retrouver du sens dans son business

68. Clarté, plaisir, énergie, liberté : comment redonner du souffle à ton entreprise (et à toi)

Épisode diffusé le 5 juin 2025 par Aurélie Gauthey

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Retrouver du sens dans son business – c’est la question que personne ne pose à voix haute, mais que la moitié des entrepreneurs se posent en silence à 23h devant leur laptop. Pas les débutants. Pas ceux qui cherchent encore leurs premiers clients. Ceux qui ont déjà du chiffre, déjà des clientes, déjà un système qui tourne – et qui se retrouvent un matin à fixer leur agenda avec l’impression que quelque chose s’est éteint. Doucement. Sans prévenir.

Aurélie Gauthey, coach business qui accompagne des entrepreneures depuis 8 ans via son programme Née pour Impacter, a consacré un épisode entier à ce phénomène. Pas pour vendre une méthode de plus. Plutôt pour nommer ce que ses clientes n’arrivent pas à formuler : on ne perd pas le sens faute de stratégie. On le perd à force de trop.

Trop d’idées. Trop de formations. Trop de contenus consommés. Trop d’actions qui s’empilent sans qu’on se demande si elles font encore sens. Et quand la joie disparaît, ce n’est pas un nouveau tunnel de vente qui la ramène. Ce qui m’a frappé dans cette transcription, c’est que les solutions proposées sont presque toutes des soustractions – pas des ajouts. Enlever, alléger, vider. Dans un secteur qui vend du ‘toujours plus’, c’est presque radical.

Le piège de l’occupation constante – ou comment on se retrouver du sens dans son business en arrêtant de remplir

Le vrai problème, selon Aurélie, ce n’est pas ce qu’on ne sait pas faire. C’est qu’on sait, mais on ne le fait pas. Nuance énorme.

On sait qu’il faudrait se créer des créneaux pour prendre du recul. On le sait depuis des mois. Le truc c’est que la vie a roulé dessus – un imprévu, un client urgent, une urgence encore, et ce créneau prévu pour soi part aux oubliettes.

« Combien de fois tu t’es dit ‘Je le ferai jeudi. Mince, on est déjà jeudi soir. Je le ferai vendredi. Je le ferai lundi’ et finalement ce créneau qui était prévu pour toi il part complètement dans les oubliettes. »

Voilà. Dit comme ça, ça résonne parce que c’est exactement ça.

Et du coup on avance sans clarté, tête dans le guidon, à reproduire les mêmes actions qui donnent les mêmes résultats. Aurélie cite une cliente qui fait des lives depuis 6 mois de la même façon. Elle les aime. Mais ils n’ont rien rapporté. Personne n’a pris le temps de s’arrêter pour se demander pourquoi.

Ce n’est pas un problème de discipline. C’est un problème d’espace. On ne crée pas assez d’espace pour que l’intuition puisse parler. (Et c’est souvent là que ça coince, mais on préfère acheter une nouvelle formation plutôt que de s’asseoir cinq minutes avec le vide.)

Pour aller plus loin sur ce que peut coûter un manque de recul sur ses actions, l’épisode sur les vraies raisons qui bloquent les résultats donne un éclairage complémentaire assez brutal.

L’énergie d’abord – et si l’organisation venait après

Pendant des années, Aurélie a bossé 7 jours sur 7. Puis 5. Puis seulement le matin. Elle a testé des tonnes de systèmes d’organisation, chacun semblant meilleur que le précédent.

Jusqu’au moment où elle a compris quelque chose que la plupart des coaches business n’enseignent pas : l’organisation doit suivre l’énergie, pas l’inverse.

« J’ai compris que je devais respecter avant l’organisation et les besoins de l’entreprise, respecter en numéro 1 mon énergie. »

Concrètement dans son cas : le matin, elle est à son pic. Création, enregistrement, écriture. L’après-midi, elle coache – parce que c’est naturel, parce que c’est là que quelque chose vient d’ailleurs selon elle. Et si elle n’a pas l’énergie un jour, elle annule.

Ce que j’aime dans ce positionnement – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand je covrais les premières néo-entrepreneurs pour le JDN – c’est qu’il retourne complètement l’argument de la ‘professionnalisation’. Annuler un rendez-vous parce qu’on n’est pas au niveau n’est pas un manque de sérieux. C’est le respect du client.

Ses mots là-dessus sont assez directs :

« Si moi je sais que je n’ai pas envie de coacher le jeudi parce que je travaille pas les jeudi, vendredi, samedi, dimanche et qu’une cliente me dit ‘Je veux absolument un rendez-vous jeudi’, si c’est pas OK, c’est pas OK. »

Certains liront ça et trouveront ça élitiste. Possible. Mais ses clientes, elles, la remercient – parce qu’elles sentent qu’elle est 100% là quand elle est là. Et ça, ça a une vraie valeur dans un secteur où on vend de la présence et de l’accompagnement.

