monétype financier

104. Réconcilie-toi avec l’argent grâce aux moneytypes financiers avec Laura Moneymanifestation

Épisode diffusé le 2 décembre 2025 par Aurélie Gauthey

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Le monétype financier – ce concept que personne ne connaissait il y a encore six mois – est en train de s’imposer discrètement dans les conversations des entrepreneures françaises. Laura, fondatrice de Madame Manifestation et ex-salariée reconvertie en money mindset mentor, a passé trois ans à travailler avec les archétypes financiers américains avant de lancer sa propre méthode : la monéiologie, avec ses 15 identités financières uniques. Plus de 6 800 personnes ont déjà fait le quiz. Et l’outil, présenté en exclusivité dans le podcast Née pour impacter d’Aurélie Gauthey, soulève une question que peu de gens posent franchement : est-ce qu’on se connaît vraiment dans notre relation à l’argent, ou est-ce qu’on se raconte des histoires depuis le début ?

Quand l’argent révèle tout le reste

Il y a un truc que Laura dit très tôt dans l’épisode, et ça m’a arrêté net. Elle explique que son intérêt pour l’argent ne vient pas d’une vocation de financière. Ça vient d’une année passée en Nouvelle-Zélande, fille au pair, avec des revenus soudainement limités – elle qui avait toujours bien gagné sa vie en tant que salariée.

Ce qu’elle a voulu comprendre, c’est comment ne plus jamais avoir à se dire non. Pas optimiser un budget. Pas construire un patrimoine. Juste ne plus se dire non. C’est une nuance qui change tout à la philosophie derrière le monétype financier.

« L’argent pour moi c’est le résultat de tellement de choses qui n’ont rien à voir avec l’argent. À quel point on s’aime, à quel point on a travaillé sur notre confiance en nous, à quel point on accepte de recevoir. »

Ce qui m’agace dans beaucoup de discours sur le money mindset, c’est qu’on reste souvent en surface – des affirmations, des visualisations, des journaux de gratitude. Laura va ailleurs. Elle dit que le rapport à l’argent, c’est un miroir de nos schémas relationnels, de notre héritage générationnel, de la façon dont on interagit avec les autres. Et ça, c’est une lecture beaucoup plus inconfortable – mais aussi beaucoup plus utile.

Du coup la question qui suit logiquement : est-ce que le monétype financier peut changer avec le temps ? La réponse de Laura est tranchée. Non. Les valeurs profondes ne changent pas. Ce qui change, c’est le comportement dans le rapport à l’argent. C’est la couche visible de l’oignon. En dessous, la structure reste.

Les 15 monétypes : pourquoi 15 et pas 8

Avant les monétypes, Laura utilisait les archétypes financiers américains – un outil avec moins d’identités. Le problème qu’elle rencontrait sans cesse : deux personnes avec le même archétype ne se reconnaissaient pas l’une dans l’autre. Elle passait son temps à expliquer les nuances, à dire « toi tu es la connecteur introvertie, elle c’est la connecteur qui fonce ».

Sa décision a été radicale : créer une méthode propriétaire avec 15 identités au lieu de 8, pour aller chercher des profils réellement distincts. C’est ce qu’elle appelle la monéiologie – la discipline d’apprendre à se connaître avec l’argent. Un mot qu’elle a inventé. (Ce qui est rare dans le secteur, où on recycle les mêmes terminologies depuis dix ans.)

« J’avais pas mal de personnes qui me disaient ah oui bah moi par exemple je suis Mavric mais en fait je me reconnais pas du tout avec une autre Mavric. Donc j’ai vraiment décidé d’aller beaucoup plus en précision. »

Concrètement, ça donne quoi ? Prenons l’exemple qu’elle développe le plus dans l’épisode. Là où il y avait autrefois un seul archétype pour les profils audacieux et créatifs, il y a maintenant deux monétypes financiers distincts : l’intrépide et l’audacieuse.

L’intrépide voit l’argent comme un jeu. Elle adore les idées uniques, elle peut tout vendre – mais elle fuit les responsabilités financières en ouvrant sans cesse de nouveaux projets. L’audacieuse, elle, est dans une relation beaucoup plus tendue avec l’argent : elle cherche le risque activement, elle vit entre extrême abondance et faillite potentielle. Ce n’est pas la même psychologie, même si les deux partagent un rapport à l’argent non conventionnel.

