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100. Les coulisses, les doutes, les apprentissages du podcast … + 1 surprise pour vous 🎁

Épisode diffusé le 13 novembre 2025 par Aurélie Gauthey

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Lancer son podcast en pensant que la voix doit être parfaite, le script irréprochable, la stratégie béton avant le premier épisode – c’est exactement ce qui fait que la plupart abandonnent avant l’épisode 10. Aurélie Gauthey, coach business et fondatrice du podcast Née pour impacter, vient de publier son 100e épisode. Un an. Deux épisodes par semaine. Zéro stratégie SEO assumée. Et pourtant, des ventes qui arrivent de personnes qu’elle ne connaissait pas, des auditeurs qui se révèlent dans des masterminds, une communauté silencieuse qui achète.

Ce qui m’a frappé en écoutant cet épisode – et franchement, il y a pas grand monde qui parle de ça avec cette franchise – c’est que le vrai sujet n’est pas technique. C’est un sujet de légitimité. De courage. Et de ce qu’on est prêt à sacrifier sur l’autel de la perfection.

Alors voilà ce que j’ai retenu. Et ce que j’aurais aimé qu’on me dise il y a quelques années quand je couvrais des lancements de podcasts pour des marques qui voulaient ‘du contenu audio de marque’ – spoiler : la plupart sont morts après 6 épisodes.

Lancer son podcast avec zéro épisode enregistré – le bluff qui a tout débloqué

La date de lancement était fixée. L’équipe technique attendait les 10 épisodes promis. Et Aurélie en avait enregistré exactement zéro.

« J’ai dit OK, voilà la date qu’on le lance. Et j’ai ajouté, bon bah ça serait bien qu’on ait au moins 10 épisodes prêts. La personne qui s’occupe de la technique me dit la même chose – ben oui, mais justement, on m’a dit que tu en avais 10, que c’était déjà prêt. En réalité, je me souviens qu’à ce moment-là, j’en avais zéro parce que je repoussais. »

C’est exactement le problème. Le syndrome du ‘pas encore prêt’ ne disparaît pas avec plus de préparation – il disparaît avec l’acte.

Ce qui est intéressant ici, c’est que ça aurait dû sortir 3 ou 4 mois plus tôt. Ces 3 mois perdus, c’est 12 épisodes manquants dans une logique de deux par semaine. C’est une communauté qui aurait pu exister plus tôt. Aurélie le dit elle-même : il y avait ‘toujours mieux à faire’. La procrastination déguisée en perfectionnisme, c’est le premier ennemi de quiconque veut lancer son podcast.

Et c’est pas propre aux podcasts. Elle le revit – mot pour mot – comme à ses débuts YouTube, 8 ans avant. Même peur de la voix. Même envie d’avoir ‘la bonne posture’. Même trahison de soi pour plaire à une audience imaginaire.

La bonne nouvelle ? Elle a quand même appuyé sur ‘enregistrer’. Et 100 épisodes plus tard, on en parle.

La voix sans le corps – ce que personne n’anticipe vraiment

Aurélie est habituée aux grandes scènes. 400, 500 personnes. L’Apollo Théâtre. Les lives Instagram tous les mardis où elle coache en direct. Elle bouge, elle gesticule, elle joue avec la mise en scène.

Et là, plus rien. Juste le micro.

« Au départ en tout cas, et c’est pas forcément mon atout principal si tu vois ce que je veux dire. Les premiers épisodes, j’ai recommencé au moins 10 fois – Ah mais là tu as bugé, oui mais là tu as fait une voix bizarre, oui mais là tu as crié dans le micro. Mais c’était une catastrophe. »

Dit comme ça, ça fait rire. Mais ça pointe quelque chose de réel : chaque nouveau canal de communication remet les compteurs à zéro. Peu importe ton expérience ailleurs.

Ce qu’elle a compris – et c’est là que ça devient intéressant pour quiconque veut lancer son podcast – c’est que ses amis lui avaient dit la même chose sur YouTube : ‘Je te reconnais pas.’ Elle se trahissait pour plaire. Elle performait une version d’elle-même qu’elle pensait attendue. Et ça ne tient pas. Pas sur 100 épisodes. Pas même sur 10.