Sur la question de se mettre en priorité en tant qu’entrepreneur, Aurélie avait déjà développé ce positionnement dans un épisode précédent – ça vaut le détour.

Le vide produit. Non, vraiment.

Troisième point, et celui-là heurte pas mal de gens dans le secteur de la productivité : le repos n’est pas l’ennemi de la performance. C’est son carburant.

Aurélie utilise un exemple que tout le monde a vécu : partir en vacances, déconnecter vraiment, et revenir avec 10 000 idées et l’envie de bosser. Ce n’est pas un hasard. C’est de la biologie, ou de la psychologie, ou les deux – peu importe le label, l’effet est réel.

Le problème, c’est qu’on a intégré que le vide était dangereux. Qu’il fallait le remplir vite. Qu’un agenda avec des trous était un signe de faiblesse.

« Tant que tu mets dans ta tête que le vide c’est la mort, que le vide c’est dangereux et qu’il faut vite le remplir, c’est une erreur. Le vide, le repos nourrit. »

Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais ça demande une vraie réorganisation mentale pour quelqu’un dont l’identité est construite autour de la productivité.

Elle va jusqu’à réserver des lieux à l’avance pour les 6 mois suivants – des espaces physiques de non-travail. Pas pour ‘se ressourcer’ au sens vague du terme. Pour créer une contrainte qui force le repos à exister dans l’agenda, avec la même légitimité qu’un rendez-vous client.

C’est d’ailleurs cohérent avec l’approche des 90 jours qu’elle explore dans cet épisode sur la planification trimestrielle – l’idée que structurer le temps inclut aussi structurer les espaces vides.

Retrouver du sens dans son business ne passe pas par la tête

Quatrième clé, et probablement la plus contre-intuitive pour des gens formés à l’analyse et à la stratégie : la joie, le désir, le plaisir – ça ne se (re)trouve pas par le mental.

Quand une cliente lui demande si elle doit faire une masterclass ou une conférence, Aurélie lui répond que la réponse n’est pas dans sa tête. Elle est dans l’expérience. Dans le corps. Dans les sens.

Le mental peut analyser, comparer, lister des pour et des contre. Mais il ne peut pas recréer la magie de quelque chose qu’on n’a pas encore vécu. Et rester figée devant un ordinateur à espérer que les anges envoient un panneau lumineux – ça ne fonctionne pas non plus. (Ce qui est rare dans ce type de discours de coaching, c’est qu’elle le dit avec autant de franchise.)

Aurélie parle de son enfance, du marchand de glace, de la sonnerie qu’elle entendait depuis les escaliers chez sa grand-mère. Cette excitation, cet élan – c’est ce qu’elle cherche à réveiller. Pas par la nostalgie, mais par l’expérimentation réelle.

Concrètement : elle s’est inscrite à des ateliers qu’elle n’aurait jamais imaginé faire. Poterie, danse, cérf-volant – peu importe. L’idée c’est d’aller goûter, pas de décider à l’avance si ça va plaire. Parce que la tête a oublié. L’enfant intérieur, lui, sait encore réagir.

Ca rejoint d’ailleurs ce qu’elle développait dans l’épisode précédent sur la perte de sens et la quête de feu sacré – les deux épisodes se répondent vraiment.

Le sens ne se retrouve pas. Il se crée.

Cinquième clé, et elle est formulée comme un renversement : on passe beaucoup de temps à vouloir ‘retrouver’ ce qu’on avait avant. La flamme d’avant. L’énergie d’avant. La relation de couple d’avant.

Mais cette quête du ‘avant’ est peut-être le problème.

Une de ses clientes lui parlait de perte de désir – dans son business, dans son couple, dans sa libido. Elle voulait retrouver ce qu’elle avait eu. Aurélie lui a répondu que ce n’était pas le bon cadre : il ne s’agit pas de retrouver, mais de créer du neuf.

Explorer des espaces inconnus. Lâcher l’idée qu’il faut revenir à ce qu’on avait construit. Laisser vibrer quelque chose de nouveau plutôt que de ressusciter quelque chose d’ancien.

C’est une distinction qui semble sémantique mais qui change tout dans la pratique. Quelqu’un qui cherche à ‘retrouver’ regarde en arrière. Quelqu’un qui cherche à ‘créer’ regarde devant. Deux postures, deux résultats.

Sur la dynamique de briser un plafond de verre par l’intuition, il y a des parallèles intéressants avec cette idée de créer plutôt que de retrouver.

Ce qu’elle a fait quand elle s’est éteinte elle-même

Ce qui donne du poids à tout ça, c’est qu’Aurélie ne parle pas en théorie. Elle a vécu exactement ce qu’elle décrit.