Et ça, c’est exactement le problème que les outils trop larges ne règlent pas. Si tu te reconnais vaguement dans un archétype sans voir tes schémas précis, tu ne sais pas quoi travailler. Tu restes dans le flou.

Les 5 grandes maisons : où est-ce que tu te reconnais ?

Quinze monétypes, c’est beaucoup à retenir. Laura les regroupe en cinq grandes familles – qu’elle appelle les maisons – qui couvrent cinq grandes façons d’être avec l’argent. Voilà comment elle les décrit dans l’épisode.

Les fondatrices d’abord. Ce sont les bâtisseuses, les analyseuses, celles qui veulent tout poser avant d’avancer. Leur valeur centrale : la liberté via la sécurité. Le problème, c’est que cette sécurité cherchée devient parfois paralysante – elles procrastinent en se préparant, elles suranticipent, elles se préparent à se lancer sans jamais vraiment se lancer.

  • Les déconnectées : très dans le don, souvent dans la déresponsabilisation financière. Elles donnent beaucoup, évitent le lien monétaire avec les gens.

Les conquérantes ouvrent les marchés. L’argent, c’est du jeu. Le risque, on s’en fout. Elles innovent. Et elles peuvent flamber aussi vite qu’elles accumulent.

Les fabuleuses – le profil qui ressemble le plus à ce qu’Aurélie Gauthey reconnaît en elle, l’ancienne « romantique » – sont là pour apprendre à profiter. Elles utilisent l’argent pour rêver, ralentir, se faire plaisir. Ce sont elles qui rappellent aux autres que gagner de l’argent n’est pas une fin en soi.

Et les mentors. Celles qui donnent 150 % de ce qu’elles ont vendu. Qui finissent le mois épuisées et sans assez sur le compte. L’over-achievement comme mode de fonctionnement par défaut.

Laura dit quelque chose d’intéressant sur ces cinq maisons : on a besoin des cinq pour constituer une société qui fonctionne. Ce n’est pas juste un cadre de coaching. C’est une vraie vision systémique. Celles qui consolident, celles qui ouvrent des voies, celles qui mentorent, celles qui prennent soin, celles qui apprennent à profiter. Enlève une de ces pièces et tout le système boite.

Mais bon – est-ce qu’on peut être plusieurs à la fois ? Laura dit oui, avec une nuance : il y a des grandes tendances, une énergie dominante. On est complexes. On ne rentre pas dans une seule case. Et si cette idée résonne, l’article sur les identités limitantes qui bloquent la croissance pousse la réflexion encore plus loin.

monétype financier et anxiété : le profil le plus répandu

50 %. C’est le chiffre que Laura avance pour les entrepreneures qui avancent malgré l’anxiété financière. La moitié. Et souvent, elles ne le savent pas.

Trois monétypes sont particulièrement concernés : la visionnaire, la professeur, la chercheuse. Des profils de bâtisseuses, très dans la construction, très dans le détail. Ce sont souvent les profils les plus solides sur le long terme – celles qui posent des bases vraiment solides. Mais leur force se retourne contre elles : elles sont tellement dans l’analyse qu’elles procrastinent en se préparant.

« Elles veulent se sursécuriser, se surpréparer, suranticiper, être prête avant de se lancer. Et donc l’anxiété financière les drive en avançant – donc elles avancent très lentement. »

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise – enfin, ce qui m’a semblé le plus utile dans cette partie – c’est la distinction entre stress normal et anxiété financière. Laura ne dit pas qu’il faut être zen avec l’argent en permanence. Elle dit que quand c’est de l’anxiété structurelle, là c’est une priorité à travailler. Pas un détail.

Et ça rejoint quelque chose qu’on voit souvent : les vrais plafonds de croissance financière ne sont que rarement des problèmes de stratégie. Ce sont des problèmes de rapport à soi, à l’argent, à ce qu’on s’autorise à gagner.

