxique que quasiment tout indépendant connaît – démarre souvent par une conviction simple : je ne mérite pas de partir. Pas encore. Les résultats ne sont pas là, il y a trop de retard, trop de choses à poser. Et pendant ce temps, les semaines s’accumulent, le cerveau surchauffe, et l’énergie qui faisait la différence au démarrage s’évapore doucement. C’est exactement ce que décortique Aurélie Gauthey – coach business et créatrice du podcast Née pour impacter, 7 ans d’entrepreneuriat derrière elle – dans un épisode qui m’a arrêté net.

Pas un épisode théorique sur le bien-être au travail. Un truc vécu, un peu rugueux, avec ses propres aveux – notamment cette scène en Martinique où elle s’est endormie en pleine session de coaching au soleil, en ronflant. C’est ça qui donne du crédit à ce qu’elle dit.

Alors j’ai voulu en faire autre chose qu’un résumé. Parce que derrière la question des vacances, il y a quelque chose de plus profond sur notre rapport au mérite, à la performance, et à la durée dans l’entrepreneuriat.

Ce que personne n’ose vraiment demander sur les vacances entrepreneur culpabilité

Posons-nous une seconde. Si tu avais travaillé cette semaine-là au lieu de partir, est-ce que ça aurait vraiment changé ton chiffre d’affaires ? Aurélie pose la question frontalement dans son épisode, et elle laisse un silence s’installer. Ce silence-là, il dit tout.

La réponse honnête, pour la grande majorité des entrepreneurs, c’est non. Une semaine de boulot supplémentaire ne fait pas exploser un business. Ce qui fait exploser un business sur le long terme, c’est une personne qui tient. Et tenir, ça s’organise.

« Je préfère avoir de temps en temps ne serait-ce que quelques jours pour tenir dans le temps. »

Voilà. C’est aussi simple que ça, et c’est pourtant ce qu’on s’interdit de s’avouer.

Ce qui m’agace dans le discours ambiant sur la productivité, c’est qu’on a transformé l’absence de repos en vertu. Comme si dormir peu et ne jamais partir en vacances était un signal de sérieux. C’est exactement l’inverse. C’est souvent le signal d’un entrepreneur qui court vers un mur – et qui le voit venir sans freiner.

La comparaison avec le salariat est intéressante ici. Quand tu étais salarié, tu prenais tes congés sans te poser de questions existentielles. Personne ne culpabilisait d’utiliser ses 25 jours. Mais l’entrepreneur – qui gère infiniment plus de stress, plus d’incertitude, plus de charge mentale – se prive de ce même droit par conviction que les résultats ne sont pas au rendez-vous. C’est une logique qui ne tient pas. la charge mentale de l’entrepreneur finit par étouffer l’intuition et la créativité – les deux ressources dont tu as le plus besoin.

La scène en Martinique – ou quand le corps décide à ta place

Il y a une anecdote dans l’épisode qui vaut toutes les statistiques sur le burn-out.

Aurélie est en Martinique. Officiellement pour faire des formations et conférences avec une amie. Un jour de travail, le reste c’est censé être des vacances. Elle s’installe sur un transat au soleil, le coaching commence, et elle s’endort. Pas juste un somme. Elle ronfle. Une heure plus tard, elle se réveille face à un écran noir – les autres participantes ont éteint les caméras et l’ont laissée dormir.

« Toutes les caméras sont éteintes, je suis seule face à un écran noir et quand je vais en urgence laisser un message sur le groupe en disant mais mais vous êtes où, à quelle heure on recommence et là tout le monde me dit : en fait, on a préféré te laisser dormir parce que tu étais fatiguée. »

Son corps avait pris la décision que son cerveau refusait de prendre. C’est brutal comme image.

Et ce n’est pas un cas isolé. Aurélie raconte avoir attendu deux ans avant de vraiment partir en vacances – c’est-à-dire sans ordinateur, sans tablette, sans se cacher dans les toilettes pendant les repas de famille pour répondre à des emails. Deux ans. Et encore, la vraie déconnexion totale, ça ne s’est installé qu’il y a trois ou quatre ans sur sept ans d’activité.

