peur de réussir

53. Peur de réussir et auto-sabotage, comment t’en libérer : Coaching en live

Épisode diffusé le 10 avril 2025 par Aurélie Gauthey

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La peur de réussir – pas la peur d’échouer, l’autre, celle dont personne ne parle vraiment – est probablement le frein le plus sous-estimé chez les entrepreneures qui pourtant tournent déjà bien. Dans un coaching en live que vient de publier Aurélie Gauthey sur son podcast Née Pour Impacter, une invitée lâche quelque chose d’assez rare : elle avoue que c’est le palier au-dessus qui la bloque. Pas les résultats actuels. Pas les clients. Le palier suivant.

Ce que ça cache derrière, c’est une question vertigineuse : et si en réussissant vraiment, je ne me reconnaissais plus ? Et si l’argent me changeait ? Et si devenir puissante signifiait devenir quelqu’un d’autre – quelqu’un que je n’aime pas ?

Aurélie Gauthey, coach business qui a accompagné des centaines d’entrepreneures (et qui gère une équipe qui est montée jusqu’à 15 personnes avant qu’elle redescende volontairement à 7 ou 8 – on y revient), démonte ce mécanisme avec une franchise assez désarmante. Ce n’est pas un épisode théorique. C’est du coaching en direct, avec les hésitations, les silences, et les phrases qui font tilt.

Et franchement, c’est dans ce format brut qu’on comprend à quel point la peur de réussir n’est pas un concept de développement personnel flou. C’est quelque chose de très concret, avec des mécanismes précis, des bénéfices cachés – et des façons de s’en sortir qui ne ressemblent pas aux injonctions habituelles du genre ‘visualise ton succès et lève-toi à 5h du matin’.

« Je vais devenir une connasse » – ou la vraie nature de la peur de réussir

Voilà comment Aurélie pose la question à Anne-Sophie, une de ses clientes :

« Elle m’a dit ‘Ah tu sais, j’ai peur qu’en gagnant de l’argent bah je vais changer puis je vais être une connasse.’ Et je lui dis – est-ce que je suis une connasse ? Elle me dit ‘toi ça va.’ Je dis bah alors. »

Dit comme ça, ça a l’air simple. Et en même temps, combien de personnes tournent autour de cette peur sans jamais l’exprimer aussi directement ?

La peur de réussir prend souvent cette forme : pas une peur abstraite du succès, mais une peur de ce qu’on va devenir avec. Une peur de trahir quelque chose – ses origines, ses valeurs, les gens qu’on aime. Aurélie le formule clairement : l’argent peut effectivement changer les gens, mais ce qui détermine dans quel sens, ce sont les valeurs qu’on avait au départ. Pas le chiffre sur le compte.

Mais ce qui est plus intéressant encore dans son raisonnement, c’est la temporalité. Elle dit – et c’est là que ça devient utile – que personne ne passe de 4000 euros par mois à 100 000 du jour au lendemain. Il y a des paliers. Des étapes. Et à chaque étape, tu te vois. Tu te regardes. Tu peux ajuster.

Ce n’est pas une promesse naïve. C’est une donnée concrète sur comment la croissance fonctionne réellement – et pourquoi la peur de réussir anticipée est souvent bien plus intense que ce qu’on vit vraiment quand on y arrive.

Quinze personnes dans l’équipe, et le moment où c’était « trop »

Il y a une anecdote dans cet épisode que j’aurais bien développée davantage, parce qu’elle dit quelque chose que peu de coaches osent dire publiquement.

Aurélie raconte qu’un matin, elle s’est réveillée avec une équipe de 15 personnes. Elle ne l’avait pas vraiment vu venir – c’est arrivé progressivement, et puis d’un coup, 15. Et sa réaction ?