Le moment où Laura a failli ne jamais vendre

Pendant un an, Laura a développé son podcast sur l’argent. Zéro euro de revenus. Elle avait peur de la vente – ou plutôt, elle n’arrivait pas à mettre un lien monétaire entre les gens et elle. Elle se faisait des amis sur Instagram, pas des clients.

C’est en découvrant son propre archétype – la connecteur – qu’elle a compris le problème. Pas intellectuellement. Viscéralement. Elle voyait exactement pourquoi elle faisait ça, et surtout elle voyait ses forces de vente qu’elle ne soupçonnait pas.

Ce n’est pas une anecdote de motivation. C’est une démonstration de ce que le monétype financier peut faire concrètement : compresser le temps d’apprentissage. Au lieu d’expérimenter des années de schémas répétitifs douloureux, tu as une lecture immédiate. Tu sais quoi travailler. Tu sais où sont tes leviers.

Aurélie Gauthey fait d’ailleurs une remarque importante dans l’épisode – et c’est honnête : connaître son monétype financier ne remplace pas le travail. Si ton offre n’est pas irrésistible, savoir que tu es une connecteur ne va pas remplir ton agenda. C’est un accélérateur, pas une baguette magique. Cette nuance, je l’apprécie parce qu’elle manque souvent dans les discours sur le mindset.

Et ça fait écho à ce que l’épisode sur vendre sans se trahir explore côté pratique : l’alignement entre qui tu es et comment tu vends, ça se construit. Ça ne se décrète pas.

« J’aurais voulu être l’entrepreneur, pas la bisounours »

Laura raconte que quand elle a fait son quiz d’archétype financier pour la première fois, le résultat ne lui a pas plu. Elle avait une vision de la connecteur comme quelqu’un de trop gentil, trop bisounours pour réussir en entrepreneuriat. Elle voulait tomber sur un profil plus tranchant, plus conquérant.

« J’avais une mauvaise vision de ça, je rejetais mon côté bisounours en mode j’aime trop les gens. Et en fait, je me suis rendue compte que c’était ma plus grande force et j’essayais de rejeter ça alors que aujourd’hui dans mon business, je suis trop heureuse parce que j’ai vraiment tout aligné en fonction de cette partie de moi. »

C’est peut-être la partie la plus importante de tout l’épisode. Le problème n’est pas de ne pas connaître son monétype financier. Le problème, c’est de le connaître et de le rejeter parce qu’on a intériorisé une certaine image de ce que doit être une « vraie » entrepreneur.

Il y a beaucoup de femmes très généreuses qui pensent que leur côté donneur est un handicap en business. Laura dit l’inverse : c’est une mine d’or non exploitée. Il faut juste débloquer certains éléments pour que ça se traduise en chiffre d’affaires réel – et pas en épuisement.

Aurélie Gauthey ajoute quelque chose que je trouve juste : on est toutes les facettes selon les moments de vie. Parfois la rebelle, parfois la stratège, parfois la bonne élève. L’enjeu n’est pas de choisir une identité et de s’y coller. C’est d’accepter la totalité – y compris les parties qu’on trouve moins glamour. Si cette idée de se réconcilier avec ses différentes parts résonne, l’épisode sur la liberté financière et oser vraiment grand creuse exactement cette question.

Ce que le quiz teste vraiment – et pourquoi tu ne peux pas le truquer

Une question légitime : est-ce qu’on peut se tromper en remplissant le quiz ? Ou pire, est-ce qu’on peut influencer les résultats pour tomber sur le profil qu’on voudrait avoir ?

Laura dit non. Catégoriquement. Le quiz va chercher les valeurs profondes, pas les comportements. Et les valeurs profondes ne changent pas selon l’humeur du moment. Elle dit avoir eu des clientes qui ont refait le quiz plusieurs fois parce qu’elles ne se reconnaissaient pas dans leur résultat – et qui sont retombées exactement sur le même monétype financier à chaque fois.