Il faut à peu près ça – 3 ans – pour que la conviction «je dois être joignable en permanence» commence à lâcher. C’est long. Et très coûteux en énergie.

Les toilettes, le téléphone et les mensonges qu’on se raconte

Sur les vacances entrepreneur culpabilité, il y a un comportement que beaucoup reconnaissent sans jamais l’avouer ouvertement : se cacher pour travailler. Aux toilettes pendant le repas de famille. En faisant semblant d’envoyer des messages à des amis. En filmant «des souvenirs» au bord de la piscine.

« Je faisais même croire à mon ex-compagnon quand on était au bord de la piscine et que j’avais mon téléphone dans la main. Je faisais croire que j’envoyais des messages à mes amis ou alors que je tournais de petites vidéos. Pas du tout, en vrai, je travaillais en cachette. »

C’est exactement le problème.

Le truc c’est que cette double vie – présent en apparence, absent en réalité – ne produit ni du vrai repos ni du vrai travail. Tu n’es nulle part. Tu rates les deux. Et tu génères une culpabilité dans les deux sens : culpable de ne pas être assez présent pour les tiens, culpable de ne pas avancer assez vite sur ton business.

Ce double sentiment de vacances entrepreneur culpabilité est probablement la situation la plus épuisante qui soit. Pire que de bosser vraiment. Pire que de se reposer vraiment.

Aurélie propose une solution radicale, et elle est contre-intuitive : bloquer-note plutôt que téléphone. Pas pour interdire les idées – les bonnes idées arrivent souvent en vacances, c’est documenté – mais pour couper le fil qui te ramène aux réseaux, aux emails, aux dashboards. Le carnet ne propose pas de notifications. Il attend.

Préparer ses vacances comme on prépare un lancement – la méthode en 5 temps

Là où l’épisode devient vraiment opérationnel, c’est sur la préparation. Et c’est souvent la partie qu’on néglige le plus. On parle de comment «survivre» aux vacances, rarement de comment les anticiper pour en revenir ressourcé plutôt que stressé.

Premier temps : identifier ce qui est vraiment urgent avant de partir. Pas tout ce qui te semble important – juste ce qui ne peut objectivement pas attendre. La liste est souvent plus courte qu’on ne le croit.

Deuxième temps : noter deux ou trois actions prioritaires pour le retour. Pas pour travailler pendant les vacances – pour libérer le cerveau. Un cerveau qui sait ce qu’il fera en rentrant peut lâcher prise pendant les jours off. C’est neurologique, pas métaphorique.

Troisième temps : le mail d’absence. Avec une note d’humour si possible. Aurélie donne un exemple : «Je suis partie mettre mes pieds en éventail avec le Mojito à la main au bord d’une piscine.» Ce genre de message dit quelque chose sur toi – il est cohérent avec une marque qui assume de vivre ce qu’elle prêche. retrouver de l’énergie dans ton business passe aussi par cette cohérence entre le discours et les actes.

Quatrième temps : les réseaux. Pas besoin de tout planifier. Aurélie suggère de réutiliser des posts qui ont déjà bien fonctionné, de leur donner une deuxième vie. Pragmatique. Et ça évite la culpabilité de disparaître des radars – l’une des grandes angoisses du créateur de contenu.

  • Déléguer si possible : une customer care, une CM, une assistante qui peut répondre aux commentaires et aux messages. Ça s’anticipe – pas la veille du départ, mais plusieurs semaines avant, le temps de tester le bon match.

Cinquième temps – et c’est le conseil que j’ai trouvé le plus malin : prendre un jour off entre le retour de vacances et la reprise du travail. Un jour pour soi, seul, idéalement hors de chez soi pour éviter la tentation du ménage et des lessives. Une chambre d’hôtel. Un espace de coworking calme. Ce jour sert à décompresser la transition – et à préparer la reprise sans l’urgence du «je dois rattraper».