« C’est trop. C’est trop. Il y a eu un jour de ‘c’est trop’ pour plein de raisons. OK, ben on redescend. Et de nouveau, on est redescendu. Commençait là. Je goûte quelques mois. Comment je me sens avec 7, 8 femmes ? OK, c’est mieux. »

Voilà. On n’est pas condamné à ce qu’on construit. Cette phrase – ‘on n’est condamné à rien’ – est peut-être la plus libératrice de tout l’épisode.

Ce que ça implique, c’est que la peur de réussir repose en partie sur une fiction : l’idée qu’une fois qu’on est monté, on ne peut plus redescendre. Que si on recrute, on sera forcément obligé de garder l’équipe. Que si on atteint un certain chiffre, il faut le maintenir coûte que coûte. Aurélie démontre par l’exemple que non – elle a réduit volontairement, elle a ajusté, elle est revenue à ce qui lui convenait mieux.

C’est une nuance importante. Le chaos des paliers de croissance ne signifie pas qu’on est piégé dans une direction unique. Et j’ai l’impression que beaucoup d’entrepreneures que je croise ne se donnent pas cette permission-là.

Les rafales qui arrivent quand ça allait bien – ce que personne ne dit sur les paliers de succès

Voilà le truc qui m’a le plus frappé dans cette transcription.

Aurélie décrit un mécanisme qu’elle observe chez toutes ses clientes – et qu’elle vit elle-même. Tu atteins un palier. Ça se stabilise. Quelques mois de tranquillité, de satisfaction, de ‘j’ai ce que je voulais’. Et puis – rafale. Quelque chose arrive qui fout tout en l’air.

« Remarque pas les gens qui arrivent à un palier de succès, ils se prennent des rafales en pleine tête pour passer au prochain palier. Tous mes paliers, je me suis pris des rafales. Et tout le monde le vit. Pourquoi ? Parce que c’est ce moment où c’est bien, tu es tranquille là depuis quelques mois… On va t’envoyer une petite rafale puis tu vas comprendre que pour passer à un autre palier bah il faut encore lâcher les choses. »

Ce n’est pas une métaphore cosmique floue. C’est une description assez précise de ce que vivent les entrepreneurs qui traversent un palier de succès : la période de déstabilisation arrive précisément quand on pensait avoir trouvé l’équilibre.

Et la peur de réussir, dans ce contexte, prend une autre dimension. Ce n’est peut-être pas seulement une peur de changer. C’est aussi une peur de ces rafales – une anticipation inconsciente de la turbulence qui accompagne chaque montée en puissance. On reste au niveau actuel parce que là, au moins, c’est stable.

Mais bon. Stable, ça veut aussi dire qu’on ne monte plus.

S’expanser dans la contraction, ou la physique du blocage mental

L’image qu’Aurélie utilise ici est simple, mais elle colle vraiment bien.

Pour monter – pour s’expanser, pour créer, pour aller chercher un palier supérieur – il faut s’alléger. Et on ne peut pas s’alléger si on est contracté. Elle pose la question directement : comment est-ce possible de sauter en l’air et d’être contracté en même temps ? Ça n’existe pas physiquement.

Du coup, quand la peur de réussir se manifeste, elle se traduit souvent par une contraction – une crispation sur ce qu’on a déjà, sur l’identité qu’on s’est construite, sur les ‘il faut’ et les ‘ça ne se fait pas’ qu’on traîne depuis des années. Et c’est précisément cette contraction qui empêche l’expansion.

« S’alléger, c’est enlever les couches qui vous ont amené jusqu’à là – de protection, de contraction, de ‘je dois pas’, de ‘il faut’, de ‘c’est pas’, de ‘ça se fait pas’, de ‘ma famille m’a pas éduqué comme ça’. On arrivait avec tout ce poids. On en a rajouté avec nos blessures et pouf et pouf et pouf. Et là on veut monter. Et ben pour monter, même une montagne, il faut s’alléger. »

C’est exactement le problème. Ces couches ne sont pas juste des pensées négatives à ‘positiver’. Ce sont des mécanismes de protection qui ont fonctionné – qui ont été utiles à un moment donné. Et c’est ça qui les rend si difficiles à lâcher.