La solution qu’elle a trouvée : enregistrer avec son téléphone certains épisodes. Pas couper les hésitations. Garder les bégaiements, les éclats de rire, les trucs qui brûlent à côté. (Ce qui, objectivement, est le contraire de ce que tout le monde conseille quand tu veux ‘lancer un podcast professionnel’.)

Deux épisodes par semaine : le choix insensé qui s’est avéré juste

Un épisode par mois. C’est ce que font beaucoup de podcasts business sérieux, avec une vraie stratégie éditoriale, des invités préparés, un montage soigné. Aurélie a choisi deux par semaine.

100 épisodes en un an. Le calcul est là.

Mais la régularité, ça s’organise. Et ça ne s’improvise pas au fil de l’eau. Elle a rapidement compris qu’enregistrer ‘un épisode par-ci par-là sans créneau fixe’, ça ne marche pas. Sa solution concrète :

  • Bloquer une matinée complète dans l’agenda – uniquement pour les enregistrements

Elle prépare ses bullet points en amont pour ne pas partir dans tous les sens (elle reconnaît elle-même partir dans tous les sens malgré les bullet points). Elle enchaîne deux ou trois épisodes d’affilée – parce que la voix se chauffe, l’énergie monte, et le troisième épisode sonne toujours mieux que le premier.

Ce qui m’agace dans beaucoup de conseils sur le podcasting, c’est qu’on présente la régularité comme une vertu morale. Comme si c’était une question de discipline et de willpower. Aurélie, elle, en parle comme d’une question de système. Elle avait toujours une dizaine d’épisodes d’avance. Quand elle s’est retrouvée à enregistrer ‘au fil du podcast’ – sans tampon – elle l’a mal vécu. Pas parce que les épisodes étaient moins bons, mais parce que l’insécurité que ça créait lui pesait.

Et elle a aussi délégué tout ce qu’elle déteste : la technique. Ambre s’occupe de mettre les épisodes sur les plateformes, sur Ausha, sur YouTube. Aurélie tourne sur Zoom, envoie le fichier, et c’est fini pour elle. C’est pas sexy comme système. Mais c’est ce qui a tenu 100 épisodes.

Si tu veux aller plus loin sur la question de la délégation dans un business qui croît, l’épisode sur la gestion d’équipe et les prochains paliers touche exactement ce sujet – et c’est moins évident qu’il n’y paraît.

Zéro stratégie – et c’est assumé

Voilà le truc qui va faire tiquer tous les marketeurs qui lisent ça.

Aurélie est coach business. Elle enseigne aux entrepreneurs comment faire des ventes, comment structurer leur visibilité. Et son podcast à elle – pendant 100 épisodes – n’avait aucune stratégie de mots-clés, aucune analyse des épisodes les plus écoutés pour répliquer les sujets, aucun prompt ChatGPT pour identifier les angles porteurs.

« J’ai décidé jusqu’au 100e, je ne sais pas si ça changera après mais de ne pas avoir de stratégie. Vous allez vous dire attends les coachs business elle a pas de stratégie, elle est bizarre la fille. Non, parce qu’en fait j’en ai déjà sur d’autres choses. Je me suis dit je ne veux pas que ça devienne un poids de plus dans mon business. »

Franchement, j’ai failli ne pas y croire. Et puis j’ai réfléchi.

Elle avait déjà une entreprise qui tournait, des clientes, une communauté. Le podcast n’était pas son canal d’acquisition principal – c’était quelque chose d’autre. Un journal intime. Un coulisse. Un espace où elle pouvait parler sans avoir à justifier chaque mot par un KPI.

Est-ce que c’est reproductible pour tout le monde ? Non. Si le podcast est ton unique canal de visibilité et que tu pars de zéro, tu vas probablement avoir besoin de penser les sujets différemment. Elle le reconnaît d’ailleurs – elle envisage de s’y mettre après le 100e. Mais pour lancer son podcast et tenir dans la durée, enlever la pression de la stratégie a clairement été ce qui lui a permis de rester dans le plaisir.