Parce qu’en réalité, il n’y a rien à rattraper. La phrase d’Aurélie sur ce point est tranchante :

« En fait, il y a aucun retard. Le seul retard, c’est entre toi et toi parce que en vrai, il y a aucune urgence et rien de grave. Tu n’es pas chirurgien cardiaque. Il y a personne qui va mourir sur la table. »

Dit comme ça, ça remet les choses en perspective.

vacances entrepreneur culpabilité : l’organisation parfaite n’existe pas, et c’est une bonne nouvelle

Un des points les plus utiles de l’épisode, c’est cette mise en garde contre la quête de l’organisation idéale. Le fantasme du «système parfait» qui règlerait une bonne fois pour toutes la question du repos, du travail, de la présence.

Spoiler : ça n’existe pas. Et Aurélie le dit sans détour.

Ton organisation d’aujourd’hui n’est pas celle de demain. Elle change si tu as des enfants, si tu recrutes, si tu fais évoluer ton offre, si tu décides de moins travailler. Ce n’est pas un bug, c’est le mouvement normal d’un business vivant. la méthode des 90 jours est justement construite sur cette logique – des cycles courts, ajustables, qui évitent de se figer dans un modèle qui ne correspond plus à ta réalité.

Ce que ça implique concrètement sur les vacances, c’est de tester des formats différents avant de trouver ce qui marche pour toi. Aurélie a essayé la méthode «je travaille le matin, j’ai l’après-midi off». Résultat : son cerveau continuait à tourner l’après-midi sur ce qu’il n’avait pas terminé le matin. Pas de déconnexion réelle.

Sa solution, après plusieurs années de test : travailler deux jours complets et consécutifs – lundi et mardi par exemple – et couper totalement les cinq jours suivants. Totalement. Avec accord explicite de l’entourage. Pas de négociation.

Le cerveau décroche vraiment à partir de cinq jours consécutifs de repos complet. En dessous, il reste en mode veille. C’est une donnée qu’elle a découverte par l’expérience – pas par un article sur la productivité. Et c’est souvent comme ça que les vraies stratégies se trouvent : en faisant un bilan régulier de ce qui fonctionne vraiment pour toi, pas pour les autres.

Une limite à noter – et Aurélie elle-même le reconnaît implicitement : ces conseils s’adressent à des entrepreneurs qui ont déjà un peu de recul, un peu de structure. Si tu es dans tes six premiers mois d’activité avec un chiffre d’affaires encore instable, la pression du repos peut sembler totalement abstraite. Le bon sens, c’est peut-être d’abord construire la base avant d’optimiser les vacances. Mais attendre d’avoir «réussi» pour prendre soin de soi – c’est justement le piège.

Le marathon, et pourquoi les plus endurants ne sont pas les plus rapides

Il y a une métaphore dans l’épisode que je veux garder, parce qu’elle résume tout.

L’entrepreneuriat est un marathon, pas un sprint. Les plus endurants – ceux qui durent cinq ans, dix ans, vingt ans – ne sont pas ceux qui ont couru le plus vite. Ce sont ceux qui ont pris soin de leur «monture» : leur énergie, leur corps, leur mindset. Ceux qui ont su recharger.

Et dans ce marathon, attendre d’avoir atteint son objectif ultime pour être heureux, c’est courir 42 kilomètres les yeux rivés sur la ligne d’arrivée sans jamais regarder le paysage. Tu arrives épuisé. Et tu rates l’essentiel.

La vacances entrepreneur culpabilité est en fait un symptôme d’une croyance plus profonde : que le bonheur est conditionnel. Qu’il arrive après. Après les X clients, après le chiffre d’affaires cible, après la reconnaissance. Mais ce «après» recule à mesure qu’on avance. C’est sa nature.

Ce que propose Aurélie – et c’est la vraie radicalité de l’épisode – c’est de célébrer le parcours lui-même. Le courage de quitter la sécurité du salariat. Les décisions difficiles prises chaque jour. Les risques assumés que la plupart des gens dans ton entourage ne prennent pas.

