structurer son business

MINI-SERIE #4 – LA méthode SIMPLE pour structurer ton business (et arrêter de t’éparpiller)

Épisode diffusé le 1 juillet 2025 par Aurélie Gauthey

Écouter l'épisode :

0:00 --:--
Vitesse

Structurer son business, c’est le genre de conseil qu’on entend partout – et qu’on applique rarement vraiment. Pas par manque de volonté. Par manque d’un cadre concret qui tient sur la durée. Aurélie Gauthey, coach et fondatrice de Née pour Impacter, a généré des centaines de milliers d’euros en suivant une logique précise : alterner sprint et marathon, vision et action, recul et exécution. Dans cet épisode 4 d’une mini-série sur la stabilité entrepreneuriale, elle détaille ses mécanismes – et certains m’ont franchement surpris.

Ce qui frappe d’emblée dans sa méthode, c’est qu’elle ne part pas des outils. Elle part du problème réel : la plupart des entrepreneuses qu’elle coache ont de la connaissance à revendre, des idées brillantes, une vraie vision. Mais elles courent. Tout le temps. Et cette course, loin d’accélérer les résultats, les étouffe. Elle a investi plus de 195 000 € dans des mastermind et formations pour affiner cette approche – ce n’est pas un chiffre qu’elle lâche en passant, c’est sa légitimité.

La question que pose cet épisode n’est pas ‘comment faire plus’. C’est ‘comment faire juste’. Et la réponse est moins sexy qu’un nouveau funnel ou une campagne Instagram – mais elle tient dans le temps.

Le CIO Day, ou l’art de sortir la tête du guidon

Premier pilier : prendre du recul régulièrement. Ça paraît évident. Ça ne l’est pas.

Aurélie Gauthey a formalisé ce qu’elle appelle le CIO Day – des journées entières (ou demi-journées) dédiées non pas à faire, mais à réfléchir. Analyser. Ajuster. Elle précise elle-même avec une autodérision bienvenue : « I don’t speak English, OK ? » – mais le concept, lui, est sérieux. Ce sont des plages où elle ne travaille pas dans l’entreprise, mais sur l’entreprise.

« Plus tu cours, plus tu as des résultats qui t’étouffent. Plus tu prends le temps d’être dans un marathon avec quelques sprints, plus tu atteins ta vision future. »

Dit comme ça, ça ressemble à une citation LinkedIn. Mais derrière, il y a une mécanique réelle.

En pratique, elle découpe en trois niveaux : 30 minutes à 1 heure chaque semaine pour faire le point sur la semaine passée et la semaine à venir. Un bilan mensuel pour prendre un peu plus de hauteur. Et un rendez-vous trimestriel avec son bras droit pour faire la « pulsation de l’entreprise » – réviser la stratégie, réajuster les priorités. Ce système en couches existe parce qu’un bilan mensuel seul ne suffit pas : les détails s’effacent. On oublie ce qui a vraiment bloqué trois semaines plus tôt.

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt – enfin, ce que j’aurais aimé lire dans n’importe quel article sur la productivité – c’est ça : le recul ne sert pas qu’à célébrer. Il sert à identifier ce qu’on ne veut plus refaire. Et ça, ça demande de s’asseoir vraiment.

Pour celles qui pensent qu’elles n’ont pas le temps (la réponse classique), Aurélie est directe :

« C’est là ton erreur. Ce qui m’a permis de générer des centaines de milliers d’euros en ayant un business où je me sens bien… c’est parce que je prends des temps d’espace. »

C’est exactement le problème. Le temps de recul est toujours vu comme du luxe. C’est en réalité de l’infrastructure. Si tu veux ralentir comme stratégie business, c’est précisément ce que ce bloc-temps incarne au quotidien.

Structurer son business commence par une vision qui coupe en actions

Deuxième pilier : la vision. Pas la vision flottante du carnet de rêves – celle qui se traduit en trimestres, en semaines, en tâches quotidiennes.

Aurélie distingue deux problèmes classiques. Soit la vision n’est pas assez puissante ou détaillée. Soit elle existe, mais elle reste dans un carnet. Et un carnet qui dort ne génère rien.

« Ta vision, c’est exactement ce qui va te permettre de découper en action au quotidien et en objectif par trimestre. Si tu as plein d’objectifs en même temps, ils vont s’étaler comme une crêpe dans une poêle trop grande. »

L’image est bonne. Et elle résume un travers qu’on retrouve dans presque tous les business qui stagnent – l’accumulation d’objectifs sans filtre crée de l’inertie déguisée en activité.

