La liberté financière entrepreneur, on en parle partout. Sur Instagram, dans les podcasts, dans les newsletters que tout le monde fait semblant de ne pas lire jusqu’au bout. Sauf qu’Aurélie Gauthey – coach business, auteure du livre Né pour Impacter, 4 millions d’euros générés via des challenges en ligne – pose une question que personne ne formule vraiment : et si tu n’étais pas épuisée parce que tu travailles trop, mais parce que tu copies un modèle qui n’est pas le tien ?
C’est le coeur de l’épisode 101 de son podcast. Vingt-cinq minutes denses, parfois irritantes, souvent justes. Et une thèse centrale qui mérite qu’on s’y arrête sérieusement.
Ce qui m’a frappé dès les premières minutes, c’est qu’elle ne parle pas de liberté comme d’un objectif financier à atteindre. Elle en parle comme d’un alignement permanent – quelque chose de vivant, qui change de forme selon les saisons de ta vie. Pas un chiffre sur un compte. Pas un rythme de vie posté sur les réseaux.
Trois ans de voyages à répétition, une équipe de 15, des sprints de croissance qui explosent les compteurs. Et puis, un choix délibéré de ralentir. Trois jours de travail par semaine. La paix plutôt que la pression. Ce n’est pas un discours sur l’échec – c’est un discours sur la cohérence. Et ça change tout à la façon dont on devrait penser la liberté financière pour un entrepreneur.
Ce que personne ne dit vraiment sur la liberté financière entrepreneur
Le problème avec le mot liberté, c’est qu’il est devenu un produit marketing. On te vend la liberté financière entrepreneur comme une destination – genre, tu atteins X euros par mois et tu es libre. Aurélie Gauthey casse ce cadre dès l’ouverture de l’épisode, et franchement, c’est la partie la plus utile du truc.
Sa définition à elle : l’indécence, c’est oser créer ses propres codes. Pas partir à l’international. Pas être millionnaire. Créer ses règles.
L’indécence, c’est pas être une milliardaire et c’est pas forcément dire mais moi je veux être à l’international. L’indécence, c’est d’oser créer ses codes. Fini les modèles figés.
Dit comme ça, ça a l’air évident. Mais combien d’entrepreneurs que tu connais construisent encore leur offre en regardant ce que fait la personne au-dessus dans leur marché ?
Elle donne un exemple concret – une cliente en mentoring qui suivait une coach ultra-visible, grandes scènes, business international, toujours plus. La cliente avait calqué ce modèle. Résultat : épuisement. Burn-out latent. Et surtout, une confusion totale entre ce qui l’attirait chez l’autre (la reconnaissance, l’image, les voyages en business class) et ce qu’elle était réellement prête à accepter comme sacrifices.
Parce que – et c’est là que ça coince pour beaucoup – chaque modèle de vie a ses deux faces. Ce que tu vois sur Instagram d’une entrepreneur qui voyage deux fois par mois, c’est la face lumineuse. Ce que tu ne vois pas, c’est les valises refaites à 23h, les intervenantes qui lâchent la veille d’un événement, les nuits blanches sur l’organisation logistique. La liberté financière entrepreneur version réseaux sociaux est une version éditée du réel.
4 millions d’euros sans closer : le modèle qui dérange
Passons aux chiffres, parce qu’ils méritent d’être pris au sérieux.
Aurélie Gauthey revendique d’être reconnue – selon ses propres termes – comme la numéro 1 de la vente naturelle sans closeur, sans setup, sans appel de vente pour une offre à 4 000 euros. Des clients qui la découvrent deux ou trois jours avant, parfois la veille, via une publicité. Et des challenges qui ont généré plus de 4 millions d’euros sur 8 ans.
Est-ce que tu sais pourquoi je suis devenu la numéro 1 ? Parce que j’ai osé penser x 10. J’ai osé sortir du cadre où ne parlait que de conférences et de webinaires, il y a 8 ans, et créer un modèle unique aligné à mes valeurs, ma zone de génie.
Ce qui est intéressant ici, c’est pas le chiffre en lui-même. C’est le raisonnement. Elle n’a pas optimisé un funnel existant. Elle a créé un format qui n’existait pas en francophonie à l’époque – les challenges coachés en direct, avec de l’humain au centre, sans déléguer la vente à une équipe de closeurs. (Ce qui, dans un marché où tout le monde se copiait, était effectivement une prise de position radicale.)
Le lien avec la liberté financière entrepreneur est direct : si tu copies une stratégie qui n’est pas alignée à ta zone de génie, tu peux générer des revenus sur le court terme, mais tu vas forcer. Et forcer, ça s’entend dans la façon dont tu parles de ton business. Dans l’énergie que tu transmets. Et donc dans tes ventes.
C’est la même logique qu’on retrouve dans cet épisode sur les modèles de vente qui épuisent – tester tous les formats qui marchent pour les autres sans se demander ce qui matche avec toi.
Le piège de la comparaison – et comment elle en est sortie
Il y a un moment dans l’épisode qui m’a paru particulièrement honnête – ce qui est rare dans le podcast business en général.
Aurélie Gauthey raconte qu’il y a trois ans, elle a vu une amie entrepreneur faire un événement énorme. Belle scène, clients en feu, énergie incroyable. Et elle s’est prise une vague de comparaison. Elle a envié le modèle. Et puis, elle s’est posé les vraies questions.
Est-ce que tu es prête à accepter qu’il va falloir déléguer ou gérer l’organisation d’un événement ? Est-ce que tu es prête à accepter que tu vas peut-être passer des nuits blanches pour créer cet événement parce que ça va te stresser. Est-ce que tu es prête à accepter qu’il y a des intervenantes qui te lâchent au dernier moment ?