Pour ça, elle donne un conseil très concret – et un peu déstabilisant dans sa simplicité : prendre son agenda maintenant, bloquer des jours de repos sur les six prochains mois, et s’engager à ne jamais les effacer. Pas pour un client. Pas pour une urgence autoproclamée. se mettre en priorité n’est pas un luxe – c’est la condition pour durer.

Et revenir, après une vraie déconnexion ? Aurélie décrit ça comme une énergie «de feu». Une envie de jeter l’ordinateur sur le bureau tellement on est excité de reprendre. Des idées qui arrivent en masse. Une clarté qu’on n’avait pas depuis des mois.

Ce n’est pas une promesse marketing. C’est de la physiologie basique. Un cerveau reposé produit différemment d’un cerveau en surchauffe. La vacances entrepreneur culpabilité nous empêche d’accéder à cette ressource – et c’est là son vrai coût, bien au-delà du bien-être personnel. C’est un coût business, mesurable, réel.

Reste à savoir combien de semaines supplémentaires tu vas encore bosser avant de le tester vraiment.

Questions fréquentes

Comment prendre des vacances quand on est entrepreneur sans culpabiliser ? +
La vacances entrepreneur culpabilité se traite d'abord par la préparation. Identifier ce qui est vraiment urgent avant de partir, noter deux ou trois actions pour le retour, préparer un mail d'absence, programmer des contenus existants sur les réseaux. Quand le cerveau sait que tout est géré, il lâche prise plus facilement. Le reste, c'est une question d'autorisation qu'on se donne à soi-même.
Combien de jours de vacances un entrepreneur doit-il prendre ? +
Aurélie Gauthey recommande un minimum de 5 jours consécutifs pour une vraie déconnexion. En dessous, le cerveau reste en mode veille et continue à tourner sur les dossiers en cours. Pour les entrepreneurs qui ne peuvent pas couper totalement, elle propose de travailler deux jours complets et d'assumer cinq jours de repos réel, plutôt que de diluer le travail sur toute la période.
Est-ce qu'un entrepreneur peut vraiment se déconnecter pendant les vacances ? +
Oui, mais ça s'apprend. Aurélie Gauthey raconte avoir mis deux ans avant de partir sans ordinateur, et encore deux ou trois ans supplémentaires pour atteindre une vraie déconnexion totale. La vacances entrepreneur culpabilité est tenace. Remplacer le téléphone par un carnet pour noter les idées est une technique efficace - le carnet ne propose pas de notifications et ne te redirige pas vers tes réseaux.
Que faire si mon business tourne mal et que je culpabilise de partir en vacances ? +
La question à se poser honnêtement : est-ce qu'une semaine de travail supplémentaire aurait vraiment changé les résultats ? Dans la grande majorité des cas, la réponse est non. Ce qui change les résultats sur le long terme, c'est un entrepreneur qui dure. Et durer implique de recharger. Attendre d'avoir réussi pour prendre soin de soi, c'est une logique qui retarde indéfiniment le repos.
Comment gérer les réseaux sociaux pendant ses vacances d'entrepreneur ? +
L'option la plus simple : réutiliser et programmer des posts qui ont déjà bien fonctionné. Pas besoin de créer du nouveau contenu. L'option plus avancée : déléguer à une community manager ou une assistante - mais ça s'anticipe plusieurs semaines avant le départ, pas la veille.
Pourquoi les entrepreneurs ont-ils du mal à prendre des vacances ? +
Trois croyances reviennent systématiquement selon Aurélie Gauthey : je ne mérite pas parce que les résultats ne sont pas là, j'ai trop de retard, et je ne peux pas me permettre de m'arrêter. Ces croyances sont des vacances entrepreneur culpabilité à l'état pur - elles ne sont pas fondées sur des faits, mais sur une confusion entre l'urgence ressentie et l'urgence réelle. Aucun entrepreneur solo n'est chirurgien cardiaque.

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