s'éparpiller en business

83. Tu testes tous les modèles de vente et de visibilité qui marchent pour les autres. Mais toi, tu t’épuises. Qui es-tu ? Que veux-tu ?

Épisode diffusé le 26 août 2025 par Aurélie Gauthey

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S’éparpiller en business, c’est le symptôme que personne ne veut nommer clairement – parce que ça ressemble trop à du travail. Tu postes, tu testes des VSL, tu lances une masterclass, tu rejoins un mastermind, tu refais ta page de vente. Et pourtant les ventes stagnent. Aurélie Gauthey, coach et mentor qui génère plus de 4 millions d’euros avec son académie depuis 8 ans, a partagé dans son podcast trois séances de mentoring qui illustrent ce phénomène avec une précision chirurgicale.

Ce n’est pas un épisode de croissance personnelle floue. C’est du concret, avec des chiffres, des clientes qui font 40 000 euros par mois et qui pleurent quand même en séance, et une méthode de diagnostic qui tient en une seule question : où tu mets ton énergie, là, maintenant ?

Ce qui m’a frappé en écoutant cet épisode – et je l’ai réécouté deux fois – c’est à quel point les patterns sont identiques qu’on fasse 3 000 ou 100 000 euros par mois. Les problèmes grossissent, ils ne changent pas de nature.

Quand les bons conseils deviennent du poison

Dans un mastermind haut de gamme – celui d’Aurélie regroupe des entrepreneurs entre 200 000 et plusieurs millions d’euros de chiffre d’affaires – une membre l’aborde à la fin de l’année. Quarante mille euros par mois, une équipe, plusieurs années d’expérience. Et pourtant, quelque chose coince.

Le diagnostic qu’Aurélie pose est contre-intuitif. Ce n’est pas un problème de stratégie ou de trafic. C’est un problème de perméabilité.

« Tu rencontres une entrepreneur qui te dit ‘moi j’envoie un email par jour, je fais 3 millions, mes clientes sont satisfaites, je peux voyager 10 fois par an.’ Sur le coup si tu n’es pas solide intérieurement, tu te dis ‘mais attends, il faut que j’apprenne à écrire des emails, moi aussi je veux juste envoyer des emails et réussir.’ »

Voilà le truc. Un conseil vrai pour quelqu’un peut être un poison pour toi.

Les masterminds sont des espaces d’inspiration – et c’est précisément leur danger pour les entrepreneurs qui n’ont pas encore stabilisé leur propre axe. Tu reçois vingt conseils excellents qui ne correspondent pas à ton modèle, ton énergie, ta clientèle. Et si tu n’as pas posé tes limites avec toi-même avant de les poser à l’extérieur, tu sors de chaque session avec une nouvelle liste de choses à tester. C’est exactement comme ça qu’on commence à s’éparpiller en business sans s’en rendre compte.

Ce qui m’agace dans la plupart des contenus sur le sujet, c’est qu’on parle toujours des limites comme d’un truc à poser aux autres. Aurélie retourne le problème : la première limite, c’est avec soi-même. Savoir dire non à une bonne idée qui n’est pas la tienne – ça, c’est du muscle, pas de la discipline.

Elle donne d’ailleurs une image que j’ai trouvée assez juste : tu payes quelqu’un pour nettoyer ta maison intérieure, elle est impeccable, et le lendemain tu laisses entrer n’importe qui avec ses bottes pleines de boue. La maison, c’est toi. Et la surcharge mentale qui s’accumule vient souvent de là : trop d’entrées, pas assez de filtres.

S’éparpiller en business : le cas d’une cliente à 10 000 euros par mois

Deuxième séance de mentoring. Une entrepreneur arrive avec une demande précise : analyser ses masterclass et ses challenges. Elle fait entre 8 000 et 10 000 euros par mois, elle est dans un autre mastermind reconnu, elle a de l’expérience.

Aurélie passe cinq minutes sur ses réseaux. Cinq minutes.

« J’ouvre ses réseaux sociaux, je vais à deux-trois endroits, et je lui dis : voilà le message qu’il y a là, et voilà le message qu’il y a là. Là tu veux apporter A, là tu veux apporter B, et là tu parles de C. Tu fais tête qui à quoi ? »

C’est exactement le problème. Pas les slides de sa masterclass.

La cliente voulait optimiser la fin du tunnel. Aurélie a regardé l’entrée. Et l’entrée était brisée – messages incohérents, promesse floue, clientèle attirée par erreur. Corriger les emails d’une séquence quand le message d’acquisition est faux, c’est comme changer les rideaux d’une maison qui brûle.

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt – enfin, ce que j’aurais dû entendre moi-même en 2017 quand je couvrais des lancements digitaux – c’est que la cohérence horizontale d’un funnel compte autant que chaque pièce prise individuellement. Si ton message sur Instagram dit X, ta page de capture promet Y et ton offre délivre Z, tu n’as pas un problème de conversion. Tu as un problème d’alignement des planètes, comme dit Aurélie. Et ça, aucun test A/B ne le règle.