La question qu’Aurélie pose à son invitée – et qu’elle suggère à tout le monde de se poser – est directe : ‘Qu’est-ce que je dois accepter de laisser mourir ?’ Pas améliorer, pas transformer. Laisser mourir. La formulation est volontairement radicale. Elle oblige à regarder ce qu’on défend encore alors qu’on n’en a plus besoin.

Et cette question n’est pas réservée au business. Elle s’applique aux relations, aux dynamiques familiales, aux patterns qu’on répète. Le lien entre blocage émotionnel et blocage dans les ventes est souvent plus direct qu’on ne le pense.

Le bénéfice caché de rester bloqué – et pourquoi c’est toujours toi le facteur commun

Ce passage est le plus inconfortable de l’épisode. Et probablement le plus utile.

Aurélie fait une chose que beaucoup de coaches évitent par confort : elle dit clairement que dans chaque situation bloquante, il y a un bénéfice à rester là où on est. Toujours. Sans exception.

Elle l’applique à sa propre expérience :

« Même moi quand j’ai dit à mon coach ‘non t’inquiète, j’ai tout vu, pas de bénéfice’… quand je suis allé fouiller, il y en avait. On croit qu’on fait tout bien et que c’est les autres, c’est pas moi, c’est les autres. »

La peur de réussir a elle aussi ses bénéfices cachés. Tant qu’on ne réussit pas ‘vraiment’, on n’a pas à prendre certaines responsabilités. On n’a pas à décevoir ceux qui nous regardent. On n’a pas à assumer une visibilité plus grande. On reste protégé par le fait d’être ‘en chemin’.

Et puis il y a cette formule qu’elle utilise, et qui claque : ‘Je suis le facteur commun.’ Si les mêmes schémas reviennent – les mêmes types de clients difficiles, les mêmes blocages de revenus, les mêmes conflits avec l’équipe – le point commun entre tous ces situations, c’est toi. Ce n’est pas une accusation. C’est une donnée.

(Ce qui est rare dans le secteur du coaching, c’est d’entendre quelqu’un dire ça aussi directement sans l’enrober dans dix couches de bienveillance.)

Cette logique s’applique directement à la question puissante pour débloquer son business : avant de changer de stratégie, de refaire ses offres ou de chercher une nouvelle audience, regarde ce que toi tu continues à faire – ou à ne pas faire.

La peur de réussir et la puissance féminine – ce que ça a à voir avec les générations d’avant

Aurélie termine sur un point que certains trouveront trop perché et d’autres trouveront exactement juste. Je ne tranche pas – mais je le note parce que ça résonne avec des choses que j’entends régulièrement dans d’autres contextes.

Elle fait le lien entre la peur de réussir, la peur de la visibilité, et une histoire plus longue – celle des femmes qui ont souffert d’avoir trop parlé, d’avoir trop affiché leurs convictions, d’avoir été trop puissantes. Pas dans leur propre vie forcément. Dans les générations qui les précèdent.

Et elle observe quelque chose d’empirique – pas de données chiffrées, mais une observation de terrain avec des centaines de clientes : les femmes ont beaucoup plus de mal que les hommes à parler d’argent, de réussite, de pouvoir. Les hommes, note-t-elle, n’ont ‘aucun problème’ avec ça.

(Je mets des guillemets mentaux sur ‘aucun problème’ – c’est évidemment plus nuancé – mais la tendance générale est réelle.)

Ce qui est intéressant dans ce cadrage, c’est qu’il sort la peur de réussir du registre purement individuel. Ce n’est pas juste ‘ton problème de confiance en toi’. C’est quelque chose de transmis, de culturel, de structurel. Et ça change la façon dont on peut le travailler.

Ça change aussi la responsabilité : si des femmes taisent leur puissance par peur de conséquences qui ne sont plus d’actualité (même si elles l’ont été), alors les élever – les déconditionner de cette peur – a un impact qui dépasse largement leur propre business. C’est ce qu’Aurélie dit explicitement : ‘C’est à vous de tenir ces fréquences, c’est à vous toujours de les élever.’