À un moment, pour scaler son impact, elle a délégué une grosse partie de ses coachings et tout l’opérationnel. Objectif : ouvrir de nouveaux espaces d’accompagnement. Résultat concret : 80% de management, 20% de coaching. Elle s’est éteinte.

Pendant des mois, les nouveaux espaces ont tardé à se mettre en place. Ce qu’elle aimait – transmettre, coacher, ouvrir des champs des possibles – avait été remplacé par de la gestion. Des réunions. Des process. Des petits cailloux, selon ses mots.

Puis un jour, une masterclass. Elle anime. Elle raccroche. Et elle pleure.

« Ça faisait très longtemps que j’avais pas ressenti ça parce que j’étais revenue dans ce que j’aime, dans ce pourquoi je suis faite, transmettre, coacher, accompagner, mentorer, ouvrir le champ des possibles. »

C’est ça, retrouver du sens dans son business. Pas une révélation. Pas une stratégie. Un moment où on fait ce pour quoi on est fait – et où le corps le sait avant la tête.

Elle a depuis réouvert des espaces de mentoring pour des entrepreneures avancées : celles qui ont déjà des clients, déjà des ventes, déjà du business, mais qui ont perdu l’étincelle. Un mastermind qu’elle appelle ‘mouvement légendaire’. L’idée : alléger, réenchanter, éliminer ce qui alourdit. Pas avec un workbook froid – avec des accompagnements sensoriels, du présentiel, des rencontres.

Est-ce que ce modèle fonctionne pour tout le monde ? Probablement pas. Quelqu’un en phase de démarrage a des problèmes différents. Retrouver du sens dans son business suppose d’abord qu’on ait un business qui tourne – c’est la limite assumée de cette approche. Mais pour les entrepreneures qui cochent ces cases et qui se demandent pourquoi elles ne vibrent plus, les 6 clés d’Aurélie méritent d’être prises au sérieux.

Concrètement, elle propose de commencer par une chose : ouvrir son agenda et bloquer deux types d’espaces. Des espaces de réflexion, sphère par sphère – pro, perso, couple, santé, argent. Et des espaces de repos pur – sans rien, sans réflexion, sans objectif. Juste être là. Regarder les oiseaux. Bronzer. Fermer l’ordinateur.

La question à se poser dans ces espaces est simple : qu’est-ce qui aujourd’hui n’est plus OK avec moi ? Qu’est-ce qui ne fait plus sens ? Qu’est-ce qui ne me met plus en joie ?

Pas dix questions. Trois. Et retrouver du sens dans son business commence peut-être là – pas dans un nouveau funnel, pas dans une nouvelle offre, mais dans une heure bloquée dans l’agenda pour écouter ce que le corps dit depuis des mois.

Questions fréquentes

Comment retrouver du sens dans son business quand on est épuisée ? +
Ce n'est pas en ajoutant une nouvelle stratégie que ça vient. Aurélie Gauthey propose d'abord de créer des espaces vides dans l'agenda - des créneaux de réflexion et de repos pur - pour laisser l'intuition parler. Le corps donne souvent les réponses que le mental cherche en vain.
Retrouver du sens dans son business, c'est pour qui ? +
Principalement pour des entrepreneures qui ont déjà des clients, du chiffre d'affaires et un business qui tourne, mais qui ont perdu la flamme. Ce n'est pas une approche pour les débutants qui cherchent leurs premiers clients - c'est une limite assumée.
Pourquoi le repos améliore-t-il la productivité d'une entrepreneur ? +
Parce que le vide nourrit la créativité. Quand on se ressource vraiment - en vacances, pendant un weekend déconnecté - les idées reviennent naturellement. Bloquer des espaces de repos dans l'agenda avec la même légitimité qu'un rendez-vous client change la donne.
Comment reconnecter à sa joie quand on s'est éteinte dans son activité ? +
Pas par le mental. La joie, le désir, le plaisir se créent par l'expérience sensorielle - en allant goûter, essayer, explorer ce qu'on n'aurait jamais imaginé faire. L'enfant intérieur reconnaît ce qui fait vibrer bien avant que la tête ne valide.
Peut-on retrouver du sens dans son business sans tout changer ? +
Oui. Parfois il suffit de revenir à ce pourquoi on a commencé. Aurélie a retrouvé sa flamme en animant une masterclass après des mois de management - sans changer d'offre, sans nouvelle stratégie. Juste en refaisant ce pour quoi elle est faite.
Quel est le signe qu'on a perdu le sens dans son business ? +
On continue d'agir, mais mécaniquement. On reproduit les mêmes actions sans se demander pourquoi. On n'a plus d'élan le matin. Et surtout, on ne ressent plus de joie dans ce qu'on fait - même quand les résultats sont là.

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