Elle a aussi soulevé un point sur les modèles de vente que j’entends rarement formulé aussi directement : trop de modèles différents en même temps, c’est la garantie de ne maîtriser aucun. VSL, challenge, masterclass, lancement email – elle les a tous testés, mais sur des années, pas en parallèle. Elle est restée dans son couloir.

« J’ai fait le même challenge que j’ai répété. Je suis restée dans mon axe. On a eu beau me dire ‘oui mais tu sais, t’embête pas à faire des challenges live, il existe des VSL enregistrées.’ J’aurais pu un milliard de fois me laisser détourner par d’autres modèles. »

Un milliard de fois. Dit comme ça, ça résonne différemment.

La stratégie d’évitement déguisée en productivité

Troisième cas. Une entrepreneur à 4 000 euros par mois, qui sent que les ventes fléchissent. Elle arrive avec son plan d’action : transformer ses vidéos de programme en audios, créer un nouveau PDF, améliorer ses templates d’emails.

Aucune de ces actions ne va générer une vente dans les 90 prochains jours. Zéro.

Aurélie nomme le mécanisme avec une précision qui fait mal :

« Tu es dans une stratégie d’évitement. Tu es en train de me dire que tu vas changer l’intérieur de ton programme, ça va te prendre des centaines d’heures, alors que toi tu veux faire des ventes. Tu es aussi en train de me dire que tu veux créer un tout nouveau PDF parce que ça vient exciter ta créativité et que c’est cool. C’est pas ça qui va t’amener des ventes. Là tout de suite dans ta situation, non. »

La stratégie d’évitement est particulièrement vicieuse parce qu’elle ressemble à du travail. Tu t’épuises, tu produis, tu coches des cases. Mais les cases cochées ne sont pas les bonnes cases.

Le principe du 20/80 qu’Aurélie mentionne – 20% des actions qui génèrent 80% des résultats – est un classique. Mais elle ajoute une dimension temporelle que j’ai rarement entendue aussi clairement formulée : les actions que tu mets en place aujourd’hui paient dans 3 mois. Donc si tes ventes baissent maintenant, regarde ce que tu as arrêté de faire il y a 3 mois. L’équation est mécanique.

Et là, si tu es en train de stagner malgré beaucoup d’efforts, la question n’est pas quoi faire de plus – c’est quoi arrêter de faire pour concentrer l’énergie sur ce qui déclenche vraiment des ventes. Nuance importante.

La cliente du troisième cas a laissé un témoignage après la séance. Je le cite parce qu’il dit mieux que moi ce que produit ce type de diagnostic :

« J’ai trouvé une vraie clarté où j’en suis aujourd’hui et sur ce qui bloquait vraiment – ce qui honnêtement n’était pas du tout ce que je pensais au départ. Tu as su dès le début mettre le doigt exactement là où ça coinçait. Je repars avec un plan d’action limpide et concret. »

Ce n’était pas juste une séance méthode. Elle précise ça. Et c’est probablement la chose la plus importante à comprendre sur le mentoring individuel : la valeur n’est pas dans le framework transmis, c’est dans le regard extérieur qui voit ce que tu ne vois plus.

Ce que les masterminds ne font pas – et pourquoi c’est normal

Un des passages les plus utiles de l’épisode, c’est quand Aurélie distingue clairement les différents types d’accompagnement. Pas pour vendre le sien – enfin si, un peu (c’est son business, soyons honnêtes) – mais parce que la confusion entre ces formats coûte réellement de l’argent.

Un mastermind, c’est de l’inspiration, des retours d’expérience entre pairs, de la cocréation. Ce n’est pas un endroit où on lève le capot de ton business. Ce n’est pas fait pour ça. Si tu arrives avec une problématique précise de message ou de positionnement, le mastermind va te donner vingt opinions différentes de gens qui font bien mais différemment. Et tu repartiras avec vingt nouvelles pistes à tester.

C’est là que s’éparpiller en business devient presque structurel. Le format lui-même génère de la dispersion si tu n’as pas ta propre boussole solidement ancrée.

Le coaching ou mentoring individuel, lui, met les mains dans le cambouis. Aurélie parle de « lever le capot du business ». C’est une image différente – et elle décrit un travail différent. On regarde tes réseaux, tes messages, tes chiffres, ta semaine type. On cherche la fuite, pas l’inspiration.

Ce qui me frappe dans les trois cas de cet épisode, c’est que les clientes ne manquaient pas de bonnes idées. Elles en avaient trop. Le problème n’était jamais une pénurie de stratégies – c’était une overdose de stratégies sans axe directeur. Si tu reconnais ce pattern, structurer son business autour d’une vision claire avant d’ajouter des tactiques est probablement la priorité numéro un.

Le non-négociable comme filtre de décision

Aurélie travaille lundi, mardi, mercredi. Pas le jeudi, pas le vendredi, jamais le week-end. Les matins sont pour la création – tournage, réflexion, ce qui demande de l’énergie haute. Les après-midis pour les rendez-vous et le coaching.

Ce n’est pas un caprice d’entrepreneur successful. C’est un filtre de décision.