La question que pose cet épisode de façon implicite – et que peu de gens posent vraiment – c’est : quel est ton objectif avec ce podcast ? Acquisition pure ? Visibilité de marque ? Lien de confiance avec une communauté existante ? Les réponses ne sont pas les mêmes, et les stratégies non plus. Sur ce sujet du rapport entre stratégie et intuition en marketing, l’épisode 96 creuse quelque chose d’important.

L’audience invisible – le phénomène qu’on sous-estime toujours

C’est peut-être la partie qui m’a le plus scotché.

Aurélie reçoit des messages enthousiastes en privé. ‘Tu as changé ma vie.’ ‘Ton podcast c’est mon rituel.’ Et pourtant – ses stats d’écoute ne reflètent pas forcément ça. Peu de commentaires sous les épisodes. Peu de partages publics. Le décalage entre l’impact réel et la preuve sociale visible.

« Je vais dans un mastermind avec des entrepreneurs reconnus, on vient, on se présente chacun, on échange, et là, il y a deux entrepreneurs, des hommes, qui me disent ‘Mais on écoute ton podcast, on te connaît.’ Bah alors là j’étais complètement sur le cucu. »

Voilà. Deux entrepreneurs inconnus d’elle, dans un mastermind, qui écoutent son podcast en silence depuis des mois. Et qui – on peut le supposer – seraient des clients potentiels demain.

Ce phénomène d’audience silencieuse est massif dans le podcast, et largement sous-documenté. Les gens écoutent en faisant la vaisselle, en courant, dans les transports. Ils n’ont pas les mains libres pour liker. Ils ne vont pas commenter. Mais ils intègrent, ils font confiance, et quand ils achètent – ils achètent. Aurélie raconte avoir contacté une cliente inconnue qui venait de rejoindre son programme Liberté Indécente, pour lui demander d’où elle la connaissait.

La réponse : ‘Je suis une grande fan de ton podcast, c’est mon rituel.’

Ne juge jamais ton impact à ton nombre de likes. C’est une phrase que j’entends souvent, mais là, avec le contexte – une personne inconnue qui achète un programme à plusieurs centaines d’euros après des mois d’écoute silencieuse – ça prend une autre dimension. Si tu cherches à augmenter ta visibilité et tes ventes en ligne, comprendre ce mécanisme d’audience invisible change vraiment l’approche.

Ce que lancer son podcast apprend sur soi – au-delà du micro

Cent épisodes, c’est aussi cent moments de doute. Cent fois où les stats ne suivent pas. Cent fois où on se demande si ça vaut la peine.

Aurélie parle de la frustration du début avec une honnêteté qu’on entend rarement :

« Tu peux passer des heures à enregistrer, à publier, à créer, à réfléchir et voir 10 écoutes, 20 écoutes, 30 écoutes, 5 écoutes et là, c’est frustrant. Tu te demandes si ça vaut la peine. Et parfois clairement, tu as envie d’arrêter parce qu’on va pas se mentir, l’être humain, il a envie de résultats immédiats. »

Ce qui l’a maintenue ? Une conviction simple : si au moins une personne change quelque chose dans sa vie grâce à un épisode, c’est gagné. C’est une façon de penser qui court-circuite le besoin de validation externe. Pas de likes, pas de commentaires, pas d’algorithme – juste la certitude que ça sert à quelqu’un quelque part.

Ce qu’elle a appris sur elle-même en lançant son podcast : son ton, son rythme naturel, la différence entre les épisodes qui viennent d’un espace de plaisir et ceux qui viennent d’un espace de contrainte. Les 3 ou 4 épisodes qu’elle a scriptés mot à mot – sous pression de rattraper du retard – sont ceux qu’elle considère comme ses moins bons. Pas techniquement. Humainement.

Et ça, c’est une leçon qui va bien au-delà du podcast. Si tu stagnes dans ta croissance financière, la question de l’alignement entre ce qu’on fait et pourquoi on le fait revient toujours au centre.