Voilà. C’est exactement le problème que personne ne formule clairement.
La comparaison, c’est structurellement biaisée. Tu te compares à une version filtrée de quelqu’un d’autre. Tu veux les avantages sans les contreparties. Et quand tu copies ce modèle et que ça ne fonctionne pas comme tu espérais, tu ne comprends pas pourquoi – parce que tu t’es jamais demandé ce que tu étais prête à laisser ou à diminuer pour obtenir ce résultat.
Ce mécanisme de comparaison qui bloque la croissance, c’est aussi ce qu’explore cet épisode sur les identités limitantes qui empêchent d’avancer financièrement.
Mais bon – la comparaison n’est pas juste un problème de mindset. C’est aussi un problème de clarté sur ses propres valeurs. Et ça, Aurélie Gauthey le relie directement à la liberté financière entrepreneur : si tu ne sais pas ce que tu veux vraiment, tu vas toujours regarder à côté pour trouver la réponse.
Agir x10 : pas travailler plus, penser plus grand
C’est la partie la plus concrète de l’épisode. Et celle où je vais me permettre une nuance.
Le concept d’agir x10 – penser dix fois plus grand que ce que tu ferais spontanément – n’est pas nouveau. Dan Sullivan l’a popularisé, Alex Hormozi en a fait un livre entier. Aurélie Gauthey l’adapte à son contexte, et c’est là que ça devient pertinent.
Sa logique mathématique est simple. Si tu agis en x1, tu récoltes peut-être 0,5 – voire zéro. Si tu agis en x10, tu atteins au moins x5. Et x5, c’est cinq fois plus que ce que tu aurais obtenu autrement. La phrase qu’elle cite – vise les étoiles, tu atterriras dans les nuages – résume bien l’idée.
Les exemples concrets qu’elle donne sont utiles parce qu’ils montrent la différence entre la version sage et la version indécente :
- Networking : proposer une prise de parole devant 10 personnes VS contacter l’organisateur du plus grand salon de ta thématique pour la scène principale devant 200 personnes.
La masterclass gratuite pour sa communauté Instagram, c’est la version sage. La série de masterclasses premium en partenariat avec une marque influente, c’est la version indécente. Et pour les podcasts – contacter les shows les plus écoutés de ton marché plutôt que de commencer par les amis qui n’ont pas ton audience cible.
Ce qui m’agace un peu dans cette partie, c’est l’absence de frictions réelles. Agir x10 ne fait pas juste peur – ça a des conséquences pratiques. Une prise de parole dans un grand salon demande une préparation différente. Un partenariat avec une marque influente, ça se négocie, ça a une contrepartie. Ce qu’elle appelle refuse la petitesse est vrai comme principe. Mais dans l’exécution, la plupart des gens ne ratent pas parce qu’ils pensent trop petit – ils ratent parce qu’ils passent à l’action sans avoir clarifié leur positionnement. (Et là, on revient à la question des valeurs.)
Elle le prouve quand même par l’exemple de son livre. Bestseller en 2020, sorti pendant le confinement, numéro 1 en spiritualité et numéro 3 en création d’entreprise. Écrit en trois mois sur un challenge lancé avant le Covid, sorti en ligne au lieu de la scène prévue devant 1 000 entrepreneurs. L’insécurité comme moteur créatif – c’est peut-être la formulation la plus juste de tout l’épisode.
Liberté financière entrepreneur : à quoi ressemble vraiment la tienne ?
La partie la plus rare dans ce genre de contenu, c’est quand Aurélie Gauthey parle de ses propres oscillations. Une année à voyager 15 fois. Une autre à se limiter à trois voyages parce qu’elle avait besoin de s’ancrer. Des équipes de 15 personnes. Des périodes à trois. Des sprints de croissance. Des périodes de stabilisation délibérée.
C’est une liberté financière entrepreneur qui ressemble à quelque chose de vivant – pas à une destination fixe.
J’ai appris à travailler 3 jours par semaine au lieu de 7 jours. À choisir la paix plutôt que la pression. La véritable présence avec ma communauté plutôt que je dois être là tous les jours. Le plaisir plutôt que la course au million.
Ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand je démarrais – enfin, ce que j’aurais retenu si quelqu’un me l’avait dit – c’est que la liberté ne se construit pas une fois pour toutes. Elle se renégocie. Avec soi-même. Régulièrement.
Elle le formule bien : tu peux dire oui aujourd’hui à un modèle de vente et non demain. Oui à cinq jours par semaine le matin, et demain à des après-midis seulement parce que tu auras besoin d’un espace différent. Et tout est juste. Ce n’est pas de l’incohérence – c’est du vivant.
C’est exactement ce que cet épisode sur les plafonds de croissance financière explore sous un angle différent – pourquoi on stagne à certains paliers, et ce que ça révèle sur nos vrais désirs.
Et si ta liberté à toi, c’est la simplicité ? Passer du temps en famille, sans prouver quoi que ce soit. Sans grande scène, sans international, sans équipe de dix. Aurélie Gauthey dit que c’est aussi de l’indécence – et je trouve ça honnête dans un milieu où la pression à la visibilité est permanente.
La vraie question n’est peut-être pas combien tu veux gagner. C’est à quoi ressemblent tes journées quand tu te sens libre. Et si tu as du mal à répondre – si tu regardes encore à côté pour trouver la réponse – c’est probablement par là qu’il faut commencer.
Pour aller plus loin sur cette question de l’alignement entre modèle de vie et modèle économique, cet épisode sur l’abondance et le retour à soi va dans la même direction – et il est complémentaire de ce que pose Aurélie Gauthey ici.