Il y a aussi le cas des personnes qui se pensent sans problème avec l’argent. Celles qui disent « moi ça rentre, ça sort, je m’en fous ». Laura les décrit comme des personnes très cartésiennes, qui fonctionnent avec leur cerveau conscient tout le temps – mais qui ne réalisent pas qu’elles sont drivées à 90 % par leur inconscient. Et que si elles aspirent à autre chose que leur chiffre actuel, c’est bien qu’elles ne sont pas encore calibrées à cette nouvelle réalité financière.

Même les milliardaires, dit-elle, font face à des plafonds de verre. Le stade du chiffre d’affaires ne change pas la nature du travail à faire – il change juste le niveau où les blocages se manifestent. Ce qui rejoint ce que l’épisode sur générer 4 millions et revenir à l’essentiel illustre de façon assez saisissante.

Une concession honnête quand même : la monéiologie et les 15 monétypes sont une méthode récente, créée par une seule personne, encore peu documentée au-delà de son écosystème. Les 6 800 quizs réalisés sont un indicateur d’adoption, pas une validation scientifique. Pour quelqu’un qui cherche des études académiques sur la psychologie financière, cet outil ne les remplacera pas. Ce qu’il fait – et ce qu’il fait bien, manifestement – c’est accélérer la prise de conscience et donner un langage partagé pour parler de quelque chose d’habituellement très flou.

Et pour les entrepreneures qui veulent aller plus loin dans cette logique d’alignement entre leur identité, leur façon de vendre et leur modèle de business, le cadre de Liberté Indécente semble conçu exactement pour ça – des femmes qui ne veulent plus choisir entre ambition et cohérence avec elles-mêmes.

Questions fréquentes

C'est quoi un monétype financier ? +
Un monétype financier est une identité financière issue de la méthode monéiologie créée par Laura de Madame Manifestation. Il en existe 15, regroupés en 5 grandes familles appelées maisons. Chaque monétype décrit une façon profonde d'être en relation avec l'argent - ses forces, ses blocages récurrents, sa façon naturelle de vendre et de recevoir. Contrairement à un simple profil comportemental, le monétype est ancré dans les valeurs profondes et ne change pas avec le temps.
Quelle est la différence entre un monétype financier et un archétype financier ? +
Les archétypes financiers sont un outil américain avec un nombre d'identités plus limité. Les monétypes ont été créés pour aller plus loin en précision : là où plusieurs personnes pouvaient partager le même archétype sans se reconnaître mutuellement, les 15 monétypes permettent des distinctions beaucoup plus fines. La méthode monéiologie est française et propriétaire.
Peut-on changer de monétype financier au fil des années ? +
Non. Le monétype est ancré dans les valeurs profondes, qui ne changent pas. Ce qui évolue, c'est le comportement dans le rapport à l'argent : on travaille les blocages, on lève des couches de croyances, on intègre ses forces. Mais l'identité financière de fond reste stable - c'est pourquoi refaire le quiz après avoir beaucoup travaillé sur soi peut donner des résultats biaisés.
Comment connaître son monétype financier ? +
Via un quiz créé par Laura de Madame Manifestation. Plus de 6 800 personnes l'ont déjà réalisé. Le quiz pose des questions qui touchent aux valeurs profondes plutôt qu'aux comportements de surface, ce qui le rend difficile à influencer consciemment. Laura indique que les personnes qui le refont tombent systématiquement sur le même résultat.
Le monétype financier est-il utile seulement pour les femmes avec des blocages évidents ? +
Non. Laura est claire là-dessus : même les personnes qui pensent n'avoir aucun problème avec l'argent ont des blocages - parfois invisibles. Si elles aspirent à un chiffre d'affaires supérieur à celui qu'elles ont aujourd'hui, c'est qu'elles ne sont pas encore calibrées à cette réalité financière. Le monétype financier permet d'identifier ces plafonds avant même qu'ils deviennent douloureux.
Quels sont les 5 grands types de comportement financier selon la méthode monéiologie ? +
Les fondatrices (guidées par la sécurité, parfois paralysées par l'anxiété financière), les déconnectées (très dans le don, peu dans la responsabilité financière), les conquérantes (l'argent comme jeu, les risques assumés), les fabuleuses (l'argent comme source de plaisir et de beauté), et les mentors (overdose de générosité, épuisement en fin de mois). Chaque maison regroupe plusieurs monétypes distincts.

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