Sa recommandation concrète : écrire sa vision à 1 an, 3 ans, 5 ans. Définir un seul objectif trimestriel (pas trois, un). Découper cet objectif en actions hebdomadaires cohérentes. Elle illustre avec son propre cas : d’ici deux ans, être reconnue comme conférencière, invitée sur les meilleurs plateaux et dans les meilleurs magazines. Son premier trimestre ? Identifier et contacter des coachs en art oratoire. Pas 12 objectifs simultanés – un fil conducteur.

Les objectifs SMART, elle les cite (spécifique, mesurable, atteignable, réaliste, temporel), mais sans en faire une religion. Ce qui compte, c’est la cohérence entre vision, objectif trimestriel et action quotidienne. Si l’une des trois couches manque, le système s’effondre. C’est exactement ce qu’elle analysait dans l’épisode précédent sur le business qui stagne – l’absence de cohérence rend tout bancal.

Et là où je nuance : cette approche fonctionne très bien si on est capable de choisir UN objectif trimestriel. Pour les profils à cerveau en ébullition permanente – et il y en a beaucoup dans l’entrepreneuriat – ce choix est le vrai défi. Pas la méthode. Le choix.

Des rituels de suivi qui ne ressemblent pas à une corvée

Troisième pilier : les rituels. Et là, Aurélie fait quelque chose d’intelligent – elle ne prescrit pas un système universel.

« Ton rituel n’est pas le rituel d’un autre. » Ça a l’air banal. Mais dans un écosystème où tout le monde vend SA méthode comme LA méthode, c’est un vrai positionnement.

La structure de base qu’elle propose reste simple : bilan hebdomadaire de 30 minutes à 1 heure, planification de la semaine suivante, définition de trois tâches prioritaires par jour – pas plus. Et un bilan mensuel plus long pour prendre de la hauteur sur le mois.

Le vrai tips, celui qui change tout selon elle : bloquer ces créneaux maintenant, pour les six prochains mois, dans l’agenda. Pas demain. Pas « dès que j’ai le temps ». Maintenant. Parce que sans ça, dans deux mois, l’habitude n’existe pas encore et les rendez-vous avec soi-même seront les premiers supprimés.

Elle ajoute deux éléments que la plupart des systèmes d’organisation oublient. D’abord, un créneau de deux heures par semaine pour soi – en pleine journée, pas le soir, pas pour un client. Un moment de reconnexion à ce qui compte. Ensuite, des créneaux tampons de 30 minutes tous les deux jours pour absorber les urgences. Pas pour faire « plus » – pour préserver ce qui était prévu.

Ce dernier point m’a scotché. La raison donnée est contre-intuitive : l’humain n’aime pas le vide dans son agenda. Il le remplit de petits gravillons inutiles. En posant des créneaux tampons nommés, on protège les blocs importants de l’invasion des micro-tâches. C’est une forme de gestion des 90 jours appliquée à l’agenda hebdomadaire – même logique de protection du focus.

L’agenda idéal : construire à partir de la vie, pas du travail

Quatrième pilier, et c’est peut-être le plus radical : construire son agenda à partir de sa vie idéale, pas à partir des tâches à accomplir.

Concrètement, ça donne quoi ? Tu décides d’abord à quelle heure tu te lèves, quand tu fais du sport, à quelle heure tu termines ta journée. Ces blocs entrent en premier dans l’agenda. Ensuite seulement, tu remplis avec le travail. Et tu crées un rituel de passage entre vie pro et vie perso – écrire, respirer, bouger, peu importe ce qui te correspond – pour sortir vraiment du mode business.

Aurélie est claire là-dessus :

« Quand je suis dans ma vie, je suis dans ma vie, je suis pas dans mon business. »

C’est simple. Et c’est ce que la majorité des entrepreneurs ne fait pas – ils sont dans leur business même quand ils prétendent ne pas y être. La charge mentale ne se coupe pas seule. Sur ce sujet, l’épisode sur la charge mentale qui sature le cerveau creuse exactement cette dynamique – et comment elle étouffe l’intuition.

structurer son business, c’est aussi savoir ne pas agir

Quatrième point de la méthode, et probablement le plus contre-intuitif : aligner action et intention avant de se lancer dans quoi que ce soit.

Le réflexe naturel quand le business patine, c’est d’en faire plus. Plus de contenu, plus d’offres, plus de lancements. Aurélie appelle ça « multiplier les actions pour avancer plus vite » – et elle dit clairement que c’est épuisant et inefficace.

Sa question filtre, celle qu’elle s’applique à elle-même avant de lancer un nouveau projet : est-ce que cette action est en accord avec mes objectifs et ma vision ? Est-ce qu’elle contribue réellement à faire avancer le business – en visibilité, en impact, en revenus ? Est-ce que j’ai la capacité de la mener à bien sans me disperser ?

Et si la réponse est non – on reporte, on délègue, ou on abandonne l’idée.