Un détail pratique qui m’a fait sourire – et qui est d’une logique imparable : elle ne boit pas d’eau avant d’enregistrer. Pas parce qu’elle se maltraite, mais parce que chez elle, l’eau crée de la salive et génère des bruits de bouche. Donc elle attend la fin du tournage. Ce genre de truc micro-pratique, appris par l’expérience, que personne ne met dans les guides ‘Comment lancer son podcast en 10 étapes’.

Bref. Lancer son podcast, tenir sur 100 épisodes, construire une audience qui achète en silence – c’est peut-être moins une question de stratégie que de décision. La décision de commencer avec zéro épisode prêt. La décision de garder les hésitations au montage. La décision de ne pas boire d’eau avant d’appuyer sur ‘enregistrer’. Et la décision, surtout, de ne pas mesurer l’impact aux likes reçus la semaine de publication.

La question que je me pose après avoir écouté ça : combien de podcasts morts auraient survécu si leur créateur avait juste choisi de simplifier plutôt que de perfectionner ? Et si le perfectionnisme était vraiment le vrai blocage caché derrière la plupart des abandons ?

Questions fréquentes

Comment lancer son podcast quand on a peur de sa voix ? +
La plupart des podcasteurs qui réussissent ont recommencé leurs premiers épisodes 5, 10, 15 fois avant de publier. Aurélie Gauthey raconte avoir relancé ses enregistrements en boucle au début, bloquée par sa voix - alors qu'elle intervenait déjà devant 500 personnes sur scène. Ce que ça apprend : la peur de la voix au micro est un réflexe nouveau, pas un signal de manque de légitimité. La solution n'est pas de perfectionner avant de publier, c'est de publier pour apprendre.
Combien d'épisodes faut-il avoir avant de lancer son podcast ? +
La règle des 10 épisodes en stock avant le lancement est souvent citée. Aurélie Gauthey avait promis 10 épisodes à son équipe technique - et en avait zéro le jour J. Elle a quand même lancé. 100 épisodes plus tard, le podcast est vivant. L'objectif d'avoir un stock d'avance est réel - pour la régularité, pas pour le lancement.
Faut-il une stratégie SEO pour lancer son podcast ? +
Ça dépend de l'objectif. Si le podcast est un canal d'acquisition principal et que tu pars de zéro communauté, une stratégie de sujets recherchés aide à trouver tes premiers auditeurs. Si tu as déjà une communauté engagée, le podcast peut fonctionner comme un espace de lien et de confiance sans optimisation SEO - c'est exactement ce qu'a fait Aurélie pendant 100 épisodes. Elle envisage d'y ajouter une dimension stratégique après le 100e épisode.
Quelle fréquence de publication pour un podcast entrepreneuriat ? +
Il n'y a pas de fréquence universelle. Aurélie Gauthey a choisi deux épisodes par semaine pendant un an - ce qui lui a permis d'atteindre 100 épisodes. Elle s'est organisée avec des matinées bloquées en agenda et toujours une dizaine d'épisodes d'avance. Mais elle reconnaît que c'est un rythme exigeant. Ce qui compte : choisir une fréquence tenable sur 12 mois, pas juste les 4 premières semaines.
Comment gérer la frustration des faibles écoutes au démarrage d'un podcast ? +
C'est la phase la plus difficile et la moins documentée. Aurélie Gauthey parle de 5, 10, 20 écoutes par épisode au début - et de l'envie d'arrêter que ça génère. Ce qui l'a aidée : revenir à sa mission première. Si un seul auditeur change quelque chose grâce à un épisode, c'est une victoire. Elle a aussi découvert bien plus tard que des personnes qu'elle ne connaissait pas l'écoutaient en silence depuis des mois - et ont fini par acheter ses programmes.
Vaut-il mieux scripter ses épisodes de podcast ou improviser ? +
Les deux fonctionnent, mais pas pour les mêmes raisons. Aurélie Gauthey a essayé les deux : ses épisodes les plus scriptés sont ceux qu'elle préfère le moins, parce qu'ils venaient d'une contrainte et non d'un plaisir. Son format habituel : des bullet points, pas un script mot à mot. Elle laisse sa voix naturelle, les hésitations, les bégaiements. Ce qui guide le choix : est-ce que le script te libère ou t'enferme ?

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