Quand un modèle de vente exige quatre lives par semaine et que tu veux voyager deux mois par an – le modèle est incompatible avec ta vie, pas avec le marché. Quand une stratégie de contenu repose sur l’écrit et que tu détestes écrire (mais que quelqu’un t’a dit que ça marchait), tu peux tenir six semaines. Pas six ans.

La question « est-ce que ça correspond à mon non-négociable » est plus utile que « est-ce que ça marche pour les autres ». Parce que tout marche pour quelqu’un. La VSL, le challenge, le lancement email, la newsletter quotidienne, les reels. Tout. Le critère de sélection ne peut pas être l’efficacité prouvée d’un format – c’est son alignement avec qui tu es et comment tu veux travailler.

Aurélie a modifié son positionnement quatre fois en huit ans. Elle change quelque chose dans son académie – promesse, page de vente, client idéal – à peu près une fois par an. Et elle insiste là-dessus : le perfectionnisme sur l’offre de départ est une autre forme de s’éparpiller en business, juste plus camouflée. Tu peux passer six mois à affiner un client idéal imaginaire au lieu de lancer et d’ajuster au contact du réel.

La nuance que je pose ici – parce qu’il faut être honnête – c’est que tous ces principes sont plus faciles à tenir quand tu as déjà une traction. Quand tu fais 40 000 euros par mois, dire non à un conseil externe coûte peu. Quand tu fais 2 000 euros et que tu cherches ce qui va déclencher la croissance, chaque conseil est une tentation légitime. Aurélie le reconnaît partiellement en disant que les doutes existent à tous les niveaux – mais la solidité intérieure dont elle parle, ça se construit, ça ne tombe pas du ciel.

C’est d’ailleurs pour ça que la confiance en soi comme entrepreneur n’est pas un bonus psychologique. C’est un actif stratégique qui détermine directement ta capacité à rester dans ton axe plutôt que de t’éparpiller en business à chaque nouveau conseil brillant qui passe.

Alors : tu fais quoi là, maintenant, dans ta semaine ? Est-ce que tes actions du moment correspondent à ton objectif du trimestre ? Ou est-ce que tu construis des audios alors que tu as besoin de ventes ?

Questions fréquentes

Pourquoi s'éparpiller en business empêche de vendre plus ? +
Quand tu testes plusieurs modèles de vente en parallèle - challenge, VSL, masterclass, lancement email - tu n'en maîtrises aucun. Chaque format demande du temps, de la répétition et des ajustements pour devenir rentable. En changeant de stratégie à chaque plateau, tu recommences à zéro au lieu de capitaliser sur ce que tu as déjà construit. Le résultat : beaucoup d'énergie dépensée, peu de traction réelle.
Comment savoir si je m'éparpille en business ou si je teste légitimement ? +
La différence tient à une question : est-ce que cette nouvelle action correspond à mon objectif du trimestre ? Si tu veux générer des ventes dans les 90 jours et que tu passes du temps à créer de nouveaux formats de contenu ou à refaire l'intérieur de ton programme, c'est de l'évitement déguisé en productivité. Un test légitime est délimité dans le temps, mesuré, et lié à un objectif précis.
Pourquoi mon message est incohérent alors que je connais mon client idéal ? +
La plupart des entrepreneurs pensent connaître leur client idéal parce qu'ils ont rempli un avatar une fois. Mais le message évolue avec le business, les offres changent, la posture change - et les réseaux sociaux, les pages de capture et les offres finissent par ne plus raconter la même histoire. Un regard extérieur qui compare tes points de contact en cinq minutes voit des incohérences que tu ne vois plus parce que tu es trop dedans.
Un mastermind peut-il remplacer le coaching individuel ? +
Non, et ce n'est pas son rôle. Un mastermind sert à s'inspirer, à échanger avec des pairs au même niveau, à cocréer des idées. Il ne descend pas dans le détail de ton business. Le coaching ou mentoring individuel, lui, lève le capot : messages, funnel, organisation, positionnement. Les deux sont complémentaires, mais les confondre coûte du temps et de l'argent.
Comment arrêter de s'éparpiller en business sans tout abandonner ? +
Commence par identifier ton 20/80 : quelles sont les deux ou trois actions qui génèrent la majorité de tes résultats actuels ? Ensuite, liste ce que tu fais en dehors de ces actions. Tout ce qui n'est pas directement lié à ton objectif prioritaire du moment est un candidat à la suppression ou au report. La clarté sur ce que tu veux - revenus, organisation, modèle de vie - rend les décisions d'élimination beaucoup plus simples.
Est-ce que s'éparpiller en business est un problème de débutant ? +
Pas du tout. Les trois cas présentés dans l'épisode concernent des entrepreneurs qui font entre 4 000 et 40 000 euros par mois. La dispersion prend des formes différentes selon le niveau - au départ c'est tester tous les canaux, plus tard c'est multiplier les offres ou les modèles de vente - mais le mécanisme est identique. Les doutes et l'attrait des nouvelles stratégies existent à tous les paliers.

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