Ce qui m’agace un peu, c’est quand ce type de discours glisse vers l’injonction – ‘c’est ta responsabilité de changer le monde’. Mais ici, le propos reste ancré dans quelque chose de concret : tes blocages ont une histoire, cette histoire explique leur persistance, et comprendre ça est utile pour les traverser.

La peur de réussir n’est pas une anomalie. Elle est logique. Elle est cohérente avec ce qu’on a appris à craindre. Et c’est précisément parce qu’elle est logique qu’il faut aller la regarder en face – pas la nier, pas la combattre – juste comprendre ce qu’elle protège. Et décider si cette protection est encore nécessaire.

Pour aller plus loin sur ce que ça implique concrètement dans la structure d’un business, structurer sa croissance sans s’épuiser reste une des questions les plus pratiques que j’aie vues abordées dans ce podcast. Et si tu en es encore à construire les bases, les vérités cash sur le business en ligne sont une lecture utile avant de te poser la question des paliers.

Questions fréquentes

C'est quoi exactement la peur de réussir ? +
La peur de réussir, c'est une résistance inconsciente à atteindre un niveau supérieur - non pas par manque de capacité, mais par crainte de ce que ce succès va impliquer : changer d'identité, perdre certaines relations, prendre plus de responsabilités, ou devenir quelqu'un qu'on ne reconnaîtrait plus. C'est souvent plus profond et plus insidieux que la peur d'échouer, parce qu'on ne la voit pas venir.
Comment savoir si je fais de l'auto-sabotage en business ? +
Un signe assez clair : tu atteins un certain palier, tu te stabilises, et ensuite tu trouves des raisons de ne pas aller plus loin. Les mêmes schémas reviennent - mêmes types de clients compliqués, même plafond de revenus, mêmes conflits avec l'équipe. Si tu es le point commun de toutes ces situations bloquantes, c'est souvent de l'auto-sabotage. La question utile à se poser : quel est mon bénéfice à rester là où je suis ?
La peur de réussir concerne-t-elle plus les femmes entrepreneurs ? +
Aurélie Gauthey, qui coache depuis plusieurs années des entrepreneures, observe que oui - les femmes ont globalement plus de mal à parler publiquement d'argent, de pouvoir et de réussite. Elle relie ça à une histoire transgénérationnelle : des générations de femmes qui ont appris à se taire pour éviter des conséquences. Ce n'est pas une fatalité, mais comprendre l'origine de cette peur aide à la traverser.
Comment dépasser la peur de réussir concrètement ? +
Plusieurs leviers ressortent du coaching d'Aurélie Gauthey : identifier le bénéfice caché à rester bloqué, se poser la question 'qu'est-ce que je dois laisser mourir pour passer au palier suivant', et comprendre que la croissance est progressive - on ne passe pas de 4000 à 100 000 euros par mois du jour au lendemain, on a le temps de se voir changer et d'ajuster.
Est-ce qu'on peut revenir en arrière après avoir atteint un palier de succès ? +
Oui. Aurélie Gauthey le dit explicitement - et l'a vécu. Elle a réduit son équipe de 15 à 7-8 personnes parce que 15 c'était trop pour elle. Des entrepreneurs qui avaient des boîtes à plusieurs millions sont revenus à 3 clients par mois parce que c'est ce qui leur convenait. On n'est condamné à rien.
Pourquoi les paliers de succès s'accompagnent souvent de turbulences ? +
Parce que chaque palier demande de lâcher quelque chose. Les croyances, les identités, les protections qui t'ont amené jusque là deviennent des poids quand tu veux aller plus loin. Et cette période de lâcher, de transition, est souvent inconfortable - ce qu'Aurélie appelle les 'rafales'. Ce n'est pas un signe que quelque chose va mal. C'est souvent le signe qu'on est en train de passer à autre chose.

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