Pour gérer le flux d’idées (parce qu’il y en a toujours), elle utilise ce qu’elle appelle des « casiers de temporalité » dans Notion ou Asana. Chaque idée reçoit une étiquette : dans 3 mois, dans 6 mois, dans 1 an. Et régulièrement, elle revient sur ces casiers. Résultat : beaucoup d’idées qu’elle aurait lancées à chaud ne l’intéressent plus trois mois plus tard. Elle les élimine sans regret.

C’est un mécanisme anti-syndrome de l’objet brillant. Pas révolutionnaire comme concept – mais formalisé de façon très opérationnelle. La discipline ici, c’est de ne pas ouvrir le casier trop tôt. L’impatience est l’ennemi de la structure. Si tu te retrouves souvent à courir dans tous les sens avec une charge mentale explosive, c’est souvent ce filtre qui manque – pas les outils.

Ce que cette méthode ne résout pas (et il faut le dire)

La méthode d’Aurélie Gauthey est cohérente. Elle repose sur des fondations réelles – pas sur du développement personnel vague. Mais elle présuppose quelque chose d’important : que tu saches déjà ce que tu veux. Que ta vision soit, sinon arrêtée, au moins esquissée.

Pour les entrepreneures en début de parcours, ou celles qui traversent une période de doute profond sur leur direction, structurer son business avec ces outils peut devenir frustrant. On ne peut pas découper en trimestres une vision qu’on n’a pas encore. On ne peut pas créer des rituels de suivi si on ne sait pas encore quoi suivre.

Dans ces cas-là, le travail de clarté précède la structure. Et c’est un travail différent – plus interne, moins opérationnel. L’épisode sur retrouver de l’énergie et du sens dans son business traite exactement ce moment charnière.

Mais bon – pour celles qui ont déjà une vision, même imparfaite, et qui s’épuisent à courir sans avancer ? Cette méthode est probablement ce qui manque. Pas une nouvelle stratégie de contenu. Pas un énième outil. Un cadre de recul, de priorisation et de protection du focus. Ça, c’est structurer son business pour de vrai.

Questions fréquentes

Comment structurer son business quand on est seule et débordée ? +
Le point de départ n'est pas un outil, c'est un créneau bloqué. Aurélie Gauthey recommande de commencer par 30 minutes par semaine pour faire le bilan de la semaine passée et planifier la suivante. Sans ce rendez-vous avec soi-même, aucun système ne tient. L'agenda papier ou digital n'a pas d'importance - ce qui compte, c'est que ce créneau soit non négociable.
Quelle est la différence entre objectif annuel et objectif trimestriel pour structurer son business ? +
L'objectif annuel donne une direction. L'objectif trimestriel donne un rythme. Aurélie insiste sur le fait d'avoir un seul objectif par trimestre - pas trois ou quatre en parallèle. Plusieurs objectifs simultanés s'étalent et perdent en intensité. Un seul concentre l'énergie.
Comment éviter de s'éparpiller quand on a trop d'idées de projets ? +
La méthode des casiers de temporalité : noter chaque idée avec une échéance (3 mois, 6 mois, 1 an) dans un outil comme Notion ou Asana. Revenir sur ces casiers régulièrement. La plupart des idées qu'on aurait lancées à chaud n'intéressent plus quelques mois plus tard. Ce filtre naturel élimine beaucoup de dispersion.
C'est quoi un créneau tampon et pourquoi en avoir dans son agenda ? +
Un créneau tampon est un bloc de 30 minutes tous les deux jours, nommé comme tel dans l'agenda, destiné à absorber les urgences et les imprévus. S'il ne sert à rien ce jour-là, c'est une pause. S'il y a eu une urgence qui a décalé une tâche, ce créneau la récupère. Sans ça, les urgences mangent les blocs stratégiques.
Comment passer d'une vision vague à des actions concrètes chaque semaine ? +
La chaîne est : vision globale à 3-5 ans, découpée en objectif trimestriel unique, lui-même découpé en actions hebdomadaires cohérentes. Chaque action quotidienne doit pouvoir être rattachée à l'objectif du trimestre. Si ce n'est pas le cas, soit l'action n'a pas sa place, soit l'objectif trimestriel est mal formulé.
structurer son business nécessite-t-il obligatoirement un coach ou un accompagnement ? +
Non. Les outils décrits - CIO Day hebdomadaire, vision découpée en trimestres, casiers d'idées temporalisés, créneaux tampons - sont applicables seule. Mais Aurélie reconnaît qu'un regard extérieur accélère la clarté, notamment pour identifier où l'énergie est mal orientée. L'accompagnement change la vitesse, pas la direction.

Épisodes similaires

  • Business & Entrepreneuriat